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Etats-Unis : un juge suspend les cultures de betteraves OGM par Administrateur Vendredi 27 Août 2010 :: Combat Monsanto :: RSS
Un tribunal fédéral interdit aux agriculteurs de replanter des graines transgéniques dans l'attente d'une évaluation de leur impact sur l'environnement.
Un juge fédéral américain a suspendu la culture des betteraves à sucre génétiquement modifiées aux Etats-Unis jusqu'à ce que le ministère de l'Agriculture (USDA) effectue une évaluation plus complète de leur impact sur l'environnement.
Cette décision prise vendredi soir par le juge Jeffrey White du tribunal fédéral de San Francisco (Californie, ouest) dont le texte est publié sur le site internet de la cour, interdit les nouvelles cultures de betterave génétiquement modifiées qui représentent plus de 90% de la production américaine.
Les experts estiment que l'évaluation réclamée prendra plus de deux ans, ce qui pourrait entraîner une forte baisse de la production alors que les producteurs préviennent qu'ils ne disposent pas de suffisamment de semences conventionnelles.
Le juge répondait à une action collective en justice engagée par notamment le Center for Food Safety, un groupe de défense des consommateurs et le Sierra Club, première organisation américaine de protection de la nature, tous opposés aux cultures génétiquement modifiées.
Il a décidé que les cultures de betteraves génétiquement modifiées déjà plantées pourraient être récoltées et ce contrairement à ce que demandaient les plaignants.
Les betteraves comptent pour environ la moitié de la production de sucre aux Etats-Unis, le reste provenant de la canne à sucre. Selon les statistiques de l'USDA, la récolte américaine de betteraves à sucre a engrangé 1,33 milliard de dollars de revenus pour la saison 2007-2008.
Une décision le 21 juin de la Cour Suprême, saisie à la suite d'une interdiction similaire concernant les cultures de luzerne génétiquement modifiée aux Etats-Unis, peut laisser prévoir une annulation tout au moins partielle de cette injonction contre les betteraves.
Dans le cas des graines de luzerne génétiquement modifiées par le groupe chimique américain Monsanto pour résister aux herbicides, la Cour Suprême a en effet estimé que le ministère de l'Agriculture pouvait octroyer une autorisation partielle de culture, revenant ainsi sur une interdiction d'un juge suite à une procédure engagée par les agriculteurs "bio" qui craignaient la contamination de leurs cultures. Un porte parole de l'USDA cité par le New York Times, a indiqué que le ministère "examinait la décision du juge fédéral sur la betterave "pour déterminer comment y répondre". Monsanto, qui produit les graines de betterave génétiquement modifiées, tout comme le groupement professionnel "Sugar industry Biotech Council", n'avaient pas encore réagi samedi.
Source : Liberation.fr, le 15 août 2010
Les herbicides à base de glyphosate pointés du doigt par Administrateur Vendredi 27 Août 2010 :: Combat Monsanto :: RSS
Les herbicides à base de glyphosate (catégorie à laquelle appartient le fameux Round Up) ont des effets tératogènes sur les vertébrés. En tout cas c'est ce que révèle une toute nouvelle étude scientifique argentine, dont les résultats sont publiés dans la dernière livraison de la très sérieuse revue scientifique Chemical Research in Toxicology.
En effet, l'étude s'est basée sur des cas de malformations chez les nouveaux nés (malformations neurales et craniofaciales) dans des régions où des herbicides à base de glyphosate sont largement utilisés sur des cultures OGM.
Les scientifiques argentins ont décidés d'évaluer les effets de faibles doses de glyphosate sur le développement en étudiant des embryons de vertébrés. Pour cela, ils ont étudiés les effets de dilution à 1/5000 d'herbicide à base de glyphosate sur des larves de grenouille Xenopus laevis, peut on lire dans un communiqué de presse.
Les résultats de cette étude ont démontrés que les embryons traités étaient hautement anormaux, avec des altérations marquées du développement céphalique et de la crête neurale.
Par la suite, la même manipulation a été réalisée sur des embryons de poulets, et ce, dans le but de vérifier si de tels effets avaient lieu avec d'autres vertébrés que des amphibiens. Les résultats étaient similaires, avec en plus, une réduction des vésicules optiques et une microcéphalie.
Le glyphosate est un désherbant total, c'est-à-dire un herbicide non sélectif, autrefois produit sous brevet, exclusivement par la société Monsanto à partir de 1974, sous la marque Roundup. Le brevet étant tombé dans le domaine public en 2000, d'autres sociétés produisent désormais du glyphosate.
Le glyphosate seul est peu efficace, car il n'adhère pas aux feuilles et les pénètre difficilement. On lui adjoint donc un tensioactif (ou surfactant) qui est soupçonné d'être une cause de toxicité des désherbants contenant du glyphosate.
Quelques espèces de plantes ont commencé à développer des résistances au glyphosate, dont par exemple l'evil pigweed (Palmer amaranth de la famille des amarantes) qui pousse à une vitesse telle qu'elle force les agriculteurs du Sud des États-Unis à abandonner leur champs5. L'apparition de cette espèce de plante résistante est considérée comme une véritable menace pour l'agriculture par l'Université de Georgie6.
Selon les chercheurs, les herbicides à base de glyphosate augmenteraient l'activité de l'acide rétinoïque endogène. Cette activité serait causée par le glyphosate lui-même et non par les adjuvants.
En attendant, les chercheurs s'alarment des cas de malformations cliniquement constatés chez des enfants dans des régions où la population est exposée à ces herbicides dans les champs où ils sont utilisés sur des cultures d'OGM tolérants au glyphosate.
François Veillerette, porte parole du MDRGF, déclare à cet effet : « Cette nouvelle étude nous montre que l'utilisation d'énormes quantités d'herbicides à base de glyphosate, notamment sur les cultures d'OGM là où elles sont permises, mais aussi dans d'autres domaines de l'agriculture ou même chez les particuliers, est irresponsable. A la lumière des résultats de cette étude nous demandons l'application du principe de précaution et le retrait de l'homologation de ces herbicides à base de glyphosate du marché français et européen, dans une logique de prévention des malformations congénitales dans les populations exposées ».
Source : Jean-Charles BATENBAUM, Actualités-Naews-Environnement.com, le 24 août 2010
OGM vigne : Face à la propagande, les faits sont tétûs par Administrateur Vendredi 27 Août 2010 :: Combat Monsanto :: RSS
La manipulation génétique ne modifie pas que le porte-greffe mais l'ensemble de la vigne cultivée, le raisin et le vin.
Conscient de la catastrophe commerciale que cela pourrait engendrer, les vignerons ne veulent en aucun cas courir le risque du moindre soupçon d'une possible présence d'OGM dans leurs vins. Pour leur faire accepter son expérimentation, l'INRA prétend que la manipulation génétique du porte-greffe ne modifie pas la vigne qui produit le raisin (le greffon). Pourtant, dès 2008, Jean Masson, directeur de la station viticole de l'INRA de Colmar, reconnaissait dans le journal les échos ses doutes sur lesquels il n'est bizarrement jamais revenu : « Les chercheurs estimaient il y a quelques années impossible que le transgène passe du porte-greffe au cépage. Nous ne l'excluons plus. »
Il est vrai qu'il ne pouvait pas ignorer les travaux de ses collègues de l'INRA de Versailles qui dès 1997, soit bien avant le début de son expérimentation à Colmar, avaient montré sur le tabac la transmission très importante de « produits » du transgène du porte-greffe au greffon. . Il ne pouvait pas non plus ignorer les soucis de la société civile sur ce problème clairement évoqué dans la publication du collectif ccc-ogm : « OGM-Vigne, Opinion Grossièrement manipulée ». Depuis, de nouveaux travaux ont confirmé la fréquence de ce passage . Le Comité Scientifique du HCB a pointé lui aussi ce problème en soulignant que les analyses réalisées par l'INRA de Colmar sont insuffisantes pour le documenter correctement (annexe 1).
Toute manipulation génétique engendre de nombreux risques aujourd'hui non maîtrisés.
Au-delà de l'impact sanitaire ou environnement du transgène lui-même, toute insertion par transgénèse provoque des réarrangements non intentionnels du génome ou de ses relations avec son environnement (épigénétique), générant des effets non intentionnels pouvant passer inaperçus. La plupart des problèmes sanitaires engendrés par des OGM et aujourd'hui documentés ne sont pas dus directement au transgène, mais à ce type de réarrangement.
La manipulation génétique du porte-greffe de l'INRA de Colmar engendre des risques de recombinaison virale particulièrement importants
Christian Vélot, Docteur en Biologie et en génétique moléculaire à l'Université Paris-Sud explique : « Le véritable danger de cette vigne (comme toutes les plantes transgéniques résistantes à des virus), c'est qu'elle est un véritable réservoir à virus recombinants. Il s'agit de plantes transgéniques dans lesquelles le transgène est un gène viral. La présence de ce transgène les protège contre le virus en question ainsi que contre les virus apparentés (sans qu'on n'en connaisse vraiment les mécanismes intimes). Or, les virus ont une très grande capacité à échanger spontanément leur ADN (phénomène de recombinaison) : les séquences d'ADN viral sont très recombinogènes. Par conséquent, quand cette plante est victime d'une infection virale, il peut se produire très facilement des échanges entre l'ADN du virus infectant et l'ADN du transgène, ce qui conduit à l'apparition de virus dits recombinants dont on ne maîtrise rien et qui vont pouvoir se propager dans la nature. Il est là le vrai danger avec ces plantes, ! Avec des plantes conventionnelles, une telle situation ne peut se produire que si la plante est infectée simultanément par deux virus. Avec ces plantes transgéniques, au contraire, un seul virus suffit et on augmente donc considérablement la probabilité de ces évènements. Tout ceci est expliqué en détail dans mon livre (OGM : tout s'explique) aux pages 140 à 142. »
L'expérimentation menée à Colmar générait des risques importants et non maîtrisés de dissémination dans l'environnement
A la demande du Comité de Liaison et de Surveillance (CLS), l'INRA a annoncé avoir pris toutes les précautions nécessaires pour les risques de dissémination dans l'environnement. On peut déjà s'interroger sur la durée de l'efficacité d'une bâche enfouie dans le sol pour empêcher le passage hors du périmètre de l'expérimentation de tout nématode porteur du virus du court-noués, ou de tout microorganismes du sol, bactérie ou virus… modifiés par la vigne OGM. La suppression des fleurs empêchait toute dissémination éventuelle par le pollen. Mais elle n'empêchait pas la dissémination par les insectes piqueurs-suceurs dont le rôle important dans la dissémination des maladies virales dans la vigne est largement connu. Le responsable d'une station viticole de l'INRA ne pouvait pas ignorer ce risque depuis que la flavescence dorée, maladie transmise par un de ces insectes piqueurs suceurs, a justifié l'obligation réglementaire de nombreux traitements insecticides dans le vignoble français. Il ne pouvait pas non plus ignorer la capacité de tels insectes de disséminer des éléments du transgènes ou les produits d'éventuelles recombinaisons génétiques ou virales provoquées dans le porte-greffe et/ou le greffon. Il ne pouvait pas non plus ignorer la capacité de tels insectes à contaminer l'ensemble du vignoble à partir de l'échappement d'un seul agent pathogène. Il est curieux qu'il n'en ait informé ni les « citoyens » consultés lors de la première expérimentation sociologique précédant le premier essai, ni le CLS.
Le déroulement de l'essai en milieu ouvert empêchait de répondre aux questions scientifiques les plus importantes
L'INRA de Colmar prétend qu'il était indispensable de mener cet essai en milieu ouvert pour que le sol et la vigne puissent subir directement les influences du climat afin de vérifier « en conditions réelles » l'efficacité de la transgénèse vis-à-vis de la maladie et d'évaluer les risques de dissémination dans le sol. Ces deux questions sont certes importantes, mais méritent-elles de courir les risques qui ont été pris. Les sommes dépensées par l'INRA pour faire semblant de « sécuriser » cet essai au prétexte qu'il se déroulait en milieu ouvert ont en effet largement dépassé ce qui aurait été nécessaire à la construction d'une serre simulant correctement les influences climatiques les plus pertinentes. Et surtout, ces deux questions sont-elles pertinentes tant qu'on n'a pas répondu aux questions des risques de recombinaison génétique ou virale, de passage du porte-greffe au greffon, au raisin ou au vin, de dissémination dans l'environnement de parties ou de produits de l'OGM, et des conséquences sanitaires, environnementales ou commerciales de tous ces risques. Or, en coupant les fleurs avant floraison, non seulement il devenait impossible de vérifier un éventuel passage au raisin et au vin, mais en plus on a modifié le métabolisme de la vigne en supprimant l'induction florale (première étape de la maturité), ce qui rendait peu pertinent tout résultat scientifique concernant l'efficacité du transgène sur le développement du court-noué dans la vie de la vigne. Il est clair que les questions scientifiques primordiales posées par un tel essai ne peuvent être correctement étudiées qu'en milieu confiné, en gardant les fleurs.
Le but du déroulement de l'essai en milieu ouvert était avant tout commercial et non scientifique
Le syndicat Sud-Recherche dénonce avec justesse les intentions commerciales de l'INRA mal camouflées derrière les discours sur une recherche prétendue neutre : « La communication développée aujourd'hui par la Direction de l'INRA sur le sujet nous interpelle :elle affirme simultanément que cet essai sur la vigne vise à maintenir « l'existence d'une expertise impartiale au-delà de celle des entreprises internationales », mais aussi que sa destruction fait prendre le risque de « voir la France incapable de développer des produits alternatifs à ceux des grandes firmes ». Alors, nécessité (bien compréhensible) de connaissances nouvelles ou objectif (déjà annoncé) de valorisation commerciale ? C'est justement le débat de fond ! »
Le premier essai mené en champagne avait révélé une profonde irrégularité de l'efficacité de la manipulation génétique pour conférer une bonne résistance au virus du court-noué. Le but de l'INRA de Colmar était de repérer les clones réellement résistants et de se donner les moyens d'améliorer la production de tels clones dans les conditions exigées pour l'obtention de l'autorisation de commercialisation (essai CTPS en milieu ouvert pour l'inscription au catalogue)Cette précipitation mercantile s'est faite au détriment d'une recherche en milieu confinée indispensable pour se donner en préalable le moyens de répondre aux questions scientifiques que pose l'acceptabilité sanitaire, environnementale, économique, sociale ou éthique d'une telle production.
Les travaux de l'INRA sont destinés à conforter les profits de Monsanto ou d'autres entreprises qui exploiteront les brevets protégeant la technologie utilisée
Christophe Bonneuil et Christophe Thomas indiquent dans leur ouvrage « Gènes, pouvoirs et profits » (édition Quae-FPH) : « En 1985, Monsanto dépose une demande de brevet sur une stratégie de résistance des plantes aux virus par introduction du gène de la protéine capsidaire. A cette date, seule est réalisée expérimentalement l'insertion du gène de protéine de la capside d'un virus de TMV, dans le tabac. Mais cette première application est mise en avant pour démontrer la validité générale de la stratégie. Monsanto ne revendique pas simplement ce qui est réalisé au moment du dépôt du brevet, mais demande que le brevet couvre l'utilisation de cette stratégie de résistance aux virus pour toutes les plantes et tous le virus ! Quand dans les années 1990, un consortium réunissant l'Inra, le Cnrs et LVMH développe des porte-greffes de vigne résistants au virus du court-noué, Monsanto se signale à leur attention : Monsanto les prévient que dès lors qu'une commercialisation des vignes transgéniques serait envisagée, il faudra obtenir une licence car ils travaillent sous la dépendance du premier brevet. (Joly P.B., 2002) »
La stratégie de résistance virale utilisée pour la production des porte greffe résistants au court-noué n'a donc pas été inventée par l'INRA, mais avait été mise au point et protégée par un brevet avant le début de son essai. Ce premier brevet s'épuisant en 2005, Monsanto en a déposé un nouveau en 2003 dont la protection s'étend jusqu'en 2023. En 2010, l'Université de Cornell a déposé un nouveau brevet concernant une stratégie de protection virale spécifiquement ciblée contre le court-noué de la vigne. Il est clair que les travaux menés par l'INRA de Colmar ne serviront pas « le public » ou « la Science », mais avant tout ceux qui exploiteront ces brevets et/ou un éventuel nouveau brevet déposé par l'INRA lui-même.
Le court noué est une « maladie commerciale » aggravée par la politique agricole
Contrairement à ce qu'affirme l'INRA (communiqué du 27 mai 2010), le virus du court noué n'est pas une maladie qui « provoque la mort des vignes et rend les terres impropres à la viticulture ». Le court noué est sans incidence sur les vignes françaises plantées sans porte-greffe (actuels greffons). Ses dommages ne se manifestent que dans les vignes greffées sur porte-greffe américain suite à l'épidémie de phylloxéra depuis bientôt un siècle. Ces vignes ne sont pas mortes et les terres où il s'est manifesté ne sont pas devenues impropres à la viticulture. Son incidence n'est économiquement insupportable que dans les vignes à haut rendement qu'il pénalise trop. Dans les vignobles de qualité conduits avec des méthodes naturelles, notamment en biodynamie, il ne menace pas la survie de la parcelle et est au contraire un régulateur de rendement qui permet les années trop productives de conserver une bonne qualité du vin. Dans les vignobles de production de masse, les vignerons ont depuis longtemps appris à vivre avec en pratiquant des rotations de culture suffisamment longues (8 à 10 ans) entre deux plantations afin que les nématodes qui le propagent disparaissent tous, avant de replanter avec des plants sains. Seuls ceux qui veulent replanter vigne sur vigne sans aucune période de repos du sol n'ont pas aujourd'hui de solution sanitaire satisfaisante face au court noué. A l'heure où la viticulture européenne se trouve confrontée à une crise permanente de surproduction, on peut s'interroger sur la pertinence de la Politique Agricole Commune qui dépense chaque années des milliards d'€ pour diminuer le potentiel de production. Elle élimine ainsi de nombreux vignerons qui vont directement ou indirectement grossir le rang des chômeurs, alors qu'une aide au repos du sol entre deux plantations aurait la même incidence sur les surfaces en production, tout en aidant les vignerons à faire face aux maladie de la monoculture comme le court noué et en maintenant un nombre de paysans bien plus nombreux. La « solution magique » de la vigne OGM résistance au court-noué n'est qu'un expédient destiné à encourager des pratiques viticole anti-agronomique, anti-sociales et anti-économique.
Contrairement à ce qu'affirme l'INRA, il existe de nombreuses alternatives à la solution OGM
Il y a longtemps que les vignerons ont appris à vivre avec le court noué grâce à une multitude de pratiques agronomiques de respect des sols et d'assainissement des plants de vigne, chacune adaptée à chaque terroir et à chaque type de conduite du vignoble. En 2009, l'INRA de Colmar a découvert l'une d'entre elles et communique depuis sur ses importants efforts de recherche sur les alternatives aux OGM, alors qu'il n'a installé qu'une petite parcelle d'essai chez un vigneron bio. Il s'agit de l'implantation de plantes nématicides, certes intéressante mais dont l'efficacité nécessite la complémentarité d'autres pratiques comme le repos des sols, la conduite à rendement modéré favorisant la qualité des vins, ce que les vignerons savent depuis longtemps… En effet, ces plantes n'agissent que sur la premières couches superficielles du sol alors que le nématode vecteur du court-noué peut se réfugier jusqu'à plus d'un mètre de profondeur. Contrairement aux recherches officielles d'un pays comme la Suisse, jamais l'INRA n'a daigné s'intéresser à la globalité des pratiques de chaque vigneron qui seule permet de vivre avec la maladie, pratiques toutes gratuitement disponibles pour tous. Il ne s'intéresse qu'à quelques recettes brevetables et toutes totalement insuffisantes dans la plupart des situations.
Le plus surprenant reste l'absence totale de communication de l'INRA sur la mise au point par pollinisation dirigée et non avec des OGM d'un porte greffe résistant au court-noué par un chercheur de l'INRA de Montpellier, Alain Bouquet, porte-greffe qui disposera très prochainement d'une autorisation de commercialisation démontrant l'inutilité totale de la solution OGM.
Les citoyens et professionnels participant à « l'expérience pilote de co-construction de ce programme de recherche » qui a précédé cet essai, puis du Comité de Liaison et de Surveillance, n'ont jamais été informés des réelles questions scientifiques posées. On les a laissés (volontairement ?) ignorants des résultats scientifiques déjà connus sur le passage du porte greffe au greffon, sur l'instabilité des transgènes, sur les rôle des insectes piqueurs suceurs dans la transmission des maladies de la vigne, sur les enjeux commerciaux découlant de la Politique Agricole ou des brevets déjà existant sur ces manipulations génétiques et sur l'existence de réelles alternatives. L'entêtement de l'INRA et du gouvernement à poursuivre cet essai, n'ont pour but encore une fois que de manipuler l'opinion publique afin de forcer l'acceptation des OGM par des vignerons, des citoyens et des consommateurs qui n'en veulent pas.
Source : Guy Kastler, représentant de la Confédération Paysanne au Comité Economique, Ethique et Social du haut Conseil des Biotechnologies, le 23 août 2010
Annexes 1 : extrait du rapport du Comité scientifique du HCB :
3.3 Matériel faisant l'objet de dissémination
Le matériel proposé au champ correspond aux porte-greffes transgéniques G68, G77, G206, G219 et G240 sur lesquels sont greffés des scions, ou greffons, provenant de la variété non transgénique Pinot Meunier de vigne cultivée (Vitis vinifera L). Les greffons ne contiennent donc pas de transgènes, mais il serait vraisemblable d'y retrouver certains des produits de transgènes (mRNA, siRNA, protéines) par circulation dans le phloème1 à partir du porte-greffe où ils sont initialement produits (Mlotshwa et al., 2008 ; Palauqui et al., 1997). Les analyses réalisées par le pétitionnaire par ELISA et RT-PCR n'ont pas mis en évidence d'ARNm ou de protéines dans les feuilles ou les inflorescences de scions, analysées après leur arrachage.
Concernant la détection des protéines, le CS indique que les analyses ELISA effectuées ne sont pas les plus sensibles. En effet, si un tel transfert avait lieu, il s'effectuerait par le phloème, qui représente une portion infime (de l'ordre de 2 à 3 %) des extraits qui ont été analysés par le pétitionnaire. Le seuil de détection de protéines dans le phloème par la méthode utilisée n'est pas précisé, mais il semble inadapté au CS.
Des méthodes permettant de pallier l'effet de dilution des protéines seraient plus appropriées. Le pétitionnaire projette judicieusement de faire une analyse par immuno-localisation
.1 Tissu conducteur dans lequel circule la sève élaborée, transportant entre autres des acides aminés et des sucres, et également des peptides et des acides nucléiques.
Source : Guy Kastler, représentant de la Confédération Paysanne au Comité Economique, Ethique et Social du haut Conseil des Biotechnologies, le 23 août 2010
France : L'inscription de variétés de maïs OGM au registre national des semences sème le doute par Administrateur Vendredi 27 Août 2010 :: Combat Monsanto :: RSS
L'inscription de nouvelles variétés de maïs OGM au catalogue national des semences inquiète les associations. Une décision surprenante alors même que Jean-Louis Borloo demandait récemment un renforcement de l'expertise européenne sur les OGM.
''Le gouvernement a sournoisement ouvert la porte aux OGM en France juste avant de partir en vacances'', analyse Arnaud Apoteker, chargé de campagne OGM pour Greenpeace France. La Confédération paysanne parle quant à elle de ''manœuvres du ministre de l'agriculture qui se plie aux désirs de l'industrie des semences pour mettre fin en cachette au moratoire sur les cultures OGM en pleine trêve estivale''.
Ce qui provoque la colère de ces deux associations ? L'inscription de 38 variétés de maïs OGM (MON810 et T25) au catalogue officiel des espèces et variétés de plantes cultivés en France, par arrêté du ministère de l'Agriculture, le 20 juillet dernier.
De son côté, le ministère dément cette lecture des faits : ''l'inscription des deux variétés de maïs T25 a été décidée pour éviter un contentieux. En octobre 2009, il y a eu une injonction du Conseil d'Etat à ce sujet, car ces variétés n'étaient pas inscrites au catalogue national alors que le comité technique des semences avait donné un avis favorable'', explique Isabelle Ruault, du service de presse du ministère. Et d'insister : ''cette inscription ne permet pas la culture, seulement le négoce et le commerce''.
Sur la question du maïs MON810 (dont plusieurs variétés viennent d'être inscrites au catalogue officiel), le Conseil d'Etat a également été saisi. Il a décidé de renvoyer sa décision à celle de la Cour de justice européenne. Il n'y avait donc aucune obligation d'inscription. Pour les associations, la décision du ministère de l'agriculture d'inscrire ces variétés de maïs n'est pas si anodine que ça…
Maïs T25 : une première inscription au catalogue des cultures
Si le maïs génétiquement modifié T25 est autorisé en Europe en vertu de la directive 90/220/CEE pour toutes les utilisations (importation, transformation en produits destinés à l'alimentation humaine ou animale et culture) depuis 1998, il n'était pas cultivé sur le territoire européen jusque-là : ''l'autorisation de l'évènement T25 par l'Union européenne ne suffisait pas. Pour être cultivée, une variété doit être inscrite dans un catalogue national. Jusque-là, le maïs T25 ne figurait dans aucun registre national'', explique Frédéric Jacquemart, biologiste et représentant de la fédération France nature environnement (FNE) au Haut conseil des biotechnologies. Or, c'est à cette inscription que vient de procéder la France, pour deux variétés de maïs T25 développées par la société Maïsadour semences. ''La France est ainsi le premier pays à autoriser la culture de cet OGM'', regrette Greenpeace France, ce qui ''entraîne automatiquement l'inscription au catalogue européen''. D'après la réglementation européenne, la commercialisation d'un OGM à toute autre fin que l'alimentation humaine ou animale doit faire l'objet d'une demande d'autorisation auprès de l'autorité nationale compétente dans l'État membre où le produit doit être commercialisé pour la première fois. En France, c'est le ministère de l'agriculture et de la pêche qui doit statuer pour les semences et plants génétiquement modifiés. La Commission européenne et les autres Etats membres sont informés de la procédure et ont la possibilité de faire des commentaires ou d'émettre des objections à la mise sur le marché. En l'absence d'objection de leur part, l'Etat membre qui a réalisé l'évaluation initiale peut accorder l'autorisation de mise sur le marché du produit, qui peut ensuite être commercialisé dans l'ensemble de l'Union européenne. ''Si une société décide de planter cet OGM demain, elle en a le droit alors même qu'aucune réglementation de coexistence n'est en place aujourd'hui. Nous demandons le retrait immédiat du maïs OGM T25 du catalogue ainsi que l'adoption par la France d'une clause de sauvegarde sur cet OGM'', note Arnaud Apoteker.
L'Autriche a interdit le T25 de son territoire depuis 2000, faisant jouer la clause de sauvegarde contre l'avis de la Commission européenne. Après plusieurs années de bataille, le Conseil des ministres européens de l'environnement du 2 mars 2009 a finalement rejeté la proposition de la Commission de lever cette clause de sauvegarde.
A priori, le maïs T25 ne devrait pas être cultivé en France. Il est en effet tolérant au glufosinate d'ammonium, l'ingrédient actif d'un herbicide à large spectre, qui permet aux agriculteurs de désherber sans endommager la récolte. Or, cet herbicide n'est pas homologué pour la culture du maïs en France et un règlement européen du 13 janvier 2009 a décidé de son interdiction totale en 2017. ''La culture du T25 n'a donc aucun intérêt mais peut s'avérer très dangereuse'', souligne Greenpeace France. La Confédération paysanne se montre plus inquiète quant à l'avenir : ''cette culture reste de peu d'intérêt agronomique en France tant que le glufosinate d'ammonium n'y est pas autorisé sur le maïs, mais cette autorisation peut arriver d'un jour à l'autre''.
MON 810 : non à la culture, oui à la commercialisation
En janvier 2008, la France a utilisé la clause de sauvegarde pour interdire la culture du maïs OGM MON810 sur son territoire. L'inscription de 30 nouvelles variétés (dont seulement une minorité était déjà inscrite dans un catalogue national de pays comme l'Espagne ou la République tchèque) surprend donc les associations. La Confédération paysanne s'inquiète de l'issue de l'actuelle procédure européenne de réautorisation de ce maïs qui pourrait mettre fin au moratoire français. Pour l'instant, l'inscription de ces variétés au catalogue national ne remet pas en cause l'interdiction de culture en France, mais elle inscrit ces dernières au catalogue européen. Ainsi, les entreprises françaises peuvent en commercialiser les semences dans les pays où le MON810 n'est pas interdit. ''Aujourd'hui, l'Etat fait quelque chose d'inimaginable : il reconnaît que le MON810 représente un danger et applique une clause de sauvegarde sur son territoire et en même temps il permet la culture de ce dernier à l'étranger ! Ce qui est dangereux en France l'est moins dans d'autres pays ?'', interroge Arnaud Apoteker. Même analyse pour Jean-Marc Governatori, co-président de l'Alliance écologiste : ''au-delà des risques environnementaux et sanitaires que représente cette décision pour l'avenir, le gouvernement fait preuve d'une immoralité sans précédent autorisant à l'exportation des produits que la France refuse sur son territoire compte tenu de leur dangerosité estimée''.
Autorisé pour la première fois à la mise sur le marché en 1995, le maïs MON810 a la particularité de lutter contre deux ravageurs, la pyrale et la sésamie en secrétant un insecticide de manière continue.
Source : Sophie Fabrégat, Actu-Environnement.com, le 3 août 2010
Lettre ouverte des faucheurs volontaires de vignes OGM le 15 aout 2010 par Administrateur Mardi 24 Août 2010 :: Combat Monsanto :: RSS
Nous, Faucheurs Volontaires, avons procédé à l'arrachage de 70 pieds de vignes transgéniques sur une parcelle de l'Inra de Colmar le 15 août dernier..
Nous avons constaté la répercussion importante de notre acte à travers les déclarations de cadres de l'Inra, de certains membres du gouvernement et d'autres institutions dans la presse.
Nous souhaitons par cette tribune apporter une explication claire, précise et approfondie de notre geste par ailleurs pleinement réfléchi et assumé.
L'acte que nous avons posé s'inscrit dans le combat mené depuis de longues années contre le développement des manipulations génétique dans l'agriculture.
Par son caractère public, nous nous adressons à l'ensemble de la société civile et particulièrement aux décideurs politiques qui autorisent, et finalement organisent, la dissémination des OGM dans les champs et dans les assiettes.
Des choix qui vont à l'encontre de la société qui refuse très largement leur développement.
Nos élus ne font donc ni acte de représentativité ni de responsabilité.
Le dossier OGM est brûlant parce qu'il ne se réduit pas à un simple problème d'agronomie. Nous invitons l'ensemble de notre société à ne pas être dupe face à de tels essais : il s'agit bien de fausses solutions pour de faux problèmes.
Car le problème -ou la réalité- est toute autre, il est en premier lieu d'ordre démocratique et politique, puis agronomique, et non l'inverse comme on essaye de nous le faire croire.
Notre système agricole est majoritairement productiviste avec une très forte dépendance à l'égard des firmes multinationales de l'agrochimie et de la génétique.
Ce type d'organisation de l'agriculture découle de choix politiques et techniques réalisés en amont, qui appréhendent l'agronomie d'une certaine façon.
Nous pourrions faire d'autres choix, car il existe d'autres façons de faire de l'agriculture, qui s'appuient notamment sur le respect du vivant et des hommes, et qui ont depuis longtemps démontré leur capacité à nourrir l'humanité en quantité et en qualité.
C'est à ce type d'orientations que nous invitons la recherche française, car la question centrale n'est pas d'être pour ou contre l'investigation scientifique mais plutôt quelle recherche veut-on privilégier ?
Rarement nous intervenons dans son pré carré, mais cet essai était particulièrement symbolique car il est au carrefour des nombreuses questions de société que posent les OGM.
D'un point de vue scientifique, il a déjà démontré des contradictions majeures
/Sans fleurs ni raisins qui n'auraient pu être laissés qu'en milieu confiné, cet essai ne pouvait en effet donner aucun résultat scientifique valable sur les risques de transmission de l'OGM au raisin et au vin, ni sur son efficacité dans la lutte contre le court noué après la floraison de la vigne./
/Des générations de vignerons ont mis au point des techniques de gestion appropriée du court noué. Reste à savoir si nous ferons le choix là aussi d'un autre paradigme agricole./
/Dans le cas d'une technologie de plus non maîtrisable à terme comme les OGM, nous serions effectivement contraint de chercher continuellement des solutions à des problèmes que nous aurons nous-mêmes créer./
Si l'objectif de l'Inra est de répondre aux citoyens, alors la meilleure réponse qu'ils pourront leur apporter -parce que la réponse est déjà connue- c'est que la culture d'OGM en plein champ n'est pas possible sinon à condamner les autres types de productions agricoles, et l'agriculture biologique en particulier.
Croire que la dissémination des transgènes ne se fera pas lorsqu'un OGM passe au stade commercial, c'est au mieux nous prendre pour des imbéciles, au pire ignorer totalement les lois biologiques.
L'Espagne, devenue la poubelle transgénique de l'Europe, en est un triste exemple.
Des dizaines de cas de contamination des maïs bio et conventionnels ont montré que la coexistence entre cultures GM et non-GM est entièrement impossible.
Cette situation a déjà entraîné la réduction de 95% des cultures de maïs bio entre les années 2002 et 2008.
N'en déplaise au monde de la recherche, elle ne doit pas s'isoler au prétexte de neutralité scientifique. Ses choix sont aussi ceux de la société toute entière, d'autant plus dans le cas des OGM agricoles de plein champ. Evidemment, ce n'est pas le premier objectif de la « recherche », mais c'est le wagon suivant, et l'un ne va pas sans l'autre.
L'histoire des OGM ne démontre pas autre chose, et c'est ce qui fait leur raison d'exister.
Personne n'est plus dupe sur les finalités pratiques du développement de ce type de technologie. A moins que l'on cherche à nous les faire accepter par tous les moyens.
Mais alors qu'est ce que la démocratie : est-ce l'art de faire accepter ou de respecter et de représenter ce qui profite à l'intérêt général ?
Ne faisons pas l'économie d'un vrai débat, ni de décisions d'interdictions courageuses qui respecteraient la volonté sinon les doutes de la population mais plus encore les néfastes effets avérés des OGM. Ceux-là même qui ont depuis longtemps démontrés qu'ils n'étaient pas conçus pour le bien des hommes et des écosystèmes mais pour remplir les comptes en banque des actionnaires de l'agrochimie et de la génétique.
Quand au fait d'abandonner la maîtrise et l'expertise des OGM aux multinationales, la question est plutôt la suivante : voulons-nous suivre cet exemple qui a condamnés les paysanneries riches de savoir-faire et de diversité au profit de cultures à pesticides ?
Voulons-nous que les campagnes françaises ne soient plus que dévouées, à terme, aux seules cultures transgéniques ?
Les OGM sont un projet de société à part entière. Reste à savoir si la société civile pourra ou non participer à ce choix.
En attendant que la classe politique fasse son travail et parce que les rouages de la démocratie ne traduisent plus les aspirations des citoyens, la nécessité fait loi et la désobéissance civile s'invite pour faire entendre cette voix.
Source : Les Faucheurs volontaires, août 2010
Communiqué de Presse des Faucheurs Volontaires du 15 août 2010 : Neutralisation de vigne OGM par les Faucheurs Volontaires par superadmin Lundi 23 Août 2010 :: Combat Monsanto :: RSS
Aujourd'hui, 15 août 2010, 70 Faucheurs se sont volontairement enfermés à l'intérieur du site de l'INRA de Colmar pour neutraliser l'essai de vigne génétiquement modifié.
Nous avons fauché cet essai de vignes GM parce que
les champs d'expérimentation d'OGM sont le premier pas d'une démarche commerciale visant à imposer, avec l'aval de la Commission européenne, des cultures actuellement non autorisées, et surtout non plébiscitées ni par la population ni par les professionnels
cet essai est inutile et inabouti : les fleurs ayant été supprimées, cette étude ne peut statuer sur le possible passage d'éléments du transgène dans le fruit ou le vin.
En conséquence, nous demandons que les fonds publics financent des recherches sur les alternatives de lutte contre le court-noué plutôt que sur des OGM dont on sait qu'ils généreront non seulement une dépendance des agriculteurs, vignerons, et travailleurs de la terre au brevetage sur le vivant, mais aussi des gains phénoménaux pour le secteur privé représenté ici par l'industrie agrochimique.
Enfin, cette démarche est en totale contradiction avec la mission d'intérêt général et publique de l'INRA, et va à l'encontre de l'opinion publique qui refuse toujours à 80 %les OGM dans les champs et les assiettes.
Source : Le Collectif des Faucheurs Volontaires, le 15 août 2010
Confédération Paysanne : Arrachage d'un essai de vignes OGM, la fin d'une mise en scène publicitaire ? par superadmin Lundi 23 Août 2010 :: Combat Monsanto :: RSS
Bagnolet, le 15 août 2010
Communiqué de Presse :
La Confédération Paysanne rappelle son opposition aux essais OGM en plein champ et demande l'arrêt de toute poursuite contre les faucheurs volontaires qui ont neutralisé ce matin des pieds de vigne transgénique à l'INRA de Colmar.
La poursuite de cette opération destinée à faire accepter, par les viticulteurs et les citoyens français qui n'en veulent pas, les recherches sur la mise au point de plantes transgéniques cultivées dans les champs, n'avait aucun sens. Sans fleurs ni raisins qui n'auraient pu être laissés qu'en milieu confiné, cet essai ne pouvait en effet donner aucun résultat scientifique valable sur les risques de transmission de l'OGM au raisin et au vin, ni sur son efficacité dans la lutte contre le court noué après la floraison de la vigne.
La Confédération paysanne conteste le choix de l'INRA de consacrer une telle part de son budget en amélioration des plantes aux seules manipulations génétiques brevetées et de n'attribuer que quelques miettes aux programmes de recherche alternatifs respectant l'intégrité du vivant et sa libre disposition pour tous.
Pour ce faire, la recherche publique doit s'attacher à rester indépendante des pressions de l'argent au détriment de l'éthique, tout particulièrement actuellement. La recherche agronomique doit être centrée sur les besoins réels de l'agriculture paysanne : l'INRA doit redonner à l'agronomie la place qu'elle n'aurait jamais dû abandonner, hier à la chimie, aujourd'hui à la manipulation génétique.
C'est pourquoi la Confédération paysanne travaille avec l'INRA dans d'autres cadres, notamment un comité de liaison constructif qui se réunit plusieurs fois par an. Elle y fait valoir les besoins fondamentaux pour l'agriculture et l'alimentation, les paysans et la société, centrés sur une meilleure connaissance des processus biologiques et des savoir-faire paysans pour donner du sens à une recherche publique et citoyenne.
Source : Confédération Paysanne, le 15 août 2010
Interview d'Arnaud Apoteker, responsable de la campagne OGM de Greenpeace France par superadmin Lundi 23 Août 2010 :: Combat Monsanto :: RSS
La question des organismes génétiquement modifiés, Arnaud Apoteker l'a connaît par cœur : depuis 15 ans, c'est Monsieur OGM au sein de Greenpeace. Plus réfléchi qu'alarmiste, il fait un point pour developpementdurable.com sur la situation dans l'agriculture et l'alimentation, expose l'action de Greenpeace, et précise sa pensée sur un sujet polémique…
developpementdurable.com : Quelle est précisément le positionnement de Greenpeace vis-à-vis des OGM ?
Arnaud Apoteker : Greenpeace s'oppose à la dissémination des OGM dans l'environnement : leurs conséquences écologiques à long terme sont totalement inconnues, et imprévisibles. Il faut savoir que nous sommes en face d'une science relativement jeune et imprécise. Les OGM, contrairement à ce que l'on nous fait croire, sont un « bricolage génétique ».
En revanche, Greenpeace ne s'oppose pas aux OGM utilisés dans une visée thérapeutique, à la seule condition qu'ils soient réellement confinés, c'est-à-dire utilisés dans des bioréacteurs, par exemple. Nous ne refusons pas la technique en soi, maïs la dissémination des organismes génétiquement modifiés sur de grands espaces à travers la planète, transformant notre écosystème en espèce de laboratoire et la population humaine en cobaye.
dd.com : Quelle différence faites-vous entre OGM pour l'agriculture et OGM à visée thérapeutique ?
A. A. : La différence pour Greenpeace se situe au niveau du contrôle : il y a une différence entre dissémination incontrôlée parce qu'incontrôlable et recherche scientifique en milieu confiné.
dd.com : 36 nouvelles variétés de maïs transgéniques MON810 ont été inscrites dans le catalogue officiel des semences. Pouvez-vous nous expliquer la spécificité de ce maïs ?
A. A. : Le MON810 est un maïs qui a été génétiquement modifié afin de fabriquer lui-même son insecticide et ainsi se protéger des attaques de son ennemi naturel : la pyrale du maïs. Dans le Sud-Ouest de la France principalement, la pyrale occasionne des pertes considérables aux agriculteurs parce qu'elle est difficile à éliminer par des moyens chimiques classiques : la larve s'insinue dans le maïs et dévore les tiges de l'intérieur. Le maïs MON810 est pratique dans le sens où la toxine sécrétée est fatale à la pyrale.
L'inquiétude que nous avons, de façon générale, concerne le manque de connaissances scientifiques de l'impact des OGM sur l'environnement. Les changements opérés sur le génome sont en réalité peu maitrisés. Par exemple, le soja OGM, cultivé aux Etats-Unis, souffre de rendements très faibles quand il fait chaud et sec… sans que l'on comprenne pourquoi. Un certain nombre d'impacts ne peut apparaitre qu'en cas de stress du climat ou de l'écosystème.
Pour en revenir au MON810 spécifiquement, l'insecticide sécrété est synthétisé 24h/24 dans chacune des cellules du maïs. Or il y en a des milliards par épi. Autant dire que la quantité d'insecticide présente dans un seul champ est sans commune mesure avec ce que l'on utilisait auparavant. De plus, le contact permanent de l'insecte avec l'insecticide provoque des résistances.
Enfin, un autre phénomène a été observé : le remplacement de l'insecte ravageur par d'autres parasites, ce qui impose d'utiliser de nouveaux produits toxiques. Il y a un risque de surenchère avec tous les problèmes que cela sous-entend : empoisonnement des sols et des eaux, etc.
dd.com : Quel peut être l'impact sur la santé humaine ?
A. A. : Aujourd'hui, il n'y a pas de preuves de la toxicité de ce maïs sur la santé humaine. De la même façon qu'il n'y a pas d'éléments qui nous prouvent son innocuité. C'est cela qui permet de faire accepter le fait que la population serve de cobaye. Le peu d'études menées sur le sujet sont contestées et donnent lieu à de véritables « bagarres » scientifiques autour des données : certains notent des différences physiologiques entre animaux nourris avec ou sans OGM, d'autres expliquent que ces différences ne sont pas statistiquement significatives.
Sachez tout de même que ces recherches se contentent systématiquement des données fournies par les fabricants eux-mêmes. Une seule source : un problème en soi…
dd.com : Quelles sont les différences physiologiques observées ?
A. A. : Des expériences ont été menées sur des rats pendant 90 jours et des différences dans la composition sanguine et le poids des organes (reins et foie) sont apparues. N'oublions pas que le foie et les reins sont nécessaires à la détoxification des produits consommés.
Constater des variations au bout de seulement 90 jours de test, cela devrait nous inciter à entreprendre des études à plus long terme.
dd.com : Il y a polémique concernant l'inscription du maïs T25…
A. A. : Cette inscription est très dangereuse : cet organisme n'a fait l'objet d'aucun moratoire. La France a une responsabilité énorme sur cette affaire : en inscrivant cet OGM sur son catalogue, elle l'impose à toute l'Europe car il est automatiquement inscrit sur le catalogue européen. Il va y avoir ainsi une prolifération du T25. Et c'est un OGM dont on peut douter de la qualité puisqu'en 12 ans, aucune variété n'avait été enregistrée sur le catalogue d'un pays membre.
Petite précision : le Brésil vient de suspendre son utilisation sur son territoire.
dd.com : Comment qualifieriez-vous la position actuelle de la France vis-à-vis des OGM ?
A. A. : La position française peut être qualifiée de schizophrène. Le pays ne cesse de multiplier les initiatives éco-responsables et adopte une posture précautionneuse. Mais dans le même temps, elle défend son industrie semencière, agrochimique et biotechnologique. Il y a ainsi perpétuel mouvement de balancier.
Cette schizophrénie reflète aussi une sorte de cacophonie gouvernementale : contrairement à des pays comme l'Autriche ou la Hongrie, où le consensus des décideurs politiques sur la nécessité d'interdiction des OGM est fort, le choix français est une sorte de compromis flou entre visions environnementaliste et industrielle.
dd.com : Et en Europe, peut-on parler de « retour en grâce » des OGM ?
A. A. : Certainement pas auprès de la population ! Les citoyens européens restent majoritairement opposés aux OGM et le manifestent de façon claire : il suffit de se baser sur les sondages.
En revanche, la nouvelle Commission européenne, dirigée par José Manuel Barroso (président depuis 2004, ndlr), est de longue date un soutien à la cause OGM. Les seuls commissaires qui ont exprimé des réticences sur certains organismes ont été évincés. Il y a une véritable volonté, au niveau de la gouvernance européenne, de faire passer les OGM en force contre l'avis de la majorité des Etats-membres et de leurs citoyens.
dd.com : Action coup de poing à la rentrée ?
A. A. : Vous comprendrez que Greenpeace ne dévoile jamais à l'avance ses intentions de manifestations publiques ou autres. Ce qui est certain, c'est que nous allons réclamer très fermement au gouvernement français le retrait de ces variétés nouvellement autorisées. Nous exigerons l'application immédiate d'une clause de sauvegarde sur le maïs T25 afin de s'assurer que l'arrêté signé cet été ne conduise pas à une mise en culture à la prochaine saison.
dd.com : Un monde sans OGM est-il possible ?
A. A. : Un monde sans OGM est possible mais surtout nécessaire. Cela dépasse la seule question des OGM : il s'agit plus globalement de la vision qu'on a de l'agriculture de demain, d'une agriculture saine et en quantité suffisante pour l'ensemble de la planète. Garantir la sécurité alimentaire passe immanquablement par la qualité de l'environnement, des sols et de l'eau, grâce auxquels nous pouvons cultiver. Il faut orienter toute notre agriculture vers un changement de paradigme loin de toute dépendance aux produits chimiques et au pétrole, voué à se raréfier.
dd.com : Un retour en arrière est-il envisageable ?
A. A. : Les cultures d'OGM sont très présentes mais pas le problème n'est pas irrémédiable : elles représentent moins de 10 % des terres cultivées dans le monde. Et Il n'y a véritablement que trois cultures principales concernées aujourd'hui par les OGM. Si l'on considère la situation avec un peu de distance, ce n'est certainement pas le raz-de-marée mondial insurmontable qui nous est souvent décrit. Par ailleurs, il y a 15 ans, les OGM n'existaient pas. Le soja est devenu OGM à 60 % au niveau mondial mais rien n'empêche de repartir dans l'autre sens.
Les Etats-Unis et le Brésil, qui ont clairement fait le choix du transgénique, parviendront à démontrer au monde une seule chose : cette option agricole est intenable car non durable. Notre travail consiste à provoquer une prise de conscience afin de réaliser une transition le plus rapidement possible. Cela sous-entend bien évidemment des difficultés. Mais cela signifie surtout que nous devons prendre dès aujourd'hui des décisions politiques et opérer des réorientations de la recherche agronomique. Nous devons repenser notre manière de produire et de distribuer l'alimentation. Cela représente un immense chantier mais il est le seul qui soit à même d'assurer notre sécurité alimentaire avenir…
Source : Propos recueillis par Emmanuelle Outtie, developpement durable.com, août 2010
Pesticides : première campagne de sensibilisation des organisations agricoles par superadmin Lundi 23 Août 2010 :: Combat Monsanto :: RSS
PARIS (AFP) - Pour la première fois, des organisations agricoles vont lancer en septembre une campagne sur les risques médicaux liés à l'utilisation de pesticides, ont-elles annoncé vendredi dans un communiqué.
De longue date, des études ont établi un lien entre l'utilisation de pesticides par les agriculteurs et certaines pathologies.
En janvier 2010, la cour d'appel de Bordeaux a même reconnu comme maladie professionnelle l'utilisation par un céréalier charentais d'un herbicide du groupe chimique Monsanto, le Lasso, qui l'avait gravement intoxiqué.
La campagne a "pour objectif de faire prendre conscience aux utilisateurs que pour leur santé, une évolution de leurs habitudes est nécessaire", soulignent les organisations agricoles.
Parmi celles-ci figurent les chambres d'Agriculture, le syndicat des Jeunes Agriculteurs (JA) ainsi que l'Union des industries de la protection des plantes (UIPP) qui regroupe les fabricants de pesticides.
Cette campagne sera lancée en septembre dans la presse professionnelle pour un montant de 400.000 euros, a-t-on appris auprès de l'UIPP.
"L'utilisation seule des équipements de protection n'est pas suffisante et doit être accompagnée d'une bonne information, de mesures d'hygiène (lavage des mains) et d'une bonne organisation du travail", toujours selon le communiqué.
Cette campagne, qui aura lieu jusqu'à la fin de l'année, soulignera la nécessité pour les agriculteurs de se protéger les mains, "premier vecteur de contamination pour eux et leurs proches".
Une deuxième vague qui devrait commencer au début 2011 insistera sur la protection des yeux.
L'exposition à certains pesticides double quasiment le risque de survenue de la maladie de Parkinson chez les agriculteurs, avait relevé en juin 2009 les travaux d'une équipe de chercheurs de l'Inserm et de l'Université Pierre et Marie Curie.
© AFP
Source : GoodPlanet.info, le 21 août 2010
OGM : le gouvernement cède au lobby des semenciers, estime le PS par Administrateur Vendredi 6 Août 2010 :: Combat Monsanto :: RSS
Le parti socialiste (PS) a dénoncé mercredi l'autorisation "en catimini" par le gouvernement de la commercialisation d'un maïs OGM et ce, sous la pression des semenciers, affirme le secrétaire national adjoint à l'Environnement, le député du Gers Philippe Martin. La semaine dernière, le PS avait déjà appelé le gouvernement à refuser le "diktat" de la Commission européenne qui venait d'autoriser la commercialisation de six maïs OGM, faute d'accord entre les Etats membres sur une position commune. "Le gouvernement français emboîte le pas de (la Commission) et profite de l'été pour donner satisfaction aux lobbies des semenciers", s'émeut M. Martin, élu d'un département pionnier dans la lutte contre les OGM. "Hélas, poursuit-il dans un communiqué, +Docteur Jekyll-Jean-Louis Borloo (ministre de l'Environnement)+ est en train de perdre la partie face à +Mister Hyde-Bruno Lemaire (ministre de l'Agriculture)+ dont la décision d'autoriser la commercialisation d'un OGM interdit de culture en France illustre le double langage qui prévaut désormais en matière d'environnement". Pour le PS, la France "s'éloigne chaque jour un peu plus des engagements pris, sur ce sujet, dans le cadre du Grenelle de l'environnement". Le ministère de l'Agriculture a inscrit courant juillet le maïs T25 au catalogue officiel des semences, en dépit de la suspension des cultures génétiquement modifiées en France depuis 2008. Il a souligné que l'autorisation visait la commercialisation mais pas la culture de cette variété de maïs.
Source : Lemonde.fr, 4 août 2010
Eté des OGM : Monsanto installe un discret centre d'expériences dans le Loiret par Administrateur Vendredi 6 Août 2010 :: Combat Monsanto :: RSS
Lentement mais sûrement, souvent par l'intermédiaire de dirigeants ou de sociétés qui servent de poissons-pilotes, Monsanto quadrille le territoire français pour développer ses activités actuellement interdites. De façon à être présent partout pour le cas où le lobby des OGM réussissent à arracher quelques autorisations. A force d'essais sous serre ou d'essais clandestins en plein champ. Ce qui se passe dans un lieu-dit (Bruyères de l'Etang) d'une petite commune du Loiret, Autry-le-Chatel, est révélateur des méthodes et manoeuvres en cours dans de nombreux départements.
Quoi de plus innocent, sur l'emplacement d'une pépinière, que l'installation au bord d'un étang, il y a une bonne dizaine d'années, d'une société dénommé « Loiret Semence ». Ca fait local. Que le propriétaire, se trouve être un Néerlandais, n'est pas extraordinaire puisqu'aprés tout nous sommes en Europe. Evidemment que le Hollandais en question soit aussi le gestionnaire de la société Ruiter Seeds spécialisée dans les semences de légumes hybrides, pourrait éveiller l'attention. Mais, bon, pas de quoi inquiéter les élus et la presse locale et régionale...
D'autant plus que dans la région se pose la question des emplois que le nouveau propriétaire en promet à la pelle. Car évidemment, le lecteur aura deviné : par fusion dont les détails ont été déposés le 16 juillet dernier au greffe du tribunal d'Orléans et de Lyon, le nouveau propriétaire des lieux se trouve être Monsanto. Ce n'est pas une prise de participation, juste une absorption. On ne garde la pancarte « Loiret Semence » que pour rassurer le gogo. Car, les lieux ont changé en quelques mois : à la place des banales serres anciennes, prés de deux hectares de serres de six à huit mètres de hauteur et climatisées en permanence à 20 degrés. Trois millions et demi d'euros de travaux réalisés, tant pis pour les emplois promis, par des entreprises venues des Pays Bas. Sans compter les clôtures nouvelles renforcées et les remblais de protection. A droite de l'emplacement Monsanto, des bulldozers complètent l'installation et des ouvriers installent depuis quelques jours une clôture autour des champs rachetés le long de l'implantation.
Autrement dit, d'ici à la prochaine saison, de quoi installer discrètement, à l'écart de toute habitation et des regards curieux, des essais à l'air libre de légumes OGM : essentiellement des tomates, des poivrons, des concombres et des cucurbitacés. A l'abri derrière des grilles et un no man's land. Lequel sera évidemment surveillé en permanence par des caméras de vidéo surveillance qui ne sont pas encore installées, ce qui permet des visites discrètes. Car les nouveaux responsables le disent clairement, explique un cadre un peu embêté, « notre projet est de fournir à l'Europe, à l'Asie et à l'Amérique Latine de nouvelles variétés résistantes à des maladies et à des parasites pour des légumes de consommation courante. Mais pour ce rachat, on ne nous a guère demandé notre avis. On sentait cela arriver depuis longtemps ». Il ne s'agira plus d'hybrides mais essentiellement de graines et greffons OGM. Mais le problème, c'est qu'il faudra vérifier la résistance de ces « monstres » en plein air pour que les clients ne viennent pas râler, d'où les champs...
Au début de l'année, la même manipulation d'entreprises s'est produite à Saint Andiol dans les Bouches du Rhône.
Source : Claude-Marie Vadrot, Politis, 28 juillet 2010
Colombie : autorisation du soja OGM par Administrateur Vendredi 6 Août 2010 :: Combat Monsanto :: RSS
Le gouvernement colombien a autorisé le 17 juillet 2010 [2] la culture commerciale du soja génétiquement modifié pour tolérer l'herbicide Roundup (MON-04032-6). Les cultures auront lieu dans la province d'Orinoco.
Le même jour, ont été autorisés pour l'alimentation du bétail, quatre OGM :
le maïs GA 21 (Syngenta),
le maïs Lysine LY038 (Monsanto),
le maïs MIR 162 x Bt11 x GA21 (Syngenta),
et le soja GAT (DuPont).
Enfin, le gouvernement a aussi étendu les zones où la culture du coton transgénique Liberty Link (Bayer) est autorisé. Ce coton GM est désormais cultivable sur la côte caribéenne de la Colombie.
Source : Christophe Noisette, Inf'OGM, août 2010.
(Lire la suite) Administrateur
OGM : La France cultive le lobby par Administrateur Mercredi 4 Août 2010 :: Combat Monsanto :: RSS
La France va autoriser la commercialisation d'une variété de semences OGM, dont le MON810 interdit à la culture depuis deux ans.
L'Etat vient de donner le feu vert pour la commercialisation de maïs transgénique, à l'étranger. (Reuters)
Coup de tonnerre dans le dossier français concernant la législation des OGM. Le ministère de l'Agriculture a inscrit par décret le 25 juillet au catalogue officiel, des semences de 38 variétés de maïs transgéniques. A la demande du Conseil d'Etat, saisi par les entreprises commercialisantes, c'est plusieurs variétés de MON810, produites par le géant américain Monsanto, et de T25, de l'Allemand Bayer, qui vont pouvoir être utilisées en France. "Ce n'est qu'une autorisation de commercialisation pour dix ans, pas de culture. En aucun cas cette variété ne pourra être cultivée en France", a indiqué un porte-parole du ministère sur France-Info. En effet, une clause de sauvegarde, qui permet de suspendre la culture d'un organisme génétiquement modifié, a été déposée à Bruxelles en janvier 2008. Ainsi ce maïs sera commercialisé par des entreprises françaises à l'étranger, mais pas sur le sol français.
Arnaud Apoteker, le monsieur OGM de Greenpeace, a dénoncé au JDD.fr "l'hypocrisie" du gouvernement. "Ethiquement ça me parait inacceptable" s'est-il insurgé, tout en attaquant de front les groupes à l'origine de cette décision. "C'est une démonstration de force du lobby agro-industriel : les entreprises françaises vont ainsi pouvoir vendre ailleurs une semence considérée, avec la clause de sauvegarde, trop dangereuse pour être cultivée sur le sol français". Pas assez pour les pro-OGM
Du côté de Philippe Gracien, directeur du Groupement interprofessionnel des semences et des plants (GNIS), pro-OGM, on se félicite de "l'aboutissement du processus administratif", sans pour autant crier victoire, car les variétés de MON810 ne pourront pas être produites en France. "Le gouvernement est sensible au fait que l'innovation est importante, mais il écoute aussi l'opinion publique. Il met un pied sur l'accélérateur et l'autre sur le frein", a-t-il indiqué au JDD.fr. La distorsion de concurrence au sein de l'Union européenne reste un des points cruciaux à ses yeux : "nos voisins ont la possibilité de cultiver le MON810, ce qui ne nous est pas permis, je vois ici une concurrence déloyale qui nie le marché commun né il y a déjà plus de 20 ans". Actuellement tous les pays de l'UE ont le droit de procéder à la mise en culture de cette variété d'OGM, à l'exception de l'Autriche, le Luxembourg, la Grèce, la Hongrie, l'Allemagne et bien sûr la France, qui ont tous les six posé la fameuse clause de sauvegarde.
Un effet d'annonce dissimulé
Concernant la deuxième variété, le T25, la législation autorisant son utilisation est plus subtile. En effet, aucune clause de sauvegarde le concernant n'est en vigueur en Europe, n'interdisant donc pas sa mise en culture et/ou sa commercialisation sur le sol français. Seulement, le seul herbicide qu'il tolère, "va être interdit par l'UE en raison de sa toxicité" indique Arnaud Apoteker. "Il est aberrent d'inscrire au catalogue des variétés qui sont utilisables avec un herbicide tellement toxique qu'il va être interdit". Selon une source proche du dossier au gouvernement, cette décision du Conseil d'Etat a plus intérêt à satisfaire les groupes agro-industriels très pressants, mais elle n'a pas volonté d'être suivie d'une application réelle dans les cultures françaises.
Greenpeace revient également sur ce discret "effet d'annonce" du ministère de l'Agriculture : "ça reflète une sorte de cacophonie gouvernementale qui relève d'une attitude schizophrène. Au niveau européen la France a une position plutôt précautionneuse sur la question des OGM. Cette décision montre que l'Etat ne va pas au bout de ses positions et cède aux lobbies". Peut-on attendre un changement de politique envers les OGM ? "Non, a renchéri Arnaud Apoteker, car cette autorisation a été publiée de la façon la plus discrète possible, au cœur de l'été, et je vois plutôt cela comme un gage discret à l'industrie de biotechnologie".
Source : JDD, 3 août 2010
Sans faire de bruit, la France autorise la culture de deux variétés de maïs OGM ! par Administrateur Mardi 3 Août 2010 :: Combat Monsanto :: RSS
Paris, le 2 août 2010 – Le 20 juillet dernier la France, via le Ministre de l'Agriculture Bruno Le Maire, a inscrit en toute discrétion au catalogue des plantes autorisées à la culture en France deux variétés de maïs OGM T25. Concrètement cela signifie que ce maïs peut être cultivé dès aujourd'hui sur le territoire français, et très prochainement sur tout le territoire européen puisque l'inscription à un catalogue national entraîne automatiquement l'inscription au catalogue européen ! La France est ainsi le premier pays européen à autoriser la culture de cet OGM.
« Le gouvernement a sournoisement ouvert la porte aux OGM en France juste avant de partir en vacances, déclare Arnaud Apoteker, chargé de campagne OGM pour Greenpeace France. Si une société décide de planter cet OGM demain, elle en a le droit alors même qu'aucune réglementation de coexistence n'est en place aujourd'hui. Cela serait une catastrophe ! Nous demandons le retrait immédiat du maïs OGM T25 du catalogue ainsi que l'adoption par la France d'une clause de sauvegarde sur cet OGM. »
Une culture insensée et dangereuse en France
Ce maïs OGM a pour seule caractéristique d'être tolérant à un herbicide très toxique, le glufosinate. Ce dernier est d'ailleurs interdit d'utilisation sur les cultures de maïs. La culture du T25 n'a donc aucun intérêt mais peut s'avérer très dangereuse. En effet il est impossible de contrôler l'utilisation du glufosinate sur les champs cultivés avec cet OGM.
« La tolérance du T25 à un herbicide aussi toxique que le glufosinate représente un vrai risque de santé publique, ajoute Arnaud Apoteker. Les preuves de sa nocivité sont si évidentes qu'il figure parmi les 22 produits agrochimiques qui vont bientôt être retirés du marché en Europe ! »
Le glufosinate représente un risque considérable pour les agriculteurs, est nuisible pour les insectes des zones environnantes et est potentiellement dangereux pour les consommateurs qui ingèrent des aliments contenant des résidus de cet herbicide…
Et revoilà le MON810…
Le 20 juillet le France a aussi inscrit au catalogue 30 variétés de MON810. La France ayant une clause de sauvegarde sur cet OGM, cette inscription va permettre aux industriels français du maïs de cultiver et de vendre le MON810 à l'étranger.
« Le gouvernement français cède à la pression des industriels avec ces inscriptions au catalogue. Aujourd'hui l'Etat fait quelque chose d'inimaginable : il reconnaît que le MON810 représente un danger et applique une clause de sauvegarde sur son territoire et en même temps il permet la culture de ce dernier à l'étranger ! Qu'est-ce que cela signifie ? Ce qui est dangereux en France l'est moins pour les autres pays ? C'est une attitude scandaleuse vis-à-vis de nos voisins européens ! Si le gouvernement français admet que les OGM sont dangereux, il doit assumer son choix jusqu'au bout et retirer immédiatement du catalogue ces variétés de MON810 ! » conclut Arnaud Apoteker.
Il est bon de rappeler que les OGM T25 et MON810 sont autorisés en Europe depuis 1998 et que leur processus de ré-autorisation est en cours (une autorisation est donnée pour 10 ans). Mais les processus sont extrêmement lents et en attendant la décision de l'Union européenne, ces cultures restent autorisées jusqu'à son éventuelle ré-autorisation… Le principe de précaution ne s'applique donc pas dans ce cas et des cultures OGM qui ont plus de douze ans sont toujours cultivées !
Source : Greenpeace France, le 2 août 2010
Italie : Des agriculteurs menacent le moratoire sur le maïs OGM par Administrateur Mardi 3 Août 2010 :: Combat Monsanto :: RSS
En Italie, début 2010, des agriculteurs du Frioul avaient menacé le gouvernement de cultiver du maïs OGM, en dépit du moratoire réaffirmé par le ministre de l'Agriculture [1]. Début juillet, un agriculteur, Giorgio Fidenato et un ancien journaliste, Leonardo Facco, ont revendiqué dans un article publié par Nature Biotechnology [2] avoir semé « dans un acte de désobéissance civile » du maïs GM. Une vidéo publiée sur YouTube les montre en train de planter le maïs GM [3]. Une analyse, commandée par Greenpeace et réalisée par un laboratoire indépendant accrédité, prouve qu'il s'agissait effectivement de maïs Mon810.
Les autorités ont été prévenues, mais aucune procédure n'a été engagée. Une dizaine de militants de Greenpeace ont alors décidé d'agir, pour médiatiser et dénoncer cet état de fait. Vêtus de « combinaisons haute protection pour éviter toute contamination », ils ont mis « le champ et les grains contenus en quarantaine » [4]. L'action consistait précisément à ensacher et à couper le haut de quelques épis de maïs... Au-delà de la protection des maïs conventionnels, cet action vise aussi à faire pression sur les autorités. Récemment le gouvernement irlandais ordonnait la destruction d'un champ contaminés avec des variétés de maïs transgéniques [5].
Source : Christophe Noisette, Inf'OGM, août 2010
[1] ITALIE – Un décret interdit la culture du maïs Mon810
http://www.infogm.org/spip.php ?article4482
[2] « Italian GM rebels », Nature Biotechnology, vol. 28, p. 638, juillet 2010
http://www.nature.com/nbt/journal/v28/n7/full/nbt0710-638.html
[3] http://www.youtube.com/watch ?v=JS7nEDL3CzE
[4] http://ogm.greenpeace.fr/italie-un-champ-dogm-illegal-mis-en-quarantaine-par-greenpeace
[5] IRLANDE - Du maïs OGM illégal découvert et détruit http://www.infogm.org/spip.php ?article4514
Pomme de terre Amflora : la Commission européenne à nouveau prise en défaut en matière d'OGM par Administrateur Mardi 3 Août 2010 :: Combat Monsanto :: RSS
La Commission européenne (CE), après évaluation par l'Agence européenne de sécurité sanitaire (AESA), a autorisé le 2 mars 2010 une pomme de terre OGM, l'Amflora, enrichie en amylopectine, pour l'industrie du papier et l'alimentation animale, mais aussi avec une tolérance pour l'alimentation humaine en cas de contamination. Le Haut Conseil des Biotechnologies (HCB) français, composé de son Comité scientifique (CS) et de son Comité économique, éthique et social (CEES), vient de rendre son avis le 28 juillet 2010.
Commentaires de France Nature Environnement (FNE) : pour Lylian le Goff, copilote de la Mission biotechnologies de FNE, « il ressort de cet avis des arguments scientifiques et juridiques qui font apparaître Amflora comme inutile, n'ayant pas fait la preuve de son innocuité et illégale » ; et de préciser que « au-delà de ce dossier, c'est bel et bien la non crédibilité des instances européennes en matière d'évaluation des OGM que FNE dénonce une nouvelle fois pour exiger, au minimum, une refonte des procédures d'évaluation des OGM ».
Arguments allant à l'encontre de l'autorisation accordée à Amflora par la CE :
Le CEES souligne que cet OGM ne répond pas à un besoin ni à une demande des professionnels concernés. Selon le communiqué de presse ministériel portant sur l'avis du HCB, « à ce stade, néanmoins, aucun opérateur ne souhaite développer cette culture en France ». Amflora n'a pas un bon rendement, et le peu d'intérêt global de cette pomme de terre fait qu'elle ne peut prétendre venir en aide à l'industrie amidonnière française.
- Sur le plan scientifique, le CS souligne que :
le gène de référence de la variété transgénique présente des réactions croisées avec d'autres séquences de solanacées* et que « le système de référence proposé par le pétitionnaire n'est pas fiable » ; avec pour conséquences de sous-évaluer la présence d'OGM en cas de contamination ; la traçabilité ne peut être assurée de même que la coexistence, d'autant moins que le pétitionnaire n'a pas de plan de surveillance ! FNE interroge les autorités concernées : « Comment une autorisation a-t-elle pu être accordée dans ces conditions ? » ;
cette construction transgénique possède un gène marqueur de résistance à un antibiotique. Le CEES indique que cela ne peut que relancer la polémique sur ce sujet très controversé, ce que confirme le Professeur Patrice Courvalin de l'Institut Pasteur : « l'autorisation d'Amflora constitue un message calamiteux dans le cadre de la lutte contre les résistances aux antibiotiques ». Malgré un grand nombre de promesses des autorités pour mettre fin à ces pratiques, FNE constate qu'elles perdurent, témoignant de la passivité de ces mêmes autorités dont la responsabilité serait d'imposer aux pétitionnaires de ne plus recourir à de tels marqueurs.
Sur le plan juridique, le CEES relève que l'autorisation européenne est probablement illégale. Amflora n'est pas autorisée pour l'alimentation humaine (d'ailleurs elle n'est guère comestible !) et rien, dans le droit européen des OGM, ne peut servir de base à une autorisation partielle, à moins de 0,9 %, comme ici en cas d'éventuelles contaminations de l'alimentation humaine par des transgènes de la pomme de terre Amflora. Si une plante transgénique est autorisée à l'alimentaire, elle l'est à part entière et pas seulement à moins de 0,9 % qui est le taux légal pour les cas de contaminations inévitables de produits considérés « sans OGM » !
Selon Lylian Le Goff, « cette situation ubuesque donne matière à activer une clause de sauvegarde pour le gouvernement français, à l'instar de l'Autriche, de la Hongrie et du Luxembourg ».
De la crédibilité de la Commission européenne en matière d'autorisation d'OGM.
Le CS du HCB juge que « les analyses statistiques contenues dans le dossier ne permettent pas de certifier que le risque d'un effet biologiquement significatif puisse être détecté ». Plusieurs précédents ont déjà révélé que la puissance statistique des tests présentés par les pétitionnaires, et analysés par l'AESA, est insuffisante pour conclure à l'innocuité des produits soumis à autorisation. De plus, l'évaluation s'effectue, dans tous les cas, uniquement à partir du dossier présenté par le pétitionnaire !
Lylian Le Goff rappelle que « manifestement, la CE et l'AESA demeurent insensibles à une démarche scientifique rigoureuse et, de plus, bafouent la démocratie en ignorant l'avis unanime, émis en décembre 2008, du Conseil européen des ministres de l'environnement, pour que soient « renforcées et harmonisées les méthodes d'évaluation des risques des OGM en Europe ».
FNE affirme que tous les avis favorables rendus jusque là en faveur des OGM par la CE devraient être invalidés, à la fois pour des raisons scientifiques et politiques. On ne se donne pas les moyens de certifier l'absence de toxicité des produits et l'on ne respecte pas l'expression démocratique.
Les clauses de sauvegarde nécessaires pour se protéger des autorisations laxistes accordées par la CE ne doivent pas faire l'objet d'un marché de dupes, marché qui consisterait à accorder aux Etats membres la possibilité d'interdire sur leurs territoires, les cultures d'OGM à condition de faciliter les autorisations de mise en culture au niveau communautaire !
FNE estime que ce serait un comble alors qu'il est urgent de réformer cette procédure d'évaluation devant intégrer, outre les risques toxicologiques, leurs impacts socio-économiques, avec des moyens techniques et budgétaires pour mener des contre-expertises pluridisciplinaires, transparentes et indépendantes.
* Solanacées : famille de plantes dont sont issus les pommes de terre, les tomates ou encore les aubergines
Source : FNE, France Nature Environnement,, 29 juillet 2010
L'Europe sans OGM : 6ème Conférence européenne des régions sans OGM, à Bruxelles et Gand, du 16 au 18 septembre 2010 par Administrateur Vendredi 30 Juillet 2010 :: Combat Monsanto :: RSS
Du 16 au 18 septembre vont se réunir au Parlement européen à Bruxelles des représentantes et représentants d'initiatives et d'organisations locales, régionales et nationales, d'agriculteurs, de protection de l'environnement, de consommateurs, d'entreprises et de scientifiques critiques. Ils discuteront ensemble des stratégies et des actions contre les OGM dans l'agriculture et l'alimentation. Nous nous attendons à plus ou moins 300 participantes et participants de tous les Etats membres de l'UE, des autres pays européens non membres de l'UE mais également des invités de la Chine, de l'Inde, des Etats‐Unis, du Japon et de l'Afrique.
Un nouvel essai par l'industrie des OGM
Cet automne, l'Europe se prépare à une grande bataille autour des OGM. Le nouveau commissaire européen, John Dalli, (qui est maintenant le seul responsable en questions concernant les OGM) va tenter de permettre de nouveau la culture des plantes génétiquement modifiées. Comme l'un des premiers actes dans sa nouvelle position, il a autorisé la pomme de terre génétiquement modifiée “Amflora” de BASF et cela contre l'avis de la majorité des gouvernements et malgré d'importantes réserves scientifiques. De nouvelles autorisations d'espèces de maïs OGM sont prévues pour l'automne et probablement, la stricte prohibition des OGM non autorisés sera annulée. La Commission a aussi proposé de laisser la possibilité aux pays membres d'interdire ou non la culture des OGM. Finalement, les soi‐disant “valeurs limites” d'une contamination “accidentelle et inéluctable” seront légalisées dans les semences conventionnelles. Par cela, une culture sans contamination par des OGM deviendrait pratiquement impossible.
Les régions européennes se positionnent à Bruxelles
La volonté déclarée d'une large majorité des Européennes et Européens est celle d'une agriculture et d'une nourriture saine, sans OGM. Si les mouvements civils continuent à vouloir se faire entendre à Bruxelles et à coordonner leurs activités, ils pourront encore s'imposer dans l'avenir. Cela sera décisif pour notre future. Nous devons faire face à la pression de l'industrie génétique et à l'influence dangereuse de beaucoup de politiciens et de politiciennes qui ont l'espoir dangereux de pouvoir résoudre les problèmes sociologiques et écologiques par des formules passe‐partout. Nous devons leur présenter des demandes claires et des alternatives pratiques.
La vision d'une agriculture et d'une alimentation de demain
La grande majorité des Européens demandent des aliments produits d'une manière durable et sans OGM. Les enjeux ne sont pas seulement les risques qu'implique cette nouvelle technologie. Le débat d'une réforme de la politique agricole commune de l'UE (PAC), prévue pour la décennie suivante, entre maintenant dans une phase cruciale et décisive. D'un côté, il y a ceux qui revendiquent une agriculture paysanne, un développement rural durable et la qualité des produits régionaux qui ne vont pas aux dépens du climat, de la biodiversité et des pays en voie de développement. A ceux‐là s'oppose ce qui s'appelle la “bio économie fondée sur la connaissance”. L'industrie pétrolière, chimique et alimentaire recourt à de nouvelles technologies et à la pression globale du marché pour dégrader les agriculteurs à des fournisseurs de matières primaires et à des sous‐entrepreneurs de leurs “usines vertes” et “bio raffineries”. Ce qui va ouvrir le terrain afin d'achever ce but seront les brevets sur le vivant, la propriété intellectuelle de séquences génétiques et de caractéristiques naturelles. La nourriture, les biocombustibles et les superficies agricoles vont se transformer en objets de spéculation internationale.
Pour rendre les négociations de la prochaine réforme agricole plus démocratiques et pour abolir les frontières des intérêts égoïstes nationaux, nous avons besoin d'une alliance entre consommateurs et agriculteurs.
Suffisamment de sujets à discussion pour deux jours pendant lesquels les participantes et participants de L'Europe sans OGM 2010 vont d'abord se réunir au Parlement européen et ensuite se retirer à Gand pour contempler ensemble l'avenir que nous attend et pour développer des projets communs.
Source : GMO Free Regions, Juillet 2010
Nouvelles autorisations d'importations d'OGM : La Commission européenne au service de l'industrie par Administrateur Vendredi 30 Juillet 2010 :: Combat Monsanto :: RSS
Communiqué de presse - 29 juil 2010
La Confédération Paysanne déplore la décision de la Commission Européenne d'autoriser 6 maïs OGM, et tient à souligner que cette autorisation révèle un mécanisme bien huilé permettant à l'industrie de dicter la politique européenne : Les Etats membres n'arrivant pas à prendre une position commune à la majorité qualifiée, c'est la Commission qui prend une décision à leur place au lieu d'attendre qu'ils se mettent d'accord. La Commission ne peut alors qu'appliquer l'avis des experts de l'AESA (*), issus de l'industrie, qu'elle a elle-même nommés.
En effet, en matière d'évaluation d'OGM, il n'y a pas de budget public suffisant permettant à des scientifiques de mener des travaux conséquents sans être financés de l'industrie. C'est pourquoi la majorité des scientifiques "compétents" sur les OGM - parmi lesquels sont recrutés les experts - sont directement dépendants de l'industrie, pour pouvoir se former et travailler : la boucle est ainsi bouclée.
Une fois de plus la quantité d'OGM importés augmentera et la tromperie des consommateurs s'accentuera, puisque ces OGM servent avant tout à nourrir les élevages européens dont les produits sont mis sur le marché et dans la chaîne alimentaire sans aucun étiquetage spécifique.
Ces OGM rentrent dans la chaine alimentaire sans aucune information des consommateurs. De la même manière, Bruno Lemaire a inscrit le 20 juillet au catalogue français des semences 38 variétés de maïs OGM autorisées par l'Europe. C'est ainsi que l'Europe rend effective la libre commercialisation en France de ces semences OGM dont la culture est interdite depuis le "moratoire" français de 2008.
La Confédération Paysanne déplore ce passage en force de la Commission Européenne. Elle tient à affirmer que c'est en priorité l'environnement, l'alimentation la santé et les droits des paysans et des citoyens qui doivent être protégés et non pas les intérêts des firmes multinationales.
(*) : AESA : Agence européenne de sécurité des aliments
Source : La Confédération Paysanne, 29 juillet 2010
OGM : la Commission européenne aux mains des multinationales par Administrateur Jeudi 29 Juillet 2010 :: Combat Monsanto :: RSS
Communiqué d'Attac France
Paris, le 28 juillet 2010
Niant les risques sanitaires et de destruction de la biodiversité, la Commission européenne a de nouveau cédé aux pressions des multinationales Pioneer, Monsanto et Syngenta.
Le 29 juin les ministres de l'agriculture européens n'ont pu se mettre d'accord à la majorité qualifiée pour autoriser ou interdire la commercialisation dans l'Union européenne de maïs OGM. Le 28 juillet la Commission européenne a décidé d'autoriser pour dix ans la commercialisation de six maïs et de renouveler celle du MON810 de Monsanto, maïs utilisables pour l'alimentation humaine et animale. Elle profite ainsi d'une règle absurde et anti-démocratique qui, lorsque les Etats-membres n'arrivent à dégager une majorité qualifiée, donne le dernier mot à la Commission européenne, qui n'a de compte à rendre à aucun électeur.
Cette décision devrait entraîner une circulation encore bien plus importante des produits transgéniques au sein de l'Union européenne. En 2009, la responsable de l'évaluation des OGM à l'Agence européenne de sécurité des aliments, Mme Renckens, a rejoint la société Syngenta, avant même que ne soit écoulé le délai de deux ans requis pour éviter la confusion d'intérêts. On peut légitimement se poser des questions sur les raisons qui ont poussé Monsieur Barroso et le Commissaire européen à la santé Monsieur Dalli à céder aux pressions des lobbies agro-industriels.
ATTAC s'oppose pour de multiples raisons à la diffusion en agriculture des produits transgéniques : évaluation totalement insuffisante des risques sanitaires et environnementaux, main-mise renforcée sur le marché des semences, qui menace directement l'autonomie des paysans et la biodiversité cultivée… La décision de la Commission européenne se heurte à l'opinion des citoyens européens, qui refusent en grande majorité les OGM et réclament une agriculture paysanne de qualité.
ATTAC continuera de se battre, avec la Coordination européenne Via Campesina, avec le mouvement des faucheurs volontaires et l'ensemble du mouvement alteramondialiste, pour bloquer la diffusion des OGM et inscrire cette mobilisation dans le débat sur la PAC 2013, pour une agriculture européenne durable qui garantisse un revenu équitable à tous les agriculteurs et qui respecte la souveraineté alimentaire.
Contacts : Gilles Lemaire, 06.82.68.51.49
Aurélie Trouvé, 06.17.17.50
Source : Attac France, 28 juillet 2010
Le gouvernement irlandais, faucheurs d'OGM ! par Administrateur Mardi 27 Juillet 2010 :: Combat Monsanto :: RSS
Le gouvernement irlandais a cultivé accidentellement un mais OGM alors que la politique de l'île d'Emeraude est d'interdire les essais et globalement les OGM sur son territoire.
Le mais illégal concerné est un maïs OGM de la compagnie Monsanto, le NK 603. Cette variété n'est pas autorisée à la culture au sein de l'Union Européenne, elle est seulement autorisée à l'importation pour l'alimentation humaine et animale.
Le 3 juin 2010, des tests de routine du ministère de l'agriculture, de la pêche et de l'alimentation (DIFAA) ont révélé que 3 plants de maïs sur 1000 étaient contaminés par le maïs OGM de Monsanto. C'est seulement le 22 juillet que l'agence de protection de l'environnement (EPA) a annoncé via un communiqué de presse [1] cette contamination de quatre champs d'essais. Les semences testées devaient normalement être des semences de la société Pionner Hi Bred. Trois mois auparavant, ces mêmes semences de mais NK603 avaient contaminés des champs dans plusieurs états allemands [2] .
L'agence de protection de l'environnement a indiqué que Pionner Hi Bred avait fourni un « certificat d'analyse » disant que les semences de maïs étaient sans OGM. Cependant, les tests effectués de manière aléatoire par le ministère de l'agriculture ont révélé que 3 plants sur 1000 étaient contaminés par la variété illégale de mais NK603, soit environ 300 pieds à l'hectare.
Pour Michael O'Callaghan, porte parole de GM Free Ireland, « La société Pionner a fourni de faux certificats d'absence d'OGM pour ses semences au moins à deux reprises […] notamment en mars 2010 quand Pionner et d'autres compagnies biotechnologiques ont vendu 23 variétés de semences de maïs contaminées par le maïs NK603 de Monsanto, illégal [à la culture en Europe] à des agriculteurs, ceux-ci l'ont cultivé sur plus de 3000 hectares dans 7 länder allemands. Les agriculteurs ont du détruire leurs cultures. Selon la fondation allemande Future Farming Foundation on Future Farming : [3] , les firmes semencières refusent d'accepter le principe de responsabilité et n'ont pas dédommagé les agriculteurs dont les pertes économiques s'élèvent à plusieurs centaines de millions d'euros. »[…] « Le ministère de l'agriculture le savait et aurait dû, par conséquent, exercé la diligence requise en testant les semences de maïs Pionner avant le début des essais en plein champs » [4]
Le ministère de l'agriculture a déclaré avoir détruit les champs de maïs contaminés avant floraison et donc avant les risques de contamination par pollinisation des champs alentours.
C'est la première fois que des plantes génétiquement modifiés sont cultivées sur le territoire irlandais depuis les fauchages des essais en plein champs de betterave OGM de Monsanto en 1998. Pour Michael O' Callaghan, cela symbolise l'échec du gouvernement [irlandais] de mettre en place une politique « sans OGM » qu'il avait pourtant une première fois promis il y a 3 ans en 2007 et à nouveau en 2009. »
Par conséquent, Michael O'Callaghan appelle le gouvernement irlandais à répondre à différentes questions afin de garantir le droits des producteurs et des consommateurs de produire et de consommer sans OGM [4].
GM Free Ireland interroge le gouvernement afin de savoir si ces semences de maïs illégales ont été vendues et plantées par des agriculteurs irlandais. Si oui, combien d'hectares de maïs devraient être détruits.
L'organisation se pose également les questions suivantes :
Le gouvernement va-t-il tester tous les stocks de semences et les récoltes de maïs pour détecter les risques de contamination génétiques ?
Qui va payer les coûts liés aux tests, à la destruction de récoltes, et aux pertes économiques concomitantes ? Le gouvernement va-t-il appliquer le principe du pollueur payeur et demander des réparations à Pionner Hi Bred, ou est ce que ce sont les contribuables et les agriculteurs qui devront supporter ces coûts ?
Est-ce un cas isolé ? Le gouvernement va-t-il désormais s'engager à tester toutes les cargaisons de semences importés pour la contamination génétique, ou va-t-il continuer selon le dogme « Business as usual » en effectuant des tests aléatoires ?
Malgré le contexte géographique de l'Irlande, une île, et le contexte politique avec un gouvernement plutôt attaché à respecter la volonté générale des citoyens au sujet des OGM, la contamination a eu lieu. Ce nouveau cas de contamination « accidentelle » nous renvoie une nouvelle fois face à l'évidence de l'impossible cohabitation des cultures OGM et non OGM.
Source : Combat Monsanto, 26 juillet 2010.
[1] Unauthorised release of GM event NK603 in conventional maize seed, EPA press release, 22 June 2010 : http://www.epa.ie/news/pr/2010/name,30182,en.html
[2] Voir http://www.combat-monsanto.org/spip.php ?article658&var_recherche=NK%20allemagne
[3] Voir le site de Future Farming http://www.gmo-free-regions.org/foundation.html
[4] Voir le communiqué de presse de l'association GM Free Ireland (Irlande sans OGM) http://www.gmfreeireland.org/press/GMFI50.pdf.
[1-20] [21-40] [41-60] [61-80] [81-100] [101-120] [121-140] [141-160] [161-180] [181-200] [201-220] [221-240] [241-260] [261-280] [281-300] [301-320] [321-340] [341-360] [361-380] [381-400] [401-420] [421-440] [441-459]
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