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Res Publica : Combat Monsanto : RSS

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Manifestation mondiale contre Monsanto le 25 mai : Rendez-vous à Paris, Marseille et Strasbourg ! par superadmin Vendredi 10 Mai 2013 :: Combat Monsanto :: RSS

Le 25 mai 2013 sera une journée marquée d'une pierre blanche dans la mobilisation citoyenne mondiale. A l'initiative du mouvement Occupy américain, dans une démarche citoyenne autonome, le mot d'ordre a été lancé à travers les réseaux sociaux d'organiser la première manifestation internationale simultanée contre Monsanto.

Plusieurs dizaines de manifestations sont organisées aux Etats-Unis, mais aussi en Europe et en Inde. La France et ses citoyens mobilisés de longue date contre les OGM auront aussi leur manifestation citoyenne avec l'organisation d'un rassemblement Place du Trocadéro le samedi 25 mai à partir de 14h (Nb du 13 mai : la manif a été déplacée, initialement prévue à l'Assemblée, ce RDV est annulé). Sans étiquette politique, ce rassemblement citoyen est spontané et ouvert à tous ceux qui se reconnaissent dans le rejet des multinationales de l'agroalimentaire pour réclamer une nourriture dépourvue de poison chimique et la reconnaissance due droit à un environnement sain pour tous !

Alors rejoignez nous à PARIS le 25 Mai 2013 pour dire ensemble que « Le monde de Monsanto ne sera jamais le notre ! »

Combat Monsanto appelle tous ceux qui nous soutiennent à se joindre au mouvement !

Communiqué

Communiqué des organisateurs citoyens de la « MARCH AGAINST MONSANTO – PARIS » pour un SIT-IN PACIFISTE Place du Trocadéro LE 25 MAI 2013 DE 14 À 18H

Face à la voracité de Monsanto faisons entendre nos voix !

Semences OGM, Round-up, hormone de croissance bovine, PCB, aspartame, agent orange... Le point commun entre tous les mots de cette liste toxique ? Monsanto...

Nous, citoyens responsables et vigilants, sommes informés des graves accusations qui pèsent sur la multinationale américaine Monsanto, « accusée de promouvoir des produits nocifs pour la santé et l'écosystème mais aussi de falsifier les résultats d'enquêtes scientifiques, accusations portées entre autres par un ancien directeur de filiale de la firme », rappelle l'encyclopédie citoyenne Wikipédia sur la page consacrée à Monsanto.

Nous appelons au principe de précaution alimentaire !

Le manque de transparence de l'État sur les études qui sont fournies pour les demandes d'autorisation des produits Monsanto, l'absence d'étiquetage obligatoire européen sur les OGM, nous amène à appeler nos concitoyens à la vigilance, en les invitant à s'orienter vers des produits issus de l'agriculture biologique et de marchés locaux, en prenant soin de contrôler le mode de culture des fruits et légumes ainsi que le contenu de l'alimentation des animaux de boucherie.

Ce 25 mai nous interpellons les élus et le gouvernement en participant à une marche mondiale contre Monsanto et au sitting Place du Palais Royale.

Ayant connaissance des conflits d'intérêts chez un grand nombre d'experts des autorités sanitaires françaises et européennes, nous sommes déterminés à utiliser la mobilisation citoyenne pour exiger de nos représentants qu'ils agissent pour le bien-être des populations dont ils sont responsables !

Nous demandons aux représentants du peuple français, ainsi qu'aux responsables européens de :

- Rendre obligatoire, par devoir d'information, un étiquetage des produits issus d'OGM au niveau européen.

- Débloquer des crédits de recherche pour étudier les conséquences à long terme d'une alimentation OGM sur la santé publique.

- Réévaluer les molécules de synthèse employées par Monsanto. Prendre en compte toutes les études indépendantes et non les études financées par cette firme dont la crédibilité est sévèrement remise en cause.

- Procéder à une mise en jour des études sur les liens entre l'exposition chronique aux produits chimiques agricoles (désherbants, fongicides, pesticides, insecticides, fertilisants...) et l'augmentation des cancers et des problèmes d'infertilité.

- Ouvrir un grand débat national sur les orientations responsables et soutenables de l'agriculture de demain, pour préparer et mettre en œuvre sa nécessaire conversion écologique.

Nous réclamons une protection des semences !

Conscients de la tentative de main mise de Monsanto sur les semences dans de nombreux pays par le rachat des entreprises locales semencières, nous considérons qu'aucune organisation ne doit détenir les clefs du garde-manger du monde !

Nous savons que l'utilisation de semences hybrides est une plaie pour la biodiversité, qu'elle rend la terre stérile et les agriculteurs dépendants des produits chimiques, que le processus naturel de pollinisation entraîne une contamination des semences là où les OGM sont cultivés (une industrie de 10 milliards d'euros en 2011), que dégradation de l'environnement, misère sociale et agriculture industrielle sont étroitement liées.

Nous demandons à nos dirigeants de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour éviter de suivre le triste exemple des Etats-Unis et du « Monsanto Protection Act » : la justice américaine ne pourra plus s'opposer aux mises en culture de plantes génétiquement modifiées, même si leur homologation est contestée devant un tribunal.

Nous refusons d'être mis devant le fait accompli d'une pollution génétique et chimique de notre environnement et de notre santé !

Participez ! Retrouvez toutes les infos sur la page de l'événement FB https://www.facebook.com/events/160596650769757

Des manifestations sont également organisées à Marseille et Strasbourg face au Parlement européen le même jour !

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Alerte : L'Europe s'apprête à ouvrir la porte aux animaux et insectes génétiquement modifiés ! par superadmin Lundi 22 Avril 2013 :: Combat Monsanto :: RSS

Communiqué de presse des Amis de la Terre

Montreuil, le 22 avril 2013 - Les Amis de la Terre ont été informés des dernières décisions de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (l'AESA ou EFSA en anglais) par un communiqué de Gene Watch Royaume-Uni. Lors de sa dernière réunion à Parme (Italie), l'AESA a adopté les orientations pour l'évaluation des risques environnementaux liés aux animaux GM. Sont concernés - pour l'instant - les poissons, les insectes, les oiseaux et les mammifères de fermes ou domestiques.

Pour Madame Wallace, directrice de Gene Watch Royaume-Uni : « En adoptant ces règles, l'AESA ouvre la voie à la production commerciale de poissons et d'insectes GM, d'animaux de fermes GM comme les cochons et les vaches, que nous retrouverons dans nos champs, nos rivières, nos mers et dans les airs ».

Alors que la bataille fait rage aux Etats-Unis autour du saumon GM de la compagnie AquaBounty, l'AESA déblaie déjà le terrain pour son introduction en Europe ! Une fois de plus, la Commission européenne se sert de l'AESA pour éviter d'avoir à légiférer et mettre en place un cadre légal strict. Elle préfère demander à l'AESA de soumettre des... recommandations.

Pourtant, et ce n'est pas nouveau, de graves doutes sur les conflits d'intérêts au sein de l'AESA sont soulevés. Gene Watch a déposé une plainte contre l'AESA - actuellement examinée par l'Ombudsman européen - qui porte sur les conflits d'intérêts du Groupe de travail sur les insectes GM.

Ce Groupe comprend un chercheur de l'Université d'Oxford, qui est financé par le Conseil de recherches scientifiques sur la biologie et les biotechnologies du Royaume-Uni dans le but de travailler avec la compagnie Oxitec sur la mise au pont d'insectes GM. L'Université d'Oxford est un des investisseurs d'Oxitec et pourrait donc profiter de la dissémination commerciale des insectes GM, si celle-ci était autorisée. Quatre autres membres du Groupe de travail ont ou ont eu des liens avec Oxitec et ont travaillé sur des projets communs ou co-signé des articles. Deux autres membres de ce groupe travaillent pour le programme de l'Agence internationale de l'énergie atomique sur l'utilisation d'insectes GM.

La firme britannique Oxitec a déjà fait parler d'elle avec ses essais de moustiques transgéniques dans les Iles Caïman et en Malaisie et dernièrement avec des lâchers à grande échelle au Brésil, avec le soutien des autorités de ce pays. Cette même firme travaille sur des papillons et mouches génétiquement modifiés. Avec ce nouveau règlement européen, ce sont des milliards de chenilles et d'œufs de papillons et insectes génétiquement modifiés qui pourraient se retrouver dans les fruits et légumes. Oxitec cherche actuellement des partenaires pour commercialiser des mouches de l'olive, des mouches des fruits (aussi appelées mouche du vinaigre), des thrips de la tomate, des mouches blanches du chou, tous ces insectes ayant été modifiés génétiquement.

D'autre part, cette semaine le Roslin Institute d'Edimbourg annonçait la mise au point de cochons GM censés être résistants à des maladies. L'institut Roslin travaille aussi sur des poulets GM.

Pour Christian Berdot des Amis de la Terre : « L'agriculture intensive est dans une impasse que les compagnies de biotechnologies essayent de prolonger, mais à quel prix ? Combien de milliers d'insectes GM vont se retrouver dans la nature et se multiplier ? Quelles seront les conséquences pour l'ensemble des écosystèmes touchés et pour la santé ? Personne ne le sait. Mais les enjeux financiers et industriels sont importants. Au lieu d'agir dans l'intérêt général, la Commission européenne favorise les intérêts à très court terme de quelques firmes. »

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Comment les géants de l'agrochimie contrôlent les agriculteurs américains par superadmin Mardi 9 Avril 2013 :: Combat Monsanto :: RSS

Une étude publiée en février par l'ONG américaine Center for food safety détaille les pratiques agressives des compagnies semencières pour imposer leurs règles. Restriction des droits des agriculteurs, enquêtes et procès font partie du contrat lors de l'achat de semences brevetées.

Les juges de la Cour suprême américaine ont balayé la plaidoirie de l'avocat d'un agriculteur de l'Indiana, venu défendre son droit à replanter des graines. Le Président de la Cour suprême a donné le ton en début de séance : « Pourquoi quelqu'un dépenserait-il de l'argent pour essayer d'améliorer des semences si, aussitôt qu'il a vendu la première, quiconque peut en cultiver plus et multiplier les graines autant qu'il le veut ? ». Cette audition du 27 février n'est qu'une étape dans le procès en appel qui oppose Hugh Bowman à Monsanto. Le jugement sera rendu en juin. Mais, à la lecture du compte-rendu de séance, tout conforte déjà Monsanto dans son droit d'exiger des royalties sur l'ensemble des semences possédant ses caractères GM brevetés, même s'il s'agit de la deuxième ou troisième génération de graines.

L'accusé avait pourtant acheté légalement un mélange de graines à un revendeur. N'ayant signé d'engagement avec aucune compagnie semencière, Bowman s'estimait libre de disposer de ces graines, même si, parmi-elles, certaines étaient des OGM. L'agriculteur a donc conservé les graines de sa récolte pour les replanter par la suite. Bien mal lui en a pris. Le principe d'épuisement du droit de brevet, selon lequel le détenteur d'un brevet ne peut plus revendiquer le contrôle d'un article après l'avoir vendu, ne s'applique pas pour les nouvelles générations de graines. L'agriculteur est donc passible des 85 000 dollars de dommages et intérêts réclamés par Monsanto.

Dupont a engagé une centaine « d'enquêteurs agricoles » pour contrôler les cultures

Pour les organisations paysannes et écologistes opposées aux OGM, ce jugement est emblématique de la mainmise des géants de l'industrie semencière sur l'agriculture. Dans une étude publiée en février dernier, l'ONG américaine Center for food safety (CFS) détaille les pratiques agressives des multinationales de l'agrochimie pour garantir leur contrôle de l'utilisation des semences. Monsanto reste la multinationale la mieux connue pour son acharnement juridique contre les agriculteurs américains. Fin 2012, la firme aurait reçu 23,5 millions de dollars suite à des procès pour violation de ses brevets. Le montant réellement perçu par la compagnie serait de quatre à huit fois supérieur, en tenant compte de tous les contentieux réglés à l'amiable, selon le CFS. Monsanto enquêterait ainsi environ 500 agriculteurs chaque année pour s'assurer qu'ils respectent ses conditions d'utilisation des semences.

D'autres firmes suivent le même chemin. Dupont, la deuxième compagnie semencière après Monsanto, a engagé en 2012 près d'une centaine « d'enquêteurs agricoles » au Canada et aux États-Unis. « Souvent des anciens officiers de police », selon l'enquête. Leur rôle, prélever des échantillons de récolte dans les champs et les envoyer aux laboratoires de Dupont pour pister d'éventuelles graines brevetées. Syngenta, BASF et Pioneer multiplient aussi les plaintes contre des agriculteurs pour une utilisation illégale de leurs semences brevetées, OGM ou non. Les compagnies signent également des accords entre elles afin de mutualiser leurs traquent des fraudeurs. Ainsi, Syngenta peut agir au nom de Dow ou Monsanto pour protéger leurs brevets. Pour le CFS, l'oligarchie des semences organise ainsi sa domination. Monsanto, Dupont, Syngenta, Dow et Bayer représentent près de 60% du marché mondial des semences.

Des États légifèrent pour protéger les agriculteurs contre les industriels

Pour les firmes, l'enjeu est d'obliger les agriculteurs à acheter de nouvelles semences chaque année. Ils utilisent pour cela un arsenal réglementaire : avec l'achat de graines, l'agriculture s'engage systématiquement à respecter « l'accord d'utilisation de la technologie » de la compagnie semencière. Ces contrats interdisent certaines pratiques agricoles, comme conserver des semences ou les redistribuer. Dans ces règlements, les industriels balisent aussi les responsabilités. Une firme ne peut ainsi être tenue responsable des contaminations de semences OGM dans des champs voisins. En revanche, elle peut poursuivre un fermier qui cultive des semences brevetées involontairement, à cause de contamination ou de repousse de l'année précédente.

En achetant des graines, les agriculteurs s'engagent aussi à ouvrir leur porte aux enquêteurs. Ces derniers sont autorisés à puiser dans les registres de l'entreprise agricole, à prélever des cultures et à accéder aux informations fournies aux administrations publiques, comme la Farm Service Agency. Si la firme suspecte une fraude, l'agriculteur a quelques jours pour prouver sa bonne foi. Pour infléchir la puissance des industriels, certains États ont passé des lois de « protection des agriculteurs » qui obligent notamment leur accord préalable avant chaque prélèvement sur leurs cultures. Ces lois imposent également que les contentieux soient réglés dans la juridiction dans l'État de résidence du cultivateur, et nom dans l'État accueillant le siège social de la compagnie comme le réclament certaines firmes.

Pour le Center for Food Safety, les préjudices ne se limitent pas aux procès et aux pertes de droits des agriculteurs. L'ONG épingle aussi le renchérissement du coût des graines, la perte de biodiversité et l'entrave à la recherche. Des scientifiques ont écrit à l'Environmental Protection Agency (EPA) en s'alarmant des nombreuses restrictions sur la recherche liées aux brevets et aux contrats encadrant l'utilisation des semences.

Source : Magali Reinert© 2013 Novethic

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Après le coton, Monsanto cherche à multiplier les OGM en Afrique de l'Ouest par superadmin Mardi 9 Avril 2013 :: Combat Monsanto :: RSS

Le Burkina Faso, l'un des pays les plus pauvres de la planète, a opté pour une variété OGM de Monsanto dans l'espoir de redresser sa filière cotonnière, qui fait vivre trois millions de personnes. Promesses de rendements non tenues, droits de propriété prohibitifs, coton de moindre qualité… Le bilan est plus que mitigé. Qu'importe, Monsanto cherche à étendre son coton OGM et travaille sur des haricots et du sorgho génétiquement modifiés. Certains craignent « une mainmise des biotechnologies » sur les cultures alimentaires.

Le Burkina Faso, l'un des pays les plus pauvres de la planète, a opté pour une variété OGM de Monsanto dans l'espoir de redresser sa filière cotonnière, qui fait vivre trois millions de personnes. Promesses de rendements non tenues, droits de propriété prohibitifs, coton de moindre qualité… Le bilan est plus que mitigé. Qu'importe, Monsanto cherche à étendre son coton OGM et travaille sur des haricots et du sorgho génétiquement modifiés. Certains craignent « une mainmise des biotechnologies » sur les cultures alimentaires.

Le moral remonte, au sein de la filière coton burkinabé : la campagne 2012 vient de s'achever sur une très bonne récolte d'environ 630 000 tonnes. C'est près de 60 % de mieux que la précédente saison. « La production de coton transgénique s'accroît chaque année », affirme Karim Traore, président de l'Union nationale des producteurs de coton (UNPCB), qui regroupe la majeure partie des cultivateurs du pays. Sur 500 000 hectares de coton, environ 55 % auraient reçu cette année des semences OGM.

L' « or blanc » est vital pour ce pays, premier producteur d'Afrique de l'Ouest : il représente plus d'un tiers du produit intérieur brut et 60 % des recettes d'exportation. Le coton fait vivre indirectement près de trois millions de personnes, un cinquième de la population. Mais depuis peu, cette monoculture s'est retrouvée impuissante face aux ravageurs, devenus résistants aux insecticides classiques. Les autorités ont alors fait le pari du coton transgénique dans l'espoir de surmonter la crise : une variété développée par la firme étasunienne Monsanto et l'Institut de l'environnement et de recherches burkinabé (Inera), intégrant des gènes de la bactérie Bacillus thuringiensis (Bt) produisant des toxines mortelles ou dissuasives pour certains insectes.

Promesses de rendements mirobolants

Au lancement de ce coton « Bt », les autorités prédisent des rendements mirobolants — 45 % de plus qu'en conventionnel ! Mais du laboratoire au champ, les promesses ont pris l'allure de mirages. Dans le petit village de Banwaly, au cœur de la région cotonnière de Bobo-Dioulasso, cinq des huit groupements de producteurs ont adopté le coton Bt. Seydou Cissé lui a consacré ses 4,5 hectares de terre. Son bénéfice annuel, à l'hectare, est de l'ordre de 60 000 francs CFA (90 euros). À peine mieux qu'avec une variété conventionnelle. Parmi les quelques dizaines de paysans rencontrés, aucun n'approche, et de très loin, les rendements vantés. Certains affirment même avoir rapidement lâché la variété OGM en raison de récoltes inférieures aux précédentes. « Nous n'amendons qu'avec du compost naturel, les plants donnaient principalement… des feuilles ! », témoigne Sid Mamadou Sawadogo, à Koumana.

« Sur les plus grandes exploitations, où l'on respecte toutes les préconisations, on obtient jusqu'à 2,7 tonnes à l'hectare, relève Déhou Dakuo, directeur du développement de la production à la Sofitex, la principale des trois sociétés cotonnières du pays, qui contrôle 80 % de la production. Cependant, toutes exploitations confondues le gain de productivité moyen, sur cinq ans, s'élève à environ 15 %. » Dans ce pays très rural, l'un des plus pauvres au monde, 60 % des paysans ne possèdent que de petites parcelles, et travaillent encore à la binette traditionnelle (daba) : leur rendement tourne autour de 500 kg à l'hectare. Le grand bond n'est pas pour eux. « On leur a fait miroiter des perspectives trop optimistes », reconnaît le cadre, qui les renvoie pourtant à leur responsabilité : ils prendraient trop de liberté avec le mode d'emploi du « paquet technologique », selon le jargon de l'agro-industrie.

Du laboratoire à la réalité

Nombre de cultivateurs ont cru pouvoir se passer totalement d'insecticides : travail moins pénible, intoxications réduites, plus de temps pour les cultures vivrières, cet avantage du coton OGM est plébiscité. Or il faut conserver deux aspersions de pesticides sur les six nécessaires en conventionnel — la variété Bt est inefficace contre les « piqueurs-suceurs » (pucerons, cochenilles…). Le coton OGM est aussi exigeant en engrais. Les sociétés cotonnières ont identifié une anomalie généralisée : le détournement d'au moins 30% de l'engrais « coton » vers les parcelles de maïs. « Nous avons eu beau expliquer le préjudice pour le coton, rien à faire ! », soupire Déhou Dakuo.

La stratégie de redressement de l'industrie cotonnière par l'adoption rapide du coton Bt, promue avec enthousiasme par les chercheurs, les sociétés cotonnières et l'État, se heurte à la logique des paysans. Ils sont davantage préoccupés d'assurer leur subsistance que de spéculer sur les revenus d'une culture de rente et de contribuer aux rentrées de devises du pays. C'est aussi la conséquence d'un système de préfinancement spécifique à la filière : la société cotonnière avance tous les intrants aux groupements locaux de producteurs, qui la remboursent quand la récolte leur est payée.

Le coût des droits de propriété intellectuels

« Une majorité de paysans entre dans le circuit du coton dans le but d'accéder à de l'engrais à crédit, intrant coûteux qu'il ne pourraient pas se payer autrement », confirme Aline Zongo, responsable de formation à destination des paysans délivrés par l'ONG africaine Inades [1]. Peu importe à l'agriculteur que sa récolte de coton reste modeste, pourvu qu'elle lui permette en bout de saison de solder son ardoise auprès de la société cotonnière. Si « l'évasion » d'engrais n'est pas un phénomène récent, elle est plus préjudiciable aux rendements avec la variété OGM. De guerre lasse, la Sofitex a récemment consenti à livrer aux groupements de producteurs un surplus d'engrais. Mais seulement pour les cultivateurs qui sèment plus de trois hectares de coton. La moitié d'entre eux en est donc délibérément exclue. La société envisage en contrepartie de les convertir à d'autres cultures de rente, comme le tournesol.

Le malaise principal concerne le pari économique imposé par le modèle Monsanto. Le prix des semences, surtout, reste en travers de la gorge de tous les paysans. En début de saison 2012, le sac, calibré pour ensemencer un hectare, coûtait 27 000 FCFA (41 €) contre 814 FCFA (1,2 €) pour les variétés conventionnelles ! Ces dernières sont certes subventionnées à 80 % par l'État, mais cette aide n'explique pas une telle différence, pas plus que les coûts d'élaboration : depuis peu, les semences OGM ne proviennent plus de Monsanto, mais de champs classiques dédiés à leur multiplication.

Risque financier

L'énorme surcoût provient de la dîme prélevée au titre des droits de propriété intellectuels. Aux États-Unis, le différentiel de prix entre semences conventionnelles et transgéniques n'a cessé de croître pour atteindre un rapport de un à six en 2009, calcule Charles Benbrooke, directeur scientifique de l'US Organic Center. « Le mode de calcul de la valeur ajoutée obtenu par cette innovation tout comme sa répartition laissent songeur », écrivent Camille Renaudin, Hugo Pelc et Julien Opois, auteurs d'une étude sur le coton OGM au Burkina [2].

Au Burkina Faso, sur 27 000 FCFA, Monsanto prélève 28 %. La recherche et d'autres structures professionnelles perçoivent 12 %, et les producteurs 60 % . En théorie… Les parts versés à Monsanto et aux institutions sont fixes. Mais ce qui revient aux paysans est calculé sur le rendement initialement prévu [3] Le gain, pour les producteurs, est en réalité, et fréquemment, trois à quatre fois moins important. « En fait, les producteurs assument le risque financier que comporte cette technologie et tendent à devenir ainsi les principaux gestionnaires des incertitudes inhérentes à leur activité agricole », estiment les chercheurs.

Un coton OGM de moindre qualité

Derrière leur soutien officiel à l'option OGM, les cadres de la filière dissimulent mal une certaine gène. Car les producteurs ont dû assumer d'autres déconvenues que celle des rendements. En 2011, ils se sont mis en grève un peu partout dans le pays, avec violence parfois (destruction de champs, décès d'une personne), pour protester contre le coût élevé des intrants (variétés conventionnelles comprises, concernées par les engrais et les pesticides) mais aussi la faible rémunération du coton. La qualité « burkinabé », habituellement appréciée par les marchés, a été déclassé il y a plusieurs mois car la fibre de la variété OGM est nettement raccourcie. La raison aurait été identifiée : un effet secondaire inattendu de la manipulation génétique, « et en cours de correction par la recherche », assure-t-on à la Sofitex.

Discours dominant, mais que n'endosse cependant pas Maxime Sawadogo, responsable technique à l'UNPCB, qui incrimine en premier lieu les machines d'égrainage des sociétés cotonnières, calées pour les fleurs conventionnelles. Faudra-t-il adapter l'outillage ? En changer — et avec quels fonds ? Et ce n'est pas tout… Le dérèglement climatique, qui perturbe les saisons pluvieuses, complique chaque année la tâche des agriculteurs. « Il n'est plus rare d'avoir à refaire le semis parce qu'il n'a pas levé, d'autant plus que le Bt est sensible à la sécheresse, explique-t-on à Koumana. Il faut alors racheter des sacs. Mais au prix fort quand c'est de l'OGM ! »

Des OGM contaminés par… la nature

Intenable. La filière a finalement obtenu, en 2010, que la redevance de Monsanto soit calculée sur la superficie effectivement cultivée en OGM, et plus sur le nombre de sacs de semences écoulés. Cependant, si les semences « deuxième semis » sont remises gratuitement, ce n'est qu'après constat de l'échec de la première levée. Et la Sofitex en convient : le délai d'intervention est source de préjudice supplémentaire pour les paysans. La filière a également tenté de s'attaquer au prix du sac. « Mais ça ne bouge pas, convient Maxime Sawadogo. Monsanto veut conserver ses marges… »

La variété transgénique génère encore d'autres soucis : la production de semences, en volume, n'est pas à la hauteur des attentes. Ce qui expliquerait — plutôt qu'un début de désaffection de la part des paysans —, une stagnation des surfaces semées depuis le pic de 2010 (66 % des 370 000 hectares gérés par la Sofitex). Le problème : un « manque de pureté des semences, explique Déhou Dakuo, dû à des mélanges le long de la filière. » Ce ne sont plus les OGM qui contaminent les semences conventionnelles, mais l'inverse ! La société multiplie, avec l'aide de Monsanto, les formations pour les producteurs de semence, dont plus de la moitié ont été écartés en raison de la qualité insuffisante de leur livraisons. Au groupe restant a été confiée la réalisation d'un « plan semencier » destiné à fournir « rapidement » quantité et qualité. Parmi les contraintes : maintenir une distance minimum de 300 mètres vis-à-vis du champ conventionnel le plus proche…

Des OGM dans toute l'Afrique de l'Ouest ?

En Inde, qui cultive du coton Monsanto depuis 2002, des souches d'insectes résistants aux toxiques Bt sont apparues, obligeant à revenir aux aspersions de pesticides : une catastrophe économique doublée d'un fiasco sanitaire. La chute de rentabilité a provoqué la ruine de dizaines de milliers de paysans, des mouvements de contestations très violents et même des vagues de suicides. Rien de tel, pour l'instant, au Burkina-Faso, où le coton Bt a été agréé officiellement en 2008. Reste que la société civile y est opposée depuis le départ. Le généticien Jean-Didier Zongo, qui anime la Coalition de veille face aux OGM, critique sévèrement la précipitation gouvernementale et l'opacité des décisions : « Les premiers essais, en 2003, étaient clandestins et très mal confinés ! » Et il a fallu attendre 2006 pour que des lois, des procédures et des organismes d'encadrement soient mis en place, trois ans après les premiers essais et en totale contravention avec le Protocole de Carthagène sur la biosécurité.

En 2010, Monsanto a sollicité un renouvellement de dix ans de son agrément. Et présente son étude d'impact socioéconomique [4]. « Nous l'avons rejetée, elle était trop peu étoffée », explique Chantal Zoungrana-Kaboré, directrice de l'Agence nationale de biosécurité (ANB). Principal reproche : l'absence d'interprétation à l'échelle des familles, point crucial pour évaluer le bénéfice du coton OGM. L'ANB a cependant consenti à Monsanto une rallonge de deux ans dans l'attente d'un rapport plus conforme à son cahier des charges. Fin février 2013, le rapport n'était toujours pas sur la table de l'ANB. Alors que la saison 2013-2014 va débuter, le coton Bt ne dispose plus d'agrément depuis fin 2012… Mais entre les impasses du coton conventionnel et la fuite en avant transgénique, de quelle marge de manœuvre disposent les autorités ? La réussite de l'expérience burkinabé est centrale pour la stratégie d'implantation de Monsanto en Afrique de l'Ouest, vitrine pour les puissances cotonnières voisines, dont le Mali est au premier rang.

La mainmise des biotechnologies ?

La firme, qui maintient une équipe discrète au Burkina Faso, est ainsi très attentive aux travaux de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa). Depuis 2006, ce regroupement de huit pays de la sous-région pourrait adopter d'ici à fin 2013 un cadre de régulation des flux d'OGM. La démarche est ambiguë : seul le Burkina Faso est à ce jour concerné, les autres pays (Bénin, Côte d'Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal et Togo) interdisent les transgéniques. Les promoteurs, dont Monsanto, arguent qu'une harmonisation des législations nationales et une mise en commun de moyens de contrôle faciliterait la prévention des intrusions clandestines d'OGM.

Un tel cadre permettrait aussi à une plante OGM d'obtenir, en une demande, un agrément valable pour toute l'Union économique d'Afrique de l'Ouest ! Monsanto, avec son cheval de Troie burkinabé, est très bien placée pour d'alléchantes retombées économiques. Des essais OGM sont en cours pour un haricot local (niébé) et bientôt pour un sorgho. « C'est extrêmement préoccupant, s'alarme Aline Zongo. Il ne s'agit plus d'un pari économique sur une production de rente, mais d'une mainmise des biotechnologies sur des cultures alimentaires de base de millions de personnes… »

Texte et photos : Patrick Piro, 8 avril 2013, Bastamag !

Notes

[1] L'une des rares ONG panafricaine, qui opère sur dix pays. Soutenue en France par le CCFD-Terre solidaire, elle est à l'origine de la Coalition pour la protection du patrimoine génétique africain (Copagen), réseau de plaidoyer original qui s'oppose à la poussée des transgéniques en Afrique de l'Ouest.

[2] Cahiers de l'agriculture, novembre 2012.

[3] Soit, théoriquement, 35 % supérieur au coton conventionnel.

[4] Co-réalisée avec l'Inera.

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17 Avril : Journée internationale des luttes paysannes Résistez à la commercialisation de la nature par superadmin Vendredi 5 Avril 2013 :: Combat Monsanto :: RSS

Appel à la mobilisation de Via Campesina

Les graves crises environnementales, économiques et sociales actuelles, contre toute attente, n'ont pas conduit la plus part des élites nationales et internationales à un changement radical de direction. Bien au contraire, nous observons que l'offensive s'accentue de la part des superpuissances économiques pour s'accaparer les terres et toutes les ressources encore disponibles, dans le but de faire du profit. La terre est devenue une marchandise comme une autre qui fait l'objet d'échanges spéculatifs, de même que l'eau, les semences etc. Cette hyper commercialisation des biens communs conduit à des expropriations en masse des personnes qui vivent simplement de la terre. Les paysans et paysannes en sont particulièrement affectés.

Au même moment, la résistance se manifeste partout. Dans le monde entier, des communautés urbaines et rurales, touchées par la même vague de privatisation et de destruction de la vie, résistent aux entreprises multinationales qui imposent la règle du profit au détriment des besoins et des droits des populations. Le mouvement de résistance contre les OGM a récemment mené à des victoires : des projets de cultures agro-écologiques durables ont été développés dans des villes et dans les zones rurales pour l'alimentation des populations locales. Des milliers de personnes ont protesté contre l'absurdité de certains « projets de développement » destructeurs comme des mines, des aéroports, des centres commerciaux ou des plantations industrielles. Des paysans et paysannes, et des groupes de la société civile se sont opposés à l'accaparement des terres partout…

Le mouvement international La Via Campesina défend et répand les pratiques et les politiques de souveraineté alimentaire dans le monde depuis 20 ans. Pour le lancement des 20 années de luttes à venir, nous appelons à une journée de mobilisation massive le 17 Avril, journée Internationale des Luttes Paysannes, pour reprendre possession de notre système alimentaire qui, de plus en plus, est pris en otage par les multinationales. Nous invitons tout le monde à organiser des activités, des manifestations, des expositions, des actions directes, des débats, des projections de film, des marchés paysans etc., dans votre village, école, lieu de travail, quartier, organisation, communauté…

Ou que vous soyez, rejoignez cette célébration collective le 17 Avril !

- Informez nous de votre projet en envoyant un e-mail à viacampesina@viacampesina.org
- Inscrivez-vous à notre liste spéciale de contacts e-mail en envoyant un e-mail blanc à via.17april-subscribe@viacampesina.net
- Envoyez nous des reportages, des images et des vidéos de votre action ! Nous les publierons sur la nouvelle chaîne Via Campesina TV.
- Nous publierons une carte des actions menées à travers le monde, sur www.viacampesina.org
- Rejoignez notre évènement Facebook

Origine de cette journée d'action : Le 17 avril 1996 à Eldorado dos Carajás, dans l'Etat amazonien du Pará au Brésil, la police militaire de cet état a massacré des paysans et paysannes membres du Mouvement des Travailleurs Ruraux Sans Terre (MST), tuant 19 personnes. Ce jour là, 1500 hommes et femmes membres du MST ont occupé et bloqué une autoroute pour exiger du gouvernement des états et de l'Etat fédéral brésilien, la mise en œuvre d'une réforme agraire. Aux alentours de 16h, 155 policiers militaires de l'état du Pará, issus de deux brigades, ont encerclé les membres du MST installés sur l'autoroute, utilisant du gaz lacrymogène, et tirant à balles réelles avec des mitrailleuses. En plus des 19 membres du MST tués au cours de ce massacre, trois personnes sont décédées des suites de leurs blessures, et 69 autres blessées. Les autorités de cet état – la police, l'armée et de puissants propriétaires terriens – étaient impliquées dans la préparation et l'exécution de ce massacre. Plus de quinze ans plus tard, aucun des responsables de ce massacre à Eldorado dos Carajás n'a été emprisonné ou puni.

Via campesina

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"Monsanto Act" : les lobbies font la loi aux USA par superadmin Vendredi 5 Avril 2013 :: Combat Monsanto :: RSS

Acte 1 : ETATS-UNIS – Autorisation des OGM : le ministère de l'agriculture au-dessus des décisions de justice

Une des conditions de la démocratie, telle qu'on la connaît en France mais aussi aux États-Unis, est la séparation des pouvoirs entre le législatif, l'exécutif et le judiciaire. Ce n'est rien moins que cette séparation qui est en train d'être mise à mal par les Parlementaires étasuniens.

Lors de son passage devant la Chambre des Représentants (députés), il a été adjoint à la loi (H.R. 933) qui définit les lignes budgétaires pour les ministères et agences aux États-Unis, la section 735 qui stipule que « dans le cas où une décision [d'autorisation d'une culture] est ou a été invalidée ou annulée, le ministère de l'Agriculture doit, nonobstant toute autre disposition de droit, sur simple demande d'un agriculteur, d'un exploitant agricole, ou d'un producteur, immédiatement accorder une autorisation temporaire ». Autrement dit, si la Justice, comme ce fut le cas avec la luzerne GM, suspend l'autorisation accordée par le ministère de l'Agriculture, celui-ci pourra, si un agriculteur lui demande, contourner cette décision de Justice et accorder une autorisation temporaire de mise en culture de la luzerne GM. Le Sénat a voté la loi HR933 sans remettre en cause cet ajout. La loi, appelée par ses détracteurs « Monsanto Protection Act », est donc adoptée par le Congrès. La seule solution reste désormais un véto présidentiel.

Vent debout

Quand l'ajout pro-OGM, bien caché, a été découvert, le sang d'un certain nombre de militants et de député-e-s n'a fait qu'un tour. Ainsi, le Sénateur du Montana, Jon Tester, soutenu par certains autres Parlementaires, a proposé un amendement (n°74) qui visait à la simple suppression de l'ajout litigieux.

Dans son communiqué de presse, Jon Tester précisait : « Ses partisans l'appellent la disposition "assurance de l'agriculteur" , mais celle-ci n'assure en réalité que le manque de responsabilité des entreprises. [...] Le Congrès étasunien est en train de dire au ministère de l'Agriculture : même si un tribunal vous dit que vous n'avez pas suivi la bonne procédure et vous demande de recommencer, vous DEVEZ ignorer l'injonction du tribunal et permettre quoiqu'il arrive de planter ces cultures« . Non seulement cela nie l'idée de la Constitution de la séparation des pouvoirs, mais cela permet aussi aux cultures génétiquement modifiées de s'installer dans tout le pays - même si un juge décide que cela viole la loi. C'est un dangereux précédent. Cela paralysera l'USDA en mettant ce ministère au cœur d'une bataille entre le Congrès et les tribunaux ».

Par ailleurs, une campagne citoyenne a été organisée pour demander aux autres parlementaires de soutenir l'amendement de Tester, mais cela n'a pas suffit. En effet, le débat au Sénat est désormais clos. Et l'ajout en débat toujours présent. La loi a donc été adoptée par le Congrès.

par Christophe Noisette , mars 2013 INFOGM

Act 2 : OGM - Pas de veto de Barack Obama contre le « Monsanto protection act »

Après le vote par le Congrès de la loi cadre H.R. 933 sur les dépenses du gouvernement étatsunien (en anglais : Consolidated and Further Continuing Appropriations Act, 2013), cette loi controversée vient d'être signée par le Président Obama, signifiant son adoption finale et définitive.

Cette loi de 78 pages porte donc sur les dépenses du gouvernement - dont les dépenses liées à l'agriculture. Concrètement, elle a été adoptée pour dégager un budget provisoire pour l'année en cours, le temps de continuer les négociations entre les démocrates et les républicains sur le budget général.

Mais dans cette loi, a été introduite, de façon insidieuse, la section 735 qui permet au ministère de l'Agriculture de ne pas prendre en considération des décisions de justice. De façon insidieuse, car de nombreux congressistes n'avaient pas remarqué ce cheval de Troie de l'industrie biotechnologique. Et pernicieuse, car il était en effet difficile pour Obama de ne pas signer cette loi dont l'objectif était de ne pas bloquer le fonctionnement du gouvernement. Imposer son veto aurait relancé certains débats et blocages sur des questions plus générales. La stratégie des entreprises de biotech était donc très efficace. Introduire cinq lignes problématiques dans un ensemble cohérent, qui a demandé des mois de débat pour arriver finalement à un consensus, a payé.

Précisons aussi qu'à plusieurs reprises des tribunaux avaient suspendu des autorisations accordées à des plantes génétiquement modifiées (PGM) par le ministère de l'Agriculture, comme la betterave GM et la luzerne GM. Cette clause ne vise donc pas un problème hypothétique.

Le travail des lobbies

A sa décharge, le sénateur Blunt précise plusieurs points : d'une part, il s'agit d'une loi temporaire valable jusqu'à l'adoption finale du budget (le texte parle du 30 septembre 2013) et d'autre part, cette loi ne permet d'outrepasser une décision de justice que pour un an seulement. Autrement dit, si un agriculteur cultive une plante GM légalement adoptée, et qu'en cours de saison, cette dernière vient à être interdite par une Cour de justice, alors l'agriculteur pourra malgré le jugement, récolter et vendre sa production. « Cette loi ne donne qu'une protection d'un an », souligne le Sénateur. Mais pour les opposants aux OGM et à cette loi provisoire, un an c'est suffisant pour endommager sérieusement l'environnement...

A noter que le Sénateur Blunt a reçu de la part de l'entreprise Monsanto plus de 64 000 dollars US pour ses campagnes électorales entre 2009 et 2012. En tout, depuis le début de sa carrière, en 1989, ce Sénateur a reçu 83 250 dollars US de Monsanto, mais aussi de la part de groupes de lobby proches des industries de biotech. Selon le Center for Responsive Politics, il a reçu depuis 1989 près de 1,5 Millions de dollars US de la part d'entreprises liées à l'agrobusiness et 1,6 millions de dollars US de la part d'agences de lobby ou de conseillers juridiques. A titre indicatif, Monsanto, au cours de la dernière élection, a financé 55 députés et 24 sénateurs (principalement républicains, mais pas uniquement), pour un montant total de 316 000 US$.

Pour les opposants à cette loi de protection des intérêts de Monsanto, l'introduction de cette clause dans une loi à durée limitée a pour but de créer un précédent qui permettra, plus tard, de justifier son transfert dans d'autres lois. Il s'agit en quelque sorte d'un exercice de lobby, pour tester la porosité du Congrès. Exercice réussi...

Le 4 avril 2013, Inf'OGM par C. Noisette

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Pesticides toxiques : l'Etat condamné à indemniser un agriculteur par superadmin Vendredi 5 Avril 2013 :: Combat Monsanto :: RSS

L'Etat a été condamné jeudi 21/03 par la Cour d'appel de Nancy à indemniser l'agriculteur Dominique Marchal qui avait développé un cancer

L'Etat a été condamné jeudi 21/03 par la Cour d'appel de Nancy à indemniser l'agriculteur Dominique Marchal qui avait développé un cancer (syndrome myéloprolifératif, reconnue comme maladie professionnelle en 2006 par le tribunal des affaires de sécurité sociale d'Epinal) provoqué par des substances contenues dans des pesticides et herbicides. C'est « une première judiciaire en France », a estimé Maître Lafforgue, l'avocat de D. Marchal.

C'est la première fois en France que l'Etat indemnisera ce type de préjudice. Avec ce jugement, il est enfin reconnu que des fautes ont été commises par les fabricants de pesticides.

Cette décision qui devrait faire jurisprudence pourrait avoir comme conséquence la reconnaissance de telles fautes en faveur d'autres agriculteurs dont des dossiers sont en cours d'instruction.

« Nous nous réjouissons d'une telle décision. Elle doit avoir comme conséquence des décisions politiques fortes allant dans le sens d'une exclusion du marché de toutes les substances cancérigènes ou perturbatrice du système endocrinien suspectées » déclare François Veillerette porte-parole de Générations Futures. « Nous ne doutons pas que l'Etat saura prendre les responsabilités qui lui incombent en matière de protection de nos concitoyens. » conclut-il.

Générations futures : http://www.generations-futures.fr/pesticides/pesticides-toxiques-letat-condamne-a-indemniser-un-agriculteur/ +++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++

Dépêche AFP

L'Etat a été condamné ce jeudi par la Cour d'appel de Nancy à indemniser un agriculteur qui avait développé un cancer provoqué par des substances toxiques contenues dans des pesticides et herbicides. C'est « une première judiciaire en France », a estimé l'avocat du plaignant.

Les magistrats de la chambre civile de la Cour d'appel ont confirmé une décision d'avril 2012 de la Commission d'indemnisation des victimes d'infraction (CIVI) d'Epinal, qui avait condamné l'Etat à réparer le préjudice subi

Dominique Marchal, céréalier en Meurthe-et-Moselle, avait développé en 2002 un syndrome myéloprolifératif, une pathologie du sang reconnue comme maladie professionnelle en 2006 par le tribunal des affaires de sécurité sociale d'Epinal.

Plusieurs centaines d'agriculteurs concernés

« Nous sommes satisfaits, c'est la première fois en France que l'Etat indemnisera ce type de préjudice », a précisé son avocat, Me François Lafforgue. « Les juridictions ont reconnu que des fautes avaient été commises par les fabricants de produits phytosanitaires », a-t-il poursuivi, en indiquant qu'une trentaine de dossiers similaires étaient en cours. « Cela concerne au bas mot plusieurs centaines d'agriculteurs », a-t-il encore ajouté.

Le montant des indemnisations sera fixé après une expertise, ordonnée par la Cour d'appel. L'Etat, via le fond d'indemnisation, pourra ensuite se retourner contre les fabricants des produits toxiques. Aucune action pénale n'avait en revanche été engagée contre les fabricants des produits phytosanitaires visés.

Des produits contenant du benzène

Les motivations des magistrats de la Cour d'appel n'étaient pas encore connu jeudi soir. En première instance, la CIVI avait estimé que « dès 1982, les fabricants de produits phytopharmacologiques ne pouvaient ignorer que leurs produits contenant du benzène exposaient leurs utilisateurs au risque grave de contracter ce type de maladie ».

Une vingtaine de produits, principalement des herbicides et pesticides, commercialisés par sept fabricants, dont BASF ou Bayer, contenaient notamment du benzène, reconnu cancérogène.

L'absence de mention sur les emballages constitue un manquement à une obligation de sécurité ainsi qu'une faute de prudence, constataient par ailleurs les juges d'Epinal, qui établissaient un lien de causalité entre les produits et la pathologie développée.

LeParisien.fr/AFP, 22 mars 2013

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OGM : Monsanto veut attaquer l'EFSA en justice par superadmin Lundi 11 Mars 2013 :: Combat Monsanto :: RSS

La multinationale américaine Monsanto menace de poursuivre en justice l'Autorité européenne de sécurité des aliments pour avoir publié les données utilisées pour rendre un avis favorable à l'autorisation de commercialisation de son maïs OGM NK603.

La multinationale américaine Monsanto menace de poursuivre en justice l'Autorité européenne de sécurité des aliments pour avoir publié les données utilisées pour rendre un avis favorable à l'autorisation de commercialisation de son maïs OGM NK603.

L'eurodéputée libérale Corinne Lepage, ancienne ministre de l'écologie, a dénoncé la volonté de Monsanto de "maintenir l'omerta sur les données brutes des OGM". "Cette transparence sur les données brutes est non seulement légitime mais également tout à fait légale, puisque [une loi européenne] exclut de la confidentialité les études touchant à l'impact sur la santé et l'environnement des OGM, a-t-elle souligné. Cette volonté de transparence de la part de l'EFSA va dans la bonne direction et j'encourage l'EFSA et l'Europe à exiger la mise à disposition du public de toutes les données et les études permettant la mise sur le marché des OGM."

La directrice générale de l'agence, Catherine Geslain-Lanéelle, avait décidé le 14 janvier la mise en ligne de toutes les données utilisées par l'EFSA pour donner son avis favorable à l'autorisation de commercialisation du maïs OGM NK603, dénoncée par le chercheur français Gilles-Eric Séralini.

"Grâce à ce programme, l'EFSA aidera les scientifiques issus de différents domaines d'expertise à développer la recherche de manière à enrichir, en fin de compte, le corpus de documentation scientifique et offrir ainsi de nouvelles perspectives précieuses pouvant être intégrées dans l'évaluation des risques", a-t-elle ajouté.

Le processus d'évaluation pour les demandes d'autorisation de culture et de commercialisation d'OGM se déroule en quatre temps : consultation de l'EFSA sur les risques pour la santé, demande d'autorisation aux Etats sur base d'un avis favorable de l'EFSA, procédure d'appel si aucune majorité qualifiée ne se dégage entre les Etats. Enfin, si cette situation perdure, la décision finale revient à la Commission européenne.

A ce jour, l'EFSA n'a jamais rendu un avis négatif et aucune majorité qualifiée n'a jamais été trouvée entre les Etats pour interdire un OGM.

Source : AFP, le 8 mars 2013

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Le Pr. Séralini produit une étude sur la toxicité du Roundup par superadmin Lundi 11 Mars 2013 :: Combat Monsanto :: RSS

Dans une étude publiée par Toxicology Robin Mesnage, Benoît Bernay et le Professeur Gilles-Eric Séralini prouvent que le composé le plus toxique du Roundup n'est pas le glyphosate mais un adjuvant appelé POE-15.

Communiqué du Criigen

Dans une nouvelle recherche publiée dans Toxicology [1], revue internationale de haut niveau, Robin Mesnage, Benoît Bernay et le Professeur Gilles-Eric Séralini de l'Université de Caen viennent de prouver, à travers l'étude de 9 herbicides de type Roundup, que le composé le plus toxique n'est pas le glyphosate le plus évalué par les autorités, mais un composé pas toujours mentionné sur les étiquettes appelé POE-15. Les méthodes les plus modernes au niveau cellulaire (3 types de lignées humaines) et de spectrométrie de masse (études sur la nature des molécules), ont été appliquées pour identifier ce composé et en analyser les effets.

Le contexte

Le glyphosate est le « principe actif » des principaux herbicides du monde, du type Roundup, et des formulations commerciales apparentées. Il est évalué sur mammifères avant autorisation. Mais les liquides dans lesquels il est dilué lors de sa mise en bidon (les formulations), comme tous les pesticides, contiennent aussi des adjuvants secrets classés « inertes » pour stabiliser le principe actif et lui permettre de pénétrer les plantes, comme des détergents corrosifs. Du coup, ces herbicides peuvent affecter toutes les cellules vivantes, notamment humaines. Cela est négligé, car on confond souvent le glyphosate et le Roundup, la non-toxicité présumée du premier servant de base aux autorisations du second. Les agences sanitaires et les fabricants d'herbicides à base de glyphosate évaluent à long terme sur les mammifères le glyphosate seul – et non l'herbicide dans sa formulation commerciale-, mais gardent jalousement confidentiels les détails de ces études réglementaires réalisées par les firmes, dont Monsanto, tout comme les agences sanitaires et environnementales.

Conclusion et conséquences

Cette étude démontre que tous ces herbicides à base de glyphosate sont plus toxiques que le glyphosate seul, et explique pourquoi. Leur évaluation et les doses maximales autorisées dans l'environnement et l'alimentation apparaissent donc erronées. Une boisson (comme l'eau du robinet) régulièrement contaminée par les résidus d'herbicides comme le Roundup, ou bien une alimentation à base d'un OGM tolérant le Roundup, comme maïs ou soja transgéniques, ont déjà été démontrées comme toxiques chez le rat dans l'étude récente [2] de l'équipe du Professeur Séralini, qui a d'ailleurs publié les réponses à toutes les critiques [3]. Cette nouvelle recherche explique et confirme en grande partie ses résultats scientifiques.

« une grave question de santé publique »

Mais au-delà, il s'agit d'une grave question de santé publique. Non seulement les autorisations des herbicides de type Roundup doivent être urgemment remises en cause, mais les procédures d'évaluation doivent être totalement revues. Elles doivent être effectuées de façon transparente et contradictoire au sein de la communauté scientifique. En effet, les organismes et agences d'évaluation, toujours du même avis final que Monsanto sur l'innocuité, et qui ont bien sûr contribué à autoriser ces produits, sont en fait pris à défaut par leur laxisme et leurs pratiques confidentielles qui évitent des évaluations complètes. Leur impartialité est en cause pour toute réévaluation. La première étape d'une nouvelle évaluation est la mise en ligne par les agences sanitaires de toutes les données qui ont permis les autorisations et leurs avis positifs sur l'usage du Roundup, les effets sur la santé de ces produits devant être légalement publics.

Les adjuvants de la famille du POE-15 apparaissent maintenant comme de nouveaux principes actifs de toxicité sur les cellules humaines, et doivent être régulés comme tels, c'est-à-dire pris en compte dans les tests de toxicité. Nous appelons à une révision des processus d'homologation des pesticides en vue d'incorporer des tests à long terme sur le pesticide en formulation tel que vendu en magasin et utilisé dans l'environnement.

De plus, étant donné que ces composés toxiques confidentiels sont d'un usage très général, il est à craindre, selon ces découvertes, que l'ensemble des toxicités des pesticides existants aient été fortement sous-estimées.

Note : Cette étude a été conduite à l'Université de Caen, avec le support structurel du CRIIGEN. Le CRIIGEN fait partie du Réseau Européen de Scientifiques pour une Responsabilité Sociale et Environnementale (ENSSER www.ensser.org).


[1] Mesnage R., Bernay B., Séralini G-E. (2013, in press). Ethoxylated adjuvants of glyphosate-based herbicides are active principles of human cell toxicity. Toxicology http://dx.doi.org/10.1016/j.tox.2012.09.006

[2] Séralini G. E., et al. (2012). Long term toxicity of a Roundup herbicide and a Roundup-tolerant genetically modified maize. Food and Chemical Toxicology 50 (11) : 4221-4231.

[3] Séralini G. E., et al. (2013). Answers to critics : Why there is a long term toxicity due to NK603 Roundup-tolerant genetically modified maize and to a Roundup herbicide. Food and Chemical Toxicology

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2012 : la plus faible progression des cultures OGM depuis 1996 par superadmin Lundi 11 Mars 2013 :: Combat Monsanto :: RSS

Le Service international pour l'acquisition d'applications agricoles biotechnologiques (ISAAA) annonce, pour l'année 2012, 170,3 millions d'hectares cultivés avec des plantes génétiquement modifiées (PGM), soit une progression de 6% par rapport à 2011 (160 millions d'hectares). Des estimations très approximatives et proches de la désinformation pour cet organisme de promotion des OGM.

Le Service international pour l'acquisition d'applications agricoles biotechnologiques (ISAAA) annonce, pour l'année 2012, 170,3 millions d'hectares cultivés avec des plantes génétiquement modifiées (PGM), soit une progression de 6% par rapport à 2011 (160 millions d'hectares), contre des progressions annuelles à 10% et plus les années précédentes. C'est donc la plus faible progression (en %) depuis 1996. Si la surface couverte avec des PGM est importante, elle continue de ne représenter qu'un faible pourcentage des surfaces agricoles mondiales (entre 3 et 5% selon les sources [1]

Deux réalités doivent clairement être présentées : ce sont toujours et encore les quatre pays américains - Etats-Unis, Canada, Brésil et Argentine – qui concentrent la plupart des cultures génétiquement modifiées dans le monde (83,4% des cultures GM). Et à eux quatre, ils totalisent 8,7 millions d'hectares en plus par rapport à 2011, soit 87% de l'augmentation des cultures GM.

« En réalité, le Brésil à lui seul représente plus des ¾ de l'augmentation des cultures GM entre 2011 et 2012. »

Les PGM se développent moins bien ailleurs.

Globalement, ce sont les pays qui en cultivent beaucoup qui continuent de progresser, sans doute du fait d'une raréfaction (organisée, suggèrent certaines ONG) des semences non GM de soja, coton et maïs.

Précisons aussi que l'ensemble des chiffres fournis par l'Isaaa, à l'exception probable de l'Union européenne, sont des estimations, plus ou moins grossières, et non vérifiables. Et déjà contestées en Afrique du Sud par l'African Centre for Biosafety. Dans un communiqué de presse publié le 25 février, on apprend que selon les chiffres officiels du ministère de l'Agriculture, les cultures GM ont augmenté de 150 000 hectares pour le maïs et le soja (ensemble) et diminué de 3 000 hectares pour le coton. Or, l'Isaaa, sans vergogne, annonce une hausse de 600 000 hectares entre 2011 et 2012. Par ailleurs, l'Isaaa ne met jamais en perspective les chiffres annoncés. Or, en Afrique du Sud, la surface cultivée avec du maïs non GM a plus augmenté (+ 210 000 hectares) que celle cultivée avec du maïs GM. Ainsi, l'augmentation des cultures de maïs GM est liée à un assolement en maïs plus important.

En Inde, comment l'Isaaa peut-elle prétendre donner des chiffres précis sur les cultures GM étant donné l'absence de contrôle officiel, les mélanges de semences, et les nombreuses fraudes ? Comme nous l'écrivions déjà en 2009, quand on évoque des mauvais rendements du coton GM en Inde, les lobbies industriels n'hésitent pas à utiliser ces arguments, soulignant que « peu d'agriculteurs indiens cultivent des semences GM certifiées. Pourtant, ces agriculteurs sont quand même mentionnés dans le rapport annuel ».

Le club des transgéniculteurs fraudeurs

Le rapport mentionne aussi deux nouveaux membres du club des transgéniculteurs : Cuba et le Soudan. Tout d'abord, soulignons que trois pays ont abandonné les cultures GM : la Suède, l'Allemagne et la Pologne et que d'autres, qui les avaient abandonnées précédemment comme l'Iran ou l'Indonésie, ne les ont pas reprises. Pour le Soudan, l'information est à prendre avec précaution. En effet, en juin 2012, le président du Bureau du Coton, Mohammed Osman Alsubaiey, déclarait à la presse soudanaise que du coton GM – dont les semences venaient de Chine - poussait illégalement et qu'aucune autorisation de mise en culture n'avait été délivrée par le conseil de la biosécurité. Dans cet article, il précise aussi que les cultures GM seraient « une grande menace pour les exportations ».

Par ailleurs, le Soudan, à l'instar de nombreux autres pays d'Afrique, est actuellement courtisé pour ses terres par la Chine, la Corée et les États du Golfe. Il est difficile de savoir combien de milliers d'hectares ont d'ores et déjà été accaparés par des entreprises privées ou des États : plus de 3,4 millions d'hectares d'après l'ONG Grain. Étant donné que la Chine cultive du coton Bt depuis de nombreuses années, retrouver de telles cultures au Soudan ne devrait pas être trop surprenant...

Il est donc clair qu'il faut prendre les chiffres de ce rapport avec précaution, son objectif n'étant pas de produire une information objective et documentée, mais de montrer que les PGM sont LA solution.

Des affirmations mensongères

Dans le résumé du rapport, nous avons noté d'ores et déjà deux affirmations mensongères de l'Isaaa. Cette organisation annonce que l'Embrapa, un institut de recherche public brésilien, a obtenu l'autorisation de commercialiser un haricot génétiquement modifié pour « résister » à un virus. Or, malgré un avis positif de l'agence brésilienne d'évaluation des PGM délivré en 2011, les ministères de tutelle n'ont pas (encore) accordé officiellement cette autorisation.

De même, l'Isaaa annonce l'autorisation programmée en 2014 dans l'Union européenne de la pomme de terre « Fortuna ». Or, BASF, l'entreprise qui a mis au point cette variété GM de pomme de terre, a annoncé, fin 2012, retirer toutes ses demandes d'autorisations. Ces deux éléments peuvent paraître anecdotiques. Nous les avons relevés car ils sont en fait symptomatiques du travail de lobby et de désinformation de l'Isaaa.

Une classification malhonnête des pays

Le rapport de l'Isaaa annonce que « pour la première fois, les pays en développement (52% de la surface globale en PGM) ont cultivé plus de PGM que les pays industrialisés ». La classification par l'Isaaa entre pays industriel et pays en développement nous semble toujours aussi peu honnête intellectuellement.

L'idée est bien entendu de faire croire que les PGM servent aux petits paysans pauvres, que donc c'est un outil formidable pour lutter contre la faim et la pauvreté. Cependant, en quoi un grand propriétaire terrien argentin ou brésilien est-il différent d'un grand propriétaire terrien nord-américain ?

Pour tirer quelque conclusion que ce soit, il aurait fallu connaître le nombre d'hectares cultivés en PGM par des petits paysans et ceux cultivés par des agri-managers. La classification de l'Isaaa masque des réalités totalement hétérogènes. Les quatre pays qui cultivent le plus d'OGM sont des pays où la concentration des terres augmente au détriment de la petite paysannerie qui n'a souvent d'autres choix que l'exode rural. Est-ce ce modèle de société que nous souhaitons voir se répandre au niveau planétaire ?

Source : Inf'OGM, C. Noisette, mars 2013


[1] Inf'OGM, « Cultures OGM en 2012 : 2%, 4% ou 12% des surfaces agricoles mondiales ? », Christophe Noisette, 6 mars 2013

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Les OGM, bientôt subventionnés au nom de la lutte contre le réchauffement ? par superadmin Mardi 22 Janvier 2013 :: Combat Monsanto :: RSS

Les engrais industriels contenant de l'azote émettent un gaz à effet de serre extrêmement puissant, qui contribue au dérèglement climatique. Une firme californienne a mis au point des plantes OGM capables de limiter ces émissions de gaz. Le procédé vient d'être homologué par l'Onu. Les entreprises, telles Monsanto, qui développeront ces OGM, à grand renfort de pesticides, pourront bénéficier de financements estampillés « climat ».

L'entreprise Arcadia Biosciences, basée en Californie, a mis au point un procédé permettant, selon elle, aux plantes de mieux « fixer » l'azote, très présent dans les engrais industriels et fortement émetteur de gaz à effet de serre. Mais pour rejeter moins d'azote dans l'atmosphère, ces plantes sont modifiées génétiquement. Ce procédé, dénommé « Nitrogen Use Efficiency » (NUE), vient d'être homologué, le 19 décembre dernier, par le Conseil exécutif du mécanisme de développement propre (MDP) qui dépend de l'Onu.

Or, ce mécanisme est censé favoriser les investissements des entreprises des pays industrialisés dans des technologies moins polluantes en leur accordant en échange des « droits à polluer ». Concrètement, cela signifie que les plantations agricoles où auront été semées des plantes génétiquement modifiées par ce procédé, pourront obtenir des certificats de réduction d'émissions de gaz à effets de serre valorisables sur les marchés du carbone. Une entreprise investissant dans ces OGM pourra donc en bénéficier.

Réduire l'usage d'engrais azotés

Pour se justifier, Arcadia met en avant l'impact majeur de l'agriculture sur les émissions de gaz à effet de serre. Les engrais industriels contenant de l'azote génèrent du protoxyde d'azote lorsqu'ils sont épandus dans les champs. Le protoxyde d'azote est un gaz à effet de serre 275 fois plus puissant que le dioxyde de carbone, avec une durée de vie de 120 ans. Ce gaz, principalement émis par l'agriculture, provient « essentiellement de la transformation des produits azotés (engrais, résidus de récolte…) dans les sols agricoles » explique l'Inra, l'Institut national de recherche agricole. Les semences OGM d'Arcadia Bioscience sont donc supposées réduire l'usage d'engrais azotés.

Développées en collaboration avec l'université des sciences de la forêt et de l'agriculture de Ningxia (Chine), ces semences génétiquement modifiées ont déjà été testées en plein champs en Chine. La firme a signé des accords avec Monsanto pour une exploitation de cette technologie sur le colza (2005), avec DuPont sur le maïs (2008), avec Vilmorin sur le blé (2009), avec United State Sugar Corporation sur la canne à sucre (2012) et avec SESVanderHave sur la betterave à sucre. Les premières semences sont attendues pour 2016, annonce l'entreprise.

Une technique de greenwashing ?

Monsanto, DuPont, Vilmorin, les plus grandes firmes semencières sont sur les rangs. Et ce n'est pas un hasard selon Christophe Noisette de l'association Inf'OGM qui relève que « les variétés utilisant la technologie NUE sont des variétés hybrides génétiquement modifiées nécessitant de nombreux pesticides ». L'association Attac France dénonce de son côté une décision qui « cherche à redorer le blason et étendre l'usage des OGM sous couvert de lutte contre le changement climatique, tout en offrant de nouveaux échappatoires à des industriels et pays du Nord qui refusent de réduire leurs propres émissions ».

Les MDP semblent en effet avoir permis aux industriels d'engranger des sommes importantes pour des réductions d'émissions de gaz à effets de serre largement fictives. Ces mécanismes ont généré 215 milliards de dollars d'investissement en moins de dix ans ce qui en fait le plus grand marché de compensation carbone. Mais rares sont les communautés locales qui bénéficient de ces financements estampillés « climat », comme Basta ! avait pu le démontrer dans le domaine du recyclage notamment [1]. Pour l'association Inf'Ogm, « la solution au changement climatique passera par une modification importante et radicale des pratiques culturales et non par une technique qui n'a pour but que de donner une image plus verte à l'agriculture intensive et industrielle ».

Par Sophie Chapelle, Basta !, le 17 janvier 2013

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FRANCE – Évaluation sanitaire des OGM : la société civile interpelle le gouvernement par superadmin Mardi 15 Janvier 2013 :: Combat Monsanto :: RSS

Dans une lettre ouverte adressée à la ministre de l'Environnement, Delphine Batho, et au ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, onze organisations [1] demandent au gouvernement de s'opposer à l'adoption du règlement proposé par la Commission européenne, qui vise à régir l'évaluation sanitaire des OGM avant autorisation. Il y a urgence : cette proposition de règlement devrait être soumise au vote pour adoption en ce début d'année 2013.

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Lettre ouverte des associations

Depuis 2012, la Commission européenne fait travailler les Etats membres sur une proposition de règlement censée répondre à leur demande de décembre 2008 de renforcer l'évaluation sanitaire des plantes génétiquement modifiées (PGM) avant autorisation.

Les signataires estiment que pour la Commission européenne « cette évaluation [est] réduite à sa plus simple expression puisque le pétitionnaire pourra ne réaliser aucune analyse de toxicologie ou d'alimentarité, sauf rares cas spécifiques ». Selon eux, le règlement proposé établit notamment que « le pétitionnaire décidera donc, en fonction des résultats “d'équivalence en substance”, s'il procède ou non à des analyses toxicologiques ». Ce concept d'équivalence en substance, appelé dans le règlement « analyse par comparaison de composition » vise à établir si des différences de composition existent entre une plante GM et sa contre-partie non GM.

Si cette comparaison est nécessaire, elle doit être correctement effectuée. Or aujourd'hui, les entreprises effectuent des tests de différence (hypothèse de départ : les plantes sont équivalentes) et non d'équivalence (hypothèse de départ : les plantes sont différentes) et fournissent des analyses pour lesquelles la puissance statistique est insuffisante [2]. Mais même bien effectuées, elles sont loin d'être suffisantes.

En effet, d'autres analyses sont nécessaires comme celles de la protéine transgénique en elle-même et de la plante entière ainsi que des interactions de la protéine nouvelle avec les autres protéines. Avec le règlement proposé, les organisations considèrent que l'analyse par « comparaison de composition » restera la clef de voûte de l'évaluation comme c'est actuellement le cas. Ce qui ne constituera donc pas un renforcement de l'évaluation, bien au contraire.

Les organisations demandent donc au gouvernement de s'opposer à ce texte et d'obtenir « une rédaction claire, précise et sans ambigüité [...] de la Commission européenne dans le règlement proposé, stipulant dans un chapeau de portée générale, que les analyses de toxicologie et d'alimentarité doivent être obligatoirement fournies par les entreprises déposant un dossier de demande d'autorisation. Une telle rédaction est le seul gage de solidité juridique quant au caractère obligatoire de ces analyses ». Sans cela, la demande, par le Conseil des ministres de 2008, de renforcer les lignes directrices aura été vidée de son contenu. Pression pour renforcer, et non affaiblir, l'évaluation des OGM

Renforcer l'évaluation des risques sanitaires

A l'appui de leur demande, ces structures rappellent que, suite à l'affaire Séralini, « le gouvernement français a réaffirmé en septembre 2012 que la France souhaitait renforcer dans les meilleurs délais et de façon significative l'évaluation des risques sanitaires et environnementaux des OGM ».

Elles considèrent donc que les discussions en cours « sont l'occasion pour le gouvernement français de montrer sa détermination en obtenant que ce règlement ne soit pas adopté en l'état » et, pour elles, « tout dossier devrait au moins contenir une étude de comparaison substantielle, une étude de toxicité chronique (c'est-à-dire sur vie entière des rats) et une étude d'alimentarité, sans oublier une étude toxicologique du ou des pesticides (en formulation commerciale) associés à l'OGM, le tout avec des protocoles valides, notamment statistiquement ».

Une position partagée par l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) qui indiquait, dans son avis sur l'étude Séralini que « l'Anses ne statue pas sur les dossiers relatifs aux évènements primaires de transformation génétique sans la présence de cet essai [de toxicité sub-chronique chez les rongeurs pendant 90 jours] ». Une position confirmée, selon nos informations, lors d'une rencontre avec des représentants de structures de la société civile le 14 décembre 2012 au siège de l'Anses.

Outre cette lettre ouverte, une cyberaction a également été lancée par le GIET le 3 janvier pour porter ces mêmes demandes à la Commission européenne, au ministère de l'Écologie et au ministère de l'Agriculture. Au 15 janvier, cette action avait déjà recueilli plus de 5 800 participations.

La prochaine discussion entre États membres pourrait avoir lieu le 8 février 2013, au cours de la réunion du Comité permanent de la chaîne alimentaire et de la santé animale (CP CASA). Pour ce qui est de l'évaluation environnementale des PGM, des discussions sont d'ores et déjà annoncées par la Commission européenne entre avril et septembre.

Source : Eric MEUNIER , janvier 2013, Inf'OGM


[1] Les Amis de la Terre, l'Apsoda, la Confédération paysanne, le Criigen, la FNAB, FNE, Générations futures, le GIET, Greenpeace, Nature et Progrès et l'UNAF

[2] Jacquemart, F., Expertise des OGM : l'évaluation tourne le dos à la science, édition Inf'OGM, oct. 2012, 60 p

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Les brevets OGM de Monsanto devant la justice américaine par superadmin Mardi 15 Janvier 2013 :: Combat Monsanto :: RSS

Inquiets de voir Monsanto éventuellement les attaquer en justice pour l'utilisation de semences génétiquement modifiées et brevetées qui auraient contaminé leurs cultures, des exploitants bio américains poursuivent le géant de l'agrochimie dans un procès "préventif".

Inquiets de voir Monsanto éventuellement les attaquer en justice pour l'utilisation de semences génétiquement modifiées et brevetées qui auraient contaminé leurs cultures, des exploitants bio américains poursuivent le géant de l'agrochimie dans un procès "préventif".

La plainte est portée par des agriculteurs bio et des producteurs de semences venus de tous les Etats-Unis, inquiets de voir leurs champs peut-être, un jour, "contaminés" par des OGM vendus par Monsanto. La grande majorité des cultures de céréales est de source OGM aux Etats-Unis : les semences sont brevetées et les agriculteurs doivent souscrire un contrat avec Monsanto pour les planter. Le contrat doit être renouvelé chaque année. En 2012, selon le ministère de l'Agriculture, 88% du maïs et 93% du soja plantés aux Etats-Unis étaient génétiquement modifiés. Les plaignants craignent qu'en cas de contamination, Monsanto ne porte plainte contre eux pour violation de brevets, puisque les agriculteurs utiliseraient, sans le vouloir, une semence brevetée.

Monsanto a gagné en première instance à New York en février, la juge qualifiant certains aspects de la plainte de "déraisonnables". Mais les agriculteurs ont fait appel, une audience qui s'est tenue jeudi à Washington. A l'extérieur de la cour d'appel, quelques dizaines d'exploitants s'étaient retrouvés pour mettre en garde l'opinion sur les dangers pesant sur leurs exploitations. Selon leur avocat, Daniel Ravicher, il s'agit "d'obtenir un précédent pour protéger les autres à l'avenir".

Thomas Helsher, un responsable de Monsanto, a fermement rejeté l'idée que Monsanto intenterait le genre de procès décrits dans la plainte : "Les agriculteurs qui ne s'intéressent pas aux semences brevetées de Monsanto n'ont rationnellement pas à craindre de procès de la part de Monsanto, toute affirmation contraire étant, pour citer le tribunal de première instance, sans justification". Le professeur de droit Paul Heald estime quant à lui qu'il serait très difficile pour Monsanto de faire condamner un agriculteur qui utiliserait sans le vouloir des semences brevetées.

"Légumes en voie d'extinction"

Mais les partisans du bio vont plus loin et remettent en cause la validité, pourtant entérinée depuis les années 1980, du brevetage des semences génétiquement modifiées, au même titre que n'importe quelle autre invention. "Il est immoral que des entreprises volent au peuple le droit aux semences, et qu'elles les brevettent", argumente Jim Gerritsen, agriculteur dans le Maine et président de la principale association de plaignants.

Monsanto vend des semences OGM créées pour résister au pesticide Round Up vendu aussi par la firme. Si les agriculteurs conservaient ces semences d'une année sur l'autre, Monsanto perdrait tout son chiffre d'affaires. "Comme ses produits sont plutôt simples à répliquer, que ce soit les semences ou les produits chimiques, ses fortes marges dépendent de ses brevets", explique Dennis Crouch, spécialiste du droit des brevets et professeur de droit à l'Université du Missouri : "Monsanto surveille les grandes exploitations pour s'assurer que les agriculteurs ne violent ni brevets ni contrats".

Dans une autre affaire, qui sera examinée le 19 février à la Cour suprême, un agriculteur est poursuivi pour avoir replanté des semences résistantes aux herbicides d'une saison sur l'autre. Le dossier est complexe, car Vernon Hugh Bowman a en fait mélangé des semences achetées à Monsanto et d'autres acquises à un producteur local. Si Monsanto remporte ces deux affaires, les partisans du bio entendent se battre hors des tribunaux pour défendre le bio et ce que l'agricultrice Sophie Maravell appelle les "légumes en voie d'extinction" - un paradoxe, alors que la consommation de bio affiche une croissance à deux chiffres chaque année aux Etats-Unis.

AFP, 11 janvier 2013

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Controverse Séralini : de la difficulté de la preuve scientifique par superadmin Mardi 15 Janvier 2013 :: Combat Monsanto :: RSS

La perversion du système devient dangereuse, il est urgent de redonner à la recherche publique les moyens de mener des études sérieuses et indépendantes sur les OGM.

Par Claire Mousset est génétitienne. Elle est chercheuse en génétique et amélioration des plantes à Institut national de la recherche agronomique (INRA).

La publication le 19 septembre 2012 d'un article scientifique de Gilles-Éric Séralini (professeur de biologie moléculaire à l'université de Caen) et de sept collaborateurs du Comité de recherche et d'information indépendantes sur le génie génétique (CRIIGEN) a déclenché une déferlante médiatique très spectaculaire, avec notamment, dès le lendemain, la une du journal Le Nouvel Observateur : « Oui, les OGM sont des poisons ! ». Il s'est ensuivi une bataille d'experts attaquant ou défendant la valeur scientifique de l'article de Séralini.

Bien difficile pour le non spécialiste de se faire une opinion par lui-même, car l'article est publié en anglais et en langage scientifique…

Voici en résumé la controverse :
Les auteurs de l'article affirment que le maïs OGM NK603 résistant à l'herbicide Roundup de Monsanto, et le Roundup lui-même, provoquent à long terme et à certaines doses, des effets toxiques chez une souche particulière de rats. À d'autres doses, en revanche, les tumeurs sont moins fréquentes que dans le lot non alimenté avec du maïs NK603. Les résultats diffèrent selon qu'il s'agit de rats mâles ou femelles. La particularité de l'étude est d'observer l'effet toxicologique à long terme ainsi que les effets cocktail OGM + herbicide.

Les ambiguïtés

L'agence de sécurité sanitaire (Anses), le Haut conseil des biotechnologies (HCB) et l'autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), ainsi que les Académies nationales d'agriculture, de médecine, de pharmacie, des sciences, des technologies, et vétérinaire, rejettent les conclusions de l'étude Séralini. Plusieurs experts, nutritionnistes, toxicologues, généticiens, ont dénoncé dans les grands média ce qu'ils considèrent comme la non-validité scientifique de ces résultats. On peut constater que, souvent ces scientifiques sont liés aux conclusions des comités d'experts (Anses, HCB, EFSA…) qui ont proclamé précédemment l'innocuité pour l'homme de ce type de produits.

Les principales critiques qui sont faites à cette étude portent sur le choix de la souche de rats (qui aurait tendance à développer spontanément des tumeurs) et sur le nombre de rats utilisés (jugé insuffisant pour assurer sa validité statistique). Est mis également en avant le financement de l'étude par Carrefour notamment, qui voudrait vendre son image « produits non-OGM » (en France… mais pas dans d'autres pays !). Le sérieux de la revue américaine Food and Chemical Toxicology qui a publié l'article est mis en cause. Enfin, on dénonce le caractère spectaculaire de la communication de Séralini exhibant au journal de 20 heures des rats déformés par les tumeurs.

À l'inverse, parmi les soutiens (y compris critiques) à l'étude de Séralini, on compte entre autres 140 chercheurs signataires d'une lettre ouverte dans Le Monde du 14 novembre 2012. Ils insistent sur sa longue durée (deux ans), alors que les études précédentes étaient de quatre vingt dix jours seulement. Plusieurs statisticiens reconnus ne trouvent pas que le schéma statistique soit scandaleux. Il est affirmé que le protocole de Séralini est très comparable à ceux utilisés dans les études financées par Monsanto pour « démontrer » l'innocuité de ce type de produit et qui, à l'époque, n'ont pas soulevé de doutes sur leur validité.

D'autres rappellent que nombre d'experts qui ont conclu en faveur des produits Monsanto et tentent de décrédibiliser Séralini, bénéficiaient de contrats de recherche avec des firmes de biotechnologie et étaient donc en situation de conflits d'intérêts. Plusieurs études concluant à la non-toxicité des OGM ont été publiées dans cette même revue Food and Chemical Toxicology sans que le sérieux de la revue soit critiqué. Enfin, on rappelle la communication, elle aussi très massive et spectaculaire (voire illusionniste sur le « nourrir la planète »), de Monsanto pour les OGM en question.

On peut donc regretter les « ambiguïtés » et la fragilité du travail de Séralini ; mais il faut alors également le faire pour les travaux antérieurs, et pas uniquement dans ce domaine. Nombreuses sont les études qui « s'arrangent » avec les résultats : rien de plus courant que de supprimer une donnée « aberrante » pour augmenter la validité statistique d'un résultat et publier une belle courbe bien propre, notamment dans les sciences du vivant… Ce n'est pas à proprement parler de la fraude ; c'est le libre arbitre du chercheur d'estimer qu'un résultat anormal est dû à une erreur ou une anomalie et doit donc ne pas être pris en compte. Des procédures de « contrôle qualité » ont été mises en place pour les expérimentations avec des cahiers de laboratoire normalisés qui doivent être régulièrement validés et signés par le responsable du laboratoire. C'est pourquoi les articles scientifiques comportent toujours un paragraphe « matériel et méthodes » détaillé qui doit permettre à d'autres scientifiques de reproduire l'expérimentation.

De l'importance de la recherche publique

Mais il reste l'interprétation de l'expérimentation et les conclusions que les auteurs en tirent ; ils peuvent mettre en avant telle ou telle donnée et passer sous silence d'autres résultats. L'étude de Séralini a été publiée dans une revue à comité de lecture, c'est-à-dire qu'au moins deux experts indépendants ont dû reviewer (relire) anonymement l'article et donner leur accord pour publication, après avoir éventuellement demandé aux auteurs des modifications ou des résultats supplémentaires. C'est la procédure classique de quasiment toutes les revues scientifiques. C'est ce qui fait le sérieux de ces publications, mais là encore, le système n'est pas parfait : les referees (référents) ne sont pas toujours compétents dans des domaines très pointus ; ils peuvent appartenir à un courant de pensée opposé aux auteurs ; ils peuvent avoir des conflits d'intérêts ; ou tout simplement peuvent laisser passer des faiblesses dans la publication.

Ce que l'on peut sans aucun doute déplorer dans cette controverse Séralini, c'est qu'elle a eu pour effet de détériorer encore l'image de la recherche, y compris publique, et la confiance que les citoyens lui portent. Quelle est réellement son indépendance, donc sa crédibilité ? À partir du moment où des études sont financées par des industriels ou des groupes de pression, le doute est permis. Hélas, la recherche publique reçoit de moins en moins de crédits récurrents de l'État, et de plus en plus sur projets et par contrats avec l'apport de financements « extérieurs ».

Les chercheurs fonctionnaires de l'État (ce qui leur garantit normalement liberté et indépendance) sont peu à peu remplacés par des précaires (joliment classés dans la catégorie « postdoctorants ») qui passent d'un CDD à l'autre, d'un sujet à l'autre, et doivent enchaîner les publications. Car on évalue les chercheurs sur le nombre de leurs brevets et de leurs publications (celles dans les revues à comité de lecture pèsent davantage mais selon leur classement international…) et on attribue aux meilleurs chercheurs une « prime d'excellence scientifique ». La perversion du système devient dangereuse, et il est urgent de redonner à la recherche publique les moyens de mener des études sérieuses et indépendantes sur les OGM.

A-t-on besoin des OGM ?

Comment se fait-il que Monsanto et les autres firmes de biotechnologie aient pu commercialiser leurs produits sans une évaluation indépendante ? On peut d'ailleurs étendre la question aux médicaments et autres. Il paraît normal que les OGM et tous les nouveaux aliments fassent l'objet d'une attention particulière. Il faut donc maintenant que d'autres études soient menées pour confirmer ou infirmer les résultats de l'étude Séralini. Il en est de même pour celles publiées par les firmes de biotechnologies. Mais s'il y a nécessité d'une recherche publique indépendante disposant des moyens de conduire les protocoles lourds indispensables aux études toxicologiques sur les OGM à herbicides et pesticides (comme sur d'autres produits potentiellement toxiques : perturbateurs endocriniens, nanoparticules, etc.), d'un autre côté, est-ce aux fonds publics de financer des études innombrables si on teste la multitude de ces produits, leurs effets cocktails, faibles doses, longue durée, etc. ? N'est-ce pas à ceux qui veulent les vendre (de toute la filière : industriels et distributeurs) d'en supporter le coût ? En tout cas, les pouvoirs publics doivent reprendre en main leur mise sur le marché.

Au-delà de cette controverse Séralini, qui finalement n'est qu'un fait divers, la question fondamentale est : a-t-on besoin des OGM ? Tout dépend du type d'OGM et de son utilisation.

Les OGM sont indispensables à la recherche. Ce sont des outils puissants qui permettent de mieux comprendre le fonctionnement des génomes et des mécanismes moléculaires, et donc le fonctionnement du vivant. Or faut-il rappeler que le premier rôle de la recherche scientifique est de faire progresser la connaissance ? Ensuite les OGM à usage thérapeutique ne sont pas remis en cause : qui regrette le temps où l'insuline ou l'hormone de croissance étaient produites « naturellement » avec les graves problèmes médicaux qui en découlaient ? L'opinion publique ne s'enthousiasme-t-elle pas de la guérison récente d'une fillette leucémique par un virus « atténué » du sida ? D'ailleurs, les thérapies géniques à proprement parler modifient génétiquement les malades et les transforment littéralement en OGM… (mais généralement pas leurs cellules reproductrices, ce qui fait toute la différence).

Restent les OGM pour la production agricole, et principalement les PGM (plantes génétiquement modifiées), tel le maïs OGM NK603. Il s'agit principalement d'espèces de grandes cultures (soja, maïs, colza, coton) dont le marché des semences (les semences PGM sont environ deux ou trois fois plus chères que les semences conventionnelles) permet aux entreprises qui les commercialisent de réaliser des milliards de bénéfices… d'où la fièvre qui s'empare de ces puissants lobbies dès qu'on attaque les bienfaits de ce type d'agriculture. Et ce sont principalement des OGM qui produisent des pesticides ou sont tolérants à certains herbicides, donc qui n'apportent pas d'innovation directe pour le consommateur. Quant aux agriculteurs qui les cultivent, et particulièrement ceux des pays en développement, ils entrent dans un cercle vicieux qui les lie à ces firmes de biotechnologies et à une productivité dangereuse pour l'environnement et pour eux-mêmes. Pour les OGM comme pour toute innovation, il faut établir la balance bénéfices/risques et répondre à la question : qui va en tirer bénéfice ? Seule une recherche publique indépendante avec des salariés sous statut de fonctionnaire peut y contribuer.

La Revue du projet, n° 23, janvier 2013

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GRAIN : Alerte avanlanche transgénique au Mexique ! par superadmin Lundi 10 Décembre 2012 :: Combat Monsanto :: RSS

L'Amérique latine subit, de la part des transnationales de l'agroalimentaire, une offensive d'une intensité extrême qui rappelle celle qui avait été vécue dans le cadre de la Révolution verte des années 1960 — la première —, ou lors du premier débarquement de transgéniques dans les années 1990.

D'un bout à l'autre du continent américain, et sous différentes formes, l'invasion par les transgéniques menace la possibilité, pour des millions de paysans, de peuples indigènes et de consommateurs et consommatrices, de cultiver la terre et de s'alimenter.

La liste inclut presque tous les pays et, pour ne mentionner que les cas les plus récents, commençons notre tour d'horizon dans le Sud avec le coup d'État parlementaire au Paraguay dont l'un des objectifs était d'obtenir l'autorisation de cultiver du maïs transgénique que le gouvernement tente en réalité déjà de mettre en œuvre. En Argentine, Monsanto veut construire la plus grande usine d'Amérique latine pour transformer le maïs transgénique ; il veut aussi modifier la loi sur les semences pour l'adapter à ses besoins. Dans la région andine, nous nous inquiétons des tentatives de rompre l'interdiction des OGM en Bolivie et en Équateur à l'aide d'arguments douteux. Au Costa Rica, la Comisión de Bioseguridad tente d'approuver un maïs transgénique. Ce n'est pas un hasard si presque partout, le maïs, notre maïs, est la principale cible de ces agressions. Il n'est pas fortuit non plus que le Mexique soit le foyer d'une des agressions les plus brutales.

L'avalanche arrive

Il se peut qu'avant la fin du mandat présidentiel de Felipe Calderón, ou dès le début de celui du nouveau président, Enrique Peña Nieto, on commence à cultiver du maïs transgénique à des fins commerciales sur plus de deux millions d'hectares du territoire mexicain, en commençant par les États de Sinaloa et de Tamaulipas ! C'est ce que documente, alarmé, le Groupe ETC :

"L'approbation des premières demandes des transnationales Monsanto et Pioneer (propriété de DuPont) pour planter du maïs à échelle commerciale au Mexique est à l'étude : un million quatre cent mille hectares dans le Sinaloa et plus d'un million d'hectares dans le Tamaulipas. Ce territoire est plus grand que tout l'État de Mexico, 17 fois plus grand que le district fédéral de Mexico et plus grand que le district fédéral et les États du Morelos, Tlaxcala, Colima et Aguascalientes réunis. Il est aussi bien plus grand que des dizaines de pays, comme le Salvador, le Koweït ou le Luxembourg."

Ils veulent planter, sur plus de la moitié de ces terres, le même type de maïs transgénique (avec le gène Mon603) qui a produit le cancer chez des rats dans l'expérience menée par le Professeur Séralini en France, dont les résultats ont été publiés en octobre 2012.

S'il est approuvé, ce maïs d'irrigation, semé dans les mois à venir, se répandra à travers le Mexique au milieu de l'année prochaine. Il inondera les grandes villes — la région métropolitaine du District fédéral, Tijuana, Monterrey, Guadalajara — et d'autres villes de taille moyenne, en suivant les voies de distribution habituelles, exposant ainsi la population à de graves dangers. Ce maïs sera consommé directement dans des aliments comme les tortillas, les atoles, les tamals ou pozols ou indirectement dans d'innombrables aliments transformés qui en contiendront sous forme d'édulcorant, d'émulsifiant, d'agent de stabilisation ou d'excipient. Il sera très difficile d'en retracer l'origine2.

Dans un premier document de soutien à la résistance contre cette agression, le Centro de Estudios para el Cambio en el Campo Mexicano (Ceccam, Centre d'études pour le changement dans la campagne mexicaine) insiste sur ce point en expliquant :

"Les sociétés de commercialisation comme Cargill et les entreprises industrielles comme Maseca, Minsa et ADM achètent le maïs aux agriculteurs. Cargill vend le maïs en grain pour la fabrication de la pâte3 aux moulins des villes, lesquels fournissent les fabricants de tortillas. Maseca et Minsa fabriquent de la farine de maïs qu'ils vendent aux fabricants de tortillas ; certains mélangent la farine avec de la pâte, d'autres utilisent seulement de la farine, par exemple ceux qui vendent leurs tortillas chez Walmart. Maseca et Minsa fabriquent aussi des tortillas et vendent de la farine de maïs au détail. ADM distribue le maïs en grains aux magasins Diconsa. Tous ces types de farine et de pâte sont préparés ou contaminés avec du maïs transgénique, car il n'y a aucun moyen de séparer le maïs transgénique de celui qui ne l'est pas."

De plus, le gouvernement du Mexique s'est toujours opposé à l'étiquetage des produits transgéniques de sorte que très bientôt, nous mangerons tous et toutes du maïs transgénique sans le savoir4.

Pourquoi une alerte rouge ?

Les communautés paysannes et indigènes, les habitants des quartiers de toutes les grandes villes et les organisations de la société civile sonnent une alerte rouge totale parce qu'ils considèrent qu'il s'agit d'une « contamination planifiée de manière tout à fait délibérée5 ». La superficie qui serait semée est si vaste que nous pouvons affirmer que c'est une véritable avalanche de maïs transgénique qui plane sur l'ensemble du pays, tant à la campagne, pour ce qui est des cultures, qu'à la ville, pour les gens qui consomment cette céréale.

Nous parlons d'une alerte rouge environnementale parce qu'elle signifiera l'érosion de l'immense variété des semences natives de maïs dans leur centre d'origine, centre qui dépasse largement la région mésoaméricaine. Les agences gouvernementales ont parlé de l'existence de « centres d'origine et de diversification du maïs » au Mexique (décrétant ainsi l'existence de régions où l'on pourrait semer n'importe quoi parce qu'elles « ne sont pas des centres d'origine ») ; mais les communautés et les organisations de la société civile insistent, avec des chercheurs et des experts de plusieurs régions du monde, sur le fait que :

La contamination est un sujet qui concerne le monde entier parce que le maïs est l'une de nos cultures alimentaires les plus importantes, et le Mexique un réservoir de sa diversité génétique, diversité dont nous dépendons tous et toutes. Les changements envisagés aujourd'hui depuis la politique pourraient faire jouer au gouvernement mexicain le tragique rôle historique d'avoir permis la destruction d'une ressource essentielle pour l'avenir mondial de la sécurité alimentaire et celui d'avoir mis en danger l'héritage le plus précieux des peuples indigènes et paysans du Mexique6.

Cette lettre a été publiée en 2003, peu de temps après que des centaines de communautés et d'organisations eurent démontré, de manière autonome, qu'il y avait déjà des foyers de contamination transgénique des variétés natives de maïs dans plusieurs États de la République.

De mars à mai 2009, plus de 762 organisations de 56 pays et des milliers de personnes ont signé une nouvelle lettre adressée au peuple du Mexique, au gouvernement mexicain, à la FAO, à la Convention sur la diversité biologique et à la Commission du développement durable des Nations Unies. Ils y dénonçaient le fait que le gouvernement mexicain mette fin au moratoire sur le maïs transgénique en vigueur depuis la fin de 1998 et le début de 1999 et prépare le terrain pour la plantation commerciale aujourd'hui sur le point d'être adoptée.

Dans cette lettre conjointe avec la Red en Defensa del Maíz (réseau de défense du maïs) — un regroupement pour la défense du maïs formé par plus de mille communautés de 22 États de la république mexicaine — les signataires ont insisté :

Le Mexique est un centre d'origine et de diversité du maïs. Il existe plus de 59 races reconnues et de milliers de variétés qui seraient irrémédiablement contaminées.

Ce sont les peuples indigènes et paysans qui ont créé et maintenu ce trésor génétique du maïs, l'une des principales cultures dont dépend l'alimentation humaine et animale sur la planète.

Le maïs est l'aliment de base de la population mexicaine. On n'a jamais évalué les effets de sa consommation quotidienne et massive comme c'est le cas ici. Des études scientifiques sur une consommation bien moins importante montrent que les transgéniques provoquent des allergies et d'autres effets sur la santé humaine et animale7.

En 2011, au cours de divers ateliers et de rencontres, les communautés ont réaffirmé qu'elles ne permettaient pas au gouvernement de tenter d'établir ces soi-disant « centres d'origine » qui laissent d'autres zones ouvertes aux cultures transgéniques. Le responsable de la Semarnat (Secrétariat de l'environnement et des ressources naturelles du Mexique), Juan Elvira, avait alors déclaré : « Nous considérons qu'on peut planter du maïs biotechnologique sur au moins 2 millions d'hectares, sans que cela n'ait d'effets sur nos variétés de maïs indigène, et en assurant la préservation du maïs indigène et de ses ancêtres, les teocintles, selon les critères scientifiques. » Le lendemain, il s'est rétracté8. Face à l'imminence de la plantation de semences transgéniques sur 2,4 millions d'hectares, et ce uniquement dans les États du Sinaloa et du Tamaulipas, la déclaration d'alors du secrétaire Juan Elvira n'était rien. À l'époque, déjà, les communautés lui avaient répondu :

Le Mexique dans son ensemble est un centre d'origine du maïs. Et même plus : toute la Mésoamérique et alentours (du sud des États-Unis au nord de l'Amérique du Sud) sont le territoire que nous considérons comme centre d'origine. Parce qu'en plus, le maïs n'a jamais été seul. Il fait toujours partie d'une profonde relation avec les peuples. Il est une communauté entre les communautés humaines et la communauté qu'il tisse avec d'autres cultures, plantes et animaux avec lesquels il a vécu pendant des millénaires. Les critères gouvernementaux qui exigent des preuves archéologiques de traces de maïs pour qu'un territoire soit considéré comme un centre d'origine sont insuffisants et biaisés. Si les experts ne trouvent rien, ils en concluent « qu'il n'y en a pas », sans tenir compte de la mémoire historique et de la présence vivante du maïs dans toutes les régions du Mexique9.

Effectivement, l'examen de la complexité semble confirmer qu'il existe une relation étroite entre ce qui est biologique et ce qui est social. Selon Paul Weatherwax, un des historiens du maïs, « lorsque le contact s'est fait entre le Nouveau et le Vieux Monde, le maïs était cultivé de 45 degrés de latitude nord — là où se trouve aujourd'hui Montréal, au Canada — jusqu'à 40 degrés de latitude sud, à presque mille kilomètres au sud de Santiago au Chili ». C'est ainsi qu'Arturo Warman — un chercheur et par la suite fonctionnaire — le cite dans son légendaire livre sur l'expansion du maïs dans le monde10.

Et ce n'est pas tout. Le rapporteur spécial sur l'alimentation, Olivier de Schutter, dans son rapport de mission au Mexique en 2011, a expressément recommandé que le moratoire sur l'ensemencement et la commercialisation du maïs transgénique soit rétabli11.

Récemment, l'Unión de Científicos Comprometidos con la Sociedad (UCCS, union des scientifiques engagés avec la société), liée à d'autres groupes semblables dans le monde entier, a lancé un appel à la communauté scientifique pour la défense du maïs dans son centre d'origine. Dans son invitation, elle déclarait :

Le Mexique est le centre d'origine et de diversification du maïs et de ses parents sauvages, avec plus de 59 races (variétés indigènes) de maïs distribuées partout dans le pays.

* Ces variétés natives de maïs représentent non seulement une réserve de diversité génétique fondamentale pour les efforts actuels et à venir pour améliorer l'agronomie, efforts qui contribueraient à s'adapter aux changements climatiques au niveau mondial, mais aussi au mode de vie de millions de paysans au Mexique.

* Les preuves scientifiques disponibles montrent qu'une fois que le maïs transgénique aura été semé n'importe où au Mexique, il sera impossible d'éviter les flux de transgènes vers les variétés natives, ce qui remettra en question, non seulement la viabilité du maïs natif mexicain, mais bouleversera également le mode de vie de millions de personnes, y compris les paysans, les producteurs agricoles à plus grande échelle et les consommateurs.

Pour toutes ces raisons, et face à la perspective que le gouvernement sortant désire laisser comme héritage l'imposition de la plantation de maïs transgénique dans notre pays, à travers un processus de déréglementation qui a ignoré toutes les preuves scientifiques sur les risques ainsi que les demandes de la société civile nationale et internationale, nous vous demandons d'adhérer à la Déclaration et à l'Appel à l'action suivants qui seront mis en avant auprès d'instances nationales et internationales par l'Unión de Científicos Comprometidos con la Sociedad12.

Il s'agit donc d'une alerte rouge mondiale qui concerne l'agriculture et la biodiversité, car la contamination transgénique irréversible de cet immense centre d'origine de la merveilleuse plante — l'une des quatre cultures essentielles pour l'humanité — signifie la destruction la plus brutale des stratégies de survie de l'humanité dont on aura jamais entendu parler, ainsi que celle de la subsistance, de la sécurité et de la souveraineté alimentaires véritables des populations urbaines et rurales. Jamais auparavant on a érodé à si grande échelle, sur un si vaste territoire et sur un volume si imposant, le patrimoine génétique d'une culture dans son centre d'origine, et jamais auparavant on a attenté de manière si directe et massive contre la vie d'un peuple qui consomme en moyenne « 115 kilos de maïs par personne par année » (comme l'indique Ana de Ita du Centro de Estudios para el Cambio en el Campo Mexicano-Ceccam)13.

Et qu'en est-il du principe de précaution ?

L'alarme générale s'explique en partie par le fait que les organisations sociales ressentent cet ensemencement comme une « attaque contre la subsistance la plus élémentaire et contre la santé de la population mexicaine », attaque qui « équivaudrait à un génocide14 », car de nombreuses expériences ont révélé les énormes risques qu'implique la consommation de ce maïs. Celui-ci peut provoquer des mutations, des tumeurs, des cancers, une possible dépression du système immunitaire général ou d'autres effets nocifs qui n'ont pas encore été identifiés. Naguère, ces profondes incertitudes constituaient le fondement du principe universel de précaution, selon lequel toute application dérivée de l'expérimentation ou de la théorie (en cas de doutes à propos de son innocuité), pouvait et devait être freinée jusqu'à obtention de preuves réelles qu'elle ne cause aucun tort. Aujourd'hui, la responsabilité de vérifier l'innocuité semble incomber à la société civile et les entreprises novatrices font la promotion d'innombrables applications dont l'innocuité n'a pas été démontrée (conformément à leur propre réglementation), sans aucun ménagement et avec une légèreté que l'on peut qualifier de criminelle.

Le problème de l'alimentation

Le Ceccam est l'une des organisations qui ont stimulé la résistance face à l'attitude aberrante des industries qui inondent la campagne et la ville de maïs transgénique sans même en comprendre pleinement le fonctionnement. Si cela avait lieu, le gouvernement et les corporations substitueraient la plantation de semences transgéniques aux activités des agriculteurs du Sinaloa et du Tamaulipas. Ana de Ita explique :

En septembre dernier, Monsanto a présenté les deux premières demandes de permis de plantation commerciale de 700 000 hectares de maïs dans le Sinaloa ; quelques semaines plus tard, Pioneer Hi-Bred International a présenté trois demandes de permis pour la plantation commerciale de 320 000 hectares dans le Tamaulipas.

En général, on plante dans le Sinaloa 300 000 hectares irriguées avec du maïs, mais Monsanto a demandé qu'on lui en approuve 700 000 pour le présent cycle automne-hiver. En décembre prochain, Monsanto prétend semer du maïs transgénique sur la totalité des hectares irrigués existants dans le Sinaloa (...)

Au Tamaulipas, Pioneer prévoit doubler les superficies de maïs (...)

Les agriculteurs du Sinaloa et du Tamaulipas qui produisent du maïs pour le marché utilisent des semences hybrides qu'ils achètent chaque année aux transnationales comme Monsanto, Pioneer, Dow, celles-là mêmes qui produisent les semences transgéniques et en font la promotion. Si ces entreprises décident de commercialiser uniquement des semences transgéniques, les agriculteurs n'auront plus le choix. De plus, ceux qui décideront de ne pas semer des transgéniques seront quand même contaminés par les cultures de leurs voisins et leur maïs sera mélangé lors du transport et dans les silos, les élévateurs et les entrepôts. Tout comme aux États-Unis, il sera alors impossible de séparer le maïs transgénique du maïs conventionnel et toute la récolte finira par être contaminée.

Étant donné que le maïs du Sinaloa est distribué dans presque tous les recoins du pays, la menace s'étend aux régions rurales où il contaminera également les races et les variétés locales en répandant les transgènes dans les maïs natifs15.

Il est particulièrement révélateur que le Sinaloa soit l'un des États visé pour ces plantations transgéniques. Le maïs du Sinaloa, qui pendant des décennies était distribué dans les villes, a été remplacé cette année de manière plus ou moins abrupte par des importations que le gouvernement mexicain a autorisé à plusieurs sociétés de commercialisation, en particulier Cargill et Archer Daniels Midland (elles ont décidé d'arrêter d'acheter aux agriculteurs mexicains du Sinaloa, et de privilégier les récoltes d'Afrique du Sud et des États-Unis). Cette décision a exposé les producteurs de maïs commercial mexicains à de sérieux risques et a compromis la sécurité alimentaire de la population mexicaine. Tout cela aurait pu être évité si l'État avait appuyé les producteurs pour que le prix de leur maïs soit plus avantageux que celui offert en Afrique du Sud. Mais « le Secrétariat de l'agriculture, qui confond la sécurité alimentaire et la politique agricole avec l'opportunité de faire des affaires, affirme qu'il ne dispose pas de ressources pour aider les producteurs à établir un plan de protection pour éviter la chute des prix courants, garantir la vente de la récolte nationale et créer une réserve technique. Il soutient au contraire que le fait d'aider les agriculteurs nationaux entraînerait des pertes. Il oublie que l'une des fonctions de l'État est de réguler les marchés de produits de base et de garantir la production nationale. 16 »

Mais les contradictions s'accumulent. En même temps qu'il existe un régime de faveurs pour les sociétés de commercialisation au détriment de la production nationale, qu'on prétend semer des OGM sur cette grande étendue de terres, un rapport de la Commission économique pour l'Amérique latine et les Caraïbes (CEPAL), de l'Organisation des Nations Unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO) et de l'Institut interaméricain de coopération pour l'agriculture (IICA) affirme que chaque année, le nombre d'hectares destinés à la production de maïs baisse et que le Mexique est le deuxième pays qui a le plus diminué sa superficie semée (environ 5 % en 5 ans), juste derrière le Guatemala17.

Enfin, permettre à Monsanto, Pioneer et Dow de « semer la mort » sur une si vaste superficie, que ce soit directement ou par contrat, ou par la vente de semences transgéniques comme source exclusive de semences pour ces espaces, c'est encourager un accaparement de terres brutal, la supplantation de la production nationale non transgénique et la promotion tout à fait directe d'une distribution et d'une commercialisation monopolistes et spéculatives des aliments dans les villes au profit d'ADM et de Cargill.

Et il n'est pas inutile de souligner que ce ne sont pas les agriculteurs qui demandent ces permis : « ce sont directement les transnationales des transgéniques qui deviennent explicitement les propriétaires de l'agroalimentaire mexicain en décidant ce qui est semé, où, les quantités, les prix, sous quels risques et pour qui18 ».

En réponse, les organisations paysannes, les espaces indigènes et les réseaux des organisations de la société civile commencent à se prononcer, font des piquets de grève, publient des communiqués, et produisent des affiches. Ainsi, en exigeant que le gouvernement refuse d'accorder à Monsanto de tels permis pour planter du maïs commercial, Olegario Carrillo Meza, président de l'Unión de Organizaciones Campesinas Autónomas (Unorca, union d'organisations paysannes autonomes), une organisation membre de Vía Campesina-Amérique du Nord, explique : « Il n'existe aucune raison technologique, économique ou éthique qui profite à la population et à la majorité des producteurs agricoles pour justifier l'autorisation de la plantation commerciale du maïs transgénique sur au moins un million d'hectares dans les États du Sinaloa et du Tamaulipas. » Carrillo Meza ajoute : « Au cours du sexennat qui s'achève, le gouvernement fédéral, par le biais du Secrétariat de l'Agriculture et du Secrétariat de l'Environnement, a accordé 162 licences de culture expérimentale du maïs transgénique et de plantations pilotes, pour un total de 177 permis en plein champ. » Le président de l'Unorca souligne que le gouvernement fédéral a « l'obligation de rétablir le moratoire contre tous les types de culture de maïs transgénique dans le pays ». Si le gouvernement accorde les permis demandés, « ce sera un attentat contre le respect du droit à l'alimentation, car il réduira encore plus l'accès de la population à une alimentation saine, de qualité et en quantités suffisantes ; les prétentions des entreprises Monsanto et Pioneer constituent un danger pour la santé humaine, la biodiversité, la culture et la souveraineté du pays19 ».

Pourquoi une avalanche ?

Rappelons que pendant onze ans — depuis 2001 — en plus de ne pas empêcher la contamination, le gouvernement a minimisé son importance et l'a permise dans les faits. La très probable inondation par des transgéniques dans les communautés du centre et du sud du pays a été évitée parce que ces dernières ont pu tant bien que mal freiner l'entrée du maïs transgénique dans leurs territoires au moyen d'un moratoire de facto, toujours en vigueur, appliqué naturellement et sans déclarations fracassantes, mais avec une détermination et une conviction inébranlables. Ces mesures ont empêché que la contamination transgénique se propage au Mexique durant ces onze dernières années — contrairement à ce qui s'est produit dans d'autres pays. Le travail continu et affectueux de la Red en Defensa del Maíz (qui, comme nous l'avons déjà dit, regroupe plus de mille communautés dans quelque 22 entités fédératives du pays) a agi comme un véritable frein. Mais les gens des communautés paysannes du pays sont suffisamment clairvoyants pour savoir qu'une avalanche de cette ampleur finira irrémédiablement par contaminer les champs — même ceux qui sont éloignés des immenses plantations d'OGM — et que le maïs transgénique s'introduira sans retenue aucune dans l'alimentation de la population mexicaine.

Comme l'affirme l'affiche de soutien à la résistance qui circule déjà dans les quartiers d'un grand nombre de villes :

Il y a plus de onze ans, depuis que l'on a découvert la contamination du maïs transgénique, des centaines de communautés et d'organisations paysannes, dont beaucoup sont indigènes, luttent contre lui. Elles sensibilisent la population, améliorent leurs stratégies d'échange de semences, surveillent de plus près leurs champs, adoptent des règlements communautaires qui interdisent l'introduction du maïs transgénique et rejettent les semences des programmes gouvernementaux. Elles ont compris qu'il ne s'agit pas uniquement d'une lutte pour un aliment, une plante ou une parcelle de terre ; elles ont compris que c'est une lutte qui va de la semence aux territoires et à la possibilité d'exercer sa liberté matérielle et politique20.

Durant cette période, le gouvernement a mis en place, pas à pas, des lois, des règlements et des politiques publiques qui ont clairement encouragé l'entrée des organismes génétiquement modifiés. Il a d'abord inondé les espaces paysans indigènes avec du maïs importé (avec un pourcentage élevé de maïs transgénique mélangé et impossible à distinguer) par le biais des vingt-trois mille magasins paysans de la société paraétatique Diconsa, ce qui a créé des foyers de contamination dans des zones où l'expansion n'avait pu être généralisée. Les organisations et les spécialistes qui ont étudié ce processus sont convaincus que la contamination était et est toujours une stratégie délibérée des entreprises et des fonctionnaires techniques et politiques du gouvernement mexicain21.

Puis, les instances gouvernementales ont mis en avant l'idée que les Mexicains devaient apprendre à « coexister » avec les organismes génétiquement modifiés et que tout irait bien. C'est dans ce contexte que le congrès mexicain, réuni au grand complet (députés et sénateurs), a adopté la Ley de Bioseguridad y Organismos Genéticamente Modificados (LBOGM, loi sur la biosécurité et les organismes génétiquement modifiés) et diverses lois connexes, comme la Ley Federal de Producción, Certificación y Comercio de Semillas (loi fédérale sur la production, la certification et le commerce des semences), les règlements de ces deux lois et une batterie complète de mesures qui prévoit un véritable blindage pour entraver la justice.

Et puis, le gouvernement a misé sur la confusion, confusion à laquelle a contribué le règlement de la LBOGM sur le dénommé Régime spécial de protection du maïs. Le fait que ce ce dernier ait pratiquement disparu laisse planer un doute juridique qui persiste encore aujourd'hui : existe-t-il au Mexique des centres d'origine du maïs, et des endroits où il n'y aurait pas de tels centres ? Ou : l'ensemble du pays est un centre d'origine — comme le soutiennent d'innombrables organisations, communautés, collectifs, chercheurs et gens de bonne volonté.

Le fait que tout le Mexique et au-delà soit le centre d'origine du maïs pour le monde était et reste l'un des fondements du moratoire de fait qui a fonctionné de 1997 à 2009. Et c'est quelque chose que la Red en Defensa del Maíz continuera de revendiquer.

Profitant de la confusion, des plantations expérimentales et pilotes clandestines ont été installées dans le nord du pays. Face à cette situation, le gouvernement mexicain n'a pas réagi en vertu de ce que la loi prévoyait alors et a au contraire décrété la levée du moratoire le 6 mars 2009. Avec la levée du moratoire, un nouveau pas a été donné : à partir de ce moment, les agences responsables ont commencé à accorder des permis de plantation expérimentale et de plantation pilote dans le nord du pays, et ce avec l'appui de la loi. Dans le même temps, le gouvernement a réalisé des préparatifs pour commencer à surveiller les communautés dans le cadre de sa recherche de semences « non certifiées », « pirates », ce qui est un des signes les plus alarmants de la criminalisation de la biodiversité qui est aux mains des paysans et des indigènes, sous prétexte de protéger cette même biodiversité.

À partir de ce moment, le discours a changé. Le gouvernement a amorcé une stratégie double : d'un côté la promotion de lois étatiques qui prétendent défendre le maïs « natif » contre la contamination au moyen du registre, de la certification et de la vérification des semences, des producteurs et du processus agricole. De l'autre, la délimitation de soi-disant « centres d'origine » uniques sur le territoire national, permettant ainsi que le reste du pays devienne un immense espace pour la promotion de l'agriculture industrielle et des transgéniques.

Ces deux stratégies visent à laver l'image des politiques étatiques en prétendant que celles-ci visent à protéger le patrimoine génétique du pays, la multiculturalité des peuples originaires et la diversité des maïs alors qu'en réalité elles préparent l'éradication de tout ce qui, dans le domaine de l'agriculture, n'est pas soumis aux contrôles établis par les normes, les règlements, les lois et les réformes constitutionnelles d'un État mexicain étroitement associé aux grandes transnationales.

Cela fait onze ans que les communautés qui cultivent le maïs dans des systèmes complexes comme la milpa maintiennent que pour défendre le maïs, il faut le semer ; que pour défendre la liberté des semences, il faut continuer de les conserver et échanger ; que la toute première autonomie, c'est de semer ses propres aliments ; et que c'est sur cette base que l'on peut commencer la défense intégrale du territoire.

Les entreprises cherchent à briser la production alimentaire indépendante. Pour y parvenir, elles doivent rompre la relation des gens avec leurs sources de subsistance et pour ce faire, elles cherchent à détruire l'idée de communauté, de défense territoriale, d'autonomie des peuples. L'accaparement de la terre et de l'eau est le pas primordial pour ensuite changer l'utilisation du sol, l'inonder de monocultures, promouvoir des programmes autoritaires d'intensification des cultures avec la mécanisation et les produits agrotoxiques, expulsant ainsi la population vers les villes ou vers les projets agroindustriels pour ensuite envahir le territoire à la recherche de minerais ou de biodiversité, en pillant la forêt ou en spéculant avec l'achat-vente de bons d'air dans les bourses de valeurs internationales.

Ils cherchent maintenant à s'emparer de toute la chaîne alimentaire (depuis l'accaparement des terres jusqu'aux canaux de commercialisation des supermarchés), et ont donc décidé d'imposer les OGM. Ce qui est grave, c'est que l'enjeu n'est pas seulement l'agriculture sinon la subsistance même des gens. Cette attaque s'acharne aussi contre ceux et celles qui, sans produire leurs aliments, dépendent totalement des politiques du gouvernement et des entreprises. Et ces derniers ont décidé de courir le risque d'accentuer à l'extrême la menace contre la santé de toute la population urbaine du Mexique uniquement pour établir leur contrôle total sur les sources de production, la production elle-même ainsi que la transformation et la distribution.

L'autorisation de planter du maïs transgénique à des fins commerciales et dont la distribution serait destinée aux villes est le moment le plus critique de ce processus et mettra fin de manière autoritaire à un débat possible : une avalanche massive qu'il faut freiner totalement22.

La riposte

La population mexicaine ne se croise pas les bras. Une résistance visible commence à exercer une pression et à exiger le respect des normes préconisées par le gouvernement lui-même. Elle s'incarne dans des centaines d'organisations, de groupes de scientifiques, d'organismes de la société civile, de communautés, de groupes paysans, de peuples indigènes, d'avocats, d'organisations de quartier, d'organisations étudiantes et un long et caetera de plus en plus anonyme à mesure qu'elle se généralise dans tout le pays. Cette résistance commence à tisser des liens depuis de nombreux recoins, à socialiser l'information, à ouvrir des espaces pour adopter d'un commun accord des actions à court, moyen et très long terme (ateliers, rencontres, conférences, procès juridiques et de systématisation éthique devant les tribunaux de conscience, mobilisations, distribution de tracts, piquets de grève, ...). C'est une résistance méprisée qui surgit de milieux tellement marginalisés qu'elle n'apparaît même pas sur les cartes officielles, mais qui ne laissera pas passer une aussi grave menace contre la vie même.

Une résistance pacifique mais déterminée pour la subsistance du peuple mexicain (et sur tout le continent) qui défend le corps, la terre, l'environnement, les savoirs et les semences ; pour nos stratégies de survie et d'alimentation ; contre le génocide, le mépris, l'imposition et la destruction du maïs, du tlayolli, du yok-ixim ou kiximtik, du niza, du i-ku, et des nombreux autres noms qui, selon la langue originale de chaque peuple, permettent de communiquer sa force et les soins millénaires qu'il procure. Cette résistance pacifique apparaîtra dans les quartiers et les communautés, dans les échoppes, les écoles et les restaurants populaires, les ventes de tortilla et les moulins, dans les centres culturels et les communautés les plus reculées, mais elle sera évidente.

Elle s'exprime également au moyen d'une plainte déposée au Tribunal permanent des peuples, lequel siège au Mexique depuis octobre 2011 et y siégera jusqu'en 2014. C'est un tribunal de conscience à la trajectoire reconnue (héritier du Tribunal Russell) qui articule les diverses résistances à l'intérieur du Mexique contre les immenses torts de tous genres. La plainte déposée contre les transgéniques et l'exigence pour la sécurité et la souveraineté alimentaires regroupe déjà des milliers de communautés et des centaines d'organisations. Elle entreprend une systématisation globale de la problématique de la défense du territoire, de l'agriculture, de la production alimentaire indépendante, de la défense des semences natives et de l'urgence de la sécurité alimentaire de la population qui ne produit pas d'aliments23.

Plus tôt que tard, cette résistance au Mexique s'articulera avec les luttes déjà en cours au Costa Rica, en Colombie, en Équateur, en Bolivie, au Paraguay, en Argentine et au Chili et qui, sans jamais abandonner, cherchent à freiner les transgéniques, les lois sur la certification des semences et l'imposition de modèles agricoles qui favorisent les transnationales du système agroalimentaire industriel mondial contre l'agriculture paysanne, traditionnelle et contemporaine qui, comme nous le répétons sans cesse, peut parfaitement refroidir la planète. La souveraineté alimentaire est l'approche la plus décisive que l'on peut adopter depuis nos propres espaces pour éviter de dépendre des transnationales qui veulent décider ce que nous mangeons et nous imposer leurs prix. Fortes de leur compréhension des relations entre la campagne et la ville, les organisations comme la Red en Defensa del Maíz au Mexique insistent :

La défense du maïs au Mexique passe nécessairement par le respect de l'autodétermination et de l'autonomie des communautés et des peuples indigènes et paysans.

Nous rejetons une fois de plus toute plantation expérimentale, pilote ou commerciale, ainsi que la distribution, le stockage, la commercialisation d'organismes génétiquement modifiés n'importe où sur le territoire national (et dans le monde).

La souveraineté alimentaire sera toujours basée sur le respect du droit collectif de posséder, de conserver et d'échanger librement les semences natives sans l'imposition de mécanismes de contrôle étatique, fédéral ou commercial (que ce soit par la certification, l'inventaire, les banques de semences, les catalogues de variétés, les brevets, les dénominations d'origine ou les droits de sélectionneur).

La souveraineté alimentaire nécessite des conditions qui permettent la production alimentaire libre et autonome au niveau local, régional et national, le respect de nos territoires, menacés aujourd'hui par des projets miniers, hydroélectriques, pétroliers, routiers, par des projets de services environnementaux, de réserves de la biosphère, de privatisation des réservoirs aquifères ; des territoires menacés également par l'industrialisation et l'urbanisation sauvages et la politique environnementale de conservation officielle qui évacue les populations locales24.

Source GRAIN, 26 nov 2012


1 Silvia Ribeiro (Groupe ETC), « Invasión », La Jornada, 3 novembre 2012.

2 Pour de plus amples informations, voir Maíz transgénico : Ataque mortal a nuestra salud, a los pueblos, al campo, affiche préparée par le Movimiento Urbano Popular comme outil d'appui à des ateliers pour alerter la population, novembre 2012.

3 Au Mexique, la pâte à tortilla est préparée selon une méthode ancestrale, la « nixtamalisation », qui consiste à ajouter un peu de chaux aux grains de maïs durant leur cuisson. Cette méthode permet à l'organisme d'assimiler au maximum les nutriments du maïs.

4 Ceccam : « Alerta roja transgénica », document d'appui aux ateliers de conscientisation communautaire, octobre 2012.

5 Témoignages recueillis lors d'ateliers de formation et d'alerte du Movimiento Urbano Popular en octobre et novembre 2012.

6 « Carta a la opinión pública nacional e internacional firmada por 302 organizaciones de la sociedad civil de todo el mundo », « Lettre à l'attention de l'opinion publique nationale et interationale signée par 302 organisations de la société civile dans le monde entier », novembre 2003. El maíz no es una cosa, es un centro de origen, Colectivo por la Autonomía GRAIN, Centro de Análisis Social, Información y Formación Popular (Casifop), Editorial Ítaca-CS-Fund, México, 2012, pp. 93-94.

7 « Contra el fin de la moratoria », communiqué de la Red en Defensa del Maíz souscrit par des organisations, des universitaires, des personnalités et des chercheurs internationaux, mars-mai 2009. Voir El maíz no es una cosa, es un centro de origen, op. cit., pp. 179-182.

8 Greenpeace, 17 novembre 2011, www.greenpeace.org

9 Voir « Los pueblos indígenas de México defendemos todo México como cuna del maíz », Communiqué du Festival des semences du Centro Ecológico la Primavera de Organizaciones Campesinas et de l'Organización de Agricultores Biológicos, Tlacolula, Oaxaca, 27 novembre 2011, Ojarasca, numéro 176, La Jornada, 10 décembre 2011.

10 Arturo Warman, La historia de un bastardo : maíz y capitalismo. Fondo de Cultura Económica, México, 1988.

11 Rapporteur spécial des Nations Unies sur le droit à l'alimentation : El derecho a la alimentación : informe de misión a México, 2011, Haut-commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme, 2012.

12 Invitation à signer le communiqué de l'UCCS. www.unionccs.org. Liens pour lire et signer le document en espagnol : http://www.uccs.mx/doc/g/planting-gmo-corn_es, et en anglais : http://www.uccs.mx/doc/g/planting-gmo-corn

13 Ana de Ita, « Fe de ratas », La Jornada, 16 octobre 2012.

14 Témoignages recueillis lors d'ateliers de formation et d'alerte du Movimiento Urbano Popular, op. cit.

15 Ibidem.

16 Ana de Ita, « La seguridad alimentaria como negocio », La Jornada, 28 avril 2012

17 Voir « México, segundo país en AL que más redujo área para cultivar maíz », note de Susana González, La Jornada, 11 novembre 2012.

18 Silvia Ribeiro, « Invasión », op. cit.

19 Jair López Vega, « Campesinos demandan negar permisos para siembra de maíz transgénico », El Financiero, 6 novembre 2012.

20 Voir Maíz transgénico : Ataque mortal..., op. cit.

21 Voir El maíz no es una cosa, es un centro de origen, op. cit.

22 Voir l'histoire des onze années de cette lutte dans El maíz no es una cosa, es un centro de origen, op. cit.

23 Voir : Violencia contra el maíz, la soberanía alimentaria y los derechos y la autonomía de los pueblos, plainte présentée devant le Tribunal permanent des peuples, section du Mexique, 2012, www.tppmexico.org. Voir aussi « Les raisons du maïs » (en trois langues), www.grain.org

24 Communiqué de la Red en Defensa del Maíz, 17 mars 2011. www.redendefensadelmaiz.net

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MONSANTO bénéficie d'une garantie de $40 millions d'argent public européen !! par superadmin Vendredi 23 Novembre 2012 :: Combat Monsanto :: RSS

C'est l'étonnante révélation faite par le réseau CEE Bankwatch Network dans un communiqué de presse du 19 novembre 2012.

La Banque Euroépenne pour la reconstruction et le Développement (BERD) devra se prononcer en avril prochain sur une garantie financière de 40 millions de US dollars pour couvrir Monsanto au cas où les entreprises agricoles et des distributeurs qui se sont engagés à acheter des semences ou des produits agrochimiques à la firme ne pourraient pas payer ! Le soutien serait assuré par la BERD sur des contrats entre Monsanto et des grandes et moyennes exploitations agricoles en Bulgarie, Hongrie, Russie, Serbie, Turquie et Ukraine.

"Il est absolument scandaleux que la BERD envisage d'utiliser l'argent public pour soutenir un géant qui domine déjà le marché mondial des semences et des produits agrochimiques" a dit Ionut Apostol, du Réseau Bankwatch.

Pas d'OGM dans le contrat ?

Bankwatch explique que selon la BERD, il n'y aura pas d'OGM dans ces contrats. Mais comment faire confiance à Monsanto ? Bankwatch a noté en effet qu'en Juillet-Août 2011, la Hongrie a du détruire entre 8500 et 9000 ha de maïs à cause de la contamination OGM de semences provenant de chez Monsanto (voir : GMO contamination from seeds originating from Monsanto ), ce qui a affecté 225 producteurs, et Greenpeace a trouvé du colza GM GT73 (aussi nommé RT73) de Monsanto poussant en Suisse dans des friches à Basel, alors que la culture et l'importation d'OGM sont illégales en Suisse (voir : growing wild in Basel's port area ).

Multiples procès contre Monsanto

Bankwatch rappelle que Monsanto est en procès à divers endroits en raison de ses activités criminelles. En Inde, Monsanto est poursuivi en justice par le gouvernement indien pour bio-piraterie . Aux Etats-Unis, Monsanto est également poursuivi sur la question des brevets et des droits abusifs qu'ils octroient à la firme par une coalition d'agriculteurs représentant 300 000 personnes.

Depuis 2009, une bataille juridique fait rage entre Monsanto et le Brésil concernant les royalties sur les semences GM exigées par et versées à la firme. En avril 2012, le juge de Rio Grande do Sul a ordonné à Monsanto de cesser de prélever des royalties et l'a condamné à reverser 2 milliards de dollars ! Monsanto a aussitôt fait appel.

Monsanto par ailleurs n'a cessé de harceler en justice des agriculteurs aux USA, les accusant sans preuves d'avoir utilisé la semence GM de Monsanto sans payer de royalties.

Comment une firme privée avec de tels agissements pourrait-elle bénéficier du soutien de l'argent public ?

De l'argent public pour soutenir le monopole des multinationales ?

Sur le site de la BERD, on trouve la description du projet de soutien financier dans lequel il est mentionné que cela permettrait à Monsanto d'augmenter sa capacité de prêt, "permettant ainsi à un plus grand nombre d'agriculteurs de bénéficier des développements tels qu'une plus grande résistance aux maladies et aux nuisibles et de plus hauts rendements, ce qui améliorerait leurs profits et contribuerait à soulager les pays concernés de certains problèmes de sécurité alimentaire."

Non contente d'asséner cette propagande, la BERD affirme ensuite que ce projet va servir de vitrine pour démontrer tous les avantages du pré-financement des semences et intrants avec partage des risques aux agriculteurs des pays ciblés, les options de pré-financement étant très limitées dans ces pays.

Selon un communiqué de presse allemand de Informationsdienst Gentechnik du 16 novembre 2012, la BERD envisage "d'étendre ses services de garantie à d'autres firmes agro-chimiques. Elle a été en contact avec BASF et Syngenta, a dit la personne en charge au service de l'information en octobre."

Mobilisation de la société civile

Dans une lettre ouverte à la BERD, plus de 150 organisations appellent la banque à renoncer à ce projet de soutien financier à Monsanto. La lettre mentionne la longue saga du transfert par Monsanto de ses risques sur les gens et sur l'environnement et rappelle que le soutien à cette firme et au modèle agricole qu'elle représente est particulièrement inapproprié pour une banque de développement multilatéral dédiée dans ses statuts à la promotion d'un "développement réellement durable et viable pour l'environnement".

Les organisations interpellent la BERD sur plusieurs points :
- la banque est censée de part ses statuts soutenir le secteur privé seulement quand le demandeur ne peut obtenir de financement ou des facilités ailleurs à des conditions raisonnables. Monsanto est la première Cie mondiale de semences, et fait partie des 500 premières fortunes mondiales....
- la banque est censée encourager la compétition. Monsanto concentre déjà 27% du marché mondial des semences et 10% du marché mondial de l'agro-chimie...
- la banque invoque la sécurité alimentaire et de meilleures pratiques environnementales pour soutenir Monsanto. Les organisations rappellent que la production d'énormes volumes de nourriture à haut coût ne garantiront jamais la sécurité alimentaire et que les monocultures peuvent partager des mêmes traits (prétendument) bénéfiques mais qu'elles partagent aussi les mêmes faiblesses.
- la banque s'attend peut-être à ce que Monsanto change ses pratiques afin de répondre aux critères exigés ? les organisations affirment que NON ! Monsanto n'a jamais changé sa politique et a toujours nié ses conséquences. Il est donc plus que douteux que l'assurance donnée sur l'absence d'OGM dans les contrats soit valide. La BERD n'a de toute façon aucun moyen d'aller vérifier...

Pour finir, un article du 14 septembre 2012, signé de plusieurs organisations et publié sur GRAIN , montre que cette attitude de la BERD vis à vis de Monsanto et consort participe d'un mouvement plus large. Selon l'article, le Directeur Général de la FAO et le Président de la BERD auraient co-signé un papier dans le Wall Steet Journal le 6 septembre 2012, dans lequel ils appelaient les gouvernements et les organisations sociales à "adopter le secteur privé comme le moteur principal de la production mondiale de nourriture".

Les organisations mentionnent aussi que "Quand ils se réfèrent à l'Europe de l'Est et à l'Afrique du Nord, les dirigeants de ces deux agences internationales influents font un appel clair à l'augmentation de l'investissement dans le secteur privé et l'accaparement des terres dans le monde. Ils disent que le secteur privé est efficace et dynamique et incitent les entreprises à "doubler les investissements sur la terre elle-même".

Source : S. Escazaux, 20 novembre 2012, Soutien aux Faucheurs de Bretagne

Lire : http://bankwatch.org/news-media/blog/european-public-development-money-monsanto-whatever-next

Lire à propos de la garantie de Monsanto sur la page BERD : http://www.ebrd.com/pages/project/psd/2012/43925.shtml

Lire plus d'arguments contre cette facilité de partage des risques et le profil de Monsanto : http://bankwatch.org/news-media/blog/european-public-development-money-monsanto-whatever-next

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Le Roundup autorisé sur une évaluation tronquée ? par superadmin Jeudi 22 Novembre 2012 :: Combat Monsanto :: RSS

Une nouvelle étude montre que le glyphosate, l'ingrédient principale du Roundup, a été autorisé sur des « bases scientifiques douteuses minimisant les données sur les risques de malformations congénitales » indique Claire Robinson, co-auteur de l'étude. Elle ajoute dans la tribune suivante que les études de Monsanto, gardées secrètes au nom du secret industriel, pourrait contenir les preuves du potentiel cancérigène de l'herbicide, ce qui soutiendrait les résultats récents de l'étude du Pr. Séralini

Une nouvelle étude montre que le glyphosate, l'ingrédient principale du Roundup, a été autorisé sur des « bases scientifiques douteuses minimisant les données sur les risques de malformations congénitales » indique Claire Robinson, co-auteur de l'étude. Elle ajoute dans la tribune suivante que les études de Monsanto, gardées secrètes au nom du secret industriel, pourrait contenir les preuves du potentiel cancérigène de l'herbicide, ce qui soutiendrait les résultats récents de l'étude du Pr. Séralini.

Tribune de Claire Robinson, journaliste scientifique anglaise, auteur du livre GMO MYTHS AND TRUTHS (téléchargement gratuit) et éditrice pour GMWatch.org

Suite à la publication de l'étude du Professeur Séralini révélant des effets toxiques du maïs NK603 et/ou de l'herbicide Roundup, cinq anciens ministres de l'environnement viennent de lancer un appel à la révision des processus d'évaluation relatifs à la sécurité alimentaire des pesticides et des OGM. Séralini lui-même demandait cette remise à plat des protocoles d'évaluation depuis des années.

En temps que co-auteur d'une nouvelle étude [1] remettant en cause la validité de l'homologation en Europe du glyphosate, l'ingrédient principal du Roundup, je soutiens ces ministres et Séralini dans leur appel. Cette nouvelle étude publiée dans une revue internationale à comité de lecture est la première étude à examiner dans le détail la façon dont le gouvernement allemand et les autorités européennes ont évalué les études portant sur le glyphosate réalisées par les industriels.

"Nos résultats se révèlent inquiétants"

Nous mettons en lumière que les propres études des industriels datant des années 1980 et 1990, incluant celles de Monsanto, montraient déjà à l'époque que le glyphosate provoquait des malformations congénitales chez les animaux de laboratoire. Le signal d'alerte était déjà émis, pour ceux qui voulaient bien l'entendre.

La tâche d'analyser les études des industriels a été attribuée à l'Allemagne car elle était désignée comme membre rapporteur dans l'évaluation du glyphosate, donc responsable de la liaison entre les industries, les autorités européennes, et les états membres durant le processus d'homologation.

Cependant, les autorités Allemandes ont minimisé les résultats relatifs aux malformations congénitales dans leur rapport aux autorités européennes et aux états membres. À cet égard, ils utilisèrent des concepts non scientifiques tels que l'utilisation non pertinente des « normes historiques des animaux témoins » pour faire disparaitre les résultats de malformations congénitales dans le « bruit de fond ». Ils ont même été jusqu'à considérer les malformations congénitales comme des « variations du développement ».

En conséquence, les autorités Allemandes ont établi un niveau de sécurité pour l'exposition au glyphosate qui n'est pas sûr du tout.

L'étude de Séralini montre que des niveaux des milliers de fois plus faibles que ceux considérés comme sûrs par l'UE sont en fait hautement toxiques, provoquant une mort prématurée, une augmentation des tumeurs, et des lésions organiques chez les rats.

L'Allemagne reste le membre rapporteur pour le glyphosate et est en ce moment même en train de le réévaluer pour l'Union Européenne en vue du renouvellement de son homologation prévu en 2015. En octobre, le bureau allemand pour l'évaluation des risques, le BfR, publiait un avis rejetant l'étude de Séralini, s'appuyant sur les études à long terme ne montrant semble-t-il pas de potentiel cancérigène sur des rats et des souris. [2]

Le glyphosate testé seul

Il y a cependant un problème avec ces tests, et le BfR le sait. Ces tests, réalisés par les industriels eux-mêmes et soumis pour le processus d'homologation du glyphosate, sont réalisés avec le glyphosate seul. Or les préparations d'herbicides telles qu'elles sont commercialisées contiennent des ingrédients supplémentaires dont le BfR admet « qu'ils affectent la toxicité ». Les études de l'équipe Séralini et d'autres scientifiques confirment que ces préparations d'herbicides sont beaucoup plus toxiques que le glyphosate seul. [3] [4] [5] [6] Le BfR note « avec intérêt » que l'étude de Séralini est la première étude de toxicologie à long terme portant sur un herbicide dans sa formulation complète.

C'est absurde de la part du BfR d'accepter des études des industriels portant sur le glyphosate seul comme une preuve de sécurité quand en même temps ils se montrent préoccupés par la toxicité des autres ingrédients dans les préparations commerciales.

Toutefois, le BfR remarque des “insuffisances » dans le design de l'étude de Séralini qui les amènent à considérer l'étude comme bonne à jeter à la poubelle.

La réaction du BfR ne me surprend pas. L'Allemagne a défendu la sécurité du glyphosate contre un nombre croissant d'études scientifiques indépendantes, incluant celles de Séralini, qui montrent que les herbicides à base de glyphosate provoquent la mort cellulaire, des problèmes neurologiques, des malformations congénitales, des fausses couches, des perturbations hormonales, et certains types de cancers. Certains de ces effets sont mesurés à des doses faibles et réalistes.

L'Allemagne dit aujourd'hui que les tests des industriels sur le glyphosate montrent qu'il ne provoque pas de cancer. Le problème est qu'ils ne montrent pas ça du tout.

Des études protégées par le "secret commercial"

Nous ne pouvons pas contrôler les études des industriels nous-mêmes, car elles sont gardées secrètes sous couvert d'une « confidentialité commerciale » entre les industriels et les autorités. Des tentatives par le Pesticide Action Network Europe pour les forcer à publier leurs données brutes à travers les gouvernements Néerlandais et Allemands et la Commission Européenne se sont heurtées à un « non ».

Tout ce qui est dans le domaine public est le rapport des autorités Allemandes sur les études des industriels, que nous avons analysés dans notre étude portant sur les malformations congénitales. [7]

En fait, les études résumées dans le rapport Allemand montrent que le traitement par le glyphosate, incluant les plus faibles doses testées, augmente l'incidence des tumeurs. Pourtant, l'Allemagne a rejeté ces résultats du fait que les tumeurs n'augmentaient pas en ligne droite, de façon proportionnelle à la dose (réponse linéaire à la dose)

Ce raisonnement est incorrect, basé sur des concepts scientifiques dépassés. Des scientifiques ont publié des articles dès les années 1990 montrant que pour certains composés, l'effet toxique ne peut pas être considéré comme une ligne droite qui s'allonge au fur et à mesure que la dose augmente (du style « pente de ski »). Au lieu de cela, certains composés ont un effet important à des faibles doses et un effet moindre à des doses élevées. D'autres étranges et étonnantes courbes « dose réponse » peuvent prendre la forme d'un « U » ou même d'une chaine de montagne. Ces courbes de réponses non linéaires à la dose sont retrouvées avec des substances qui perturbent le système hormonal. [8] [9]

Pas de relation dose/effet

L'étude de Séralini confirme que les effets toxiques du Roundup ne sont pas linéaires à la dose. Robin Mesnage, un des co-auteurs de l'étude de Séralini, a commenté l'interprétation par l'Allemagne des études des industriels « Je suis très préoccupé par les données de ces tests sur la cancérogenèse du glyphosate. De nombreuses études rapportent une augmentation de l'incidence des tumeurs et l'Allemagne les rejettent car l'effet n'est pas linéaire à la dose. »

« Les hormones ont des effets qui sont par nature non-linéaires à la dose. C'est le cas pour les tumeurs mammaires observés avec le Roundup. Les agences évaluant les pesticides continuent de considérer à tort que tous les effets toxiques doivent répondre à l'hypothèse de linéarité à la dose. »

La question des effets cancérigènes causés par le Roundup reste ouverte. Ce qui est maintenant clair c'est que les tests à long terme doivent être menés pour tous les pesticides tels qu'ils sont commercialisés et utilisés, ainsi que pour les OGM. En attendant, les données brutes des tests réalisés par les industriels sur lesquels sont basés les autorisations des OGM et des pesticides doivent être rendus publics sur internet.

Par Claire Robinson, Earth Open Source, le 22 novembre 2012


[1] Antoniou M, Habib MEM, Howard CV, Jennings RC, Leifert C, Nodari RO, Robinson CJ, Fagan J (2012) Teratogenic Effects of Glyphosate-Based Herbicides : Divergence of Regulatory Decisions from Scientific Evidence. J Environ Anal Toxicol S4:006. doi:10.4172/2161-0525.S4-006 http://www.omicsonline.org/ArchiveJEAT/SpecialissueJEAT-S4.php Note : This study, published online on 7 November 2012, includes material previously published as : Antoniou, M., M. Habib, et al. (2011). Roundup and birth defects : Is the public being kept in the dark ?, Earth Open Source. http://bit.ly/IP2FWH The new study has been updated with new research. This includes a re-evaluation of findings by Rull et al (2004, 2006) that found a modest association between exposure to Roundup and neural tube defects, a type of birth defect ; and Argentine research showing an association between birth defects and pesticide exposure in an area of intensive cultivation of GM soy, confirming long-standing reports by residents and doctors.

[2] BfR (Germany) (2012) A study of the University of Caen neither constitutes a reason for a re-evaluation of genetically modified NK603 maize nor does it affect the renewal of the glyphosate approval. 1 October. http://bit.ly/Sz6lRI

[3] Dallegrave, E., F. D. G. Mantese, et al. (2002). Acute oral toxicity of glyphosate in Wistar rats.Online J VetRes1 : 29–36.

[4] Richard, S., S. Moslemi, et al. (2005). Differential effects of glyphosate and roundup on human placental cells and aromatase. Environ Health Perspect113(6) : 716-720.

[5] Mesnage, R., B. Bernay, et al. (2012). Ethoxylated adjuvants of glyphosate-based herbicides are active principles of human cell toxicity.Toxicology.

[6] Koller, V. J., M. Furhacker, et al. (2012).Cytotoxic and DNA-damaging properties of glyphosate and Roundup in human-derived buccal epithelial cells. Arch Toxicol86 : 805–813.

[7] Rapporteur member state Germany (1998). Monograph on glyphosate, German Federal Agency for Consumer Protection and Food Safety (BVL). Vol 3-1 Glyphosat . http://earthopensource.org/files/pdfs/Roundup-and-birth-defects/VOLUME3-1_GLYPHOSAT_04.PDF

[8] Vandenberg, L. N., T. Colborn, et al. (2012). Hormones and endocrine-disrupting chemicals : Low-dose effects and nonmonotonic dose responses.Endocr Rev.

[9] Fagin, D. (2012). Toxicology : The learning curve. NATURE 490 : 462-465.

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OGM : la guerre secrète pour décrédibiliser l'étude Séralini par superadmin Jeudi 22 Novembre 2012 :: Combat Monsanto :: RSS

Dans l'affaire des OGM et du Roundup potentiellement « cancérigènes », une dernière bataille de se joue à huis-clos pour réclamer la rétractation de la revue Food & Chemicals Toxicology (FCT) ayant publié l'étude controversée du Pr. Séralini. En réponse, la revue scientifique publiait la réponse de l'équipe Séralini à une vingtaine de lettres de détracteurs.

Pour enterrer définitivement l'étude controversée du professeur Gilles-Eric Séralini tendant à démontrer la nocivité potentielle d'un maïs OGM et de l'herbicide Roundup,ses détracteurs ont trouvé un moyen simple : obtenir de la très sérieuse revue Food and Chemical Toxicology (FCT) qui l'a publiée, qu'elle se rétracte et « retire » l'étude de la liste de ses publications.

C'est à quoi s'emploient de nombreux experts, dans une bataille qui ressemble à une opération savamment orchestrée. Une véritable guerre de relations publiques où tous les coups sont permis.

La revue scientifique a publié en ligne une vingtaine de lettres de détracteurs ainsi qu'une « réponse aux critiques » rédigée par l'équipe Séralini. Débat scientifique légitime, me diriez-vous ? Pourtant, derrière la cohorte des titres universitaires affichés, se dessine une « biotech-sphère » où s'entremêlent chercheurs en biotechnologie, spécialistes en politique de régulation et représentants de l'industrie.

La tactique de ces partisans de la biotechnologie ? Dénoncer la « mauvaise science » (« junk science ») de ces « chercheurs-militants » systématiquement présentés comme des « activistes liés à la cause écologiste » et « animés d'intérêts personnels ».

Un réseau international

L'une des premières lettres publiées est collective. Elle est signée par 26 personnes, pour la plupart des scientifiques, dont le détracteur national de Séralini : Marc Fellous de l'Association française pour les biotechnologie végétale (AFBV).

L'AFBV est également derrière le communiqué vengeur des Académies [PDF] dénonçant l'« orchestration de la réputation d'un scientifique […] pour répandre des peurs » ou insistant sur le profil « militant » de Gilles-Eric Séralini.

Après enquête, nombre des co-signataires, aux côtés de Marc Fellous, sont liés au groupe pro-OGM Agricultural biotechnology world (AgBioWorld) animé par le généticien C.S Prakash, lui-même signataire de la lettre collective.

Prakash et son organisation sont également les auteurs de deux pétitions (la première recueille 57 signatures ; la seconde 731) pour réclamer « la diffusion des données brutes » de Gille-Eric Séralini. Etonnamment, les premières signatures de chaque pétition correspondent aux mandataires de lettres envoyées à la revue FCT. Par ailleurs, de nombreux signataires anonymes profitent de ces pétitions en ligne pour écorner la réputation du Pr. Séralini.

Campagnes virales et diffamation

En 2002, le quotidien britannique The Guardian révélait qu'AgBioWorld avait joué un rôle majeur dans une « campagne virale » de diffamation contre le lanceur d'alerte Ignacio Chapela après qu'il eut découvert la pollution génétique du maïs mexicain par des OGM.

L'enquête indique que le site de l'association était hébergé par le cabinet de communication Bivings, mandaté par Monsanto et dirigé par un certain Jay Byrne. Celui-ci utilisait de fausses identités (« Mary Murphy et Andura Smetacek ») pour parler au nom « de la communauté scientifique » et insister sur les liens de Chapela avec les écologistes, assimilés à des « terroristes » et des « vandales ».

La société Bivings a été dissoute en décembre 2011 suite à une cyber-attaque des Anonymous dans la cadre de l'opération « End Monsanto ». Mais Byrne a depuis repris ses quartiers à Saint Louis (Illinois, USA), où siège Monsanto, avec sa nouvelle société V-fluence.

C'est le même type de stratégie de diffamation que suit Henry Miller, signataire du courrier collectif à FCT, référent « régulation sanitaire » d'AgBioWorld et membre du think-tank néoconservateur Hoover Institution.

Dans une série d'articles publiée par Forbes, il qualifie l'étude Séralini de « frauduleuse » et dénonce les « profiteurs de peur » issus d'une « industrie de la protestation financée par les intérêts du bio ».

Or, cette tribune au vitriol est cosignée... par Jay Byrne. Le magazine a dû révéler a-posteriori son CV de responsable de la communication virale pour Monsanto (1997-2001).

Le CV de Henry Miller est tout aussi intéressant puisqu'il s'agit du « père fondateur » (1989-1994) de la réglementation des OGM au sein de l'Agence fédérale américaine des produits alimentaires et médicamenteux (Food and drug administration). Il est l'architecte, avec l'ancien avocat de Monsanto Michael Taylor, du fameux « principe d'équivalence en substance », la pierre angulaire de la réglementation des OGM dans le monde entier.

Des conflits d'intérêts masqués

Autre tactique saisissante parmi les détracteurs de Séralini : dissimuler leur lien avec l'industrie en se présentant systématiquement comme des scientifiques rattachés à des universités ou des centres de recherche. Il en va ainsi pour Anthony Trewavas et Bruce Chassy, référents « biologie » et « OGM » d'AgBioWorld. Tous deux auteurs de courriers réclamant la rétractation de Food and Chemical Toxicilogy.

Se présentant comme professeur émérite en sécurité alimentaire à l'université de l'Illinois, Chassy est un lobbyiste ayant participé à la rédaction de travaux pour Dow Chemicals, autre géant des biotech, afin de simplifier, voir supprimer, les réglementations sanitaires sur les OGM. Il est également le directeur de publication, avec un salarié de Monsanto, de deux rapports d'orientation (2004, PDF ; 2008, PDF) sur la réglementation des OGM pour l'International life science institute (ILSI), le principal lobby sur les questions de réglementation sanitaire touchant à l'agroalimentaire.

A noter que deux dirigeants du panel OGM de l'Agence européenne de sécurité alimentaire (EFSA), Harry Kuiper, qui l'a dirigé pendant près de dix ans (2003-2012) et Gijs Kleter, son actuel vice-président, ont travaillé sur ces documents stratégiques de l'ILSI sous la direction de Chassy.

Par ailleurs, si trois auteurs de lettres spécifient ouvertement leur lien contractuel avec Monsanto, le Dr. Andrew Cockburn se présente modestement comme « toxicologiste à l'université de Newcastle ». Pourtant, jusqu'en 2003, M. Cockburn était Directeur Scientifique pour Monsanto Europe/Afrique avant de monter sa société de lobbying Toxico-Logical Consulting Ltd...

Et puisque ce monde est petit, le Dr. Cockburn est également directeur du Groupe d'Experts de l'ILSI sur l'évaluation des aliments contenant des nano-matériaux...

Un lobby à 13 milliards de dollars

La litanie des conflits d'intérêts et autres positionnements pro-biotech de la cinquantaine de détracteurs publics de l'étude Séralini pourrait se poursuivre sur des pages. On croise des représentants de syndicats indiens de promotion des biotechnologie, d'autres souhaitant stopper la faim dans le monde avec une ration d'OGM, ou encore des spécialistes de la communication pro-OGM (David Tribe) et autres lobbyistes travaillant entre São Paulo (Lucia de Souza), Washington et Bruxelles, le triangle d'or des OGM...

Un monde clos qui réagit de façon épidermique à l'étude Séralini, celle-ci menaçant la stratégie commerciale bien huilée d'une industrie des semences OGM engrangeant 13 milliards de dollars en 2011. Face au poids de ce lobby, déterminé à enterrer toute voix discordante, la revue Food and Chemicals Toxicology pourra-t-elle résister ?

Source : De l'intérêt du conflit, blog Rue89, novembre 2012

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Deux agriculteurs américains témoignent des méfaits des OGM par superadmin Mercredi 7 Novembre 2012 :: Combat Monsanto :: RSS

« Les OGM détruiront votre modèle d'agriculture familiale s'ils sont adoptés ! »

C'est en substance le message que sont venus porter en France deux agriculteurs américains « repentis » des OGM. L'un, Wes Shoemyer, petite barbichette, grand sourire et chevalière frappée d'un symbole franc-maçon, dirige une exploitation de 1 200 hectares dans le Missouri, l'Etat abritant le siège de Monsanto. Elu démocrate au sénat du Missouri, il est en lutte contre « l'accaparement monopolistique de l'agriculture par une poignée de firmes ». A ses cotés, Wendel Lutz, la cinquantaine débonnaire du typique « mid-west farmer », l'air tragique en plus de l'homme en résistance.

Ils ont été invités à témoigner par Greenpeace afin de raconter « leur réalité ».

Solidement installé au fond de sa chaise, Wes Shoemyer raconte : « Avant l'introduction des OGM, nous utilisions déjà l'herbicide Roundup pour brûler les mauvaises herbes, c'était miraculeux ! Entre 1996 et 2001, au moins 80% des agriculteurs ont adopté ce système des OGM. »

L'élu reproche aujourd'hui à Monsanto d'avoir mis en place une stratégie de capture du marché avec des prix attrayants, en particulier sur le Roundup, pour ensuite organiser l'envolée des prix.

Il est inquiet de voir « les agriculteurs payer de plus en plus cher, non plus pour financer la recherche ou améliorer leur production, mais pour s'acquitter d'un brevet contrôlé par une seule compagnie ».

Aux États-Unis, la technologie brevetée Roundup Ready de Monsanto est présente dans 94% des variétés de soja génétiquement modifié et 70% du maïs génétiquement modifié d'après le ministère de l'Agriculture.

Des mauvaises herbes résistantes au Roundup

Aux Etats-Unis, entre 2000 et 2011, la consommation annuelle de glyphosate, la substance active du Roundup est passée dans les champs de maïs de 1,8 million à 30 millions de tonnes dues à l'expansion massive des OGM. Une explosion de la consommation qui s'explique également par l'augmentation des doses pour tenter de contrôler certaines mauvaises herbes devenues tolérantes au Roundup, découvertes pour la première fois en 2000 dans le Delaware.

Une mauvaise surprise dure à digérer pour Wendel Lutz : « C'est en 2011, que j'ai observé les premiers plants d'amarantes rugueuses résistants au glyphosate se développer dans mes champs. C'est injuste qu'après seulement cinq ans d'exploitation des OGM mes champs aient été envahis, c'est à ce moment que j'ai décidé d'arrêter et d'alerter mes collègues ! »

Au moins 5 millions d'hectares de cultures, d'après l'industrie, seraient contaminés par ces « super adventices », capables de résister à plusieurs classes d'herbicides. L'organisation internationale chargée de leur contrôle (ISHRW), financée par les producteurs de pesticides, a déjà recensé 23 espèces sauvages résistantes, un chiffre sous-estimé selon d'autres experts.

La fuite en avant vers toujours plus de pesticides

Wendel raconte : « Certains de mes voisins qui ont le même problème préfèrent continuer en augmentant les doses ou en cumulant plusieurs molécules. C'est une fuite en avant avec le risque qu'à terme la plupart des mauvaises herbes deviennent résistantes à tous les herbicides. »

Une tendance que suit l'industrie. Sur 20 nouveaux OGM en cours d'évaluation auprès de la FDA, l'agence de régulation sanitaire américaine, 13 sont élaborés pour résister à de multiples herbicides. La firme Dow pense répondre à ce fléau en réintroduisant d'anciens herbicides comme le Dicamba ou le 2-4 D, ayant servi dans la composition de l'agent orange lors de la guerre du Vietnam et auquel des résistances de plantes sauvages ont déjà été observées.

Un retour aux semences conventionnelles ?

Pour Wes, il est encore possible d'agir : « Il faudrait revenir en arrière, vers des semences conventionnelles ; certaines compagnies en ont fait une spécialité. Malheureusement, il y a une vraie dépendance des agriculteurs vis-à-vis de ces technologies que les compagnies ont intérêt à entretenir et cela au détriment des bonnes pratiques culturales. »

Pour Wendel il faudrait « une impulsion économique, une plus grande demande pour du non-OGM, pour voir un changement d'orientation » dont l'étiquetage des OGM, actuellement en débat, pourrait être le socle.

En guise d'avertissement final, Wes Shoemyer lance : « Si la France ou l'Union européenne adoptaient les OGM, cela aurait un impact majeur sur les campagnes. Si vous voulez de grandes fermes en monoculture, si vous souhaitez vider les zones rurales de leurs habitants, alors vous adoptez le modèle OGM. C'est cela l'expérience américaine : une agriculture sans agriculteur contrôlée par des entreprises multinationales ! »

Source : Rue89, le 3 novembre 2012

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Les cultures tolérantes au glyphosate dans l'Union européenne par superadmin Mercredi 7 Novembre 2012 :: Combat Monsanto :: RSS

Résumé de l'étude réalisée par le Dr C. Benbrook Greenpeace – octobre 2012

Greenpeace International a chargé le Dr Charles Benbrook, spécialiste en économie appliquée au secteur agricole, de réaliser une étude sur les conséquences qu'entraînerait l'autorisation, en Europe, de la mise en culture de maïs, de soja et de betteraves sucrières génétiquement modifiés pour résister aux herbicides.

Cette étude, la première du genre, se base sur l'expérience des agriculteurs aux États-Unis et prend comme exemple des plantes transgéniques résistantes au glyphosate, commercialisées sous l'appellation Roundup Ready (RR). Le colza, l'une des principales plantes cultivées en Europe, n'a pas été pris en compte car il n'a pas fait l'objet d'une demande d'autorisation de mise en culture auprès de l'Union européenne (il existe toutefois des variétés de colza manipulées pour résister aux herbicides).

Les répercussions pour les agriculteurs sont également analysées, notamment l'augmentation des prix des semences et la prolifération des mauvaises herbes résistantes aux herbicides.

PDF - 322.8 ko
Synthèse française du rapport Greenpeace BenBrook

Le présent document résume les principaux résultats de l'étude, qui est disponible dans son intégralité en anglais sur : http://www.greenpeace.org/international/en/campaigns/agriculture/

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Séralini : « Qu'on décortique les études de Monsanto comme les miennes » par superadmin Mardi 23 Octobre 2012 :: Combat Monsanto :: RSS

Le Pr Gilles-Eric Séralini, auteur d'une étude controversée sur un maïs OGM, a demandé lundi que les études de Monsanto qui ont servi à autoriser des OGM soient publiées et « décortiquées » comme les siennes, lors d'une conférence de presse à Caen (Calvados), après les avis négatifs des autorités sanitaires sur son travail.

« Je n'empêche personne de refaire mon expérience » « Je n'empêche personne de refaire mon expérience »

« Là on comprendra que les études qu'ils ont faites sont carrément insuffisantes avec une puissance statistique qui, je vous le promets, sera encore inférieure à la nôtre. Il ne faut pas prendre la santé des enfants en otage », a-t-il déclaré.

« Les études de Monsanto qui ont permis des mises sur le marché sont gardées secrètes tandis que les nôtres, on les décortique jusqu'à la mœlle. Moi, mes tests, pour l'instant, n'ont servi ni à l'autorisation ni à l'interdiction des produits, rappelle l'universitaire. Qu'on arrête un peu de rigoler aujourd'hui et qu'on sorte des tiroirs les produits et les façons dont ils ont été évalués. Qu'on arrête de jouer à cache cache ».

Le Pr Séralini maintient avoir prouvé la toxicité du maïs NK 603 dans son étude controversée parue dans une revue scientifique internationale le 19 septembre.

Il affirme être « soutenu par plus de 160 scientifiques dans le monde »

Il a à nouveau plaidé pour l'interdiction du maïs NK 603, qui ne représente qu'une petite partie des importations OGM. Il a reconnu qu'une interdiction immédiate de tous les OGM poserait « une difficulté économique » dans la mesure où une majorité du bétail européen est nourri avec du soja transgénique.

L'agence de sécurité sanitaire (Anses) a réfuté lundi l'étude controversée du Pr Séralini sur un maïs transgénique, soulignant les « faiblesses » de ces travaux, tout en appelant à engager des études sur les effets à long terme de la consommation d'OGM associés à des pesticides. Un point de vue que M. Séralini a jugé « schizophrénique ». Le chercheur français a en outre affirmé qu'il avait « le soutien de plus de 160 scientifiques dans le monde » qui ont écrit à son éditeur scientifique.

Source : Le Parisien, 22 octobre 2012

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OGM : le gouvernement veut la remise à plat du dispositif européen par superadmin Mardi 23 Octobre 2012 :: Combat Monsanto :: RSS

Le gouvernement français a plaidé lundi 22 octobre 2012 pour une "remise à plat du dispositif européen d'évaluation, d'autorisation et de contrôle des OGM et des pesticides", et va chercher à renforcer les études sur les effets à long terme de la consommation d'OGM associés à des pesticides.

Le gouvernement français a plaidé lundi pour une "remise à plat du dispositif européen d'évaluation, d'autorisation et de contrôle des OGM et des pesticides", et va chercher à renforcer les études sur les effets à long terme de la consommation d'OGM associés à des pesticides.

"Le Premier ministre a demandé au ministre de l'Agriculture, à la ministre de l'Ecologie et au ministre délégué chargé de la Consommation de porter au niveau européen la demande du gouvernement d'une remise à plat du dispositif communautaire d'évaluation, d'autorisation et de contrôle des OGM et des pesticides", a annoncé lundi le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, dans un communiqué.

Il relève cependant que deux instances de contrôle, l'Agence Nationale de Sécurité Sanitaire (Anses) et le Haut Conseil des Biotechnologies (HCB), ont estimé lundi que l'étude française du Pr Séralini sur le maïs transgénique NK603 et l'herbicide Roundup "n'est pas de nature à remettre en cause les précédentes évaluations".

"Sur cette base, il n'y a donc pas lieu de revenir sur les autorisations accordées au maïs NK603 et à l'herbicide Roundup", poursuit-il.

En revanche, "le gouvernement retient la proposition formulée par l'Anses de renforcer les études sur les effets à long terme de la consommation des OGM et des pesticides".

"Dans ce contexte, la détermination du gouvernement pour maintenir le moratoire en France des OGM autorisés à la culture dans l'Union Européenne est réaffirmée".

"Il y aura sûrement nécessité de refaire des études (de long terme), mais surtout, à l'échelle de l'Europe, c'est l'ensemble des critères juridiques qui doivent être revus pour que ces études soient menées de manière différente, et faire en sorte qu'on ait un cadre législatif de contrôle et d'autorisation qui soit modifié", a précisé M. Le Foll lors d'un point de presse à Luxembourg.

C'est pourquoi, "à partir d'aujourd'hui, nous allons prendre les contacts nécessaires pour faire bouger les choses à l'échelle de l'Europe sur cette question des protocoles d'autorisation pour les différents OGM", a-t-il souligné, précisément avoir déjà commencé à le faire avec son homologue allemande Ilse Aigner.

Gilles-Eric Séralini, un biologiste de l'université de Caen, dans l'ouest de la France, estime que ses travaux, d'une durée inhabituelle de deux ans, ont montré un risque accru de tumeurs mammaires et d'atteintes hépato-rénales pour les rats nourris avec le maïs NK603 de la firme Monsanto, associé ou pas au Roundup.

Le fait que l'ANSES et le HCB, saisis par la France, n'aient pas jugé l'étude du professeur Seralini concluante ne change rien à la position de la France, qui pose notamment la question des durées des tests, aujourd'hui limitées à 90 jours, a estimé M. Le Foll. "Il faut qu'on revoie l'ensemble des protocoles pour faire évoluer la législation européenne", a-t-il martelé.

Paris souhaite également clarifier à l'échelle européenne les bases juridiques que pourront invoquer les Etats souhaitant interdire sur leur sol la culture d'OGM autorisés à l'échelle européenne.

"Il y a besoin d'avoir un travail sur les bases juridiques nécessaires pour que chaque état puisse prendre des décisions en fonction de choix qui doivent s'appuyer sur des critères juridiques objectifs", a-t-il jugé.

La France avait déclenchée une clause de sauvegarde suspendant la culture du maïs transgénique sur son sol en 2008. Cette clause, invalidée en septembre 2011 par la Cour européenne de justice, a été représentée au printemps 2012.

Source : Libération, 22 octobre 2012

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OGM et pesticides : il faut des recherches sur les effets à long terme par superadmin Mardi 23 Octobre 2012 :: Combat Monsanto :: RSS

Un mois après la publication de l'étude Séralini qui a fait scandale sur les OGM, l'Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) a rendu ses conclusions ce lundi 22 octobre. L'absence d'une évaluation des risques sur le long terme et des effets cocktail est pointée par l'agence...

Un mois après la publication de l'étude Séralini qui a fait scandale sur les OGM, l'Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) a rendu ses conclusions ce lundi 22 octobre. Le président de l'agence, Marc Motureux, a estimé :

« Au delà du plan méthodologique, il y a une faiblesse centrale quant à des conclusions insuffisamment soutenues par les résultats des expériences »

Si l'étude portant sur le maïs GM NK603 et le Roundup est qualifiée par l'Anses de statistiquement « non-conclusive », c'est qu'elle ne permet pas une analyse statistique suffisamment précise pour aboutir à une conclusion garantissant un taux de probabilité supérieur à 95%, a précisé Jean-Pierre Cravedi, le président du Groupe d'expertise d'urgence en charge du dossier pour l'Anses.

Cette insuffisance dans la puissance statistique s'explique par le nombre de rats par groupe, a-t-il ajouté :

« Ces rats ayant une tendance naturelle à développer des tumeurs, il aurait fallu des groupes d'au moins cent rongeurs pour confirmer des variations significatives. »

L'étude Séralini comptait vingt groupes de dix cobayes, la moyenne des tests industriels. Dans les conditions demandées par l'ANSES, il en faudrait des milliers, soit une expérimentation d'une ampleur jamais vue.

« Engager des recherches sur la question des effets à long terme »

Dans un effort de diplomatie notable, l'Agence a reconnu :

« L'originalité de cette étude est qu'elle aborde un sujet jusqu'ici peu étudié : celui des effets à long terme des OGM associés aux préparations phytopharmaceutiques. »

L'Agence note effectivement que seulement deux études sur les effets de long terme des OGM avaient été menées - l'étude de Malatesta, membre de l'équipe Séralini, et celle du Japonais Sakamato.

D'où la nécessité, selon elle, d'« engager des recherches sur la question des effets à long terme » sur la base de « financements publics ». Il est étonnant de voir que l'agence veut « renforcer les exigences » sur l'évaluation des OGM, alors que ceux-ci sont commercialisés depuis plus de quinze ans.

Lorsqu'il est questionné sur ce décalage entre le faible niveau de connaissances disponibles et une commercialisation de longue date, Marc Motureux répond, quelque peu embarrassé :

« On est sur une technologie en développement. Au fil du temps, il y a une augmentation du nombre de modifications apportées aux plantes, ce qui implique une vigilance renforcée sur leur évaluation. »

L'enjeu d'une nouvelle réglementation

Le débat actuel sur l'évaluation des OGM en Europe porte sur des plantes de premières générations contenant une ou deux « cassettes génétiques » pour la sécrétion d'insecticides et la tolérance à plusieurs herbicides.

Aux Etats-Unis, pioniers en biotechnologies agricoles, le dernier maïs de Monsanto mis à la culture compte huit traits « empilés », dont deux de résistance aux herbicides pour contrer la tolérance croissante des mauvaises herbes au Roundup.

Cependant, l'autorisation individuelle de chaque « cassette génétique » reste un enjeu majeur au regard du dispositif américain sur lequel s'appuie l'Europe pour ses propres autorisations. Outre-Atlantique, l'évaluation de ces plantes génétiquement modifiées multi-traits repose en effet sur les autorisations précédemment obtenues pour des « événements » à trait unique, les empilements n'étant pas soumis à vérification.

Une facilité réglementaire basée sur le « principe d'équivalence en substance » évite de réaliser de nouveaux tests pour chaque combinaison, et écarte hors du champ d'investigation les éventuels « effets cocktail » de ces molécules combinées.

« Mettre en place une redevance industrielle »

Ce point est mis en avant par l'Anses, qui note également la nécessité de prendre en compte les « formulations complètes » des pesticides en incluant leurs « substances actives et les co-formulants ». L'agence reconnaît que « les effets cocktail sont insuffisamment documentés », et réclame d'avantage de ressources afin de « réaliser des recherche d'envergure avec de meilleurs protocoles ».

Pour François Veillerette, président de Générations Futures et auditionné par l'ANSES :

« L'étude Séralini a permis de remettre sur le haut de la pile le dossier de l'évaluation insuffisante des OGM et des pesticides.

Il faut mettre en place une redevance industrielle pour financer l'ensemble de ces tests et également permettre une étude approfondie des effets cocktail. Ce sont les producteurs de risques qui doivent en être les payeurs. »

Source : De l'intérêt du Conflit, Rue89, 22 octobre 2012

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OGM : Il a montré leur toxicité, il doit être exécuté par superadmin Mardi 23 Octobre 2012 :: Combat Monsanto :: RSS

L'étude de Gilles-Eric Séralini et de son équipe de l'Université de Caen sur le maïs génétiquement modifié NK603 et l'herbicide Roundup, publiée le 19 septembre dernier dans l'excellente revue internationale Food & Chemical Toxicology1, a provoqué un tollé mondial. Il s'agit de l'étude toxicologique la plus longue et la plus complète jamais réalisée au monde sur un organisme génétiquement modifié (OGM) et un herbicide sous sa formulation commerciale : elle a été effectuée sur 200 rats (100 mâles et 100 femelles) pendant deux ans (c'est-à-dire tout au long de leur vie) avec plus de 100 paramètres analysés sur chacun d'eux.

Pour bien comprendre ce qui a conduit G.E. Séralini (GES) et son équipe, soutenus par le CRIIGEN2 (Comité de recherche et d'information indépendante sur le génie génétique) — dont GES est l'un des fondateurs et le président de son conseil scientifique — à entreprendre une telle étude, et l'acharnement qu'elle suscite, il est nécessaire de faire un bref historique et quelques rappels afin de replacer un certain nombre d'éléments dans leur contexte. La quasi totalité (99,99%) des OGM agricoles cultivés à la surface de la planète sont des plantes-pesticides. Je rappelle au passage que “pesticide” est le terme générique qui englobe les insecticides (qui tuent les insectes), les fongicides (qui tuent les champignons), les herbicides (qui tuent les herbes, les plantes), etc. Et une plante-pesticide est une plante qui accumule dans ses cellules un ou plusieurs pesticides, indépendamment de leur nature. Comment ?

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Article C. Vélot
Article de Christian Vélot pour Attac, 19 octobre 2012
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OGM : comment une étude bidonnée par Monsanto a été validée par les autorités sanitaires par superadmin Mardi 23 Octobre 2012 :: Combat Monsanto :: RSS

La recherche scientifique menée par Gilles-Eric Séralini sur un OGM de Monsanto a été violemment critiquée dans sa méthodologie. Mais qu'en est-il des tests menés par les firmes elles-mêmes ? Un rapport montre les dissimulations et extrapolations bien peu scientifiques qui accompagnent l'évaluation du seul OGM autorisé à la culture en Europe, le Mon810. Des extrapolations reprises à leur compte sans vérification par les autorités sanitaires européennes.

La recherche scientifique menée par Gilles-Eric Séralini sur un OGM de Monsanto a été violemment critiquée dans sa méthodologie. Mais qu'en est-il des tests menés par les firmes elles-mêmes ? Un rapport montre les dissimulations et extrapolations bien peu scientifiques qui accompagnent l'évaluation du seul OGM autorisé à la culture en Europe, le Mon810. Des extrapolations reprises à leur compte sans vérification par les autorités sanitaires européennes.

Avant d'être commercialisés, les OGM sont-ils vraiment évalués avec la plus grande rigueur scientifique, comme leurs promoteurs le prétendent ? Toute entreprise sollicitant une autorisation de mise sur le marché de son OGM doit produire une évaluation censée démontrée que sa semence transgénique est inoffensive. Ces analyses sont réalisées par des laboratoires que les entreprises de biotechnologie rémunèrent directement.

Les autorités sanitaires qui étudient ensuite le dossier, comme l'Agence européenne de sécurité des aliments (EFSA [1]), ne disposent ni de temps ni de crédits pour pratiquer leurs propres analyses. Elles se contentent donc de lire le dossier de l'entreprise et la littérature scientifique sur le sujet. D'un côté, la firme est juge et partie. De l'autre, des instances d'évaluation placent dans cette firme une confiance quasi absolue.

Que doivent évaluer les experts ? Que l'OGM ne diffère pas d'une semence non transgénique dont l'utilisation commerciale a déjà été jugée sans risque. La firme va donc chercher à démontrer « l'équivalence en substance » : comparer les composants d'une plante transgénique (nutriments, protéines, glucides...) avec des plantes conventionnelles. Si les écarts enregistrés correspondent à des écarts connus entre variétés de la même espèce, la plante transgénique est considérée comme étant équivalente en substance, donc a priori inoffensive. L'évaluation se fait en deux étapes : une analyse comparative pour identifier des différences avec la plante non modifiée génétiquement, et une évaluation des impacts nutritionnels, sanitaires et environnementaux de ces différences.

Le Mon810 « aussi sûr » qu'un grain de maïs conventionnel ?

Concernant son maïs Mon810, Monsanto a affirmé en 2007 : « Comme il a été démontré dans ce dossier de renouvellement d'autorisation, Mon810 est équivalent à un maïs conventionnel à l'exception de sa protection contre certains papillons parasites ». Son OGM serait donc comparable à un banal grain de maïs « naturel ». Une affirmation « d'équivalence » que les autorités sanitaires européennes reprennent à leur compte : « Le maïs Mon810 est aussi sûr que ses équivalents conventionnels au regard de ses effets potentiels », conclut l'EFSA en 2009. Une conclusion pour le moins hâtive...

Problème : sur quels éléments démontrés scientifiquement repose cette affirmation ? Lorsque l'on teste la toxicité d'un produit, on extrait deux échantillons de rats d'une certaine lignée, et on regarde s'il est statistiquement raisonnable de penser que l'échantillon « essai » a été modifié par l'OGM par rapport à l'échantillon « témoin ». « Si quelque chose est vu (ici, une différence), cela existe. Si ce n'est pas vu, cela ne veut pas dire que ça n'existe pas, mais juste que, dans les conditions de l'expérience, on ne l'a pas vu », explique le biologiste Frédéric Jacquemart, président d'Inf'Ogm, une veille citoyenne d'information sur les OGM. Une absence de preuve n'est pas une preuve d'absence.

Des extrapolations pas très scientifiques

Affirmer que « le maïs Mon810 est aussi sûr que ses équivalents conventionnels » est donc une extrapolation sans preuves irréfutables. D'autant qu'aucun test d'équivalence n'a en fait été réalisé ! Un tel test nécessite des protocoles assez lourds à mettre en œuvre, avec un nombre de cobayes élevés, pour prouver l'innocuité du produit. Si le test ne s'appuie que sur un faible nombre de cobayes (des rats en l'occurrence), il s'agit en fait d'un test « de différence », visant à établir que sur tel ou tel aspect, l'OGM ne semble pas produire des effets différents qu'une banale graine. Mais cela ne prouve pas l'innocuité de l'OGM.

Alors que le Mon810 est aujourd'hui cultivé en Europe, l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a reconnu que 80 % des effets constatés lors des tests n'étaient pas significatifs ! Affirmer que le Mon810 est « aussi sûr » que les autres maïs est donc, au mieux, une extrapolation sans fondements, au pire, mensonger. Aucun effet toxique ne peut en fait être exclu. Cette extrapolation des résultats, qui rend un OGM équivalent à une autre semence, est sévèrement jugée par le biologiste Frédéric Jacquemart : « Lorsque deux populations sont comparées, les tests statistiques ne peuvent faire qu'une chose : réfuter, au risque statistique choisi près, une hypothèse ». On peut donc réfuter un risque précis, mais en aucun cas affirmer une absence totale de risques.

Dissimulations et conclusions hâtives

Dans son rapport intitulé « Expertise des OGM, l'évaluation tourne le dos à la science », l'association Inf'Ogm a ainsi pris le parti d'éplucher le dossier du Mon810. L'association dénonce une série considérable de dissimulations scientifiques dans l'étude de ce maïs insecticide. A commencer par l'entorse à une règle de base en méthodologie scientifique : trier les données pour les présenter de manière « avantageuse » plutôt que de les soumettre telles quelles.

Dans le dossier de sa demande d'autorisation du Mon810, Monsanto fournit toute une littérature scientifique analysant différentes variétés et cultures de maïs (dont des analyses souvent anciennes, remontant avant 1982, dont la méthodologie est aujourd'hui dépassée). Si Monsanto ne constate pas de différence significative avec son OGM cultivé aujourd'hui, la firme estime que tout va bien. En revanche, lorsque des différences sont observées, elles sont présentées comme « non biologiquement significatives » ou « sans valeur informative » ! La comparaison n'est utilisée que lorsqu'elle sert les intérêts de Monsanto et permet de conclure à une composition similaire entre un maïs OGM et une plante témoin non génétiquement modifiée.

Quand « similaire » devient « identique »

« En se basant sur ces données, nous avons conclu que les grains du Mon810 et ceux du contrôle sont de composition similaires et sont représentatifs des grains de maïs actuellement sur le marché », assure la firme. Par dérive sémantique « similaire » devient ensuite « de composition équivalente », puis... « identique » ! Finalement, « on peut conclure que le Mon810 est aussi sain et nutritif que le maïs conventionnel »... Une conclusion qui excède de toute évidence la portée des données. « Si l'on ne prend en compte que les données qui soutiennent la conclusion souhaitée et qu'on néglige les autres, on aboutira fatalement à ce que l'on a envie de montrer », rappelle Inf'OGM. Si cette pratique est scientifiquement irrecevable, Monsanto semble particulièrement adepte de cet exercice.

« Tout cela est validé par l'[EFSA] sans que cela ne fasse tousser personne », déplore Frédéric Jacquemart. Malgré des extrapolations non étayées, une faiblesse des tests, un tri des données, les conclusions de Monsanto quant à l'innocuité de son maïs Mon810 ont été reprises par des experts qualifiés d'agences officielles, censées être « neutres », comme l'Agence européenne de sécurité des aliments. Les recommandations de cette Agence concernant les méthodes statistiques à utiliser sont pourtant très claires, et parfaitement contradictoires avec les pratiques des firmes dépositaires d'un dossier de demande d'autorisation d'OGM. Le panel OGM de l'EFSA indique notamment que les deux tests, de différence et d'équivalence, doivent être faits. Elle met également en garde contre l'usage de données prises hors de l'expérience elle-même.

Conflits d'intérêts

Comment expliquer le laxisme de l'EFSA sur le dossier Mon810 ? Frédéric Jacquemart y voit une « parfaite mauvaise foi ». Cette Agence, censée être un organisme de contrôle indépendant, a été décriée ces derniers mois après la révélation de plusieurs conflits d'intérêt au sein de la structure. Un rapport de la Cour des Comptes publié le 11 octobre épingle l'EFSA pour sa mauvaise gestion des conflits d'intérêts.

Deux ans plus tôt, l'Observatoire européen des entreprises (CEO) avait déjà apporté les preuves de liens entre plusieurs membres du conseil d'administration de l'EFSA et l'Institut international des sciences de la vie (ILSI, International Life Science Institute), financé par l'industrie agro-alimentaire (lire un précédent article). La présidente de l'EFSA avait été contrainte de démissionner de l'ILSI où elle siégeait comme membre du Conseil des Directeurs.

Cette affaire a révélé la manière dont l'industrie des biotechnologies est parvenue à influencer les décisions de l'agence européenne en plaçant dans ses instances décisionnelles des personnalités scientifiques qui reprennent ses analyses et partagent ses objectifs. C'est pourtant sur la base des avis de l'EFSA que la Commission européenne prend les décisions d'autoriser ou non les OGM...

Expertises : deux poids, deux mesures

Les autres dossiers de demande d'autorisation d'OGM ne vaudraient en général pas mieux. Deux dossiers en cours d'instruction (la pomme de terre Modena et le maïs MIR604) [2] en vue d'autorisations dans l'UE ont fait l'objet d'avis plus que sévères par le Haut Commissariat aux Biotechnologies, souligne Inf'Ogm. Au même moment, l'étude du Professeur Gilles-Eric Séralini sur la toxicité du maïs transgénique NK603 et du Round up était jugée non valable scientifiquement par l'EFSA.

« Alors que l'EFSA vient de réagir dans un délai ridiculement court à la dernière étude de G.-E. Séralini, en prétendant qu'elle n'avait aucune portée, cette agence ferait mieux de faire son travail sérieusement et de s'assurer que les dossiers de demande d'autorisation d'OGM sont réalisés avec la meilleure rigueur scientifique possible », juge François Veillerette, porte-parole de Générations Futures. « L'EFSA n'est manifestement qu'une des instances qui fonctionnent comme des chambres d'enregistrement destinées à rassurer le public, au sujet des OGM, mais non à en assurer la sécurité », conclut le rapport d'Inf'Ogm.

Les critiques formulées à l'encontre du protocole de Gilles-Eric Séralini pourraient concerner les protocoles de l'ensemble des dossiers déposés par les entreprises de biotechnologie pour obtenir les autorisations commerciales de leurs plantes génétiquement modifiées (PGM). Inf'OGM avait remis en 2011 au ministère de l'environnement une pétition pour demander la révision de l'évaluation de l'ensemble des PGM, autorisées et en cours d'autorisation. Une demande restée sans réponse à ce jour, du moins pour les 46 OGM autorisés en Europe.

Notes

[1] European Food Safety Authority

[2] La pomme de terre Modena est enrichie en amylopectine (constituant de l'amidon), le maïs MIR604 produit un insecticide contre les chrysomèles.

Sophie Chapelle, bastamag !, 18 octobre 2012

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