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Argentine : réactions à la mort du dictateur Jorge Videla par Claire Ulrich Samedi 18 Mai 2013 :: Global Voices :: RSS
Jorge Rafael Videla, ancien président de l'Argentine, est décédé le 17 mai 2013 à l'âge de 87 ans dans une cellule de prison.
Videla est resté au pouvoir de 1976 à 1981, durant la dictature militaire argentine, une période marquée par le décès ou la disparition de milliers de personnes [espagnol, es].
En 1983, l'ancien dictateur a été jugé et condamné à la prison à vie pour crimes contre l'humanité. En 2010, Videla a été à nouveau condamné, à la prison à vie [es], pour avoir torturé et exécuté 31 prisonniers politiques, et en 2012, il a été condamné à 50 ans de prison supplémentaires pour le kidnapping [es] de nouveaux nés durant sa dictature.
La nécrologie [es] de BBC World dit : “Il a été l'un des hommes les plus contestés et haïs d'Argentine. Sous son régime, près de 30 000 personnes sont mortes ou ont disparu selon des organisations de défense des droits de l'Homme”.
Jose Alejandro Godoy, du site Desde el Tercer Piso (Depuis le troisième étage) écrit [es] à propos des événements qui se sont déroulés durant les années Videla en Argentine :
Secuestro sistemático de menores de edad, torturas, uso del mundial de fútbol para fines de propaganda (a pocas cuadras de los estadios donde se jugaba, había centros de tortura), un ajuste económico mal aplicado, exilio de cientos de argentinos, cierre de sindicatos. El penoso legado de una dictadura que se inició con él y que se liquidó el día que algún alucinado militar argentino pretendió que hacer una guerra en las Malvinas sería la mejor forma de prolongar la estancia castrense en el poder.
L'enlèvement systématique de petits enfants, les tortures, l'utilisation de la Coupe du monde de football pour sa propagande (à quelques pâtés de maisons des stades, on trouvait des centres de torture), une transition économique mal organisée, des centaines d'Argentins en exil, l'interdiction des syndicats. Le honteux héritage d'une dictature qui a commencé avec lui et s'est achevée le jour où des officiers militaires argentins hallucinés ont cru que faire une guerre pour les îles Malouines était le meilleur moyen d'affermir la dictature militaire.
Pour ce qui est de la mort de Videla, il conclut :
Hoy Videla murió en una cárcel común sin privilegios. Condenado a cadena perpetua. Será enterrado en una tumba, a diferencia de muchas de sus víctimas, arrojadas al mar desde un avión. Repudiado por la sociedad argentina. Con un juicio histórico que lo remite a las páginas más infames de América Latina.
Aujourd'hui, Videla est mort dans une prison pour détenus de droit commun, sans traitement de faveur. Condamné à perpétuité. Il sera enterré dans une tombe, contrairement à beaucoup de ses victimes, jetées dans la mer depuis un avion. Renié par la société argentine. Il a été jugé lors d'un procès historique qui l'a fait entrer dans les pages les plus sombres de l'Amérique latine.
De son côté, LSO a publié une note sur son blog [es] où il fait référence à Videla comme à “un officier digne et un soldat qui [...] a rempli une mission qui l'honore”.

Military torture center, today turned into the Memory Museum – City of Rosario. Picture by: Laura Schneider
Sous le hashtag #MurioVidela [Videla est mort] des milliers d'Argentins ont réagi à la nouvelle, comme @Cami-cotarelo [es] :
@Cami_Cotarelo: No se festeja que #MurioVidela, pero hoy despues de casi 40 años descansan en paz mas de 30.000 personas
@Cami_Cotarelo: Il n'y a pas de fête pour la mort de Videla #MurioVidela, mais aujourd'hui, après presque 40 ans, 30 000 personnes reposent en paix
Cecilia Saia (@Cecisaia) [es] a exprimé un sentiment partagé par beaucoup d'Argentins.
@Cecisaia: Hoy hay un monstruo menos en el mundo. Si hay algo después de la muerte, que le vuelva por mil todo lo que hizo
#muriovidela
@Cecisaia:: Aujourd'hui, il y a un monstre en moins dans le monde. Et s'il y a quelque chose après la mort, puisse-t-il subir ce qu'il a fait subir, un millier de fois #muriovidela
Adolfo Perez Esquivel (@PrensaPEsquivel) [es], lauréat du Prix Nobel de la paix, a écrit sur son compte Twitter :
@PrensaPEsquivel: #MurióVidela, un hombre que ha hecho mucho daño al país y a la humanidad. No se ha cerrado un ciclo, hay [que] buscar más #verdad y #justicia.
@PrensaPEsquivel: #MurióVidela, un homme qui a blessé profondément le pays et l'humanité. Un cycle qui n'est pas achevé. Nous devons trouver plus de #verdad (vérité) et de #justicia (justice).
Infobae a publié une page Storify [es] avec d'autres réactions sur Twitter.
(Lire la suite) Claire UlrichBrésil : près d'une centrale hydro-électrique en Amazonie, un nouveau Far west par Celine Arnoldi Samedi 18 Mai 2013 :: Global Voices :: RSS
Dans le village de Jaci Paranà, dans l'Etat de Rondonia, l'argent disparaît à la même vitesse qu'il apparaît, des milliers d'hommes et femmes se rencontrent et s'affrontent, entre sexe, violence, et manque d'efficacité de la police, dans une ville accablée par la criminalité.
Michelle (nom d'emprunt) a 20 ans. Il y a quatre mois, elle a quitté sa ville natale dans l'Etat de Pará et a débarqué dans le village de pécheurs de Jaci Paraná, à Porto Velho, la capitale de Rondonia. Elle a trouvé du travail et un logement dans un “brega”, nom local d'un bordel, où elle a commencé à travailler en faisant le ménage. Après seulement deux semaines, elle se prostituait déjà comme “presque toutes les filles”.
Quando cheguei aqui, achei triste, chorava toda noite. Essa poeira, as ruas sem asfalto. Eu trabalhava lavando louça, não lembro como fui pela primeira vez. Ele era estranho, levou pó pra cheirar no quarto, queria beijar na boca, transar de novo. Depois chorei. Se fosse na minha cidade, ia ter vergonha, nojo. Aqui é normal, quase todas as meninas fazem. Eu mudei, não sou a mesma mulher.
Quand je suis arrivée ici je me sentais déprimée, je pleurais toutes les nuits. Toute cette poussière, les rues sans goudron. Je lavais la vaisselle, je ne me rappelle plus comment c'était la première fois. C'était un étranger, il avait emmené de la cocaïne à sniffer dans la chambre, il voulait m'embrasser sur la bouche et avoir sans arrêt des rapports. Après ça j'ai pleuré. Si c'était arrivé dans ma ville, j'aurais eu honte, du dégoût. Mais ici c'est normal, presque toutes les filles se prostituent ; elles ont changé, je ne suis plus la même femme qu'il y a quatre mois.

Prostituée dans un salon de beauté à Jaci Paraná, la ville la plus proche de l'installation hydro-électrique de Jirau. Photo de Marcelo Min
C'est impossible de circuler dans les rues de Jaci sans tomber sur un “brega”. Il y a des bars en plein air qui parfois ont de petites tables en plastique éparpillées sur le trottoir. La nuit, la musique joue à plein volume. Pendant la journée, les femmes qui les fréquentent se déplacent en shorts très courts et maillots qui laissent le ventre à l'air
Ces femmes se trouvent à Jaci pour offrir leurs services à des milliers d'hommes qui entrent et sortent de la ville à 7h et 17h, les horaires d'arrivée et de départ des travailleurs employés dans la construction de la centrale hydro-électrique de Jirau [pt, comme tous les liens suivants], l'un des ouvrages les plus importants du Programme de développement et de croissance en cours dans le pays. La centrale est née d'une digue du Rio Madeira, dans la forêt amazonienne. Jaci est à 20 kilomètres de la ville la plus proche.
La construction emploie 25 000 travailleurs, plus du double prévu dans le plan initial. Quelques ouvriers se sont installés dans la ville tandis que les autres y passent leurs jours de repos. Le Ministère Public de Rondonia a estimé que depuis 2009, année du début des travaux, la population de la ville serait passée de 4 000 à 16 000 habitants. A l'accent des ouvriers, on comprend qu'ils viennent du nord, nord-est, sud et centre-ouest du Brésil. D'autres encore ne parlent pas bien portugais, comme les Haïtiens ou les Boliviens.
“Certains ont envie de se payer du bon temps, d'autres sont tristes. Ils disent qu'ils trompent leurs femmes parce qu'ils en ont besoin, pas parce que ça leur plaît”, raconte Michelle. La majorité voyagent seuls ; ils restent entre trois mois et un an sans retourner chez eux.
É trabalho pesado. Quando acaba, eles querem se divertir, beber.
Le travail est pesant. Quand c'est fini, ils veulent seulement se divertir, boire.
Pour ces raisons, il y a 68 bordels à Jaci. Pour les prostituées, les pires moments sont quand le client devient agressif après avoir forcé sur l'alcool ou la cocaïne, qui dans ces lieux circule en abondance. Ou quand ils demandent à Michelle de passer la nuit ensemble. “Que Dieu me pardonne pour avoir dormi dans leurs bras comme si nous étions mari et femme”.
La ville de pécheurs est devenue un lieu de passage. Les gens recherchent de l'argent, pas des liens. On ressent une tension constante. La sexualité palpite à travers les vêtements très courts qui parfois montrent les parties intimes des femmes à la lumière du jour. Les récits de disputes dans les bordels sont quotidiens. Elles se déroulent entre les travailleurs ou entre les prostituées -il y a une aversion croissante entre Brésiliennes et Boliviennes qui sont venues dans cette ville. De nombreuses querelles se terminent par des coups de couteau, d'autres avec la mort de quelqu'un.
Là où il y a de l'argent, il y a la criminalité
Les jours de paie des travailleurs de la centrale, Jaci Paraná s'enflamme avec leur argent. A commencer par les bordels. Outre les prostituées locales, il en arrive de nouvelles des autres Etats du Brésil, seulement pendant la semaine de paie des travailleurs. Selon Michelle, certaines vivent dans la zone entre Jaci et Belo Monte, la centrale hydro-électrique en construction dans l'Etat de Pará. Leurs déplacements coincident avec les jours de paie de chaque centrale.
Ces semaines-là, les tarifs des prostituées augmentent significativement. Les plus aguerries arrivent à conclure pour 400 Reais (environ 151 Euro) chaque demi-heure avec les fonctionnaires, qui ont un meilleur salaire. Etant donné que Michelle a posé des limites à ne pas dépasser (elle ne pratique pas le sexe anal ni en groupe), le maximum qu'elle a réussi à gagner en une demi-heure est 130 Reais (50 Euro). Les semaines ordinaires, elle gagne 80 Reais (30 Euro), dont 20 (7.50 Euro) sont destinés à sa protectrice pour l'utilisation de la chambre.
Shirley, une des nombreuses coiffeuses qui se sont déplacées à Jaci pour travailler avec ces femmes, raconte :
Quem ganha mesmo são elas, as donas dos bregas, sempre prostitutas muito experientes,
Celles qui gagnent le plus, ce sont elles, les propriétaires des bordels, qui sont souvent les prostituées plus aguerries.
La femme ne veut pas que son nom soit rendu public. Shirley raconte que les propriétaires des bordels tirent profit de la location de la chambre, des consommations des clients et en faisant des prêts aux prostituées.
Etant donnée la forte concurrence, les protectrices offrent de l'aide aux femmes en leur suggérant d'”investir dans la beauté”. Michelle a été convaincue par sa protectrice de couper ses cheveux frisés pour faire poser des extensions longues et lisses. Pour ce faire, elle a du dépenser 1.150 Reais (434 Euro). Elle a contracté une dette pour les extensions auprès de la propriétaire du bordel dans lequel elle travaille, et avec la coiffeuse pour l'application des mèches. Depuis tous les gains de Michelle reviennent à sa protectrice mais la dette ne diminue pas comme elle le devrait :
É assim mesmo, elas mandam as meninas aqui e depois não passam o dinheiro do trabalho delas.
C'est comme ça, les protectrices envoient les filles chez nous, et puis elles ne leur restituent pas l'argent de leur travail.
Après les bordels, les instituts de beauté sont la seconde activité commerciale à bénéficier de l'argent des travailleurs de la centrale. La ville compte un salon de beauté à chaque angle de rue. Depuis qu'elle a commencé à poser des extensions, Shirley gagne beaucoup plus que son mari, employé dans la construction des turbines de Jirau.

Jaci Paraná compte 68 bordels et un salon de beauté à chaque angle de rue de la ville. Photo de Marcelo Min
Cependant, accumuler de la richesse à Jaci est très dangereux. La police, très faible, demeure impuissante face au pouvoir de l'argent qui circule dans la ville. Deux semaines avant cet entretien, Shirley a subi un vol chez elle et son mari a été pris en otage. La valeur de la marchandise volée s'élève à un total de 20000 Reais (7500 Euro) entre l'argent et l'équipement électronique, mais elle ne déposera pas plainte, même si tous savent qui sont les voleurs et ce qu'ils font pour vivre. Malgré cela, il ne se passe rien.
La police n'a pas de pouvoir contre le crime local. Les commerçants paient une entreprise privée, qui possède moto et voiture facilement identifiables, pour pouvoir circuler dans les trois plus importantes rues de la ville. En septembre 2012, le commandant de la Police militaire de Jaci a été tué dans un poste de police. Le même groupe de bandits a menacé les autres policiers, qui ont été obligés de se coucher face contre terre pendant que les criminels faisaient exploser les caisses de la petite banque de Bradesco.
Le reportage Vies en transit, de Ana Aranha, sur l'impact des grands chantiers du Rio Madeira en Amazonie dans l'état de Rondônia au Brésil, fait partie d'un dossier spécial, #AmazôniaPública, de Publica, l'Agence Publique de journalisme, publié sur Global Voices sous forme d'une série de cinq articles.
Les reportages visent à explorer la complexité des investissements réalisés en Amazonie, les négociations et les implications politiques, en donnant la parole à toutes les parties prenantes – gouvernement, les entreprises, société civile – pour esquisser le contexte dans lequel tous ces projets se sont développés. Le parti pris des reportages, comme celui de Publicà, est toujours l'intérêt public : faire comprendre quel impact ont sur la vie des populations les actions et négociations politiques et économiques.
(Lire la suite) Celine ArnoldiNépal : La triste aventure d'une migrante par Melinda Legendre Samedi 18 Mai 2013 :: Global Voices :: RSS
Ujjwal Acharya [en anglais] raconte la triste histoire d'une migrante népalaise qui s'est vu refuser l'accès à bord d'un avion d'Air Arabia à l'aéroport de Delhi parce qu'elle n'avait pas de billet de retour. On ne lui a offert ni nourriture ni hébergement pendant 72 heures, jusqu'à ce qu'elle parvienne à payer son retour chez elle à partir de la zone de transit. Elle est l'un des nombreux migrants régulièrement exploités par différents organismes.
(Lire la suite) Melinda LegendreBulletin de veille Netizen Report : Nouvelle législation en Azerbaïdjan, Brésil, Allemagne et Ghana par Abdoulaye Bah Samedi 18 Mai 2013 :: Global Voices :: RSS

Carte du trafic Internet. Image de Joana Breidenbach, licence pour réutilisation.
Ce bulletin a été préparé, écrit, et édité par Weiping Li, Alex Laverty, Hisham Almiraat et Sarah Myers.
Le bulletin de veille de Global Voices Advocacy sur les réseaux sociaux offre un aperçu international des défis, des victoires et des tendances émergentes en matière de droits sur Internet à travers le monde. Cette semaine, nous nous intéressons à une série de mesures législatives et réglementaires qui sont apparues récemment, entre autre, en Azerbaïdjan, au Brésil, en Allemagne et au Ghana.
Politique nationale
Yahoo! a déclaré soutenir un projet de loi sur les droits d'Internet au Congrès brésilien. Le Marco Civil da Internet vise à protéger la vie privée et la liberté d'expression en ligne. Le projet de loi exigerait l'application de la loi brésilienne pour obtenir une ordonnance judiciaire avant de pouvoir demander aux fournisseurs de services Internet (FSI) de se conformer aux demandes officielles, de lui livrer les données privées des utilisateurs, et fournirait une protection à ces services lorsqu'ils sont confrontés à des demandes du gouvernement pour le retrait de contenus. Le projet de loi a subi plusieurs modifications au cours des deux dernières années, dont certaines ont réduit son pouvoir de protection des intérêts des utilisateurs, en particulier face aux droits d'auteur.
L'autorité nationale pour les communications du Ghana (NCA) a sanctionné d'amendes cinq entreprises de télécommunications pour avoir fourni des services de qualité inférieure aux consommateurs dans le pays. Leurs services auraient posé problème, avec des appels interrompus et une congestion des lignes. La NCA souhaite que les sanctions puissent inciter ces entreprises de télécommunications à améliorer leur service à la clientèle, mais les observateurs considèrent que le montant négligeable des amendes ne fera guère de différence.
Le gouvernement algérien a été critiqué pour avoir continué à renvoyer l'adoption des normes 3G des télécommunications. Les militants trouvent que le gouvernement “semble décidé à vouloir se cacher derrière le prétexte que c'est le système d'information et de communication le plus archaïque du monde” afin de rendre plus difficile les réclamations.
Censure
La Cour suprême de l'Inde a déclaré qu'elle allait enquêter sur la validité de la loi sur la technologie de l'information de la nation, qui exige des propriétaires de sites Web de contrôler et censurer certains types de contenus.
La magistrature d’Azerbaïdjan pourrait envisager un projet de loi pour “faire du blasphème ou de la diffamation sur le web un crime”, selon Net Prophète. Si la loi est adoptée, les citoyens pourraient être punis d'une peine atteignant trois ans de prison pour déclarations diffamatoires faites en ligne.
Violation du droit international
La cour suprême éthiopienne a confirmé la condamnation d'un journaliste et blogueur Eskinder Nega, qui avait été arrêté en 2011 sous des accusations de terrorisme. Nega, qui écrit fréquemment sur la politique et les droits de l'homme en Éthiopie, fait maintenant face à 18 ans de prison. L'année dernière, le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire a émis un avis indiquant que sa condamnation constituait une violation du droit international.
Cybersurveillance
La Fondation Mozilla, créatrice du navigateur Firefox, a fait savoir qu'elle avait envoyé une lettre à l'entreprise Gamma International Ltd, exigeant que la société de logiciels espions britannique arrête de tromper les utilisateurs d'Internet en présentant de fausses informations Firefox à son logiciel de surveillance FinFisher. Un rapport publié par Citizen Lab indique que l'entreprise Gamma a soutenu frauduleusement que FinFisher était affiliée à Firefox afin de gagner la confiance des utilisateurs lors de récentes attaques de logiciels espions en Malaisie et à Bahreïn.
Le Département américain du Commerce a infligé une amende de 2,8 millions de dollars à la société de distribution UAE Computerlinks FZCO pour son rôle dans la vente illégale de logiciels de surveillance de Blue Coat Proxy SG Internet au gouvernement syrien. La vente a enfreint les lois américaines qui interdisent aux sociétés de technologie de surveillance de vendre certains produits à la Syrie. Le gouvernement syrien aurait utilisé Blue Coat pour filtrer des sites Web, bloquer l'accès à Internet et cibler des dissidents. Toutefois, on pense que la maison mère de Blue Coat pouvait ne pas avoir été au courant que le distributeur cherchait à exporter le produit.
Copyright
L’Accord de partenariat commercial transpacifique (TPP) entre les États-Unis et neuf pays côtiers du Pacifique, principalement en Amérique latine et en Asie, peut constituer une menace sérieuse pour les lois nationales sur les droits d'auteur. L'APCT permettrait effectivement aux États-Unis d'imposer certaines de leurs lois les plus rigoureuses en matière de droit d'auteur aux autres pays membres, y compris une interdiction de briser les verrous numériques sur les appareils et les œuvres de création, l'augmentation de la durée minimale du droit d'auteur, la privatisation de l'application des sanctions, et la saisie du matériel qui aurait été utilisé pour commettre une infraction, pour n'en nommer que quelques-uns.
Les souverains du cyberespace
L’Electronic Frontier Foundation (EFF) a publié ‘Who Has Your Back? 2013,’” (Qui vous tient à l’œil 2013 ? ), “son évaluation annuelle des entreprises de technologie de communication Internet qui permet de mesurer leur engagement à protéger la vie privée des utilisateurs face à la police et d'autres organismes gouvernementaux d'application de la loi. Sonic.net et Twitter sont les deux seules entreprises à obtenir six étoiles sur six, tandis que LinkedIn, Google, Dropbox, et SpiderOak, en seconde place, ont approché les cinq étoiles. Les multinationales Apple, AT & T et Yahoo ont reçu juste une étoile chacune, et Verizon est la seule entreprise qui n'en a reçu aucune.
Gouvernance d’Internet
La Société pour l'attribution des noms de domaine et des numéros sur Internet [fr] a annoncé l'ouverture d'un nouveau hub à Istanbul, en Turquie, pour couvrir les opérations en Afrique. L'ICANN prévoit d'étendre ses activités au-delà de son siège actuel de Los Angeles à Istanbul et à Singapour pour devenir de plus en plus international.
Cybersécurité
On a rapporté cette semaine que l'entreprise de défense QinetiQ basée en Grande-Bretagne, a subi aux USA des attaques répétées par l'unité de piratage du gouvernement chinois, connue sous le nom de Comment Crew. De 2007 à 2010, les pirates auraient obtenu 13 000 mots de passe et eu accès à des serveurs d'entreprises dans au moins huit villes américaines. L'entreprise QinetiQ a été critiquée pour n'avoir pas pris de mesures suffisantes pour remédier aux atteintes à la sécurité.
LivingSocial, un site américain d'ecommerce, a été victime d'une cyber-attaque qui pourrait avoir affecté plus de 50 millions de clients à travers le monde. Les pirates ont eu accès aux données des clients, y compris les noms, les adresses de courriel, la date de naissance et les mots de passe, mais la société a assuré qu'aucune information bancaire ou financière n'avait été compromise.
Anecdote sympa
En commémoration du 20ème anniversaire du lancement de la World Wide Web, le CERN, l'organisation derrière le World Wide Web, a restauré le premier site existant au monde.
Publications et études
- Freedom of the Press 2013 (Liberté de la presse 2013) – Freedom House
- Collateral Freedom: A Snapshot of Chinese Users Circumventing Censorship -
(Liberté collatérale: Un instantané des utilisateurs chinois pour contourner la censure) – OpenITP
OpenITP
- Legal Guide to Digital Security [ar] – Association for Freedom of Thought and Expression
(Guide juridique de la société Digital Security [arabe] – Association pour la liberté de pensée et d'expression)
- 24th Activity Report on Data Protection – The Federal Commissioner for Data Protection and Freedom of Information (24ème Rapport d'activité sur la protection des données – Commissaire fédéral à la protection des données et la liberté d'information).
Pour s'abonner au bulletin de veille Netizen Report par email
Pour les événements liés à l'avenir des droits des citoyens à l'ère numérique, consultez le calendrier des évènements de Global Voices.
(Lire la suite) Abdoulaye Bah
L'Accord de Partenariat Transpacifique (APT), un revers pour l'accès en ligne à la culture ? par Henri Dumoulin Samedi 18 Mai 2013 :: Global Voices :: RSS
[tous les liens de cet article conduisent vers des pages en anglais sauf indication contraire)
Cet article a été coécrit par Maira Sutton et Katitza Rodriguez de la Electronic Frontier Foundation. On peut retrouver la version originale de leur article ici.
Les États-Unis et dix gouvernements de la région Pacifique vont se réunir une fois de plus pour finaliser l'Accord de partenariat transpacifique (APT, TTP en anglais) du 15 au 24 mai à Lima, au Pérou. L'ATP est une des nouvelles menaces sérieuse contre Internet au niveau mondial depuis l'ACTA (Anti-Counterfeiting Trade Agreement : traité international signé en octobre 2011). Étant donné que les négociations sont restés secrètes depuis le début des discussions, les militants qui cherchent à obtenir plus d'informations sur le sujet se basent sur un projet divulgué clandestinement [PDF] du traité de février 2011.
A la lecture de ce texte et d'autres notes, et connaissant le fonctionnement non démocratique de ce système, on peut s'alarmer des dispositions sur les droits d'auteurs contenues dans cet accord commercial international.
Il est probable que l'APT va propager quelques-uns des pires aspects de la loi sur les droits d'auteurs aux Etats-Unis vers les pays du Pacifique : interdiction totale de déverrouillage des verrous numériques sur les dispositifs et œuvres, y compris à des fins légales, une durée minimum de protection des droits d'auteur de 70 ans après le décès de l'auteur (la norme internationale actuelle est 50 ans après le décès), une privatisation de l'application des sanctions pour infraction aux droits d'auteur, des demandes de dommages et intérêts pour préjudices financiers sans preuves d'un dommage réel, la saisie par l'Etat des ordinateurs et des équipements utilisés dans l'infraction présumée.
L'APT va au delà de la norme en matière de droits d'auteur aux USA : il ne garde pas les multiples jurisprudences et exceptions qui, aux Etats Unis, favorisent l’intérêt public et agissent comme des soupapes de sécurité en limitant la protection des titulaires de ces droits.
Pire encore, la clause de copies temporaires de l'APT aura probablement des effets paralysants sur le comportement en ligne des individus et personnes morales, sur leur capacité à créer sur le Net.
L'objectif déclaré de l'APT est de réunir les pays riverains du Pacifique, en harmonisant leurs règlements et normes commerciales, mais en réalité, c'est beaucoup plus que cela.
En particulier, avec le chapitre sur la “propriété intellectuelle”, ce massif accord commercial obligera chacun des pays signataires à changer ses normes en matière de droits d'auteur. Accepter ces normes nouvelles, ce ne sera pas seulement réécrire les lois nationales pour les pays signataires, mais aussi restreindre à l'avenir leur possibilité d'introduire des lois plus équitables concernant le droit d'auteur.
Cette stratégie peut en arriver à être préjudiciable pour des pays comme le Chili où les lois sont plus souples. Dans ce pays, il faut un mandat d'un juge pour que les FAI puissent être considérés comme responsables en cas d'infraction aux droits d'auteur ou pour éliminer un contenu ; de tels systèmes protègent mieux les utilisateurs et les intermédiaires d'une élimination disproportionnée ou provoquée par une censure. Si le texte final du TPP oblige les pays à adopter un régime privatisé d'avertissements et de suppression des contenus, ce pourrait être la fin du système chilien. Cela perturberait également le système en vigueur au Canada.
Le cinéma, la musique ou d'autres producteurs de contenus en ligne peuvent et continueront à utiliser leur pouvoir économique et politique pour obtenir des lois qui protègent leurs intérêts. Ils l'ont fait avec SOPA et ACTA et c'est ce qui se passe avec l'APT [espagnol].
Mettre en échec cette politique va être un grand défi, mais les utilisateurs peuvent y arriver. Il est prévu que l'APT entre en vigueur en octobr : notre objectif est d'éviter le pire de ces nouvelles dispositions. Le meilleur moyen de contre-attaquer est de montrer que nous ne tolérerons pas tout. Il faut exiger un fonctionnement ouvert et transparent qui permette à tous, y compris des experts de la société civile, d'analyser, de questionner et de faire des recherches sur toute initiative visant à réguler Internet. Il faut en finir une fois pour toute avec la politique du secret.
Des groupes de défense des droits numériques travaillent dans le monde entier pour modifier la méthodologie de l'APT et mettre sur la table les préoccupations des usagers. Les utilisateurs de n'importe quel pays peuvent se joindre à une campagne dirigée par l'ONG canadienne OpenMedia en cliquant ici. Les utilisateurs des États-Unis d'Amérique peuvent se joindre à la campagne de l'EFF, qui s'adresse aux membres du Congrès des États-Unis et demande la publication immédiate du texte de l'APT en exigeant plus de démocratie et de transparence.
Ci dessous une infographie de EFF mettant en lumière les aspects les plus critiquables de la TPP. Faites connaître en quoi le TTP vous affecterait, vous et votre pays. Faites un clic droit, gardez l'image en format PNG et téléchargez-la en version PDF ensuite. Vous pouvez la modifier, traduire le texte, et faire circuler l'info. Nous devons protéger et défendre Internet contre un accord secret.

Kenya : Le Parlement occupé par Abdoulaye Bah Samedi 18 Mai 2013 :: Global Voices :: RSS
Des militants kenyans ont occupé le parlement de leur pays cette semaine pour protester contre les tentatives des députés d'obtenir plus de fonds. Les militants ont utilisé le hashtag #occupyparliament sur Twitter.
(Lire la suite) Abdoulaye BahPremier congrès latino-américain sur les cultures vivantes par Samy Boutayeb Samedi 18 Mai 2013 :: Global Voices :: RSS
Des rituels, des réflexions, des “assauts” poétiques… Entre le 17 et le 23 mai 2013, Le premier congrès latino-américain sur les cultures vivantes[espagnol] envahira les rues de La Paz, en Bolivie. La ville accueillera les représentants des gouvernements du Brésil et de la Colombie, ainsi que plus d'un millier d'activistes.
Parallèlement aux débats, séminaires, projections de films, ateliers et “interventions” poétiques qui se dérouleront à travers la ville, les autorités et les délégués des organisations culturelles d'Amérique latine discuteront et échangeront leurs expériences. Ils demanderont également aux gouvernements régionaux de consacrer au moins 0,1 % de leurs budgets nationaux au financement d'initiatives en faveur des cultures vivantes communautaires.
Le programme complet est disponible sur le site Web du congrès www.congresoculturavivacomunitaria.org [en espagnol et portugais].
(Lire la suite) Samy BoutayebProjet “Inside Out” au Japon : Portraits et Art urbain par Adrien Becam Vendredi 17 Mai 2013 :: Global Voices :: RSS
Novembre 2012, un camion faisait le trajet depuis la ville de Kesennuma jusqu'à Fukushima. On pouvait voir un œil géant encollé sur chacun de ses côtés, et à l'arrière une ouverture comme sur la façade des boîtes postales. Le camion, pour le moins original, avait été équipé d'un appareil photo destiné à prendre des portraits, ainsi que d'une imprimante grand format.
Ce camion photomaton fait partie du projet participatif public “Inside Out” engagé par l'artiste français JR. Le projet a été développé de façon à ce que les portraits de gens, photographiés sur les routes aux quatre coins du monde, puissent être exposés en pleine ville. L'objectif affiché étant de faire de l'identité personnelle une œuvre d'art [anglais].
Cette fois-ci, c'est au Japon, dans la région du Tôhoku au nord-est, que se poursuit le projet. Là-bas, où demeurent encore des traces des dégâts causés par le tremblement de terre, près de 400 personnes ont été photographiées, et une partie des portraits a été exposée.
Conjointement à ce projet dans le nord-est, le Musée privé d'art contemporain Watari-um [japonais] a lancé un appel au soutien sur la plateforme de financement collaboratif (crowdfunding) dénommée CAMPFIRE [japonais]. Cet appel a suscité des réactions favorables, puisque la somme de deux millions de yens a été rassemblée dans les délais impartis.
CAMPFIRE, l'une des principales [japonais] plateformes de financement collaboratif au Japon, a rassemblé en 2012 la somme globale de 92 millions de yens pour le soutien de projets ; avec le financement record d'environ 5,3 millions de yens pour un projet particulier. Tandis que chez Kickstarter, une plateforme de crowdfunding bien connue aux États-Unis, 1 million de dollars a été collecté pour le soutien de 17 projets, avec un montant global d'environ 320 millions de dollars pour l'année 2012 [anglais].
Ainsi, au Japon, le marché du crowdfunding en tant que tel est encore assez réduit, et l'on peut considérer qu'en étant parvenu à rassembler une telle somme, on a passé une première étape vers un dépassement de cette situation. Actuellement, Watari-um lance un appel au financement [japonais] sur cette même plateforme CAMPFIRE pour poursuivre encore le projet à échelle nationale.
Une exposition a débuté en février 2013 au Musée Watari-um situé dans le quartier de Shibuya, à Tôkyô. Les clichés de “Inside Out” pris jusqu'à maintenant – comprenant le projet dans la région du nord-est – ont été disposés en séries chronologiques, et un espace a été installé afin que les visiteurs puissent faire des photographies. Le principe est simple : participer au projet “Inside Out” en réalisant des portraits.
Sur Twitter, le titre de l'exposition “Changer le monde grâce à l'art” a été largement repris ; @toshify qui s'est rendu à l'exposition nous raconte.
@toshify
「JR展_世界はアートで変わっていく」(ワタリウム美術館、6月2日まで)を観た。
人の顔を大写しにしてストリートに掲示する手法で、社会問題を提起するフランス作家。
顔は私的なものという思い込みがあるが、パブリックな場に引き出されると
強烈なメッセージ性を帯びる。作家の言葉も美しい。
Je suis allé voir “l'Expo JR – Changer le monde grâce à l'art” (au Musée Watari-um jusqu'au 2 juin).
Il s'agit d'un artiste français qui cherche à attirer l'attention sur certains problèmes sociaux en affichant dans la rue des portraits en gros plan. Alors que l'on considère d'ordinaire le visage comme quelque chose de privé, exposer ainsi des portraits dans des lieux publics porte un message d'une grande puissance. Par ailleurs, les paroles de l'artiste sont vraiment belles.

La façade extérieure du Musée Watari-um entièrement recouverte avec les portraits des participants au projet dans la région nord-est.
Diverses réactions à propos de la “participation” au projet :
@Hiro183
JR展(13回目位)@ワタリウム美術館。なんでこんなに来るかって?
キャンプファイアーで金銭支援をし、この展示に参加しているから。
ARTは参加して意味がある。 http://instagr.am/p/XCA2IOGhOK/
Expo JR (13ème visite) au Musée Watari-um. Pourquoi suis-je venu tant de fois voir cette expo ?
Parce que j'ai participé au projet à travers ma contribution financière sur CAMPFIRE. Participer donne du sens à L'ART. http://instagr.am/p/XCA2IOGhOK/
@hiswii
やっぱワタリウムのJR展、行って撮るだけで参加したって言いづらいよなー。
JRに不足する身体性というのはプロジェクト全体で補足すべきことなんだろうね。
J'ai du mal à me dire que j'ai véritablement participé au projet en étant simplement allé au Musée Watari-um et en m'étant fait photographier. Le projet de JR manque de substance et mériterait des éléments complémentaires.
JR lui-même s'exprime à propos de son projet lors d'une interview sur le site de publication en ligne Blouin Artinfo [anglais] :
(…)Although I helped with the construction and logistics, it’s important for me that the local people manage the truck, the photo booth, and all the operations themselves. It’s meant to be a project by the Japanese, for the Japanese. (…)
(…)Bien que j'ai aidé à la construction et à la logistique, il est important pour moi que les populations locales gèrent elles-mêmes le camion, la cabine photo, ainsi que l'ensemble des opérations. C'est censé être un projet par les Japonais, pour les Japonais. (…)
L'exposition au Musée Watari-um sera ouverte jusqu'au lundi 2 juin 2013.
Vous pouvez trouver des informations sur le projet dans la région du Tôhoku ici, et sur l'exposition au Musée Watari-um ici.
L'Angola menace de suspendre une radio et un journal par Abdoulaye Bah Vendredi 17 Mai 2013 :: Global Voices :: RSS
Le ministère de la Communication de l'Angola menace de suspendre la licence de la station de Radio Despertar et du journal Folha 8, une mesure pourtant inconstitutionnelle, au prétexte que ceux-ci encouragent le désordre public. L'annonce a été faite le mercredi 15 mai, selon le site de la radio la Voix de l'Amérique [portugais]. Certains propriétaires de la Radio ont des liens avec le principal parti d'opposition UNITA. En 2012, la police a confisqué des ordinateurs de Folha 8.
(Lire la suite) Abdoulaye BahYémen: Frappe d'un drone américain sur Dhamar par Sarah Labetoulle Vendredi 17 Mai 2013 :: Global Voices :: RSS
Tous les liens de cet article, sauf mention contraire, renvoient vers des pages en anglais.
Après trois mois d'arrêt des frappes aériennes américaines sur le Yémen, un drone a abattu cinq membres présumés d'Al-Qaïda, le 18 avril 2013. Selon le TBIJ (The Bureau of Investigative Journalism, agence du journalisme d'investigation), la dernière opération américaine du genre au Yémen avait eu lieu le 23 janvier, tuant sept activistes supposés. Deux jours auparavant, le 21 janvier, date de l'investiture du président Obama, trois frappes de drones américains ont touché le pays, provoquant la mort de quatre membres présumés d'Al-Qaïda.
Le 18 avril au soir, le journaliste et militant yéménite Farae Al-Muslimi, originaire du village de Wessab, dans la région de Dhamar, annonçait sur Twitter, la nouvelle de la reprise des frappes :
@almuslimi: An hourish ago while I was enjoying a friendly dinner with my American friends ( some r officials ) , US strike drone targeted my villag …
Il y a environ une heure, on mangeait tranquillement avec des amis américains (dont des officiels), quand un drone américain a pris mon village pour cible…
@almuslimi: I was so happy the last three months that US Strike drones were stopped in #Yemen. Didn't know they will relaunch to my village.!
J'étais si heureux ces trois derniers mois de l'arrêt des interventions des drones américains au #Yémen. Je n'imaginais pas qu'elles allaient reprendre sur mon village !
Selon l'agence de presse publique Saba, cette attaque a pris pour cible Hamid Radman Al-Manea, connu sous le nom d'Al-Radmi, et quatre de ses gardes, alors qu'ils rentraient chez lui. Ex-membre de la garde républicaine, une force armée d'élite anciennement dirigée par le fils aîné d'Ali Abdallah Saleh, l'ancien président du Yémen, il était également soupçonné d'entretenir des liens avec Al-Qaïda.
Al-Muslimi a rajouté :
@almuslimi: Al-radmi was away from wessab for years. last year he came back and became social figure known for solving social problems btwn ppl. #Drone
Al-Radmi n'habitait plus à Wessab depuis des années. Revenu l'an dernier, il était devenu un acteur local majeur, connu pour résoudre les problèmes entre habitants. #Drone
@almuslimi: Al-radmi was in continues contact with government officials, he prayed Maghrib wth th Gen secretary of the Local council tonight 1/2 #Drone
Al-Radmi fréquentait beaucoup les agents publics : il venait de faire la prière du soir avec le secrétaire général de l'assemblée locale 1/2 #Drone
@almuslimi: the car of th local council gen secretary was exactly behind Al-radmi's car as thy both were coming from place thy solved problem in. #Drone
La voiture du secrétaire général de l'assemblée locale se trouvait juste derrière celle d'Al-Radmi car ils revenaient ensemble d'un endroit où ils étaient allés résoudre un problème. #Drone
De nombreux Yéménites se sont demandé pourquoi les “membres présumés” d'organisations terroristes sont toujours tués par des drones américains : puisque l'on savait où se trouvaient les suspects, pourquoi les forces de police yéménites ne les ont pas plutôt capturés pour être ensuite interrogés et faire l'objet d'un procès s'ils étaient coupables ? Pourquoi Obama a-t-il une “liste de personnes à abattre” plutôt qu'une “liste de personnes à arrêter et interroger”? Quelle raison peut bien justifier leur exécution extrajudiciaire ? Les prétendus suspects complotaient-ils réellement contre les États-Unis ou avaient-ils des ennemis au Yémen ou en Arabie Saoudite qui souhaitaient leur mort ?
C'est ce qu'Al-Muslimi a suggéré dans certains de ses tweets :
@almuslimi: There was nothing easier than arresting Al-radmi if he is wanted. He was ACTUALLY with governmental official at the moment he was droned.!
Il n'y avait rien de plus facile qu'arrêter Al-Radmi s'il était recherché. En fait, il était avec des responsables publics au moment où il a été bombardé !
@almuslimi: 3- Al-radmi was in a continues meetings with local council leadership and attended their meetings to solve problems and raise peoples needs
3- Al-Radmi passait son temps à rencontrer les dirigeants locaux et participait à leurs réunions pour résoudre les problèmes des gens et parler de leurs besoins
@almuslimi:5- No one ever [knew} even the security leaders, th governor, or anyone he was in the killing list.! a security source jst told me in the phone:1/2
5- Personne, ni même les chefs de la sécurité ou le gouverneur, n'a jamais su qu'il était sur la liste des personnes à tuer ! Une source des renseignements m'a dit au téléphone : 1/2
@almuslimi: " i wld have arrested him myself wn i jst saw him less than a week ago or even sent my weakest soldier to do so". 2/2 #Yemen #Drones
"j'aurais pu l'arrêter moi-même quand on s'est vus il y a moins d'une semaine, ou même envoyer le plus faible de mes soldats pour le faire". 2/2 #Yemen #Drones
Al-Muslimi, comme beaucoup de Yéménites qui sont déjà allés aux États-Unis ou qui y ont étudié a été bouleversé en apprenant que son pays était la cible de nouvelles frappes américaines, et cette fois, dans son paisible village. Il a déclaré sur Tweeter :
@almuslimi
Wessab, my village, is no doubt th most peaceful ppls and one of th poorest areas in Yemen. congrats, u jst made violence attractive to them
Wessab, mon village, a sans nul doute les habitants les plus paisibles mais aussi parmi les plus pauvres du Yémen. Bravo, vous venez de leur donner des envies de violence
@almuslimi: #USA taught me English 1 day & took my life frm super miserable 2 very promising. 2day, it droned my village. The most divided feeling ever
les #USA m'ont appris l'anglais un jour et ont apporté des perspectives engageantes à ma vie auparavant misérable. Aujourd'hui, ils ont attaqué mon village. Que de sentiments opposés !
@almuslimi: I never thought perhaps at the moment i was cheering the glass with my close american buddy in Sana'a, his govt was droning my village.!
Je n'aurais jamais pensé qu'au moment même où je trinquais avec mon cher ami américain à Sana'a, son gouvernement était en train d'envoyer un drone sur mon village !

Un manifestant aux USA avec une pancarte condamnant la politique du président Obama, notamment l'utilisation des drones Predator.
La politique anti-terroriste américaine actuelle, qui s'appuie sur des frappes de drones, inadaptée, a fait l'objet de nombreuses critiques et manifestations de grande ampleur aux États-Unis début avril. Au Yémen, il est certain qu'elle suscite une animosité accrue envers le gouvernement américain, y compris parmi les jeunes qui y ont étudié, comme Al-Muslimi, lequel a écrit un article percutant à ce sujet.
This policy, instituted by President Barack Obama, has allegedly resulted in the deaths of hundreds of innocent Yemenis, and unfortunately it does not differentiate among militants, ordinary Yemenis and US radio reporters.
Since the policy took effect, AQAP has been successful as never before. Those who have lost relatives to drone fire make up a whole new generation of AQAP recruits.
The drones have made it difficult, shameful and even dangerous to say "America can be befriended", or "America is not an enemy".
Cette politique, instituée par le président Barack Obama, serait à l'origine de la mort de centaines de Yéménites innocents, et elle ne sait malheureusement pas distinguer les militants des Yéménites ordinaires ou des radio-correspondants américains.
Depuis que cette politique est appliquée, AQAP [Al-Qaïda dans la péninsule arabique] est plus populaire que jamais. Ceux qui ont perdu des proches tués par des drones forment une toute nouvelle génération de recrues pour AQAP. Avec les drones, il est devenu difficile, honteux voire dangereux de dire “on peut être ami avec l'Amérique” ou “l'Amérique n'est pas notre ennemi”.
Le président du Yémen, Abd Rabu Mansour Hadi, a exprimé son approbation des frappes en septembre dernier, lors d'une visite aux États-Unis.
(Lire la suite) Sarah LabetoulleLes sept enfants supposés du réalisateur chinois Zhang Yimou choquent au pays de l'enfant unique par Celine Arnoldi Dimanche 12 Mai 2013 :: Global Voices :: RSS
La politique chinoise de l'enfant unique est de nouveau sous les projecteurs après que les média du continent ont révélé que le célèbre réalisateur chinois Zhang Yimou [anglais] pourrait être père de sept enfants.
Salué comme un metteur en scène accompli de la cinquième génération dans le pays, Zhang, 63 ans, qui a enthousiasmé le monde en 2008 avec ses stupéfiantes cérémonies aux Jeux olympiques, se retrouve l'objet de violentes critiques après que les média ont dit qu'il avait au moins sept enfants. Des internautes outrés ont afflué sur les média sociaux, se saisissant du cas comme un exemple de plus que le privilège permet en Chine de faire fi des lois et régulations.
Zhang a gardé son second mariage secret durant des années et a à présent deux fils et une fille avec une femme de 32 ans originaire de la province orientale du Jiangsu, a rapporté [chinois] le Southern Metropolis Entertainment le 6 mai 2013. Zhang aurait, dit la rumeur [anglais], eu des enfants avec deux autres femmes non identifiées. Sa fille aînée, de sa première femme de laquelle il a divorcé en 1988, a 30 ans et vit aujourd'hui aux Etats-Unis.
Zhang Yimou garde jusqu'à présent le silence.
La dénommée politique de l'enfant unique [anglais] a été introduite en 1979 pour limiter la croissance de la population en Chine, pays le plus peuplé au monde. Tandis que le gouvernement chinois indique qu'un total de 400 millions de naissances [anglais] se seraient produites si la politique n'avait pas été mise en oeuvre, des critiques disent que celle-ci viole les droits de l'homme et la considèrent dépassée par les évolutions démographiques [anglais] en Chine.
Des exceptions sont permises. Les époux qui sont tous deux enfants uniques dans leurs propres familles ont le feu vert pour avoir deux enfants. Dans les zones rurales, un second enfant est légal seulement si le premier-né est une fille.

Le célèbre cinéaste chinois Zhang Yimou. Capture d'écran youku.
Malgré cela, la politique s'applique toujours à près de 63 % de la population [anglais] et est impopulaire auprès de nombreux Chinois, avec les faits de brutale stérilisation forcée qui ont fait les gros titres au cours des dernières années. Dans un exemple, une femme originaire du Shaanxi dans le Nord-Est a été forcée à se faire avorter [anglais] à sept mois de grossesse en juin dernier, suscitant un tollé national sur ce que beaucoup disent être une atrocité commise par des fonctionnaires locaux du planning familial.
Pour ces contrevenants, une lourde amende [anglais] sera imposée. Les montants varient d'une région à l'autre.
Xinhua, l'agence d'informations de l'Etat, a rapporté [anglais] que Zhang est désormais sous le coup d'une enquête pour avoir enfreint la politique de l'enfant unique. Mais avant que les détails émergent un jour quant à savoir pourquoi ses supposés sept enfants sont passés inaperçus auprès des fonctionnaires du planning familial, la colère du public n'est pas près de s'apaiser.
“Fenghui Luzhuan de Fengge” a déchargé sa profonde frustration [chinois] sur le site populaire de microblogging Sina Weibo :
哪个名人明星不超生?哪个平头百姓敢多生?只有继续努力去做自己的黄粱美梦
Qui ne viole pas la politique de l'enfant unique s'il ou elle n'est une célébrité ou une personne célèbre ? Qui ose faire cela s'il ou elle est seulement un citoyen ordinaire ? La seule chose qu'on peut faire est de travailler dur pour atteindre notre rêve profond.
L'utilisateur de Weibo “Christopher – Gold”, qui est chinois mais réside aux Etats-Unis, a écrit [chinois] :
为何中国得不到世界尊重?看达官显贵二奶成群,看明星老男人婚变换妻,政协委员张艺谋享尽特权,四个女人七个孩子,百姓超生了,不整死也得罚死,他安然无恙,李安更是大导演,德艺双馨,奥斯卡获奖无数,夫妻白头偕老,老谋子的素养比老百姓都不如,不公平的社会永远得不到尊重.
Pourquoi la Chine n'est pas respectée dans le monde ? L
es responsables de haut niveau et les riches ne sont jamais à court de maîtresses, des hommes célèbres âgés divorcent et changent de femmes, le membre de la CPPCC Zhang Yimou a profité de son prestige, avec quatre femmes et sept enfants. Tandis que des gens ordinaires qui enfreindraient la politique de planification familiale seraient torturés, ou au moins sujets à de lourdes amendes, [Zhang] n'est pas menacé ni poursuivi. Ang Lee est même un plus grand directeur artistique, mais il excelle à la fois dans son travail et son niveau de morale [moral standard], il gagne de multiples Oscars et a un mariage qui dure [lasting marriage], le niveau moral du vieux Zhang [Old Zhang] ne vaut pas mieux que les gens ordinaires, une société injuste ne gagnera jamais le respect.
Le réalisateur d'origine taïwanaise Ang Lee [anglais] a obtenu un Oscar du deuxième meilleur réalisateur pour le film d'action en 3D “La vie de Pi” en février 2013. Répondant à cette critique, un autre utilisateur du nom de “Blinking Eyes” de Nanchang a écrit [chinois] que la Chine continentale et un Taïwan relativement démocratique, d'où le réalisateur Ang Lee est originaire, pourraient expliquer les styles de vie différents des deux réalisateurs :
两个制度下的两种人
Deux différents types de personnes dans deux systèmes.
“Beichan Dingxiang” conclut [chinois] :
张艺谋超生事件成为了社会体制漏洞的照妖镜,三妻七子!让我们充分见识这个超级大国的荒诞和离奇.
Le scandale de Zhang Yimou est devenu un miroir grossissant des lacunes de la constitution sociale, avec trois femmes et sept enfants ! Ça montre à plein l'absurdité et la bizarrerie du pays.
“Lala Linzhi Xiaoqi” démontre [chinois] que le gouvernement devrait assumer sa responsabilité :
最近好多人声讨张艺谋超生。我觉得一来计划生育本来就是很受争议的政策,二来前段时间发生过政府逼怀孕几个月、胎儿已经成形的孕妇流产事件,张的孩子都能打酱油了事情还没调查清楚,说明有的法律就是给没钱没权没势的人制定的。最该被声讨的不是张,而是政府。
(Lire la suite) Celine ArnoldiCes jours-ci beaucoup de gens ont dénoncé la violation de la politique de l'enfant unique par Zhang. D'abord, je pense que la politique de l'enfant unique est une politique très controversée, ensuite, il y a quelques temps, il y a eu des incidents au cours desquels le gouvernements avait forcé des femmes enceintes de plusieurs mois à recourir à l'avortement, les enfants de Zhang sont assez âgés pour aider la famille avec les tâches ménagère, mais de nombreux détails demeurent obscurs et nécessitent d'être approfondis, cela montre que les lois sont faites pour ceux qui n'ont pas de prestige et d'argent. C'est surtout le gouvernement qui devrait être dénoncé, pas Zhang.
Promesses de justice sociale pour les sans-terres en Inde par Marie Bohner Dimanche 12 Mai 2013 :: Global Voices :: RSS
Le long travail effectué par Ekta Parishad (« forum de l’unité » en hindi), dans les zones rurales les plus pauvres de l'Inde, vient d'être reconnu lors d'une réunion du 15 avril 2013 avec Jairam Ramesh, Ministre pour le Développement rural [anglais], validant un accord antérieur avec le gouvernement, en faveur des sans-terre et des plus pauvres en général. L'organisation applique le principe gandhien d’action non-violente pour aider le peuple à mieux contrôler les ressources qui lui permettent de subsister : la terre, l’eau et la forêt.
En Inde, les populations les plus pauvres, dalits et adivasis, en particulier les femmes, sont non seulement les oubliées mais aussi les premières victimes de la croissance effrénée de ces dernières années, qui s'est orchestrée principalement autour de l'industrialisation. Le congrès national des femmes dalits et advasis, en février 2013, est cité dans un billet de blog récent [anglais] de Sujatha Surepally et dénonce aussi cette triste réalité :
Dans la salle résonne la voix furieuse de Dayamani Barla, militante adivasi de longue date originaire du Jharkhand. Elle essaie de réunir les gens contre l”industrie minière dans les Jharkhand, où environ 108 compagnies minières sont à la veille de détruire la vie adivasi au nom des mines, d'abord ils viennent pour le charbon, ensuite pour l'électricité, cela continue, nous sommes repoussés de plus en plus loin. Comment vivre sans notre terre? Un discours spectaculaire pendant une heure, un silence de mort ensuite, tout le monde compatit à ses peines et à sa souffrance. Finalement, qu'essaie-t-elle de transmettre? Humko Jeene Do! Laissez nous vivre notre propre vie ! Si c'est cela que vous appelez développement, nous ne voulons pas en entendre parler !
Marches pour la Justice
Basée sur le transfert d'importantes ressources naturelles aux investisseurs industriels, indiens et étrangers, cette croissance a égratigné au passage les engagements en matière environnementale [anglais]. Les populations locales, dont environ 70% habitent encore aujourd'hui en zone rurale et sont dépendantes des ressources naturelles pour leur survie, ont été souvent déplacées par des accaparements de terres faits sans aucune compensation.
Se basant sur les 60 millions de personnes déplacées sans compensation entre 1947 et 2004, et sur les 25 millions d'hectares de terres réquisitionnés, les militants d'Ekta Parishad ont organisé en 2007 Janadesh – le ‘verdict du peuple', une marche de 25.000 personnes de Gwâlior à Delhi, pendant un mois, afin d'exiger des droits pour les sans-terre. Ces vidéos (en français) décrivent Janadesh et le soutien indien et international :
Ces demandes ont été entendues, et ont donné naissance à des lois telles que le « Forest Rights Act ». Subrat Kumar Sahu commente dans un article en ligne [anglais] d'avril 2010, à propos de la loi :
La loi dit: “Pour la première fois dans l'histoire des forêts indiennes, l'Etat admet formellement que, pendant longtemps, les droits des habitants des forêts ont été niés, et la nouvelle loi concernant les forêts ne vise pas seulement à réparer cette ‘injustice historique’ mais veut aussi donner aux communautés qui habitent les forêts un ‘rôle essentiel dans la future gestion de la forêt'.” [...] même si les militants pour les droits forestiers ont tout de suite manifesté un certain cynisme par rapport aux intentions étatiques. Beaucoup d'entre eux ont appelé cette loi un ‘tigre de papier', comme tant d'autres lois indiennes.
Malgré ces lois très progressistes, peu de réalisations ont été effectives depuis. Cela a poussé Ekta Parishad et plus de 2000 autres organisations à susciter en octobre 2012 Jan Satyagraha, Marche pour la Justice, à nouveau de Gwâlior à Delhi, qui a rassemblé dès le premier jour 50 000 personnes.
La vidéo ci-dessous, sous-titrée en français, “Agir ou mourir”, résume l'alternative pour ces populations :
Selon le blog Rexistance Inde :
Difficile de dénombrer les marcheurs, mais il faut compter presque cinq heures pour voir défiler l'ensemble du cortège. (…) Nous traversons (…) quelques villages où les gens accueillent la Marche avec des colliers et des jets de pétales de fleurs jaunes et orange.

La marche Jan Satyagraha passe au dessus de la rivière Chambal, 6 octobre 2012, crédit Goran Basic / Ekta Parishad
Un accord signé en 2012, des promesses à faire tenir
Les demandes de 2007, surtout concentrées sur les paysans sans-terre, étaient cette fois élargies, incluant les sans-abri, la mise en application effective de lois de lutte contre la pauvreté, les moyens techniques de cette mise en application, et enfin un calendrier précis pour la réalisation de ces promesses. C'est la somme de ces demandes qui a été signée dans l’accord en 10 points entre les marcheurs et le gouvernement indien le 11 octobre 2012, et validée par la nouvelle rencontre entre les autorités et les marcheurs d'avril 2013.
Le blog Rexistance Inde témoigne, dans un billet du 31 décembre 2012 :
Le gouvernement fédéral s'engage à plancher sur une politique de réformes agraires et à faire pression auprès des gouvernements locaux – l'allocation de terres étant leur prérogative – pour permettre aux populations marginalisées de rester sur leurs terres, ou d'en obtenir de nouvelles pour y travailler. Et pour y vivre ! Car l'une des clauses centrales, et nouvelles, de l'engagement consiste à inclure le droit au logement pour chaque famille pauvre et sans terre. [...] Mais Ekta Parishad n'est pas naïf. Au contraire, fort de l'expérience de la Janadesh en 2007 dont le peu de promesses obtenues n'avait pas vraiment été tenues, le mouvement reste vigilant, à tel point qu'il lance dans la foulée de la signature de l'accord un appel à soutien international pour signifier au gouvernement que les “invisibles” ne le lâcheront pas d'une semelle, et que l'œil de la conscience citoyenne veille, partout dans le monde.
Les initiatives de soutien au niveau indien, européen et international se sont aussi multipliées ces derniers mois pour s'assurer du respect de l'accord signé par le gouvernement indien, comme cette lettre commune envoyée au Ministre Jairam Ramesh [anglais], le félicitant pour ses actions depuis ce début d'année en faveur des plus démunis, mais l'encourageant aussi à ne pas s'arrêter en si bon chemin.
Espoir et circonspection
L'accord initié entre Ekta Parishad et le gouvernement indien pourrait bien être la promesse d'un nouveau paradigme de développement et de distribution des richesses naturelles, en Inde et peut-être au-delà. Mais à l'aube d'élections générales en Inde, l'heure est à la mobilisation et à l'espérance autant qu'à la circonspection.
V. Rajagopal, Président de Ekta Parishad, a affirmé que le mouvement comptait clairement faire entendre sa voix lors de la campagne électorale qui commence actuellement en Inde, dans un article en ligne de Firstpost India du 12 avril 2013 [anglais] :
2014 est une année d'élections et tous les partis politiques sont en train d'ébaucher leurs manifestes. Nos efforts sont dirigés vers une place proéminente pour une réforme agraire et foncière dans leurs manifestes. C'est en pensant à ces élections que nous avons mis au point le slogan suivant: Aage zameen peeche vote, nahi zameen toh nahi vote (d'abord des terres, ensuite des votes, pas de terres pas de votes).
(Lire la suite) Marie Bohner
Interview du journaliste tchadien Makaila Nguebla, expulsé du Sénégal vers la Guinée par Anna Gueye Dimanche 12 Mai 2013 :: Global Voices :: RSS
Les autorités sénégalaises ont expulsé le journaliste Makaila Nguebla vers la Guinée le 8 mai 2013.
TeamObservers écrit sur France24 :
Un de nos Observateurs, Makaila Nguebla, opposant tchadien en exil à Dakar, a été expulsé dans la nuit du 7 au 8 mai par les autorités sénégalaises.
Fervent opposant au président tchadien Idriss Déby, Makaila était réfugié à Dakar depuis 2005. Malgré de multiples demandes, jamais le statut de réfugié ne lui a été donné par les autorités.
Dans la vidéo ci-dessous Makaila NGuebla raconte qu’il avait choisi le Sénégal après avoir été arrêté en Tunisie (où il venait de terminer ses études). Grâce à la pression internationale les autorités tunisiennes de l’époque n’avaient pas pu l’expulser vers le Tchad en 2005.
Au téléphone, de Conakry, il raconte :
Mes ennuis ont commencé le lendemain du départ du ministre de la Justice tchadien Jean-Bernard Padaré au Sénégal où il était venu rencontrer les autorités en vue du procès de l’ancien président tchadien Hissène Habré. Jean-Bernard Padaré a rencontré le ministre de la justice et chef de l’état sénégalais seul sans la présence d’aucun autre officiel tchadien. Il a quitté Dakar le dimanche 5 mai. Le lundi 6 mai, la Division de la surveillance du territoire sénégalaise (DST) me convoque pour le mardi 7 mai à 15H. Je me rends à la convocation en présence d’Amnesty International Sénégal à qui il est demandé de quitter les lieux. Je reste donc seul avec eux.
Ils me mettent dans un avion pour Conakry dans la nuit du mardi au mercredi. Une « maman » me voyant pleurer durant le vol me prend sous son aile : elle m’aide à passer les formalités de police une fois à Conakry – les autorités sénégalaises n’avaient pas informé leurs homologues guinéens. Je suis actuellement logé chez cette dame dans les mêmes conditions que les Guinéens : coupures d’électricité le soir et connexion internet avec une clé qui marche à peine [ndlr: Global Voices a dû interrompre l’entrevue par Skype, la connexon étant trop mauvaise. Elle a été reprise par téléphone.].
Global Voices : Comment expliquez-vous que le Sénégal, qui n’a jamais expulsé d’opposants politiques, cède ainsi à ce qui semble être des pressions des autorités tchadiennes ?
Makaila NGuebla : Le conflit au Mali a donné une nouvelle autorité à Idriss Deby, notamment parce que l’armée tchadienne est la seule à connaître parfaitement le terrain et la seule des armées africaines à être en mesure de soutenir effectivement l’armée française. De plus, grâce à l’argent du pétrole tchadien, Idriss Deby a pu contribuer au financement de la campagne de Macky Sall au Sénégal. Dans les négociations sur le dossier Hissène Habré, il est demandé que l’on me livre aux autorités tchadiennes. J’ai été arrêté en Tunisie en 2005 je ne dois qu’à la pression internationale de ne pas avoir été expulsé vers le Tchad.
Global Voices : Vous sentez-vous en sécurité en Guinée ?
Makaila NGuebla : Non. J’ai rencontré le Ministre des droits de l’homme de la Guinée qui m’a dit qu’il ne peut pas garantir ma sécurité dans le contexte actuel de son pays. Depuis plusieurs années, la Guinée traverse une période difficile. Les élections législatives n’ont pu se tenir après les dernières élections présidentielles. Et il y a depuis plusieurs semaines des manifestations de l’opposition.
Global Voices : Vous m’avez dit plus haut que vous logiez chez cette dame qui vous a pris sous son aile depuis l’avion. Mais où en est votre situation administrative auprès des autorités guinéennes ?
Makaila NGuebla : Ce matin [samedi 11 mai], accompagné de membres du Conseil National des Organisations de la Société Civile Guinéenne et du HCR, j’ai pu introduire une première demande de statut de réfugié.
La blogosphère sénégalaise quant à elle s'est mobilisée notamment sur Twitter sous le mot-clic #FreeMakaila et exige son retour au Sénégal.
Cheikh Fall, de Sunu2012 explique: « Non seulement ceci constitue une atteinte aux droits de Makaila Nguebla qui n’a aucune attache en Guinée et s’est construit sa vie au Sénégal depuis 8 ans, mais ceci est une atteinte à la liberté d’expression de tous les Sénégalais : si les autorités commencent à livrer des opposants aux régimes dictatoriaux, elles n’hésiteront pas à s’en prendre à leurs propres opposants sur n’importe quel prétexte. »
Mise à jour 12 mai 2013, 14h :
Le gouvernement sénégalais vient de réagir ce dimanche matin par la voix de son porte-parole. Les réponses des twittos africains n’ont pas tardé.
Cheikh Fall @cypher007 remarque :
@cypher007: « Situation irrégulière, Présence tolérée sous conditions … » Depuis quand un statut pareil existe au #Sénégal?
@wirr2011 en 9 tweets quant à lui dit que le gouvernement sénégalais a volontairement maintenu Makaïla Nguebla dans l’irrégularité pendant huit ans pour pouvoir exercer des pressions sur lui.
Yacouba Ouédraogo @Bambyam répond à un tweet de @wirr2011 :
@Bambyan: Quand on a offert le gîte à Habré et à mains ensanglantées, on peut continuer à “tolérer” un parleur.
Plusieurs twittos font également remarquer que le porte-parole du gouvernement occupe ironiquement le poste de ministre de la bonne gouvernance et que cet ancien journaliste qui avait été maltraité sous l’ancien président Wade en est réduit « à défendre des pratiques honteuses ».
(Lire la suite) Anna GueyeL'ex-dictateur du Guatemala Efraín Ríos Montt reconnu coupable de génocide et de crimes contre l'humanité par Marie Andre Dimanche 12 Mai 2013 :: Global Voices :: RSS
Sauf indication contraire, les liens dirigent vers des pages en anglais.
L'ancien dictateur du Guatemala Efraín Ríos Montt a été reconnu coupable de génocide et de crimes contre l'humanité. Après s'être battu pendant de longues années devant les cours de justice les indigènes Ixil Maya du Guatemala ont obtenu justice.
Le verdict a été twitté en direct et a rapidement inondé les réseaux [es-espagnol].
Tandis que Ríos Montt était déclaré coupable et condamné à 80 années de prison, l'ancien Directeur du Renseignement José Mauricio Rodriguez Sanchez était innocenté.
Rios Montt a dirigé le Guatemala de mars 1982 à août 1983 pendant la guerre civile qui a déchiré le pays durant 36 ans. Comme l'explique Xeni Jardin sur le site BoingBoing: “L'ancien général de 86 ans et ancien chef de l'Etat a été accusé de crime pour la campagne contre l'insurrection qu'il a menée en 1982-83 et qui a fait 1.771 morts parmi les Maya Ixil.”

Rios Montt le 26ème jour de son procès pour génocide. Photo de James Rodriguez sur MiMundo.org, avec son autorisation.
Cette guerre a fait d'énormes dégâts chez les indigènes du Guatemala ; ils ont perdu terres, maisons, animaux, récoltes et ont dû se réfugier dans les montagnes. Après la guerre le pays leur a offert peu de compensations.
Aujourd'hui, les communautés Ixil font partie des plus pauvres du pays, avec près de 77% qui vivent dans la pauvreté [es]. Au Guatemala, où 40% de la population est indienne, 8 Indiens sur 10 sont pauvres. De plus, le racisme affecte leur éducation et leurs possibilités d’emploi.
Malgré leur pauvreté, les survivants ne demandaient pas de dédommagements -ils demandaient justice, comme l'explique au tribunal Benjamín Jerónimo, l'un des plaignants du génocide, dans les conclusions d'un procès très complexe qu'Amnesty International résume en dix points:
Un génocide a été commis, des crimes contre l'humanité ont été perpétrés, et aujourd'hui 100 témoins sont venus dire la vérité et demander justice publiquement pour tout ce que nous avons supporté… Nous ne cherchons pas à nous venger, nous recherchons une paix réelle faite de justice, de respect, d'égalité, de dignité, voilà pourquoi nous sommes là.
Il faut plus de dix heures pour aller de la région d'Ixil à Guatemala City, où se tient le procès, par les transports publics. Malgré leurs modestes revenus et l'éloignement, les membres de la communauté Ixil étaient tous les jours présents au tribunal, comme le montrent les photos de James Rodriguez de MiMundo.org et le compte-rendu de Xeni Jardin sur le site Boing Boing. Xeni a twitté le résultat du procès en direct de la salle d'audience.
Une vidéo détaillant les preuves qui ont mené à l'inculpation a été diffusée cette semaine par PBS (Réseau de TV public à but non lucratif américain), ce qui a provoqué un débat sur l'implication du Président Reagan. L'article des Archives de la Sécurité Nationale “La bataille finale: la campagne de Rios Montt contre l'insurrection : des documents américains et guatémaltèques décrivent la stratégie de la terre brûlée” ajoute:
La stratégie de la terre brûlée de Ríos Montt est prouvée par une série de documents enregistrés par l'armée du Guatemala en juillet et août 1982, concernant l'opération Sofia – une suite de nettoyages anti-insurrectionnels dans toute la région d'Ixil visant à exterminer les combattants de l'EGP (Armée de libération nationale) et à supprimer leur “base de soutien” (la population Maya Ixil). Les documents sur l'opération Sofia ont été remis en 2009 aux Archives de la Sécurité Nationale qui à son tour les a transmis aux procureurs pour preuves du génocide.
Le procès a été un exemple de transparence de la justice, avec la mise à disposition d'une traduction aux populations Ixil pendant toute la durée du procès, un accès sans restrictions pour la presse et une forte interaction dans les médias sociaux.
Parallèlement aux débats qui avaient lieu au tribunal, une discussion en ligne a été ouverte, échange d'idées et de faits.
Les internautes utilisaient les mots-clic #riosmontt, #genocidegt et #sihubogenocidio (“oui, il y a eu génocide”), et il y avait des livestreams ici (audio), ici (audio) et ici.
Il y avait aussi des internautes qui niaient le génocide et qui utilisaient le mot-clic #nohubogenocidio (“il n'y a pas eu de génocide”) pour échanger leurs points de vue.
Pendant toute la durée du procès des citoyens du monde entier ont montré leur soutien à la justice en partageant la photo de leur soutien.
Des volontaires internationaux de NISGUA (Réseau Solidaire avec les Peuples du Guatemala), des Brigades Internationales pour la Paix, du Collectif Guatemala et d'autres ONG ont travaillé et aidé les familles des survivants pendant le procès. Ils ont aussi traduit les contenus en anglais et en français pour qu'ils puissent être diffusés dans le monde.
Après trente ans, ce verdict, qui fait date et matérialise l'esprit de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide et entérine la notion de crimes contre l'humanité, est une garantie pour chaque être humain en créant un précédent pour tous les conflits en cours dans le monde. C'est une lueur d'espoir pour des villages entiers étiquetés “ennemis” en Syrie, pour la souffrance des Rohingya au Myanmar, et pour toutes les guerres à venir.
Par ailleurs, il marque également un nouveau départ pour un Guatemala uni, qui prend en compte et apprend des valeurs et différences de 24 ethnies, et qui commence avec les leçons de courage, de patience et de lutte non-violente pour la justice enseignées par les Ixil. Comme le dit le journal en ligne du Salvador El Faro, le peuple Ixil a déjà remporté une victoire [es].

Photo par @xeni: “Juana Sanchez Toma, victime Ixil de viol que nous avons interrogée pour @newshour. ‘Je rêvais de justice. Et c'est arrivé.'”
Recrudescence des meurtres de femmes au Mexique par Elise Lecamp Dimanche 12 Mai 2013 :: Global Voices :: RSS
Billet d'origine publié le 26 avril 2013
[Sauf mention contraire, les liens renvoient vers des pages en espagnol]
Violeta, une étudiante âgée de 18 ans, a été retrouvée morte sur une route poussiéreuse de l'Etat du Chiapas portant des signes de violences sur le corps. Pendant ce temps, dans l'état du Guanajuato, le corps d'une autre femme appelée Olga a été retrouvé partiellement enterré et couvert de chaux. Elle semblait avoir été étranglée.
Ces deux femmes, découvertes en avril 2013, ne sont que les deux dernières victimes d'une augmentation dramatique des violences faites aux femmes dans de nombreuses régions du Mexique.
D'après Martha Figueroa, du collectif de femmes de San Cristóbal de las Casas, les féminicides sont en augmentation cette année ; jusqu'à présent en 2013, 26 femmes ont été victimes de mort violente au Chiapas, et parmi celles-ci, 20 sont considérées comme des féminicides. En 2012, la même organisation avait enregistré 85 féminicides au Chiapas. Ce mois-ci, le procureur général de Guanajuato, Carlos Zamarripa, a rapporté 24 féminicides “ces dernières semaines” dans cet Etat. Pendant qu'au nord dans l'Etat du Chihuahua –- un Etat connu pour les affaires épouvantables de féminicides survenus à Ciudad Juarez — 73 femmes ont été assassinées en une année, de mars 2012 à mars 2013.
Les mères de ces victimes ainsi que des activistes pour le droit des femmes descendent dans la rue et demandent justice pour les féminicides impunis, risquant leurs propres vies en agissant ainsi. A Ciudad Juárez 6 défenseurs des droits de la personne ont été forcés de quitter la ville ce mois pour protéger leurs vies.
La raison ? Ils exigent de connaître pourquoi leurs filles ont été tuées. Anaiz Zamora Márquez, du site d'information mexicain CIMAC, a raconté pour ses lecteurs une récente manifestation contre l'impunité entourant les meurtres des femmes de Ciudad Juarez qui n'ont pas été facilement oubliés.
Hace un mes en DF el dolor de las madres y familiares de jóvenes desaparecidas en Ciudad Juárez se extendió por esta capital, y en una protesta de más de cuatro horas el silencio de 20 años de impunidad y autoridades incompetentes se transformó en reclamo de justicia.
Il y a un mois, dans la ville de Mexico, la douleur des mères et des familles des jeunes femmes disparues à Ciudad Juarez a balayé la capitale, et lors de la manifestation qui a duré plus de quatre heures, le silence de 20 ans d'impunité et d'incompétence des autorités s'est transformé en revendication de justice.
Anaiz décrit la réponse des autorités face à la manifestation :
La tarde caía y al grito de “¡Vivas se las llevaron, vivas las queremos!” las madres y sus acompañantes se encaminaron sobre Paseo de la Reforma rumbo a la representación del gobierno de Chihuahua.
Al llegar, al igual que hacen las autoridades chihuahuenses, las oficinas –custodiadas por policías de la Secretaría de Seguridad Pública del DF– mantuvieron cerradas sus puertas y ventanas.
Ante el silencio, las madres leyeron un pronunciamiento con una sola exigencia: justicia.
Le soir tombait et les femmes criaient : “Ils les ont prises vivantes, nous voulons qu'elles reviennent en vie !” Les mères et ceux qui les accompagnaient ont cheminé jusqu'au Paseo de la Reforma [célèbre avenue à Mexico] vers la représentation du gouvernement du Chihuahua.
A l'arrivée, comme l'avaient fait les autorités du Chihuahua, les bureaux — gardés par des policiers du Ministère de la sécurité publique de Mexico — ont gardé leurs portes et fenêtres fermées.
Malgré le silence, les mères ont lu leur déclaration avec pour seule exigence : la justice.
Ana Leticia Hernández Julián, du site internet Sin Embargo, a nommé la corruption comme le pire ennemi de la justice quand il s'agit de résoudre ces affaires de violences envers les femmes au Mexique :
La impunidad, además, es el principal motor que promueve estos asesinatos, pues en la mayoría de los casos no se lleva a los culpables ante la justicia, reconocen organizaciones defensoras de los derechos de la mujer y el propio Estado mexicano.
L'impunité est la force qui favorise ces meurtres, puisque dans la plupart de ces affaires les auteurs ne sont pas confrontés à la justice, comme le signalent les ONG pour le droit des femmes et l'Etat mexicain lui-même.
Finalement, Ivonne de la Cruz Dominguez du blog Matices de Mujer, a comparé le silence des autorités face aux meurtres de femmes aux profonds cris de désespoir des citoyens :
En 100 días de gobierno no se ha utilizado esa palabra en ninguno de sus discursos. Incluso, si se teclea en el buscador de la página web de la Presidencia de la República la palabra “feminicidios” te arroja “0 resultados” (lo que no ocurre con homicidios, o secuestros, por ejemplo.)
Mientras, las mujeres que luchan por exigir justicia tras el asesinato de sus hijas en Chihuahua, Guerrero, Edomex, Tlaxcala, Michoacán, Oaxaca, Chiapas, Sinaloa o Sonora, se han levantado nuevamente. Frases como “Ni una más”, “Vivas se las llevaron, vivas las queremos”, “No más violencia contra las mujeres”, se apoderan de las calles de diversas ciudades del país, en forma de gritos o palabras escritas.
(Lire la suite) Elise LecampDurant les 100 premiers jours, le gouvernement n'a utilisé ce mot [féminicides] dans aucun discours. Même si vous cherchez sur le site de la Présidence de la République le mot “féminicide” vous aurez “ 0 résultats” (ce qui n'est pas le cas avec homicide ou kidnapping, par exemple.)
En attendant, les femmes qui se battent pour la recherche de la justice après le meurtre de leurs filles au Chihuaha, au Guerrero, dans l'Eat de Mexico, au Tlaxcala, au Michoacán, dans l'Oaxaca, au Chiapas, au Sinaloa, et au Sonora, se sont de nouveau dressées. Des phrases comme “Pas une de plus”, “Ils les ont prises vivantes, on veut les retrouver vivantes”, “Stop à la violence contre les femmes”, se relaient dans les rues de différentes villes, criées ou écrites.
Brésil : Les Amérindiens résistent au “développement” impulsé par l'Etat par Henri Dumoulin Dimanche 12 Mai 2013 :: Global Voices :: RSS
La politique du gouvernement de Dilma Roussef vis-à-vis des autochtones a été l'objet d'innombrables critiques (En portugais comme tous les liens de ce billet) de la part des militants et des spécialistes. Au nom du “développement” entendu comme construction de routes, exploitation minière, usines hydro- électriques et exploitation des ressources naturelles, les tribus indiennes ont perdu tout droit sur les terres qu'elles habitaient depuis des milliers d'années.
Des universitaires comme Idelber Avelar considèrent que le gouvernement Roussef a été le plus rétrograde dans ses relations avec les Indiens depuis au moins la fin de la dictature militaire (1964-1985), période pendant laquelle des centaines d'entre eux étaient torturés ou tués au nom de l'État. On pense aux Indiens de la tribu Waimiri-Atroari qui passèrent de 3000 à 1000 personnes de 1972 à 1975, exterminés pour s'être trouvés sur le chemin du progrès et du “miracle économique“
Dans l'histoire récente du Brésil, la construction de l’usine hydroélectrique de Belo Monte est peut-être l'exemple le plus emblématique de la violence contre les Indiens dans ce pays. Le 2 mai 2013, les peuples du Rio Xingu (fr), principal fleuve touché par cette réalisation ont envahi le chantier. Parmi eux près de 200 indigènes représentant diverses ethnies, ont proclamé un manifeste dénonçant le climat de violence qui leur était imposé.
Vous pointez des armes sur nos têtes. Vous installez des camions chargés de soldats sur nos territoires. Vous faites disparaître le poisson. Vous volez les ossements de nos ancêtres enterrés sur nos terres…
Vous faites cela parce que vous avez peur de nous entendre, d'entendre que nous ne voulons pas les barrages, d'entendre surtout pourquoi nous ne voulons pas les barrages.

L'occupation du chantier de Belo Monte, le 6 mai 2013. Photo de Paygomuyatpu Munduruku, sous licence CC by-sa 2.0
Les Indiens qui occupaient Belo Monte (jusqu'à la nuit du 9 mai) ont reçu l'aide de près de 3000 travailleurs du chantier (sur 6000) lesquels révélèrent des menaces et firent grève pour dénoncer des conditions de travail et de logement précaires et même des rapts, représaillles et assassinats.
Ruy Sposati, un journaliste, dénonce la violence locale contre la presse et fait un critique de cette entreprise industrielle.
Ce n'est pas une banalité. C'est, dans une démocratie, l'expulsion de journalistes par l'appareil policier de l'État hors du site de la construction la plus chère de l'histoire du Brésil… une construction réalisée avec de l'argent public, responsable de grandes répercussions humaines et environnementales, source d'innombrables violations de la loi et cette fin de semaine de l'incroyable nouveauté d'une expulsion des journalistes par des forces de police en pleine démocratie. Il faut savoir que le coût de Belo Monte initialement prévu à 4,5 milliards de Reais en est aujourd'hui à presque 30 milliards (12 milliards d'Euros)
A Rio de Janeiro, le lieu dédié aux Indigènes Aldeia Maracanã a été récupéré pour devenir lieu de réunion des fans pendant la coupe du monde de 2014 et, à l'avenir Musée Olympique, une décision très critiquée par les Indiens et les militants. Le 26 avril 2013, on a vu des manifestations publiques d’opposition à la confiscation du centre Aldeia Maracanã.
patrickgranja, un utilisateur de Youtube a publié une video témoignant des violences policières contre les manifestants :
Dans le Mato Grosso du Sud, des Indiens Guarani-Kaiowá continuent une lutte pour leur survie malgré le massacre qu'ils subissent du fait des intérêts des éleveurs de bétail, cultivateurs de canne à sucre ou de soja de la région. Ils sont menacées de perdre leurs terres déjà très démembrées à cause de l'influence du lobby des banques rurales au Congrès.

La présidente Dilma Rousseff contemplant les Indiens expulsés par la force du centre Aldeia Maracana par le gouverneur de l'État de Rio de Janeiro, Sérgio Cabral, et par le maire de la ville, Eduardo Paes, sous le regard de la mascotte de la Coupe 2014 et du milliardaire Eike Batista, dirigeant de l'entreprise qui a remporté l'appel d'offre pour la gestion privée du Maracanã. Dessin de Carlos Latuff, usage libre
Les Indiens se sont révoltés également contre l’espionnage du mouvement Xingu Vivo pratiqué par l'agence brésilienne de renseignement (ABIN) et contre l’invasion (fr) des terres des Mundurukus, au Pará, par la Force Nationale et l'Armée, dans le cadre d'une étude sur la faisabilité de la construction d'autres usines hydroélectriques sur le Rio Tapajós, unique grand fleuve de la région encore sans barrages. Craignant de voir leurs terres noyées sous l'eau et leur mode de vie disparaître, les Mundurukus ont cherché le dialogue, mais ont été fortement dissuadés par la présence policière. Ils continuent à résister.
Le peuple Munduruku dénonce également l'absence des représentants du gouvernement brésilien à la réunion du 25 avril 2013 pendant laquelle les forces de police ont été utilisées comme instrument d'intimidation. C'est ce que raconte le journaliste Ruy Sposati lors d'une entrevue avec Cândido Waro, président de l'association Pusuru, entité représentative des Indiens (texte publié sur le site du Conseil Indigène Missionnaire, le CMI)
Les Indiens disent que pendant trois jours, Jacareacanga a été assiégée. “Les autorités ont fait venir là-bas plus de 200 policiers. Les gens de la ville ont vu arriver au moins cinq camions hélicoptère, fourgons et voitures. Même chose à Itaituba [l'endroit où a commencé l'opération Tapajós]”, explique [Cândido Waro].“
Ils voulaient qu'un groupe de représentants des Indiens sortent du village pour aller les rencontrer dans la ville pleine de policiers. Lors d'une assemblée populaire nous avons refusé cela, demandant seulement à recevoir le gouverneur sur nos terres et sans la présence policière”
“le gouverneur a dit qu'il avait peur d'être attaqué, les villageois dirent qu'ils veilleraient personnellement à la sécurité de tous les officiels. Mais ceux ci déclarèrent qu'il ne rentreraient dans le village qu'en compagnie des forces nationales de la police fédérale selon les recommendation de Gilbero Cavalho du secrétariat général à la présidence de la république !”
L'information selon laquelle des représentants du gouvernement brésilien rencontraient les Indiens a été diffusée sur le site officiel du secrétariat général de la présidence et relatée par les Munduruku dans une lettre ouverte.
Nous exigeons que le gouvernement cesse de tenter de nous diviser et manipuler, de faire pression individuellement sur nos leaders, nos caciques ou les habitants des villages. Nous rappelons que ceux qui représentent officiellement notre peuple sont les coordonnateurs des associations Munkuru appelés Pusuru e Pahyhy.
Nous exigeons également que nos droits constitutionnels soient garantis et non pas utilisés comme monnaie d'échange. Nous continuons à proclamer notre opposition aux barrages, nous voulons des fleuves libres, et nous continuerons à lutter pour cela.
En avril 2013, il y a un mois, des centaines d'Indiens ont investi le Congrès National à Brasilia cherchant à exposer leur revendications, et protestant tout spécialement contre le projet d'amendement constitutionel numéro 215 (PEC 215) transférant le pouvoir de délimitation des terres indigènes de l'exécutif au législatif.
(Lire la suite) Henri DumoulinGuinée : 3ème édition des jeux paralympiques à Mamou par Abdoulaye Bah Samedi 11 Mai 2013 :: Global Voices :: RSS
Au terme de la 3ème édition des jeux paralympiques organisée par le Centre Konkouré de Guinée-Solidarité Provence à Mamou, une des principales villes de la Guinée, Boubacar Sanso Barry, lui-même handicapé moteur et blogueur, rapporte sur GuineeConakry.info, les propos de Mamadou Aliou Bah, un des participants, élève en 3ème année Mécanique:
(Lire la suite) Abdoulaye BahGénéralement, devant un enfant handicapé, les parents concluent très vite à son incapacité absolue ». Or, poursuit-il, « au cours de ces jeux, nous avons démontré au public que nous sommes bien capables de quelque chose ». Prenant exemple sur lui-même, il affirme avec un brin de fierté et comme pour prendre une revanche : « Avec l’appui du Centre Konkouré, je suis aujourd’hui capable de dépiécer [démonter pièce par pièce] une moto, de la réparer et de remettre toutes les pièces à leur place initiale »
Egypte : Plateforme d'initiatives urbaines au Caire par Celine Arnoldi Samedi 11 Mai 2013 :: Global Voices :: RSS
Soutenu par la Fondation Ford et le Conseil britannique, Cluster a récemment lancé la Plateforme d'initiatives urbaines au Caire (CUIP), la première ressource du genre en Egypte.
(more…)
Panama : la crise énergétique entraîne la fermeture des écoles par Kim Palmer Samedi 11 Mai 2013 :: Global Voices :: RSS
Le Panama fait face à une crise énergétique qui pourrait paralyser tout le pays. Cette crise est en partie due au retard du début de la saison des pluies.
Voici le début d'un article de Prensa Latina [es, espagnol] sur cette sécheresse :
Con un régimen pluvial privilegiado por su condición de istmo favorecido por los dos principales océanos del planeta, en Panamá históricamente llueve nueve meses del año y sus caudalosos ríos y abundantes lagos siempre están saturados.
Sin embargo, el cambio climático se está sintiendo en las cuencas de toda su geografía y pocas escapan a una escasez de lluvias pronunciada, mientras ecologistas y ambientalistas como Raisa Bansfield alertan que a ese fenómeno contribuye la acción del hombre.
Constitué d’isthmes et bordé par les deux principaux océans de la planète, le Panama bénéficie d’un régime pluvial privilégié ; historiquement, il y pleut neuf mois de l'année et ses grandes rivières et multiples lacs sont toujours pleins.
Cependant, le changement climatique se fait sentir dans tous les bassins versants du pays et peu échappent à un manque de pluie prolongé. De plus, les écologistes et environnementalistes, comme Raisa Bansfield, mettent en garde contre le comportement humain qui aggrave le phénomène.
Le gouvernement tente d'éviter les coupures de courant programmées qui pourraient causer des pertes allant jusqu'à 3,7 millions de dollars par heure, comme rapporte Prensa Latina [es] :
La Cámara de Comercio alertó que el sector podría perder 3,7 millones de dólares por cada hora de apagón si se llega a tomar esa medida como resultado de una baja en la generación eléctrica motivada por el descenso del nivel de las aguas en ríos y represas que abastecen a las hidroeléctricas.
La Chambre du Commerce a averti que le secteur pourrait perdre 3,7 millions de dollars pour chaque heure de coupure de courant si cette mesure est prise en conséquence de la baisse de production d'électricité due à la chute des niveaux d'eau des rivières et barrages qui approvisionnent les centrales hydroélectriques.
La sécheresse a affecté les principales centrales hydroélectriques du pays, ce qui a poussé les autorités à prendre des mesures drastiques comme d'éteindre les panneaux lumineux, de permettre à deux bateaux de traverser le canal en même temps ou encore de fermer les supermarchés à 22h00 ainsi que d'autres mesures.
Toutefois, la mesure qui a engendré le plus grand nombre de réactions est la fermeture des écoles publiques et privées pendant trois jours.

Image largement partagée par le biais des réseaux sociaux.
“OK! Nous devons trouver des idées pour combattre cette crise énergétique !!!
- Fermons les écoles…
- … et les universités…
- … ou les galeries marchandes qui consomment beaucoup plus.”
Ivana Tejada (@IvanaTejada) [es], par exemple, pense que les autorités ont été incapables de prévenir cette crise et réagissent maintenant trop tard :
@IvanaTejada Incapaces de prevenir las cosas, esperan que el país esté en crisis para tomar medidas drásticas. A ellos les dimos el poder.
@IvanaTejada [es] : Incapables de prévenir les choses, ils attendent que le pays soit en crise pour prendre des mesures aussi drastiques. Voilà à qui nous avons donné le pouvoir.
Jorge Yau (@mopx) [es] pense que suspendre les classes c'est aller trop loin. Il affirme qu'il est possible d'étudier sans utiliser autant d'appareils électroniques :
@mopx: En mis tiempos lo único eléctrico en el salón era el abanico de techo, que usan los chiquillos ahora? iPad, Laptop, WIFI, silla masajeadora?
@mopx [es] : A mon époque, le seul appareil électrique dans la salle de classe était le ventilateur de plafond. Qu'est ce que les élèves utilisent aujourd'hui ? Des iPads, des ordinateurs portables, le WIFI, des chaises massantes ?
D'après Mery (@megirom) [es] le fait de suspendre les classes pour économiser l'énergie ne fait pas de sens puisque les élèves vont consommer de l'électricité à la maison.
@megirom: Claro, porque los estudiantes van a estar en sus casas leyendo bajo la luz de la guaricha. [*En Panamá se le llama guaricha a una fuente rustica de luz artificial, por lo genera un mechón con querosén.]
@megirom [es] : C'est certainement parce qu'à la maison, les étudiants vont lire à la lumière d'une guaricha [*au Panama, une guaricha est une source de lumière artificielle rustique, habituellement, une mèche et du kérosène].
Oliver (OliverCh17) [es] est d'accord et pense qu'un simple calcul montre que la suspension des classes va entraîner une consommation accrue d'énergie :
@OliverCh17: Matemática simple, 30 niños juntos en un aula de clases o 30 casas con niños consumiendo + energía. . . GENIOS!!!
@OliverCh17 [es] : Simple calcul : 30 enfants ensemble dans une salle de classe ou 30 maisons avec des enfants consommant plus d'énergie… COUP DE GENIE !!!
Selon Tito Herrera (@TitoHerrera) [es] la mesure va permettre au gouvernement d'économiser non seulement l'énergie mais aussi les explications :
@TitoHerrera: Ahorro de Energía según el gobierno: “Cerrando las escuelas también cerramos los cerebros, esto representa un ahorro en dar explicaciones”
@TitoHerrera [es] : L'économie d'énergie selon le gouvernement : « En fermant les écoles nous allons aussi fermer les esprits, ce qui veut dire, économiser les explications ».
Ce qui est certain, c'est que les mesures vont se multiplier et des coupures de courant ont été annoncées s'il ne pleut pas suffisamment dans les prochains jours. D'après La Prensa [es] :
Los cortes programados de energía se aplicarían durante los próximos días si no hay agua de lluvia para los embalses de las hidroeléctricas de Fortuna en Chiriquí y Bayano en Panamá.
Les coupures de courant programmées seront appliquées dans les prochains jours si les centrales hydroélectriques de Fortuna à Chiriquí et de Bayano à Panaman ne reçoivent pas d'eau de pluie.
Le matin du jeudi 9 mai 2013, des averses dans plusieurs parties du pays ont donné espoir aux Panaméens que la crise trouvera une solution naturelle sans qu'il y ait besoin de prendre des mesure plus extrêmes. TVN [es] explique :
Este jueves amaneció lloviendo en Arraiján y otras comunidades de Panamá Oeste, así como en Chilibre, Panamá Norte y la comarca Guna Yala, lo que llenó de esperanza a los panameños de que entre de lleno la estación lluviosa y se recuperen los embalses de las hidroeléctricas Fortuna y Bayano.
(Lire la suite) Kim PalmerJeudi, le jour a commencé par des averses à Arraiján et dans d'autres communes de l'ouest du Panama, ainsi qu'à Chilibre, dans le Nord du Panama et dans la région de Guna Yala, donnant espoir aux Panaméens que la saison des pluies serait sur le point de débuter et que les réservoirs des centrales hydroélectriques de Fortuna et de Bayano pourraient retrouver leur niveau habituel.
Surveillance collaborative en ligne pour une élection impartiale en Bulgarie par Celine Arnoldi Samedi 11 Mai 2013 :: Global Voices :: RSS
Le gouvernement de Boïko Borissov est tombé le 20 février 2013 après un mois de contestation continue, et le 12 mai, les citoyens bulgares éliront un nouveau parlement (article GV sur le sujet ici).
Il y a cependant des incertitudes quant à l'impartialité du scrutin à venir. Pour aider à surveiller les violations du processus électoral, des activistes bulgares ont créé plusieurs outils en ligne.
- Аз Гласувам ["Je Vote"; bulgare] a été créé par l’Institut pour le Développement de l'Environnement Public (IPED [anglais]), une organisation non lucrative soutenant le changement politique et social en Bulgarie. L'IPED travaille à accroître la participation citoyenne dans le gouvernement bulgare, en limitant l'influence de la mafia en politique, en garantissant un processus électoral équitable, et en combattant la corruption et l'abus de pouvoir. Le but de la plate-forme est de promouvoir les droits des électeurs en Bulgarie, répondre aux questions les plus courantes au sujet de l'élection à venir, rapporter les violations du processus électoral et agréger les flux d'informations publiées dans les média.

- За честни избори (“Pour des élections équitables”; bulgare] est une plateforme dressant une carte collaborative en temps réel basée sur Ushahidi [anglais], qui aidera à rassembler les faits rapportés de violations (textes et photos soumis via Facebook, Twitter et courriel).

- Campagne publique contre l'achat et le contrôle du vote [bulgare] est un site qui collecte des informations, mises à jour et conseils sur la façon de combattre l'achat de vote et autres violations.

Sur Twitter, les internautes peuvent rapporter les violations et poster des mises à jour en utilisant ces mots-dièses : #bgizbori2013, #izbori2013, et #izbori (izbori signifie ‘élections’ en bulgare).
(Lire la suite) Celine ArnoldiEcouter les couleurs par Claire de Bouvier Dimanche 5 Mai 2013 :: Global Voices :: RSS
Cet article a d'abord été publié dans le journal électronique catalan VilaWeb [catalan, ca] et fait partie de l'accord de collaboration établi avec Global Voices.
(Billet d'origine publié sur Global Voices en anglais le 12 février 2013) Lors de la dernière édition du Festival de Cinéma Indépendant de Sundance qui s'est déroulé du 17 au 27 janvier 2013 dans les montagnes de l'Utah, le réalisateur catalan Rafael Duran [en, anglais] a eu une surprise inespérée en voyant que son documentaire avait gagné le concours des réalisateurs Focus Forward. “Cyborg Foundation” [en] raconte l'histoire de Neil Harbisson [en], l'un des premiers membres de la fondation, qui est également officiellement reconnu par le gouvernement britannique comme le premier cyborg.
Neil Harbisson est né avec une infirmité visuelle appelée achromatopsie qui l'empêche de distinguer les couleurs autres que le noir et le blanc. Ce compositeur et artiste visuel a inventé l‘Eyeborg [en] avec l'aide d'un ingénieur en électronique. L'Eyeborg ressemble à une antenne et sert à recevoir les fréquences émises par les couleurs pour ensuite les transformer en impulsions audibles pouvant être perçues à travers les osselets des oreilles.
Mariana Viada et Neil Harbisson de la Cyborg Foundation.
La deuxième surprise est le fait que Neil soit un tiers cyborg, un tiers irlandais/britannique et un tiers catalan. Il a vécu a Mataró pendant dix ans et y a créé la Cyborg Foundation [en] en 2010. La fondation a maintenant une nouvelle maison à Barcelone et est la première à promouvoir l'utilisation de dispositifs cybernétiques et technologiques pour améliorer nos sens. Ici, nous dialoguons avec Neil Harbisson, qui a pris la parole lors d'événements prestigieux comme les conférences TED (vidéo [en, ca]), et également avec Mariana Viada qui appartient elle aussi à la fondation.
- Voir un extrait de l'interview [ca].
- Écouter le programme en mp3 [ca].
- Ou bien encore sur des radios locales et en ligne [ca]
- Vous pouvez également télécharger le podcast de l'Internauta sur VilaWeb ou iTunes [ca]
L’Internauta [ca] est diffusé sur VilaWeb tous les vendredis après-midi.
Pérou : le film ¡Asu Mare! bat tous les records d'entrées au cinéma par Julien Meyer Dimanche 5 Mai 2013 :: Global Voices :: RSS
[Tous les liens renvoient vers des pages en espagnol.]
Le film péruvien “¡Asu Mare!” est sur le point de battre un record d'audience. A l'affiche depuis moins de trois semaines, le film a déjà été vu par plus de deux millions de spectateurs, ce qui représente un record historique pour les salles du pays.
Sorti en salle le jeudi 11 avril 2013 dans les cinémas péruviens, ce film de 95 minutes s'appuie sur le spectacle [comique] du célèbre acteur et comédien péruvien Carlos Alcántara, l'homme qui fait le succès du film. Sur les écrans, Alcántara rend hommage à sa mère qui a élevé seule ses enfants dans un quartier populaire de Lima et raconte comment celle-ci a réussi à se sortir de situations difficiles, vues par l'oeil un peu espiègle d'Alcántara. Car si cette mère singulière se sacrifie et se consacre entièrement à ses enfants, elle a une façon bien à elle de les élever.

Carlos Alcántara à l'avant-première de “Asu Mare”. Photo issue de Wikimedia Commons, sous licence Creative Commons CC BY-SA 3.0.
Si “¡Asu Mare!” est une expression facilement comprise par n'importe quel Péruvien, elle exige une certaine explication pour les étrangers. “¡Asu Mare!” est la forme abrégée de “¡para su madre!” [littéralement "pour sa mère", expression familière signalant l'étonnement, équivalent approximativement en français à "Oh, la vache !"], utilisée ici pour rendre compte de l'admiration. Il ne s'agit pas de la comprendre dans un sens péjoratif ou désobligeant.
Lors des trois semaines de projection dans les salles péruviennes, le film a reçu autant d'éloges que de critiques.
Le blogueur Pachini, du blog The Markethink, nous fait partager son expérience de spectateur de “¡Asu Mare!” :
[...] Alors que j'attendais dans la file, je me demandais à quand pouvait bien remonter la dernière fois que j'avais déboursé 19 soles [5,5 euros] pour un ticket de cinéma pour voir un film péruvien. Ça ne m'était jamais arrivé. Goguenard, j'entrais ainsi dans le cinéma, sans pouvoir étouffer mes envies de rire.
[...]
Lorsque je me suis assis dans la salle d'une contenance de 450 places, j'ai cru qu'elle ne se remplirait tout au plus qu'à la moitié.
Et bien au contraire, une cohue s'y est engouffrée et l'a aussitôt remplie. Le film comporte en lui-même tous les ingrédients du succès, dans la mesure où son histoire peut être celle tout Péruvien entreprenant. L'action du film est en plus parfaitement située dans les années 1980 avec une réalisation et une direction artistique parmi les meilleures qui m'ont été données de voir au Pérou.
Le blogueur ajoute une recommendation [à l'adresse des cinéastes] :
La salle n'arrêtait pas de rire. Chers scénaristes et réalisateurs, si vous voulez tourner un film à grand succès, le parfait ingrédient est l'humour. Si vous voulez gagner un Oscar ou une récompense à l'étranger, il vous faudra réaliser plusieurs films (sans disposer de budget conséquent) avant de taper dans le mille. Comprenez bien que nous en avons marre de voir de l'alcool, du sexe, des drogues et du sang ; nous voyons tout ça du lundi au vendredi dans le journal télévisé, matin, midi et soir. L'acte de se rendre au cinéma est fait pour se détendre. Le film [¡Asu Mare!] est court, mais comprend des tensions et des résolutions qui s'articulent bien et nous apprennent beaucoup. Le public en est sorti en riant et en commentant ainsi, ce que je confirme à mon tour : UNE REUSSITE..
Le blog MarcaFreak [Les bizarreries des marques], spécialisé dans les marques commerciales, a relevé cinq anomalies [anachronismes, incohérences de l'intrigue] dans ce film à succès et conclut son billet en précisant :
Il convient de mentionner qu'aucun des détails mentionnés plus haut ne portent ombrage au succès du film et aux résultats obtenus dans les cinémas péruviens. Mais comme notre blog s'appelle MarcaFreak, nous nous ne pouvions cependant pas les laisser de côté.
Quant au blog Sumidero, il livre une analyse approfondie du caractère péruvien ou péruvianité [peruanidad] et de sa mise en évidence tout au long du film :
En l'occurence, ce que j'entends par péruvianité [peruanidad] consiste dans le fait de se sentir vraiment péruvien. [...] Quoi qu'il en soit, ce qui est important ici est la péruvianité, du moins telle que je l'entends, c'est-à-dire que l'histoire actuelle est aussi l'histoire de toute une vie, celle d'un Péruvien d'aujourd'hui et du millénaire dernier. Je parle de “¡Asu Mare!” et du plaisir éprouvé à voir un film péruvien au cinéma. Il s'agit en plus du premier film péruvien auquel j'assiste dans une salle de cinéma.
En revanche, le site Cero Contenido consacre une sévère critique au film :
L'histoire passe de l'enfant Machín [personnage interprété par Alcántara] à Machín cherchant des filles à Machín fumant de la coca sur une table de billard à Machín effectuant son service militaire. Aucune de ces scènes n'a de rapport avec les autres et le développement de l'intrigue est affreusement arbitraire. La seule motivation réelle plus ou moins présente dans le film est la velléité de Machín de devenir acteur, à quoi il parvient au bout du compte (mais de manière totalement spontanée, sans fournir d'explication ni consacrer d'effort particulier). Il entre juste dans une école de clowns et apparaît, la scène suivante, à la télévision. Voilà, tout rentre dans l'ordre.
Bref, que les opininions soient favorables ou non, on peut en tout cas affirmer que le film ¡Asu Mare! est devenu un film à grand succès dans un pays où la piraterie est pour ainsi dire la norme.
(Lire la suite) Julien MeyerRussie – Asie Centrale : Un politicien d'extrême-droite attise les haines par Suzanne Lehn Samedi 4 Mai 2013 :: Global Voices :: RSS
Bien que première destination des travailleurs migrants d'Asie Centrale, la Russie est célèbre pour son intolérance ordinaire envers les ‘non-Russes’ résidant à l'intérieur de ses frontières. Les crimes haineux à motif racial et ethnique ne sont pas rares dans cette fédération multinationale, et les migrants d'Asie Centrale et du Caucase sont les victimes habituelles [russe] du racisme. Conscients de l'intensification des sentiments anti-migrants, beaucoup de politiciens moscovites cherchent à faire fructifier leur capital électoral en prônant des mesures droitières. Mais parmi eux il en est toujours un qui va un peu plus loin que ses confrères.
Vladimir Jirinovski, le chef du parti Libéral Démocrate de Russie, est un député irascible connu pour ses propos ni libéraux ni démocrates. Abonné depuis longtemps aux rôles de clown dans les affaires intérieures, la prestation d'avril de Jirinovski semblait calibrée pour plonger l'Asie Centrale entière dans un tollé qui n'avait rien de drôle.
Son assaut contre les peuples de la région a commencé par une proposition à la Douma de débarrasser [russe] le Kirghizistan de l’Yssyk-Koul, un lac pittoresque enchâssé dans les grandioses montagnes du Tian Shan, afin de solder la lourde dette de cette ancienne république soviétique envers Moscou. Il y revenait une semaine publique, avec une diatribe [russe] contre les migrants d'Asie Centrale lors d'une émission politique télévisée.
Si le ministère kirghize des Affaires Etrangères a écarté d'un haussement d'épaules [russe] le marché lac contre dette, les internautes kirghizes n'y ont pas vu de quoi rire.
Sous une vidéo YouTube du discours parlementaire de Jirinovski, bekturel a commenté [russe] :
Иссык – Куль он захотел. Ни одной кыргызской лужи не получите! Долг мы вернем, только не водой, и не землей, а бумажками.
Il a voulu l'Yssyk-Koul. Ce n'est même pas une flaque kirghize que vous aurez ! Nous rembourserons notre dette, pas avec de l'eau ou de la terre, avec des billets.
‘Ils sont comme des esclaves…’
Le parlement russe a ignoré la proposition de “l'histrion de la politique russe“ et a ratifié une annulation des 500 millions de dollars de la dette kirghize sans confiscation de trésors nationaux. Mais Jirinovski ne s'est découragé pour si peu, et quelques jours plus tard, il donnait un nouveau spectacle haut en couleurs lors d'une émission politique sur Rossiya, une télévision d'Etat. Il y a parlé de la nécessité d'instaurer des visas obligatoires pour les ressortissants des pays d'Asie Centrale, qui actuellement n'en ont pas besoin pour se rendre en Russie. Il s'est aussi permis [russe] des descriptions éloquentes des travailleurs migrants d'Asie Centrale :
Им не надо жилья, страховок. Oни как рабы крепостные, спят в подвалах, едят любую гадость.
Ils n'ont pas besoin de logements, d'assurances. Ils sont comme des esclaves ou des serfs, dorment dans des sous-sols, mangent n'importe quelle saleté.

Affiche du PLD, le parti de Jirinovski, avec pour slogan “Le PLD pour les Russes !” Photo Ilya Radnets, utilisée avec permission.
La majorité des commentaires sous la vidéo YouTube du débat approuvaient. Un usager au pseudonyme ‘nekto1rublik' a écrit [russe] :
давно пора уже ввести самый жесткий режим для их въезда вы посмотрите на улицы наших городов скоро на нас уже будут смотреть как будто мы не у себя дома кругом одна чернота сколько можно то уже….а те которые уже приехали нужно в вагоны и желательно грузовые и в Таджикистан!!!!!!
Il est grand temps d'instaurer le régime le plus strict pour l'entrée [des migrants d'Asie Centrale]. Regardez les rues de nos villes. Bientôt on nous regardera comme si nous n'étions pas chez nous, il n'y a que du noir partout. Combien de temps ça sera encore possible ?… Ceux qui sont déjà arrivés il faut les mettre dans des trains et de préférence de marchandises, et envoyés au Tadjikistan !!!
Le commentaire élu préféré est venu [russe] d'un utilisateur ‘CSKA Ultra', un nom qui se réfère aux casseurs d'extrême droite supporters du club de football CSKA Moscou :
ЗА визовый режим с чуркостанами.
Pour un régime de visas avec les Tchourkostans ['Tchourki' est un mot d'argot injurieux pour les gens d'Asie Centrale].
Dans la suite du même débat, Jirinovski a défendu que les talibans pouvaient bien “piétiner le Tadjikistan” et “pendre [le président tadjik Emomali Rahmon] en plein centre de Douchanbé”. Un propos qui a provoqué des réactions diverses, gagnant à l'homme politique un répit de la part des internautes du Tadjikistan opposants au régime de leur pays. Mais qui a amené le parlement tadjik à transmettre une protestation [russe] à l'ambassadeurde Russie.
‘Vous avez tous 15 enfants…’
Jirinovski a conclu [russe] une de ses diatribes anti-Asie Centrale de cette émission par des clichés accablants :
Все бывшие советские республики живут лучше нас. То есть Россия через 20 лет снова всех кормит. Они все откормленные, все одетые и едут сюда погулять, бандитизмом заниматься, понасиловать. Естественно там у них работы не хватает, но эта причина ваша, это ваша релишия, у вас по 15 детей. Если у вас как у русских будет один ребёнок, вы вообще не будете думать о России. Пускай все Таджикские семьи имеют два ребёнка в семье и проблемы никакой у вас не будет! Тоже самое узбекистан и весь исламский мир
Toutes les anciennes républiques soviétiques vivent mieux que nous. Vingt ans après [l'éclatement de l'Union Soviétique], la Russie nourrit de nouveau tout le monde. Ils sont tous engraissés, vêtus et viennent ici se promener, pratiquer le banditisme et le viol. Naturellement il n'y a pas assez de travail chez eux, mais c'est de votre faute, c'est votre religion, vous avez une quinzaine d'enfants. Si vous aviez comme chez les Russes un seul enfant, vous ne penseriez même pas à la Russie. Que toutes les familles tadjikes n'aient que deux enfants et vous n'aurez plus aucun problème ! La même chose pour l'Ouzbékistan et tout le monde musulman !
Pendant sa longue carrière politique, Jirinovski s'est gagné [anglais] une réputation de politicien excentrique, populiste et nationaliste. Né au Kazakhstan, fils d'un avocat juif, il garde des amitiés en Asie Centrale et reste un vivant paradoxe. Seul 6% de l'électorat russe a voté pour lui à la présidentielle de 2012 qui a consacré la réélection de Vladimir Poutine à la tête de l'Etat.
Avec de telles contradictions, il a été souvent supposé que Jirinovski est une sorte de diversion pour le parti de Poutine Russie Unie : un moyen d'absorber le vote nationaliste sans offrir d’alternative crédible [anglais] à l'élite au pouvoir. Un refrain repris [russe] par MrFury1984 sous une vidéo YouTube de Jirinovski dans une autre émission télévisée, où on lui demandait de changer de métier :
Да жирик не хочет быть у руля ))) это много ответственности , он часть пирога имеет от бюджета.. и радуется )))
[Jirinovski] ne veut pas être au volant ))) c'est beaucoup de responsabilité, il a une part du gâteau budgétaire.. il est content )))
Cela vaut mieux pour les migrants d'Asie Centrale en Russie, mais le simple fait que Jirinovski ait le soutien de milliers de gens est motif à s'inquiéter. L'usager de YouTube ‘Anonim Anonimov' écrit [russe] sous la vidéo du talk-show avec Zhirinovsky :
А были ли фальсификации на недавних выборах если Жириновский из передачи в передачу побеждает адекватность с подобным перевесом? Может у нас и вправду с народом просто что-то не то?
(Lire la suite) Suzanne LehnY a-t-il eu des falsifications aux dernières élections si Jirinovski d'émission en émission gagne avec une marge aussi confortable ? Peut-être qu'il y a vraiment quelque chose qui ne va pas avec notre peuple ?
La révolution continuera-t-elle à être relayée sur Twitter ? L'incertaine liberté des internautes vénézuéliens par Celine Arnoldi Samedi 4 Mai 2013 :: Global Voices :: RSS
(Billet d'origine publié le 25 avril)
La mort de Hugo Chávez en mars 2013 a bouleversé le Venezuela, dont les gouvernants tout comme les citoyens ont du mal à affronter les incertitudes sur l'avenir politique du pays. Les tendances à l'instabilité politique ont augmenté de manière continue depuis que la maladie de Chávez a été rendue publique. Mais la mort de l'icône politique et la récente élection de son héritier et vice-président, Nicolás Maduro (qui l'a emporté avec une marge de moins de deux points) ont ravivé les ardeurs des opposants au chavisme.
Depuis l'élection, les sympathisants de l'opposant à Maduro, Henrique Capriles, ont organisé des manifestations massives pour demander le recompte des votes à Caracas et dans d'autres grandes villes, malgré les efforts du gouvernement et de la garde nationale pour bloquer leurs actions. Il a été rapporté qu'entre six et huit personnes sont mortes dans ces manifestations et plusieurs bâtiments ont été incendiés par des groupuscules extrémistes de l'opposition, bien que ces faits n'aient pas été confirmés.
!["Tengo un dedito" [I have a little finger]. Photo by Luis Carlos Diaz. (CC BY-NC 2.0)](http://advocacy.globalvoicesonline.org/wp-content/uploads/2013/04/Screen-shot-2013-04-24-at-8.41.46-PM-342x300.png)
“Tengo un dedito” [j'ai un petit doigt]. Photo de Luis Carlos Diaz. (CC BY-NC 2.0)
Tous ces événements ont eu des effets négatifs sur les citoyens et les usagers des média sociaux. En six semaines seulement depuis la mort de Chávez, deux utilisateurs de média sociaux ont été arrêtés au motif d'avoir posté des informations et des images supposées “déstabiliser” le pays. Le jour de l'élection, l'Internet a été brièvement coupé dans la majorité du pays. Et aujourd'hui, les utilisateurs des réseaux sociaux sont confrontés à des menaces pour leur emploi, puisque les autorités vérifient les profils à la recherche de signes d'attaches politiques qui, en plusieurs cas, se sont traduits par la perte d'emploi.
Les quatorze ans de mandat du président Chávez ont été marqués par des controverses et divergences de vue entre différents secteurs au sein et en-dehors du pays. Le cadre d'une soi-disant “bataille idéologique,” a monté les partisans et critiques du gouvernement les uns contre les autres, en dépit de peu de signes de débat réel et critique. La bataille, menée dans les média traditionnels et dans les rues, s'est aussi déplacée sur les réseaux sociaux.
De plusieurs manières, l'usage des réseaux sociaux a été un marqueur fort du socialisme original cultivé par Hugo Chávez. Les média traditionnels et numériques avaient beau être des outils opérant pour son gouvernement, Chávez était particulièrement connu pour son usage de Twitter (@ChavezCandanga) comme plateforme pour sa communication politique. Diosdado Cabello, l'un des collaborateurs de Chávez, a un jour commenté le pouvoir de cet instrument dans la bataille idéologique :
L'opposition se croit propriétaire du réseautage social. Ils pensent que Twitter et Facebook leur appartiennent. Nous sommes engagés dans la bataille et avons 7 millions de militants qui seront sur Twitter.
Cabello remarquait qu'ils devraient “prendre d'assaut les réseaux sociaux pour contrer les opinions exprimées par [leurs] opposants.” De nombreux responsables publics ont désormais des comptes Twitter et les utilisent pour transmettre des informations importantes aux citoyens. Différents partis politiques, candidats et ONG utilisent aussi Twitter pour échanger avec leurs abonnés. Cela s'est montré efficace au Venezuela, qui a un nombre élevé d'usagers de réseaux sociaux en comparaison de ses voisins, et se classe treizième au niveau mondial pour son nombre d'utilisateurs de Twitter.
En avril 2010, le gouvernement a annoncé la création de la “guérilla communicante“, un groupe de citoyens employés à “mener la bataille idéologique” dans les médias indépendants et dominants et sur l'Internet. C'est ainsi qu'aujourd'hui la bataille est menée à travers des mots-dièses : le mot-clé pour se positionner pour ou contre le gouvernement est une constante, et il y a, des deux côtés, des utilisateurs dédiés au suivi de mots-clés spécifiques pour répondre, souvent de manière agressive, à ceux qui expriment des opinions contraires.

Hugo Chavez Frias. Photo de anticapitalistes.net. (CC BY-SA-NC 2.5 ES)
Il est notoire que le gouvernement de Chávez était caractérisé par une permissivité “excessive” de liberté d'expression. Pourtant, lors des six dernières années de son mandat, au moins cinq utilisateurs de réseau social ont été arrêtés, tous dans les mêmes circonstances : les utilisateurs avec peu ou pas d'influence sur les réseaux sociaux ont été placés en détention pour avoir fais des commentaires controversés politiquement (généralement sur Twitter) et ont été accusés de “diffuser des rumeurs” qui ont causé de l'”instabilité dans le pays.” Ils ont été détenus durant un temps court, et ensuite libérés sur parole. Depuis la mort de Chávez, il y a eu deux arrestations similaires.
Etrangement, aucune de ces détentions n'a été basée sur la Loi de Responsabilité Sociale et son application pour les média électroniques. La loi couvre un large panel de contenu en ligne :
[La loi interdit le contenu qui] utilise l'anonymat, encourage et promeut la haine et l'intolérance pour des raisons religieuses, politiques, de genre, raciste ou xénophobe ; incite ou promeut et/ou justifie le crime, constitue de la propagande de guerre, promeut l'anxiété dans la population ou altère l'ordre public ; renie les autorités légitimement constituées ; incite au meurtre, incite ou encourage la désobéissance à la législation, ou promeut, justifie ou incite au trouble à l'ordre public.
Adoptée par décret présidentiel et promulguée en 2010, la loi n'a pas encore été appliquée par un tribunal. La loi tient aussi les fournisseurs d'accès à l'Internet responsables pour de tels contenus. Les FAI peuvent risquer des amendes “atteignant jusqu'à 4% du revenu brut de l'exercice fiscal précédant l'infraction.” Mais il n'y a aucune preuve que la loi est appliquée ; les internautes rapportent que les sites web censurés sont seulement bloqués par le FAI public CANTV, mais pas par les fournisseurs privés.
Une formule différente a été utilisée pour contrer les critiques influents sur Internet contre le gouvernement et le parti. Un collectif d'internautes connu sous le nom de N33, prétendument composé de hackers soutenant le gouvernement (et selon certains dires, promu et financé directement par le gouvernement), a une longue expérience de piratage sur Twitter, Facebook et les mesageries de journalistes, activistes, politiciens, et autres personnalités de haut niveau dans l'opposition. Le groupe est aussi connu pour les menaces qu'il a émises via des moyens électroniques et téléphoniques envers d'autres personnalités connues du cyberactivisme.
Pendant la brève période de campagne présidentielle d'avril, les deux candidats ont activement utilisé les média sociaux et d'autres plateformes en ligne, incluant une chaîne TV sur le web. Les journalistes-citoyens ont joué un rôle clé en contre-balançant l'information transmise à travers les canaux traditionnels. Ils ont dévoilé des agressions et actes de violence en différents lieux du pays et établi des espaces alternatifs pour l'opinion publique.
Les initiatives comme UstedAbuso (Vous Abus) ont permis aux internautes de rapporter les violations du code électoral pendant la campagne. Les comptes personnels tel que celui de Eugenio Martinez (@puzkas), un journaliste spécialisé dans la couverture des élections, sont devenus essentiels pour suivre le pouls du pays au cours des derniers mois. Luis Carlos Diaz et Naky Soto ont créé un flux en direct sur YouTube (simplement dénommé “The Hangout“, “le lieu de prédilection”), où ils diffusent plusieurs soirs par semaine pour discuter de l'environnement politique. Le canal a reçu près d'un demi million de visites.
Le jour de l'élection, l'emprise du gouvernement sur les réseaux de télécommunication s'est alourdie à un degré inédit pour les Vénézuéliens : avec une variation de trois à vingt minutes selon les endroits, dans la même journée, presque toutes les connexions Internet du pays étaient bloquées. C'était relativement facile. En 2010, le gouvernement a voulu créer un point d'accès unique au réseau à travers l'entreprise de télécommunications détenue par l'Etat CANTV, qui fournit plus de 90% de l'accès à l'Internet dans le pays. La quasi complète acquisition par le gouvernement de CANTV a rendu plus facile pour les autorités de censurer des sites web prétendus illégaux (tels que quelacreo.com ou dollar.nu). Quand l'accès à Internet a été bloqué pour tous les abonnés de CANTV à la fin de la journée de l'élection le 14 avril, le Ministre des Télécommunications a expliqué que les autorités avaient bloqué le réseau en vue d’ “éviter les attaques” sur le site web du Conseil national des élections. Ce site web a aussi été rendu inaccessible aux FAI étrangers pour la même raison.
Depuis le jour de l'élection, les profils d'utilisateurs sur les réseaux sociaux ont commencé à servir un nouvel objectif : ils aident les autorités à identifier les attaches politiques des usagers afin de “déparasiter” le service public et l'entreprise privée. Innombrables ont été les plaintes d'employés publics qui ont perdu leurs emplois après que les autorités ont analysé leurs profils de réseau social et découvert leur soutien politique à l'opposition. Cela s'est aussi produit pour des employés du secteur privé, cependant pour des raisons opposées. Les citoyens appellent cela la “résurrection” de la Liste Tascon, un instrument utilisé afin de filter parmi les citoyens ceux qui ont signé en 2004 en faveur d'un référendum révocatoire contre le Président Chávez, et d'empêcher leur recrutement dans le service public, ce qui a été prétendument écarté par Chávez lui-même en 2005 [espagnol].
Le début du mandat présidentiel de Nicolás Maduro a été marqué par une forte vague de contestation, à la fois en ligne et hors ligne, et des rumeurs endémiques et fausses informations transmises sur Internet. Maduro, le successeur de Chávez, dit qu'il envisage de suivre les pas de son prédécesseur en matière de stratégie média. Il a créé un compte Twitter (@ NicolasMaduro, qui a été piraté par [un collectif péruvien] le jour de l'élection) et a annoncé que son gouvernement veillera “fermement” à la mise en oeuvre de la politique des média. Il reste à voir si cette politique affectera la manière dont les citoyens vénézuéliens utilisent Internet.
(Lire la suite) Celine ArnoldiLa “princesse ouzbèque” omniprésente sur les médias sociaux par Samantha Deman Samedi 4 Mai 2013 :: Global Voices :: RSS
Gulnara Karimova, fille du tristement célèbre président ouzbek Islam Karimov, se démarque fortement des autres descendants des dirigeants d'Asie centrale. Diplômée d'Havard, elle a été ambassadrice de son pays à l'Onu, à Genève. Elle s'est également lancée dans une carrière de chanteuse pop, a créé une marque de mode, un parfum, ainsi qu'une association caritative. Gulnara Karimova est par ailleurs très active sur les réseaux sociaux, ses tweets provocateurs et ses photos partagées sur la plateforme Instagram ont le don de faire tiquer le public, essentiellement conservateur en Ouzbékistan et dans les pays environnants. Sur son blog, Ayana Seidimbek propose [en russe et en anglais] une sélection des billets et images les plus controversés mis en ligne par celle qu'on appelle la “princesse ouzbèque”.
(Lire la suite) Samantha Deman[1-25] [26-50] [51-75] [76-100] [101-125] [126-150] [151-175] [176-200] [201-225] [226-250] [251-275] [276-300] [301-325] [326-350] [351-375] [376-400] [401-425] [426-450] [451-475] [476-500] [501-525] [526-550] [551-575] [576-600] [601-625] [626-650] [651-675] [676-700] [701-725] [726-750] [751-775] [776-800] [801-825] [826-850] [851-875] [876-900] [901-925] [926-950] [951-975] [976-1000]
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