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Cohorte Piétonne Extramobile par noreply@20minutes-blogs.fr (Thomas NAVARRO) Jeudi 3 Septembre 2009 :: Blog CPE :: RSS
Gare du nord
Parties de la Gare Saint-Lazare, quelques deux mille personnes pénètrent l’enceinte de la Gare du Nord. Certains investissent les rails. D’autres les longent sur les quais avant de venir à leur tour faire avancer leurs pieds sur les petites pierres colorées de marron recouvrant le sol. Il est 15h00. Quelques centaines de mètres parcourus et la troupe parvient sans encombre à bloquer le traffic.
Sur notre gauche, un TGV (Train à Grande Vitesse) Thalys à l’arrêt. Des étudiants sont entrés dans le train et depuis la cabine du chauffeur s’amusent à faire sonner le klaxon. Le soleil frappe ses rayons sur nos crânes en ébullition.
Plus tard, sans surprise, les forces de police descendent sur la voie depuis des escaliers de fonction et se positionnent en travers de notre passage. Au loin, derrière, un autre cordon de CRS vient à notre rencontre. Les premiers fuyards s'empressent d'échapper par les côtés au sandwich qui se referme sur nous , en escaladant les quelques obstacles sépare les voies de la rue.
Au-dessus de nos têtes, sur une passerelle, des badauds observent la scène qui est en train de se jouer : encore mieux qu’à la télé ! Quelques cailloux fusent et viennent s’écraser contre les boucliers des hommes en arme, sous les huées de la grande majorité des manifestants qui forme un bloc compact pour tenter une avancée pacifique. Je m’agglutine au groupe et participe de la poussée collective.
Soudain, un mouvement en arrière s’effectue. Leur force s’avère plus grande que la nôtre et je finis par tomber parterre. J'avance comme je peux en rampant, avec l’impression que je vais finir piétiné. Je relève la tête, parviens à me lever tant bien que mal après m’être fait malmené par la foule. L’amie qui m’accompagne à les yeux en pleur. Ce n’est pas l’émotion qui fait couler ses larmes : « Je m’en suis pris en pleine tête, ça brûle », me dit-elle.
J’ai aussi les yeux qui piquent mais ma chute m’a épargné le même sort que la jeune demoiselle. Une généreuse personne lui prête du sérum, liquide apaisant les troubles liés aux gaz lacrymogènes. Quelques minutes plus tard la douleur s’est évaporé, tout comme nous d’ailleurs, qui avons décidé après quelques tergiversations de continuer notre périple urbain en amont, une fois sortis de ce guêpier par la sortie qui nous est montrée du doigt par un porte-parole de la police.
Porte de la Chapelle
Monté au compte-goutte à travers l’étroit escalier latéral qui nous hisse jusqu’à la rue, le groupe reformé et amputé d’un nombre non négligeable de déserteurs, se met en route vers une autre cible. Occupant la rue et bloquant la circulation, c’est dans une ambiance de klaxons solidaires et d’hystérie collective que nous marchons. A quelques encablures de l’entrée du périphérique située au niveau de la Porte de la Chapelle, la tête de cortège accélère.
Réactifs, les Compagnies Républicaines de Sécurité ont tôt fait de contrer un plan que l’on pourrait qualifier de « téléphoné », tellement l’indiscrétion a été le lot de ses initiateurs. Nous voilà à nouveau coincés entre deux rangées de clones en costume bleu. Une bouche de métro et la cour d’un immeuble nous sont directement accessibles et certains d’entre nous se positionnent stratégiquement en cas de resserrement des troupes de la République.
A quelques dizaines de mètres devant nous, j’observe avec stupéfaction un bus qui fait sa route en direction des CRS et je fais partie des gens qui s’avancent pour entrevoir la brèche en train de s’ouvrir. Le gazage est instantané. Un de ceux qui poussait le bus se fait embarquer par les policiers. Une grenade vient disperser une fumée toxique et les rangs étudiants font marche arrière. J’aperçois mon cousin sur le bas-côté de la rue, assis et la tête baissée en direction du sol. Il s’est pris les vapeurs en pleine face.
Bientôt, voyant que les CRS se rapprochent de nous, le mot d’ordre est lancé d’évacuer les lieux via la bouche de métro. Les gens se ruent avant d’être enfermés et de risquer l’interpellation. Alors que nous descendons les marches de l’escalator en sens inverse, des passagers, dont un certain nombre doit rentrer du travail, montent innocemment malgré nos avertissements. Un homme qui tient son enfant dans ses bras me signifie que sachant qu’il a son gosse avec lui, il ne pourra rien lui arriver. Subitement, je ressens de légers picotements puis mes yeux commencent à pleurer. Les salauds ! Ils ont gazé la bouche de métro, les manifestants, les passants, les personnes âgées, les femmes et les enfants ! L’effet se fait sentir jusque sur le quai du souterrain et tout le monde est en pleur.
Périphérique
Je suis passablement énervé mais toujours déterminé. Le courant a été coupé dans le métro car certains s’étaient dirigés vers les voies pour fuir les lieux. Finalement, après un moment de flottement, la situation se rétablit et nous décidons de continuer l’action. Le voyage nous mène jusqu’à la Porte d’à côté, celle de Clignancourt. Nous sommes une centaine à courir vers le périphérique, avec plus d’énergie et de conviction que jamais. En deux temps trois mouvements nous voilà bloquant une voie, puis la deuxième. Les conducteurs font la mou. Certains sortent de leur voiture pour s'expliquer houleusement avec les perturbateurs. Un motard me frôle et manque de me renverser.
Toutes sortes d’objets sont placés sur le bitume pour dissuader les véhicules d’avancer. Un jeune homme vient me voir et me prie de le laisser passer car il vient de commencer à travailler et qu’il a peur de perdre son boulot. Ca me fait mal au cœur. J’essaie de parlementer avec lui. Je ne suis pas sûr qu’il me dise la vérité et quoiqu’il arrive, au pire, il aura un léger retard. L’important en cet instant est que notre cause soit défendue jusqu’au bout.
Une dizaine de minutes passent avec quelques frayeurs. Un automobiliste écervelé tente de forcer le passage et devant la résistance de certains bloqueurs qui s’assoient sur son capot, celui-ci accélère. Un petit groupe d’entre nous se rue sur l’énergumène et laissent quelques souvenirs sur son matériel roulant : le pare-brise arrière et un rétroviseur sont sérieusement endommagés. L’épisode se conclut par une marche en rangs jusqu’à la prochaine sortie et un sprint final mémorable pour semer les dizaines de CRS lancés à notre poursuite. La dispersion est efficace, même si j’apprendrai plus tard qu’une cinquantaine de personnes se sont faites interpellées.
Belleville
L’ubiquité et la mobilité sont nos deux grands atouts du jour. Il est 20h30 et après une pause bien méritée, nous voilà à nouveau opérationnels. Une manifestation sauvage s’amorce avec les quelques centaines de personnes qui se sont donné rendez-vous. Celle-ci est surveillée de près par les forces de l’ordre qui ne tardent pas à faire leur apparition. Les rangs bifurquent vers les quartiers populaires du vingtième arrondissement aux cris de « Avec nous, avec nous ! » ou « Paris, tu dors réveille-toi ! ».
Des tagueurs accompagnent de leurs jets de peinture notre avancée pendant que des pétards explosent un peu partout. Des poubelles sont renversées pour freiner l’avancée d’éventuels véhicules de police. La percée dans le onzième arrondissement est brève. Dans l’avenue Parmentier, nous sommes menés en bâteau par une poignée d’indicateurs de police déguisés en civil qui nous guident dans la gueule du loup : une rue dont nous prenons conscience de l’étroitesse qu’une fois engouffrés et cernés de toutes parts.
Une dame a ouvert sa porte pour voir ce qu’il se passe. Je lui demande si je peux me réfugier chez elle et elle accepte sans hésiter. Nous discutons. Elle me confie tout le mal qu’elle pense de la police, responsable d'un gazage brutal dans un squat d’artistes de ce quartier. Elle me raconte aussi qu’elle a des enfants et qu’elle nous comprend. Une personne au demeurant fort accueillante.
Après cinq minutes de causette au cours desquelles ma tension s’est apaisée je la salue et la remercie vivement. Je marche à la rencontre de mes camarades et rencontre certaines têtes familières. J’apprends au téléphone que les miens sont dans un restau. Fatigué, je décide de rentrer.
(Lire la suite) noreply@20minutes-blogs.fr (Thomas NAVARRO)Capharnaum Public Extatique par noreply@20minutes-blogs.fr (Thomas NAVARRO) Jeudi 3 Septembre 2009 :: Blog CPE :: RSS
Manifestez autrement. Tel est l’appel lancé sous la forme de nombreux petits tracts disséminés parmi les participants présents en ce jour de rappel symbolique du mot d’ordre initial et officiel « Retrait du CPE ». Un groupe de mobilisés fatigué de la routine du défilé traditionnel et déterminé à élargir le message de résistance a décidé de semer un zest de zizanie pacifique dans les rangs serrés et contrôlés de la chaude journée parisienne lors de laquelle se sont réunis un (selon la police) à trois millions de personnes (selon les syndicats).Empruntant un itinéraire alternatif et illégal, la marche forcée dans les rues de Paris, de Bastille jusqu’à Mesnilmontant est tranchée, subdivisée, détournée à de nombreuses reprises par l’autorité de police. Le dernier bastion de deux cents marcheurs rebelles est finalement coupé violemment par un cordon de CRS tumultueux. Je me faufile entre trois gardes aux matraques saillantes et observe impuissamment le triste spectacle d’une République victime de l’oubli des lois dont elle s’enorgueille : deux personnes sont violemment plaquées sur le trottoir dur et sale de la rue. Soixante autres se retrouvent interpellées et éconduites au commissariat après avoir été coincées entre deux blocs d’agents de l’Etat. Le reste de la manifestation sauvage se disperse et émigre vers d’autres contrées.
Une partie de l’assemblée mobile provoque une réunion improvisée dans une annexe de la Bourse du travail. Des arrivants originaires de divers horizons de précarité se greffent au groupe. Cent-Cinquante Personnes au total entrent avant qu’un impromptu troupeau de garçons aux costumes bleus, à l’incomparable zèle pour des supérieurs fort discrets, ne s’attelle à former une farandole immobile le long du bâtiment qui nous abrite. La rétention abreuve le moulin de l’injustice banalisée.
Une bonne partie des gens présents ne compte de toute façon pas sortir avant la fin de l’assemblée générale improvisée. Un syndicaliste de la CGT-PTT propose de négocier notre sortie immédiate et aggrave le tollé qu’il provoque dans la salle en agressant verbalement l’un des assistants sous prétexte qu’il n’est « pas étudiant ».
Alors qu'à quelques kilomètres la Place d'Italie, lieu de clotûre de la manifestation officielle, se remet des combats de rue, notre imbroglio kafkaïen se termine finalement sous les coups de 22h30 et accouche d’un Communiqué Pour Encourager la poursuite du mouvement au-delà des négociations en cours entre le gouvernement et les syndicats :
APPEL DE L'ASSEMBLÉE DU 4 AVRIL 2006 tenue à l'annexe occupée de la Bourse du Travail rue de Turbigo
L'assemblée, réunie ce jour, constituée de lycéens, étudiants, précaires, chômeurs, travailleurs et ex-travailleurs, appelle à la grêve générale illimitée et au blocage des moyens de production et des axes de circulation.
L'assemblée appelle aussi à ne pas suivre les consignes syndicales qui proclameraient la fin du mouvement et le début de la négociation. Elle invite à poursuivre la formation de collectifs dans les quartiers, les lieux d'étude, les lieux de travail, et à leur coordination.
Bien au-delà du CPE et de la loi sur l'égalité des chances, cette lutte ne se limite pas à la demande de garanties supplémentaires face à la précarité croissante et constitutive de ce système. Elle remet en question les bases mêmes de sa légitimité. Notre situation dans le capitalisme ne peut de toutes façons aller qu'en s'empirant.
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Au dehors, des camarades grelottant nous attendent. Nous sortons par petits groupes jusqu’à ce que tout le monde soit évacué. Une manifestation née spontanément et ponctuée de « Paris tu dors, réveille-toi ! » sera interrompue à la suite de ce qui aura été un jouissif Cinquante mètres de Capharnaum Public Extatique destiné à enclencher un Changement Notable Etatique.
(Lire la suite) noreply@20minutes-blogs.fr (Thomas NAVARRO)
Dans un Commissariat Parisien Enfermés par noreply@20minutes-blogs.fr (Thomas NAVARRO) Mardi 29 Avril 2008 :: Blog CPE :: RSS
Un commissariat parisien. Il est 23h45. Une vingtaine de personnes sont regroupées dans des geôles, enbastillées derrières des barreaux et discutent politique. Elles ont été prises dans les mailles du filet sécuritaire pour s’être approchées trop près ou pour être soupçonnées d’avoir fait partie d’une des manifestations non déclarées à la préfecture de police qui fleurissent ces derniers jours.
L’interrogatoire est court. En face de moi, dans un petit bureau, la femme qui procède à l’investigation sur les raisons de mon interpellation a un air fatigué. Après m’être fait cuisiné sans résistance, je lui demande : « Est-ce que je risque des poursuites judiciaires ? ». « Clairement, c’est du pipi de chat », me répond-t-elle. La disproportion des forces déployées pour ce « pipi de chat » m’incite à retracer le fil de l’histoire nocturne dont nous avons été les éphémères acteurs.
Nous étions environ deux cents assis sur les pavés du Centre Georges Pompidou. Neuf personnes avaient déjà été interpellées non loin du lieu de rendez-vous initial. Ce dernier avait été cadrillé par des forces de l’ordre alertées à l’avance d'une manifestation sauvage. Face au centre culturel, les spéculations vont bon train autour de la pérennité de la période de protestation en cours. La perméabilité des informations aiguise de multiples paranoïas, celles-la même qui pourrissent les relations humaines.
Le clairon sonne. Le souffle de l’instrument de musique entraîne un mouvement spontané des résistants. Très vite les « Paris, debout, réveille-toi » repris en chœur virevoltent de Beaubourg jusqu’à l’Hôtel de ville. Nous marchons dans la rue à contresens. La circulation est bloquée. A gauche une Mairie de Paris paisible, à droite la Seine qui suit pacifiquement son cours. Les voitures nous croisent dans la voie d’à côté. Plusieurs d’entre elles nous saluent de coups de klaxon bienveillants. « A bas l’Etat, les flics et les patrons », scandent certains d’entre nous.
La troupe tourne à gauche. L’idée que nous nous fassions à nouveau menés dans les bras des autorités de police m’effleure l’esprit. Trop tard. Nous marchons d’un pas rapide vers Saint-Paul et les cordons de CRS s’abattent l’un après l’autre sur nous. Avec une camarade, nous abandonnons le cortège et nous mettons en retrait sur le trottoir, tout en suivant avec attention la suite des événements. Au métro Saint-Paul des ombres courent dans tous les sens. Après nous être avancés, nous voyons des jeunes plaqués à terre.
Un groupe de gendarmes mobiles entoure des étudiants assis au sol. La foule a été écartée. Quelques individus qui tentent de déguerpir sont rapidement rattrapés par des groupes de trois ou quatre hommes armés qui procèdent à des interpellations musclées : plaquages au sol brutaux, invectives agressives et torsion de membres visiblement fort désagréables.
Les passants sont choqués par ce triste spectacle dont ils ne comprennent pas l’intensité, d’autant plus que les interpellés ont des profils bien plus proches des leurs que de celui des casseurs qu’on exhibe sur leur petit écran.
Mal à l’aise et inquiet par le cercle opaque d’hommes en arme qui s’est formé autour de jeunes étudiants, je décide d’aller voir de plus près la scène qui se déroule sans témoin direct. Je réussis à m’approcher. « Combien ils sont ? » demande un agent à un autre. « Onze, onze interpellations ».
Les jeunes sont à terre, assis, recroquevillés, les poings liés dans le dos par des menottes en plastique. Un homme prend des photos. « Il est avec nous » dit un garde à l’un de ses collègues vigilants. « Qu’est-ce que tu fais là toi ? ». La question m’est destinée. « Je regarde ». « Tu sors de là ». « JE REGARDE !!! ». Je hausse le ton pour que toute la place m’entende. « J’AI LE DROIT ! ON EST EN DEMOCRATIE !!! ». Ils sont quatre à me repousser, dont l’un fait mine de préparer sa matraque pour me rappeler mes non-droits.
Rapatrié sur le côté, je rejoins les personnes debout sur le trottoir, qui semblent ne pas en croire leurs yeux. Une dizaine de manifestants sont à mes côtés et plusieurs dizaines de passants, de touristes, de riverains. Cinq minutes passent et voilà que le clou du spectacle va s’enfoncer dans nos naïfs esprits. Une vingtaine de gardes encercle à notre grande stupéfaction le groupe au sein duquel nous nous trouvons. Une heure plus tard, me voilà face contre le mur en train de me faire fouiller de long en large. Vérification d’identité et menotage au serre-flex, malgré ma passivité totale.
Deux gardes m’escortent jusqu’à une camionnette, puis jusqu’à une autre, pleines toutes les deux. Après moult incompréhensions administratives, c’est finalement dans un grand car de police que je suis placé en compagnie d’une quinzaine d’individus, dont un bon tiers n’a absolument rien à voir avec l’événement du soir. Avec certains de mes camarades, nous ne pouvons nous empêcher d’esquisser un sourire à la vue d’un groupe de quatre personnes dont l’apparence et le mode d’expression trahissent l’appartenance aux beaux quartiers de Paris.
Arrivée au commissariat parisien. Il est 23h45. A l’heure à laquelle nous en sortons, les métros ne passent plus.
(Lire la suite) noreply@20minutes-blogs.fr (Thomas NAVARRO)Les funérailles du Contrat Première Embauche par noreply@20minutes-blogs.fr (Thomas NAVARRO) Mardi 29 Avril 2008 :: Blog CPE :: RSS
Egoïsme,
Tu ne te rappelles déjà plus et tu as fais couler
Les larmes dans le pays de mes racines,
Par tes diktats, ta corruption, ton économisme.
Du CPE la noyade annoncée,
Goutte d’eau dans l’océan de notre pacifisme
Parce que la pépite d’or et les dividendes,
Sont deux sources de la même soif.
Egoïsme,
Combien de matières premières,
De main d’oeuvre bradées,
De nationalismes exacerbés.
Parce que bien plus simple est la vie,
Que le confort que tu attises ne le laisse croire,
Et que la flexibilité n’est qu’un synonyme,
De l’abandon de la liberté de l’homme pour un avoir.
Egoïsme, cette nuit d’avril 2006, je rêverai de participer à ta mort.
(Lire la suite) noreply@20minutes-blogs.fr (Thomas NAVARRO)Sans titre par noreply@20minutes-blogs.fr (Thomas NAVARRO) Mardi 29 Avril 2008 :: Blog CPE :: RSS
Place de la Sorbonne libérée de ses barrières anti-émeutes. 21h00.
Accrocs aux regroupements nocturnes, d’irréductibles attroupés attendent un signe du destin.
Dans sa chute, le CPE a entraîné les unes des journaux, les esprits de vacanciers et ceux de futurs candidats aux examens.
Les lettres C, P et E, elles, se bousculent dans ma tête avant leur séparation définitive et leur réincarnation possible.
En attendant la phase de réarticulation sous d’autres formes alphabétiques, la forme des phrases désarticulées, exprimant des idées qui me trottent dans les méninges, remplace celle du titre qui n’a plus lieu d’être. Chacune d'entre elle mériterait un développement qui n'aura pas lieu à cette heure avancée de la soirée.
Crânes Ponctuellement Exposés à une Cristallisation Particulièrement Emotive.
Aujourd’hui, la Capitale Parisienne Etonne par son Caractère Particulièrement Eteint.
De multiples Clans Provinciaux Eparses Catégoriquement Persévérants Et…
Des Combines se Préparent En silence.
Quand Les Esprits Communiquent par noreply@20minutes-blogs.fr (Thomas NAVARRO) Mardi 29 Avril 2008 :: Blog CPE :: RSS
Vacances de Pâques. Alors que nombre d’esprits vaquent, se détendent avant de nouvelles crispations laborales, studieuses ou "érémiesques", d’autres s’attaquent éperdûment, armés de tonnelles de mots savamment réfléchis, aux atours peu reluisants de la société contemporaine.
Les extraits suivant, bribes de conversations entre têtes pensantes, sont destinés à tout Etre aux aspirations universelles frustrées, qui après avoir traversé ces semaines de troubles ressent avec amertume le fossé qui le sépare de la jungle urbaine, ainsi qu'à tous ceux auxquels ces quelques vagues brèches griffonnées sur une page web perdue dans la grosse toile d'araignée, rappelleront des moments passés, refoulés, oubliés.
A tous les rares visiteurs – pourquoi pas – éventuellement incités à se positionner dans l'incommode posture de l’insatisfait.
Introduction : « Wassup Rockers ? »
Au détour d’une séance de cinéma. Le film s’appelle « Wassup rockers » et dépeint, dans la grosse ville de Los Angeles, des tranches de vie d’une bande d’ados latinos passionnés de Skateboard et de Hard Rock. Du ghetto de « South central », où ils habitent, aux beaux quartiers superbourgeois de Beverly Hills, où ils aiment faire rouler leurs planches, il y a une barrière sociale sur laquelle « slider » (terme de "skateboarders" signifiant "l’action de faire glisser sa planche sur un support urbain") peut mener à de sulfureuses et dangereuses expériences.
L’absence de compréhension entre les « classes » perçues comme dangereuses et la haute société, et au sein des ghettos eux-mêmes, révèle, selon une première analyse, à chaud, les failles éducatives d’un pays qui aime à clamer sa suprématie.
Premier volet : Culture et égalité des chances
Quel rapport entre ce film états-unien et le sujet de ce blog ? Pourquoi pas la question de l’égalité des chances, à laquelle le CPE était censée répondre, en compagnie d'un kyrielle d'amendements (qui eux n'ont pas été abrogés) ?
Au-delà de l’aspect fictif de « Wassup Rockerz », l’image de gosses d’un ghetto californien se confrontant âprement au traitement inique que leur réserve la grande ville, remue certaines grandes idées abstraites, comme celle d’Egalité (des chances).
L’Egalité n’est pas au rendez-vous, ni aux Etats-Unis, ni en France, ce n’est pas un scoop. Et l’Egalité des chances ? Celle-ci n’a encore jamais existé. Certains et notamment le gouvernement français semblent se préoccuper de son avènement futur. Pourtant, à regarder de près la loi sur l’égalité des chances (LEC), on aurait de sérieuses raisons d’en douter. C'est ce que je m’attellerai à démontrer dans une exégèse future. En limitant le volet culturel de la loi à la facilitation de l’implantation de multiplexes dans les quartiers défavorisés, le gouvernement nie l’aspect éminemment éducatif et culturel de « l’égalité des chances ». Car c’est la culture avec un grand C, celle qui éduque, qui promeut la citoyenneté, celle qui ne répond pas à des critères commerciaux qu’il s'agit de favoriser. Cette vaste question est gardée au chaud dans un coin de nos esprits bouillonnants pour de futures envolées critiques.
Second volet. La réflexion spatiale.
Remise en cause du quotidien en environnement aseptisé. Le quartier de la Bibliothèque François Mitterrand, dans lequel nous avons consommé du « film », nous inspire certaines réticences. A y regarder de plus près, tout semble y avoir été calculé pour diviser les gens. Les espaces sont grands, les places publiques peu propices aux regroupements qui ne sont possibles que dans des bars clos et onéreux, dont les grandes baies vitrées rappellent l’univers caricatural du réalisateur français Jacques Tati dans Playtime(1953).
Troisième volet : fausses restrictions de l'individualité à des espaces circonscrits
L’ère de l’individu serait le nôtre, d’après les modernologues. Et pourtant, les raisons de penser le contraire ne manquent pas, si l'on s'attarde sur la consistance spirituelle de l'homme moderne. En effet, les distinctions entre individus sont souvent de pure forme et basées sur l’apparence, sur une manière de s’habiller, de parler, de présenter son corps. Tout semblerait pousser le « consommateur moyen » à se définir par rapport à des critères matériels et non spirituels, si l'on s'en tient aux valeurs déclinées sur les grands panneaux d'affichage du métro parisien.
Quatrième volet : le vivre ensemble
Les semaines à se retrouver entre membres du mouvement social entamé en février 2006 ont été un intense moment de partage, de convivialité, de découverte de l’Autre, de liberté des faits et gestes en espaces publics (régis par des conventions sociales normalement strictes et impersonnelles). La rareté de telles opportunités n’a rendu que plus criante la tristesse et l’anonymat qui fait notre quotidien en grande métropole. A titre personnel, je crois jamais n’avoir rencontré et partagé des idées avec autant d'inconnus en si peu de temps. Les gens que j’ai rencontré et leur qualité nous ont amené à être à la fois plus ouverts et plus exigents envers les autres.
Volet 5 : à propos du processus entamé en cette année de protestation
Notre distance éphémère nous a rendu plus lucides sur le constat suivant : le fabuleux progrès technique connu ces dernières années - pour lequel nous sacrifions tant d’efforts - n’a pas auréolé de sainteté l’Humanité. La non pérennité du système capitaliste, voué à se mordre la queue et à créer de plus en plus d’insatisfaits amène à une profonde remise en cause. Notre train de vie insoutenable et non durable, amène à une remise en question rapide. Le plus tôt sera le mieux. Le hic, c’est que nombre de personnes sont accrochées à leurs privilèges. Ainsi le processus de contestation en cours, faute d’être compris, pourrait être une réponse appropriée à la société sclérosée dans lequel nous vivons : révolutionnaire.
(Lire la suite) noreply@20minutes-blogs.fr (Thomas NAVARRO)Les Esprits Capitulent et chauffent par noreply@20minutes-blogs.fr (Thomas NAVARRO) Mardi 29 Avril 2008 :: Blog CPE :: RSS
Lundi 23 avril. C’est la rentrée. Comme prévu, tous ont suivi et attendent les mots d’ordre, oublient, encaissent, s’adaptent, acceptent l’abrogation du CPE comme un geste de résistance suffisant et momentanément indépassable, ayant nécessité des sacrifices jugés déjà bien lourds dans leur carrière future ou en cours.
Vous avez dit Résistance ?
De manière marginale, plusieurs centaines de personnes gravitent sous la pluie autour de l’entrée de la Sorbonne. Cent-cinquante étudiants occupent l’Université. Des banderoles pendent des fenêtres et des échafaudages. Certaines évoquent le retrait de la loi sur l’Egalité des chances. L’une d’entre elles, d’une taille conséquente, appelle à l’insurrection. Message évocateur de destruction, d’incertitudes, de guerre civile dans un pays présenté comme « en paix ». Etudiants, précaires qui n’ont rien à perdre, qui ont mis leurs carrières, leurs misères entre parenthèses et ressentent un profond dégoût pour l’injustice sociale dont ils sont les témoins bien trop lucides et gênants…
Etudiants qui dansent sous la pluie, qui refusent le retour à la normale et les conventions consistant à accepter les rapports humains tels qu’ils sont durement structurés
Interrogation légitime
N’y a-t-il pas là d’égoïsme à se croire les messies d’un changement radical des mentalités ? Ceux qui ont à peine les moyens de financer leurs études que deviendraient-ils si ces bloqueurs convaincus venaient à imposer leur loi ? Etudiants Italiens, Hongrois, Français, Coréens, Colombiens si angoissés d’avoir perdus une partie de leur année ?
Une interprétation pratique
Etudiants, jeunes, précaires, les uns contre les autres…. et pendant ce temps… pendant qu’une poignée de bloqueurs se confronte à la masse des carriéristes plus ou moins légitimement inquiets, de riches actionnaires pavoisent autour d’un buffet d’administrateurs d’entreprise. Des sommes invraisemblables sont prononcées en milieu aseptisé aux détours de conversations cordiales qui décident du sort de milliers de travailleurs Italiens, Hongrois, Français, Coréens, Colombiens. Concurrence oblige…
Conclusions
Mais au fait, oblige-t-elle vraiment ? Ne peut-on pas à un moment donné tenter tous ensemble de briser la dynamique… message trop lourd de responsabilité à porter pour un parti dit « socialiste » ou « écolo » ? Pourtant si l’on suit la philosophie que ces groupes politiques affichent, le libéralisme n’a pas lieu d’être. Même un économiste libéral un tant soit peu visionnaire pourra vous certifier ce que sera le monde dans trente ans si l’on poursuit la course-poursuite au profit. Seule une innovation technologique majeure ou la migration massive vers une autre planète habitable serait notre salut. Il existe des alternatives, bien qu’elles demandent de lourds sacrifices.
A Paris, des militants brisent des vitrines de banques à coups de marteau. La rage les à gagner. Ils sont remplis d’amour-propre, remplis d’amour. A vous de saisir les nuances.
Les Esprits Capitulent et chauffent par noreply@blog.20minutes.fr (Thomas NAVARRO) Mercredi 26 Avril 2006 :: Blog CPE :: RSS
Lundi 23 avril. C’est la rentrée. Comme prévu, tous ont suivi et attendent les mots d’ordre, oublient, encaissent, s’adaptent, acceptent l’abrogation du CPE comme un geste de résistance suffisant et momentanément indépassable, ayant nécessité des sacrifices jugés déjà bien lourds dans leur carrière future ou en cours.
Vous avez dit Résistance ?
De manière marginale, plusieurs centaines de personnes gravitent sous la pluie autour de l’entrée de la Sorbonne. Cent-cinquante étudiants occupent l’Université. Des banderoles pendent des fenêtres et des échafaudages. Certaines évoquent le retrait de la loi sur l’Egalité des chances. L’une d’entre elles, d’une taille conséquente, appelle à l’insurrection. Message évocateur de destruction, d’incertitudes, de guerre civile dans un pays présenté comme « en paix ». Etudiants, précaires qui n’ont rien à perdre, qui ont mis leurs carrières, leurs misères entre parenthèses et ressentent un profond dégoût pour l’injustice sociale dont ils sont les témoins bien trop lucides et gênants…
Etudiants qui dansent sous la pluie, qui refusent le retour à la normale et les conventions consistant à accepter les rapports humains tels qu’ils sont durement structurés
Interrogation légitime
N’y a-t-il pas là d’égoïsme à se croire les messies d’un changement radical des mentalités ? Ceux qui ont à peine les moyens de financer leurs études que deviendraient-ils si ces bloqueurs convaincus venaient à imposer leur loi ? Etudiants Italiens, Hongrois, Français, Coréens, Colombiens si angoissés d’avoir perdus une partie de leur année ?
Une interprétation pratique
Etudiants, jeunes, précaires, les uns contre les autres…. et pendant ce temps… pendant qu’une poignée de bloqueurs se confronte à la masse des carriéristes plus ou moins légitimement inquiets, de riches actionnaires pavoisent autour d’un buffet d’administrateurs d’entreprise. Des sommes invraisemblables sont prononcées en milieu aseptisé aux détours de conversations cordiales qui décident du sort de milliers de travailleurs Italiens, Hongrois, Français, Coréens, Colombiens. Concurrence oblige…
Conclusions
Mais au fait, oblige-t-elle vraiment ? Ne peut-on pas à un moment donné tenter tous ensemble de briser la dynamique… message trop lourd de responsabilité à porter pour un parti dit « socialiste » ou « écolo » ? Pourtant si l’on suit la philosophie que ces groupes politiques affichent, le libéralisme n’a pas lieu d’être. Même un économiste libéral un tant soit peu visionnaire pourra vous certifier ce que sera le monde dans trente ans si l’on poursuit la course-poursuite au profit. Seule une innovation technologique majeure ou la migration massive vers une autre planète habitable serait notre salut. Il existe des alternatives, bien qu’elles demandent de lourds sacrifices.
A Paris, des militants brisent des vitrines de banques à coups de marteau. La rage les à gagner. Ils sont remplis d’amour-propre, remplis d’amour. A vous de saisir les nuances.
Quand Les Esprits Communiquent par noreply@blog.20minutes.fr (Thomas NAVARRO) Dimanche 16 Avril 2006 :: Blog CPE :: RSS
Vacances de Pâques. Alors que nombre d’esprits vaquent, se détendent avant de nouvelles crispations laborales, studieuses ou "érémiesques", d’autres s’attaquent éperdûment, armés de tonnelles de mots savamment réfléchis, aux atours peu reluisants de la société contemporaine.
Les extraits suivant, bribes de conversations entre têtes pensantes, sont destinés à tout Etre aux aspirations universelles frustrées, qui après avoir traversé ces semaines de troubles ressent avec amertume le fossé qui le sépare de la jungle urbaine, ainsi qu'à tous ceux auxquels ces quelques vagues brèches griffonnées sur une page web perdue dans la grosse toile d'araignée, rappelleront des moments passés, refoulés, oubliés.
A tous les rares visiteurs – pourquoi pas – éventuellement incités à se positionner dans l'incommode posture de l’insatisfait.
Introduction : « Wassup Rockers ? »
Au détour d’une séance de cinéma. Le film s’appelle « Wassup rockers » et dépeint, dans la grosse ville de Los Angeles, des tranches de vie d’une bande d’ados latinos passionnés de Skateboard et de Hard Rock. Du ghetto de « South central », où ils habitent, aux beaux quartiers superbourgeois de Beverly Hills, où ils aiment faire rouler leurs planches, il y a une barrière sociale sur laquelle « slider » (terme de "skateboarders" signifiant "l’action de faire glisser sa planche sur un support urbain") peut mener à de sulfureuses et dangereuses expériences.
L’absence de compréhension entre les « classes » perçues comme dangereuses et la haute société, et au sein des ghettos eux-mêmes, révèle, selon une première analyse, à chaud, les failles éducatives d’un pays qui aime à clamer sa suprématie.
Premier volet : Culture et égalité des chances
Quel rapport entre ce film états-unien et le sujet de ce blog ? Pourquoi pas la question de l’égalité des chances, à laquelle le CPE était censée répondre, en compagnie d'un kyrielle d'amendements (qui eux n'ont pas été abrogés) ?
Au-delà de l’aspect fictif de « Wassup Rockerz », l’image de gosses d’un ghetto californien se confrontant âprement au traitement inique que leur réserve la grande ville, remue certaines grandes idées abstraites, comme celle d’Egalité (des chances).
L’Egalité n’est pas au rendez-vous, ni aux Etats-Unis, ni en France, ce n’est pas un scoop. Et l’Egalité des chances ? Celle-ci n’a encore jamais existé. Certains et notamment le gouvernement français semblent se préoccuper de son avènement futur. Pourtant, à regarder de près la loi sur l’égalité des chances (LEC), on aurait de sérieuses raisons d’en douter. C'est ce que je m’attellerai à démontrer dans une exégèse future. En limitant le volet culturel de la loi à la facilitation de l’implantation de multiplexes dans les quartiers défavorisés, le gouvernement nie l’aspect éminemment éducatif et culturel de « l’égalité des chances ». Car c’est la culture avec un grand C, celle qui éduque, qui promeut la citoyenneté, celle qui ne répond pas à des critères commerciaux qu’il s'agit de favoriser. Cette vaste question est gardée au chaud dans un coin de nos esprits bouillonnants pour de futures envolées critiques.
Second volet. La réflexion spatiale.
Remise en cause du quotidien en environnement aseptisé. Le quartier de la Bibliothèque François Mitterrand, dans lequel nous avons consommé du « film », nous inspire certaines réticences. A y regarder de plus près, tout semble y avoir été calculé pour diviser les gens. Les espaces sont grands, les places publiques peu propices aux regroupements qui ne sont possibles que dans des bars clos et onéreux, dont les grandes baies vitrées rappellent l’univers caricatural du réalisateur français Jacques Tati dans Playtime(1953).
Troisième volet : fausses restrictions de l'individualité à des espaces circonscrits
L’ère de l’individu serait le nôtre, d’après les modernologues. Et pourtant, les raisons de penser le contraire ne manquent pas, si l'on s'attarde sur la consistance spirituelle de l'homme moderne. En effet, les distinctions entre individus sont souvent de pure forme et basées sur l’apparence, sur une manière de s’habiller, de parler, de présenter son corps. Tout semblerait pousser le « consommateur moyen » à se définir par rapport à des critères matériels et non spirituels, si l'on s'en tient aux valeurs déclinées sur les grands panneaux d'affichage du métro parisien.
Quatrième volet : le vivre ensemble
Les semaines à se retrouver entre membres du mouvement social entamé en février 2006 ont été un intense moment de partage, de convivialité, de découverte de l’Autre, de liberté des faits et gestes en espaces publics (régis par des conventions sociales normalement strictes et impersonnelles). La rareté de telles opportunités n’a rendu que plus criante la tristesse et l’anonymat qui fait notre quotidien en grande métropole. A titre personnel, je crois jamais n’avoir rencontré et partagé des idées avec autant d'inconnus en si peu de temps. Les gens que j’ai rencontré et leur qualité nous ont amené à être à la fois plus ouverts et plus exigents envers les autres.
Volet 5 : à propos du processus entamé en cette année de protestation
Notre distance éphémère nous a rendu plus lucides sur le constat suivant : le fabuleux progrès technique connu ces dernières années - pour lequel nous sacrifions tant d’efforts - n’a pas auréolé de sainteté l’Humanité. La non pérennité du système capitaliste, voué à se mordre la queue et à créer de plus en plus d’insatisfaits amène à une profonde remise en cause. Notre train de vie insoutenable et non durable, amène à une remise en question rapide. Le plus tôt sera le mieux. Le hic, c’est que nombre de personnes sont accrochées à leurs privilèges. Ainsi le processus de contestation en cours, faute d’être compris, pourrait être une réponse appropriée à la société sclérosée dans lequel nous vivons : révolutionnaire.
(Lire la suite) noreply@blog.20minutes.fr (Thomas NAVARRO)Sans titre par noreply@blog.20minutes.fr (Thomas NAVARRO) Vendredi 14 Avril 2006 :: Blog CPE :: RSS
Place de la Sorbonne libérée de ses barrières anti-émeutes. 21h00.
Accrocs aux regroupements nocturnes, d’irréductibles attroupés attendent un signe du destin.
Dans sa chute, le CPE a entraîné les unes des journaux, les esprits de vacanciers et ceux de futurs candidats aux examens.
Les lettres C, P et E, elles, se bousculent dans ma tête avant leur séparation définitive et leur réincarnation possible.
En attendant la phase de réarticulation sous d’autres formes alphabétiques, la forme des phrases désarticulées, exprimant des idées qui me trottent dans les méninges, remplace celle du titre qui n’a plus lieu d’être. Chacune d'entre elle mériterait un développement qui n'aura pas lieu à cette heure avancée de la soirée.
Crânes Ponctuellement Exposés à une Cristallisation Particulièrement Emotive.
Aujourd’hui, la Capitale Parisienne Etonne par son Caractère Particulièrement Eteint.
De multiples Clans Provinciaux Eparses Catégoriquement Persévérants Et…
Des Combines se Préparent En silence.
Les funérailles du Contrat Première Embauche par noreply@blog.20minutes.fr (Thomas NAVARRO) Dimanche 9 Avril 2006 :: Blog CPE :: RSS
Egoïsme,
Tu ne te rappelles déjà plus et tu as fais couler
Les larmes dans le pays de mes racines,
Par tes diktats, ta corruption, ton économisme.
Du CPE la noyade annoncée,
Goutte d’eau dans l’océan de notre pacifisme
Parce que la pépite d’or et les dividendes,
Sont deux sources de la même soif.
Egoïsme,
Combien de matières premières,
De main d’oeuvre bradées,
De nationalismes exacerbés.
Parce que bien plus simple est la vie,
Que le confort que tu attises ne le laisse croire,
Et que la flexibilité n’est qu’un synonyme,
De l’abandon de la liberté de l’homme pour un avoir.
Egoïsme, cette nuit d’avril 2006, je rêverai de participer à ta mort.
(Lire la suite) noreply@blog.20minutes.fr (Thomas NAVARRO)Dans un Commissariat Parisien Enfermés par noreply@blog.20minutes.fr (Thomas NAVARRO) Samedi 8 Avril 2006 :: Blog CPE :: RSS
Un commissariat parisien. Il est 23h45. Une vingtaine de personnes sont regroupées dans des geôles, enbastillées derrières des barreaux et discutent politique. Elles ont été prises dans les mailles du filet sécuritaire pour s’être approchées trop près ou pour être soupçonnées d’avoir fait partie d’une des manifestations non déclarées à la préfecture de police qui fleurissent ces derniers jours.
L’interrogatoire est court. En face de moi, dans un petit bureau, la femme qui procède à l’investigation sur les raisons de mon interpellation a un air fatigué. Après m’être fait cuisiné sans résistance, je lui demande : « Est-ce que je risque des poursuites judiciaires ? ». « Clairement, c’est du pipi de chat », me répond-t-elle. La disproportion des forces déployées pour ce « pipi de chat » m’incite à retracer le fil de l’histoire nocturne dont nous avons été les éphémères acteurs.
Nous étions environ deux cents assis sur les pavés du Centre Georges Pompidou. Neuf personnes avaient déjà été interpellées non loin du lieu de rendez-vous initial. Ce dernier avait été cadrillé par des forces de l’ordre alertées à l’avance d'une manifestation sauvage. Face au centre culturel, les spéculations vont bon train autour de la pérennité de la période de protestation en cours. La perméabilité des informations aiguise de multiples paranoïas, celles-la même qui pourrissent les relations humaines.
Le clairon sonne. Le souffle de l’instrument de musique entraîne un mouvement spontané des résistants. Très vite les « Paris, debout, réveille-toi » repris en chœur virevoltent de Beaubourg jusqu’à l’Hôtel de ville. Nous marchons dans la rue à contresens. La circulation est bloquée. A gauche une Mairie de Paris paisible, à droite la Seine qui suit pacifiquement son cours. Les voitures nous croisent dans la voie d’à côté. Plusieurs d’entre elles nous saluent de coups de klaxon bienveillants. « A bas l’Etat, les flics et les patrons », scandent certains d’entre nous.
La troupe tourne à gauche. L’idée que nous nous fassions à nouveau menés dans les bras des autorités de police m’effleure l’esprit. Trop tard. Nous marchons d’un pas rapide vers Saint-Paul et les cordons de CRS s’abattent l’un après l’autre sur nous. Avec une camarade, nous abandonnons le cortège et nous mettons en retrait sur le trottoir, tout en suivant avec attention la suite des événements. Au métro Saint-Paul des ombres courent dans tous les sens. Après nous être avancés, nous voyons des jeunes plaqués à terre.
Un groupe de gendarmes mobiles entoure des étudiants assis au sol. La foule a été écartée. Quelques individus qui tentent de déguerpir sont rapidement rattrapés par des groupes de trois ou quatre hommes armés qui procèdent à des interpellations musclées : plaquages au sol brutaux, invectives agressives et torsion de membres visiblement fort désagréables.
Les passants sont choqués par ce triste spectacle dont ils ne comprennent pas l’intensité, d’autant plus que les interpellés ont des profils bien plus proches des leurs que de celui des casseurs qu’on exhibe sur leur petit écran.
Mal à l’aise et inquiet par le cercle opaque d’hommes en arme qui s’est formé autour de jeunes étudiants, je décide d’aller voir de plus près la scène qui se déroule sans témoin direct. Je réussis à m’approcher. « Combien ils sont ? » demande un agent à un autre. « Onze, onze interpellations ».
Les jeunes sont à terre, assis, recroquevillés, les poings liés dans le dos par des menottes en plastique. Un homme prend des photos. « Il est avec nous » dit un garde à l’un de ses collègues vigilants. « Qu’est-ce que tu fais là toi ? ». La question m’est destinée. « Je regarde ». « Tu sors de là ». « JE REGARDE !!! ». Je hausse le ton pour que toute la place m’entende. « J’AI LE DROIT ! ON EST EN DEMOCRATIE !!! ». Ils sont quatre à me repousser, dont l’un fait mine de préparer sa matraque pour me rappeler mes non-droits.
Rapatrié sur le côté, je rejoins les personnes debout sur le trottoir, qui semblent ne pas en croire leurs yeux. Une dizaine de manifestants sont à mes côtés et plusieurs dizaines de passants, de touristes, de riverains. Cinq minutes passent et voilà que le clou du spectacle va s’enfoncer dans nos naïfs esprits. Une vingtaine de gardes encercle à notre grande stupéfaction le groupe au sein duquel nous nous trouvons. Une heure plus tard, me voilà face contre le mur en train de me faire fouiller de long en large. Vérification d’identité et menotage au serre-flex, malgré ma passivité totale.
Deux gardes m’escortent jusqu’à une camionnette, puis jusqu’à une autre, pleines toutes les deux. Après moult incompréhensions administratives, c’est finalement dans un grand car de police que je suis placé en compagnie d’une quinzaine d’individus, dont un bon tiers n’a absolument rien à voir avec l’événement du soir. Avec certains de mes camarades, nous ne pouvons nous empêcher d’esquisser un sourire à la vue d’un groupe de quatre personnes dont l’apparence et le mode d’expression trahissent l’appartenance aux beaux quartiers de Paris.
Arrivée au commissariat parisien. Il est 23h45. A l’heure à laquelle nous en sortons, les métros ne passent plus.
(Lire la suite) noreply@blog.20minutes.fr (Thomas NAVARRO)Cohorte Piétonne Extramobile par noreply@blog.20minutes.fr (Thomas NAVARRO) Vendredi 7 Avril 2006 :: Blog CPE :: RSS
Gare du nord
Parties de la Gare Saint-Lazare, quelques deux mille personnes pénètrent l’enceinte de la Gare du Nord. Certains investissent les rails. D’autres les longent sur les quais avant de venir à leur tour faire avancer leurs pieds sur les petites pierres colorées de marron recouvrant le sol. Il est 15h00. Quelques centaines de mètres parcourus et la troupe parvient sans encombre à bloquer le traffic.
Sur notre gauche, un TGV (Train à Grande Vitesse) Thalys à l’arrêt. Des étudiants sont entrés dans le train et depuis la cabine du chauffeur s’amusent à faire sonner le klaxon. Le soleil frappe ses rayons sur nos crânes en ébullition.
Plus tard, sans surprise, les forces de police descendent sur la voie depuis des escaliers de fonction et se positionnent en travers de notre passage. Au loin, derrière, un autre cordon de CRS vient à notre rencontre. Les premiers fuyards s'empressent d'échapper par les côtés au sandwich qui se referme sur nous , en escaladant les quelques obstacles sépare les voies de la rue.
Au-dessus de nos têtes, sur une passerelle, des badauds observent la scène qui est en train de se jouer : encore mieux qu’à la télé ! Quelques cailloux fusent et viennent s’écraser contre les boucliers des hommes en arme, sous les huées de la grande majorité des manifestants qui forme un bloc compact pour tenter une avancée pacifique. Je m’agglutine au groupe et participe de la poussée collective.
Soudain, un mouvement en arrière s’effectue. Leur force s’avère plus grande que la nôtre et je finis par tomber parterre. J'avance comme je peux en rampant, avec l’impression que je vais finir piétiné. Je relève la tête, parviens à me lever tant bien que mal après m’être fait malmené par la foule. L’amie qui m’accompagne à les yeux en pleur. Ce n’est pas l’émotion qui fait couler ses larmes : « Je m’en suis pris en pleine tête, ça brûle », me dit-elle.
J’ai aussi les yeux qui piquent mais ma chute m’a épargné le même sort que la jeune demoiselle. Une généreuse personne lui prête du sérum, liquide apaisant les troubles liés aux gaz lacrymogènes. Quelques minutes plus tard la douleur s’est évaporé, tout comme nous d’ailleurs, qui avons décidé après quelques tergiversations de continuer notre périple urbain en amont, une fois sortis de ce guêpier par la sortie qui nous est montrée du doigt par un porte-parole de la police.
Porte de la Chapelle
Monté au compte-goutte à travers l’étroit escalier latéral qui nous hisse jusqu’à la rue, le groupe reformé et amputé d’un nombre non négligeable de déserteurs, se met en route vers une autre cible. Occupant la rue et bloquant la circulation, c’est dans une ambiance de klaxons solidaires et d’hystérie collective que nous marchons. A quelques encablures de l’entrée du périphérique située au niveau de la Porte de la Chapelle, la tête de cortège accélère.
Réactifs, les Compagnies Républicaines de Sécurité ont tôt fait de contrer un plan que l’on pourrait qualifier de « téléphoné », tellement l’indiscrétion a été le lot de ses initiateurs. Nous voilà à nouveau coincés entre deux rangées de clones en costume bleu. Une bouche de métro et la cour d’un immeuble nous sont directement accessibles et certains d’entre nous se positionnent stratégiquement en cas de resserrement des troupes de la République.
A quelques dizaines de mètres devant nous, j’observe avec stupéfaction un bus qui fait sa route en direction des CRS et je fais partie des gens qui s’avancent pour entrevoir la brèche en train de s’ouvrir. Le gazage est instantané. Un de ceux qui poussait le bus se fait embarquer par les policiers. Une grenade vient disperser une fumée toxique et les rangs étudiants font marche arrière. J’aperçois mon cousin sur le bas-côté de la rue, assis et la tête baissée en direction du sol. Il s’est pris les vapeurs en pleine face.
Bientôt, voyant que les CRS se rapprochent de nous, le mot d’ordre est lancé d’évacuer les lieux via la bouche de métro. Les gens se ruent avant d’être enfermés et de risquer l’interpellation. Alors que nous descendons les marches de l’escalator en sens inverse, des passagers, dont un certain nombre doit rentrer du travail, montent innocemment malgré nos avertissements. Un homme qui tient son enfant dans ses bras me signifie que sachant qu’il a son gosse avec lui, il ne pourra rien lui arriver. Subitement, je ressens de légers picotements puis mes yeux commencent à pleurer. Les salauds ! Ils ont gazé la bouche de métro, les manifestants, les passants, les personnes âgées, les femmes et les enfants ! L’effet se fait sentir jusque sur le quai du souterrain et tout le monde est en pleur.
Périphérique
Je suis passablement énervé mais toujours déterminé. Le courant a été coupé dans le métro car certains s’étaient dirigés vers les voies pour fuir les lieux. Finalement, après un moment de flottement, la situation se rétablit et nous décidons de continuer l’action. Le voyage nous mène jusqu’à la Porte d’à côté, celle de Clignancourt. Nous sommes une centaine à courir vers le périphérique, avec plus d’énergie et de conviction que jamais. En deux temps trois mouvements nous voilà bloquant une voie, puis la deuxième. Les conducteurs font la mou. Certains sortent de leur voiture pour s'expliquer houleusement avec les perturbateurs. Un motard me frôle et manque de me renverser.
Toutes sortes d’objets sont placés sur le bitume pour dissuader les véhicules d’avancer. Un jeune homme vient me voir et me prie de le laisser passer car il vient de commencer à travailler et qu’il a peur de perdre son boulot. Ca me fait mal au cœur. J’essaie de parlementer avec lui. Je ne suis pas sûr qu’il me dise la vérité et quoiqu’il arrive, au pire, il aura un léger retard. L’important en cet instant est que notre cause soit défendue jusqu’au bout.
Une dizaine de minutes passent avec quelques frayeurs. Un automobiliste écervelé tente de forcer le passage et devant la résistance de certains bloqueurs qui s’assoient sur son capot, celui-ci accélère. Un petit groupe d’entre nous se rue sur l’énergumène et laissent quelques souvenirs sur son matériel roulant : le pare-brise arrière et un rétroviseur sont sérieusement endommagés. L’épisode se conclut par une marche en rangs jusqu’à la prochaine sortie et un sprint final mémorable pour semer les dizaines de CRS lancés à notre poursuite. La dispersion est efficace, même si j’apprendrai plus tard qu’une cinquantaine de personnes se sont faites interpellées.
Belleville
L’ubiquité et la mobilité sont nos deux grands atouts du jour. Il est 20h30 et après une pause bien méritée, nous voilà à nouveau opérationnels. Une manifestation sauvage s’amorce avec les quelques centaines de personnes qui se sont donné rendez-vous. Celle-ci est surveillée de près par les forces de l’ordre qui ne tardent pas à faire leur apparition. Les rangs bifurquent vers les quartiers populaires du vingtième arrondissement aux cris de « Avec nous, avec nous ! » ou « Paris, tu dors réveille-toi ! ».
Des tagueurs accompagnent de leurs jets de peinture notre avancée pendant que des pétards explosent un peu partout. Des poubelles sont renversées pour freiner l’avancée d’éventuels véhicules de police. La percée dans le onzième arrondissement est brève. Dans l’avenue Parmentier, nous sommes menés en bâteau par une poignée d’indicateurs de police déguisés en civil qui nous guident dans la gueule du loup : une rue dont nous prenons conscience de l’étroitesse qu’une fois engouffrés et cernés de toutes parts.
Une dame a ouvert sa porte pour voir ce qu’il se passe. Je lui demande si je peux me réfugier chez elle et elle accepte sans hésiter. Nous discutons. Elle me confie tout le mal qu’elle pense de la police, responsable d'un gazage brutal dans un squat d’artistes de ce quartier. Elle me raconte aussi qu’elle a des enfants et qu’elle nous comprend. Une personne au demeurant fort accueillante.
Après cinq minutes de causette au cours desquelles ma tension s’est apaisée je la salue et la remercie vivement. Je marche à la rencontre de mes camarades et rencontre certaines têtes familières. J’apprends au téléphone que les miens sont dans un restau. Fatigué, je décide de rentrer.
Capharnaum Public Extatique par noreply@blog.20minutes.fr (Thomas NAVARRO) Mercredi 5 Avril 2006 :: Blog CPE :: RSS
Manifestez autrement. Tel est l’appel lancé sous la forme de nombreux petits tracts disséminés parmi les participants présents en ce jour de rappel symbolique du mot d’ordre initial et officiel « Retrait du CPE ». Un groupe de mobilisés fatigué de la routine du défilé traditionnel et déterminé à élargir le message de résistance a décidé de semer un zest de zizanie pacifique dans les rangs serrés et contrôlés de la chaude journée parisienne lors de laquelle se sont réunis un (selon la police) à trois millions de personnes (selon les syndicats).Empruntant un itinéraire alternatif et illégal, la marche forcée dans les rues de Paris, de Bastille jusqu’à Mesnilmontant est tranchée, subdivisée, détournée à de nombreuses reprises par l’autorité de police. Le dernier bastion de deux cents marcheurs rebelles est finalement coupé violemment par un cordon de CRS tumultueux. Je me faufile entre trois gardes aux matraques saillantes et observe impuissamment le triste spectacle d’une République victime de l’oubli des lois dont elle s’enorgueille : deux personnes sont violemment plaquées sur le trottoir dur et sale de la rue. Soixante autres se retrouvent interpellées et éconduites au commissariat après avoir été coincées entre deux blocs d’agents de l’Etat. Le reste de la manifestation sauvage se disperse et émigre vers d’autres contrées.
Une partie de l’assemblée mobile provoque une réunion improvisée dans une annexe de la Bourse du travail. Des arrivants originaires de divers horizons de précarité se greffent au groupe. Cent-Cinquante Personnes au total entrent avant qu’un impromptu troupeau de garçons aux costumes bleus, à l’incomparable zèle pour des supérieurs fort discrets, ne s’attelle à former une farandole immobile le long du bâtiment qui nous abrite. La rétention abreuve le moulin de l’injustice banalisée.
Une bonne partie des gens présents ne compte de toute façon pas sortir avant la fin de l’assemblée générale improvisée. Un syndicaliste de la CGT-PTT propose de négocier notre sortie immédiate et aggrave le tollé qu’il provoque dans la salle en agressant verbalement l’un des assistants sous prétexte qu’il n’est « pas étudiant ».
Alors qu'à quelques kilomètres la Place d'Italie, lieu de clotûre de la manifestation officielle, se remet des combats de rue, notre imbroglio kafkaïen se termine finalement sous les coups de 22h30 et accouche d’un Communiqué Pour Encourager la poursuite du mouvement au-delà des négociations en cours entre le gouvernement et les syndicats :
APPEL DE L'ASSEMBLÉE DU 4 AVRIL 2006 tenue à l'annexe occupée de la Bourse du Travail rue de Turbigo
L'assemblée, réunie ce jour, constituée de lycéens, étudiants, précaires, chômeurs, travailleurs et ex-travailleurs, appelle à la grêve générale illimitée et au blocage des moyens de production et des axes de circulation.
L'assemblée appelle aussi à ne pas suivre les consignes syndicales qui proclameraient la fin du mouvement et le début de la négociation. Elle invite à poursuivre la formation de collectifs dans les quartiers, les lieux d'étude, les lieux de travail, et à leur coordination.
Bien au-delà du CPE et de la loi sur l'égalité des chances, cette lutte ne se limite pas à la demande de garanties supplémentaires face à la précarité croissante et constitutive de ce système. Elle remet en question les bases mêmes de sa légitimité. Notre situation dans le capitalisme ne peut de toutes façons aller qu'en s'empirant.
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Au dehors, des camarades grelottant nous attendent. Nous sortons par petits groupes jusqu’à ce que tout le monde soit évacué. Une manifestation née spontanément et ponctuée de « Paris tu dors, réveille-toi ! » sera interrompue à la suite de ce qui aura été un jouissif Cinquante mètres de Capharnaum Public Extatique destiné à enclencher un Changement Notable Etatique.
(Lire la suite) noreply@blog.20minutes.fr (Thomas NAVARRO)
Les Cent Pas En terre parisienne à cinq mille paires de pattes par noreply@blog.20minutes.fr (Thomas NAVARRO) Dimanche 2 Avril 2006 :: Blog CPE :: RSS
Le discours de Jacques Chirac, président qui trône sur la France depuis 1995, a eu lieu vendredi soir. La loi sur l’égalité des chances est promulguée, tout en étant vouée à ne pas être mise en application dans son intégralité. En fait, avant que des Contrats Première Embauche soient signés, d’après le chef d’Etat français, l’amendement sur le CPE va être modifié en deux points : la période de deux ans d’essai va être réduite à un an et le motif de licenciement sera rendu obligatoire. En outre, il a appelé à une concertation nationale sur la place de l’Université dans la société actuelle.
Sous-estimation consternante ou jusqu’auboutisme à hauts risques, quelque soit la nuance de l’interprétation du discours officiel, toujours est-il que le mouvement impulsé par tout un pan de la jeunesse et des précaires de France est plus vivant que jamais. A l’heure (20h30) où j’intègre le cortège spontané qui vient de la Place de la Bastille, la réaction épidermique à l’autisme d’Etat a pris la forme d’un groupement mobile de quelques centaines de personnes. Le long des quais de Seine qui vont nous mener jusqu’au Parlement, un acolyte, que je retrouve au milieu des manifestants m’annonce fièrement qu’il fait partie des initiateurs de ce flot humain de libertés ambulantes occupant la route. Derrière nous,un bus essaie sans succès de mener à bien un trajet habituellement calé à la minute près. La volonté de deux individus allongés sur le bitume en a décidé autrement.
Le pas des jeunes improvisateurs est rapide. Au loin, des lumières bleues nous indiquent que la course-poursuite avec les autorités publiques est en marche. Une fois arrivés devant les grilles de l’Assemblée Nationale, nous nous retrouvons nez à nez avec les éternels combattants républicains casqués, armés de matraques et de boucliers. Brève confrontation, au milieu de multiples flashs de journalistes, avant un départ vers une destination inconnue, via le Pont et la Place de la Concorde. Danses, rituels et autres transgressions joyeuses de l’ordre publics ponctuent notre percée sur le pavé.
Dans un élan incontrôlable je cours, gambade, saute sur le capot d’une 4x4 garé le long du trottoir, puis sur une autre voiture, à l’arrêt, non sans heurter quelques sensibilités. Plus tard, dans la rue de Rivoli, un conducteur énervé manque de peu de renverser deux jeunes filles.
La manifestation fait des émules. Nous bifurquons vers le 2ème arrondissement en direction de l’Opéra Garnier. Les adeptes des bars des Grands Boulevards n’en croient pas leurs yeux. Notre passage provoque la fermeture prématurée et bruyante des rideaux de fers du magasin Virgin Megastore, grande multinationale du multimedia.
Un cordon de CRS bloque le boulevard des Capucines. Détour par la gare Saint-Lazare, remontée du boulevard Malesherbes jusqu’à la Madeleine. Face à nous, à quelques centaines de mètres de là , l’Assemblée Nationale. Nous sommes une horde. Peut-être cinq mille, dix mille personnes envahissent le boulevard à perte de vue. Le Parlement est à nous ! Sur les côtés des dizaines de cars de Crs sont prêts à intervenir. Nous fonçons vers les grilles. Personne ne s’ose à grimper les tiges de métal coiffées de flèches qui bloquent l’accès au Parlement. En revanche, les portes d’entrée sont vivement secouées. Un cordon d’une vingtaine de Crs intervient. La foule fuit et nos espoirs de marquer l’Histoire avec elle.
Apparemment, c’est vers la Sorbonne que se dirige la cohue inarrêtable. J’ai du mal à me faire à l’idée que nous quittons le haut lieu de la démocratie dite représentative pour nous rendre vers un bunker universitaire absolument imprenable. Un jeune homme probablement tout aussi déçu que moi et pris d’une envie d’uriner se dirige vers le mur latéral de l’enceinte du Parlement et l’asperge de son liquide acide. Prenant sa suite, un autre fait de même. Puis un autre, et encore d’autres, puis moi y allant de ma petite goutte. L’image est forte.
Les jambes s’alourdissent au fil des kilomètres parcourus. Le boulevard Saint-Germain nous guide jusqu’au Quartier latin. Des bouteilles d’eau, impôts révolutionnaires ponctionnés dans une station Total, circulent de mains en mains. Je sens que le gros de la soirée est passé. Notre arrivée à la fameuse Université - toujours pointilleusement gardée par une armada républicaine - me donne raison puisque nous nous laissons diviser en deux groupes par les forces de l’ordre avant que le gaz lacrymogène n’envahisse le boulevard Saint-Michel. Pendant ce temps je discute avec A., avec laquelle nous nous racontons des morceaux d’existence. Il est une heure du matin. Nous décidons de rentrer.
J’apprends le lendemain que la course a continué jusqu’à 4 heures, de Montmartre en passant par le siège d’un député UMPéiste médiatique, mis sens dessus dessous par des « casseurs » de système.
(Lire la suite) noreply@blog.20minutes.fr (Thomas NAVARRO)
Chirac se Prononce : Etat du texte par noreply@blog.20minutes.fr (Thomas NAVARRO) Vendredi 31 Mars 2006 :: Blog CPE :: RSS
Le temps de la remise en question. Etant donné que Jacques Chirac s’apprête à promulguer ou à renvoyer devant le Parlement la dite loi sur « l’égalité des chances », suite à l’avis favorable du Conseil constitutionnel j’aimerais proposer une analyse personnelle, en plusieurs parties.
Je commence par présenter le CPE, élément qui a focalisé l'attention, goutte d'eau qui a renversé le vase de la précarité.
Ultérieurement, je tenterai une analyse critique puis je m'attarderai autour de la loi sur l’égalité des chances. J’encourage chacun à en faire de même et à rectifier mes éventuelles erreurs d’interprétation.
1. L’amendement instaurant le CPE, ce que j’en ai retenu
- Le Contrat Première Embauche touche les entreprises de plus de 20 salariés.
- Le contrat est défini comme étant à durée indéterminée.
- Le contrat déroge à un certain nombre d’articles du code du travail : l. 122-4 à l. 122-11,l.122-13 à l.122-14-14 et l.321-17.
- Le contrat peut être rompu pendant les deux premières années sans motif.
- L’employeur rompt le contrat avec un préavis de deux semaines, ou bien d’un mois si le contrat a été entamé depuis plus de six mois.
- L’indemnité de rupture est de 8% du total de la rémunération brute perçue depuis le début du contrat + 2% destinés à la réinsertion, soit 10%. L’indemnisation est conditionnée à l’article l.351-3 -> si le salarié ne remplit pas les conditions pour être indemnisé il n’aura droit qu’à une allocation forfaitaire pendant deux mois, payée par l’Etat et non plus par l’employeur.
- Le salarié à douze mois pour faire un recours en justice après rupture du contrat
- Trois mois après avoir rompu le contrat, l’employeur peut à nouveau signer un Contrat Première Embauche avec le même salarié (!!!)
- Le CPE offre un droit à un congé de formation dont les modalités sont énoncées dans le code du travail (l. 931-13 à l. 931-20-1, l. 933-1)
- L’employeur doit informer des dispositifs interprofessionnels accordant une caution de loyer et une garantie pour la recherche d’un logement (ah ah ah !!)
(Lire la suite) noreply@blog.20minutes.fr (Thomas NAVARRO)Clandestinement Passés à l’Etage supérieur par noreply@blog.20minutes.fr (Thomas NAVARRO) Mercredi 29 Mars 2006 :: Blog CPE :: RSS
Tandis qu’un flot ininterrompu de manifestants se déverse sans relâche sur la Place de la République, une bande de « casseurs » fragmentée dans les diverses lignes de la pieuvre souterraine parisienne attend son heure à l'écart de la foule. Recomposée à la sortie d’une bouche de métro, au coeur de la capitale, la troupe universitaire de soixante-dix personnes arpente une rue en rangs serrés.
Ambiance de mission. Certains relèvent leurs écharpes au-dessus de leur nez. « Allez on y va ! » crie l’un des meneurs en accélérant l’allure. Sur la gauche le Palais Brongniart, plus communément appelée « Bourse ». A droite, les bureaux de l’Agence France Presse, plus important distributeur français de dépêches, source intarissable de faits d’actualité destinés à être dispatchés et modelés dans de nombreux pourvoyeurs d'information influents. Le 10 mars dernier, l’AFP avait cristallisé les rancunes étudiantes à l'égard des multiples raccourcis médiatiques en relayant une fausse information concernant l’agression d’une handicapée par les grévistes anti-cpe nanterriens.
L’action entre dans sa phase effective. Le groupe compact court vers le sas d’entrée et pénètre par surprise, prenant de cours le peu de personnel qui tente bon gré mal gré de contenir une poussée souple, mais ferme... et efficace. Les derniers remparts humains sont écartés, les marches sont gravies. Au premier étage, les journalistes sont surpris par la meute pacifique qui déferle dans ses bureaux.
Pas de coup médiatique en vue. Les scribes s’interrogent. Ils font part de leurs préoccupations, les étudiants des leurs. L’un d’entre eux explique : « on voudrait dire que notre combat ne se limite pas au CPE mais à la précarité en général » soulignant que le traitement de la fin de la trêve hivernale (interdiction légale de déloger des personnes pendant l’hiver), synonyme de mise à la rue de nombreuses familles privés de leur logement, a été bien maigrement abordée.
Après quelques débats et discussions avec l’équipe du service « Economie », vient le temps de la concrétisation du pourquoi de la venue. Après un premier échec de déploiement de banderole, quelques dizaines d’étudiants montent aux étages supérieurs de l’édifice sans trop d’encombre, jusqu’au quatrième, pour y dérouler depuis le balcon un message d’une dizaine de mètres de hauteur, sur un drap soigneusement préparé le matin-même. Depuis le Palais Brongniart on peut lire :
| 1, 2, 3 MOIS FERMES NOUS SOMMES DE CE |
Référence aux peines de prison ferme dont ont écopé certains manifestants anti-cpe.
-------------------------------------------------------------------------------------------------
A 19h37, une dépêche AFP tombe :
PARIS (AFP) - Une cinquantaine d'étudiants, pour l'essentiel de Paris X-Nanterre, ont envahi mardi en fin d'après-midi les étages de l'Agence France-Presse pour protester contre la "désinformation". "Et un et deux et trois mois ferme ! On est tous casseurs de ce système !", ont-ils scandé en pénétrant dans l'une des salles de rédaction. "Il faut cesser d'utiliser ce concept flou de casseurs, ce n'est pas de la violence gratuite, c'est l'expression d'une pensée politique, comme en banlieue en novembre", a expliqué à l'AFP Halima, qui a refusé de détailler son identité. Selon elle, "on veut tous casser le système que ce soit par de la violence physique ou symbolique". Les étudiants, qui ont accroché une banderole sur la façade de l'AFP sur laquelle était écrit "nous sommes tous des casseurs", ont évacué le bâtiment dans le calme après environ une demi-heure.
Clandestinement Pass par noreply@blog.20minutes.fr (Thomas NAVARRO) Mercredi 29 Mars 2006 :: Blog CPE :: RSS
Tandis qu’un flot ininterrompu de manifestants se déverse sans relâche sur la Place de la République, une bande de « casseurs » fragmentée dans les diverses lignes de la pieuvre souterraine parisienne attend son heure à l'écart de la foule. Recomposée à la sortie d’une bouche de métro, au coeur de la capitale, la troupe universitaire de soixante-dix personnes arpente une rue en rangs serrés.
Ambiance de mission. Certains relèvent leurs écharpes au-dessus de leur nez. « Allez on y va ! » crie l’un des meneurs en accélérant l’allure. Sur la gauche le Palais Brongniart, plus communément appelée « Bourse ». A droite, les bureaux de l’Agence France Presse, plus important distributeur français de dépêches, source intarissable de faits d’actualité destinés à être dispatchés et modelés dans de nombreux pourvoyeurs d'information influents. Le 10 mars dernier, l’AFP avait cristallisé les rancunes étudiantes à l'égard des multiples raccourcis médiatiques en relayant une fausse information concernant l’agression d’une handicapée par les grévistes anti-cpe nanterriens.
L’action entre dans sa phase effective. Le groupe compact court vers le sas d’entrée et pénètre par surprise, prenant de cours le peu de personnel qui tente bon gré mal gré de contenir une poussée souple, mais ferme... et efficace. Les derniers remparts humains sont écartés, les marches sont gravies. Au premier étage, les journalistes sont surpris par la meute pacifique qui déferle dans ses bureaux.
Pas de coup médiatique en vue. Les scribes s’interrogent. Ils font part de leurs préoccupations, les étudiants des leurs. L’un d’entre eux explique : « on voudrait dire que notre combat ne se limite pas au CPE mais à la précarité en général » soulignant que le traitement de la fin de la trêve hivernale (interdiction légale de déloger des personnes pendant l’hiver), synonyme de mise à la rue de nombreuses familles privés de leur logement, a été bien maigrement abordée.
Après quelques débats et discussions avec l’équipe du service « Economie », vient le temps de la concrétisation du pourquoi de la venue. Après un premier échec de déploiement de banderole, quelques dizaines d’étudiants montent aux étages supérieurs de l’édifice sans trop d’encombre, jusqu’au quatrième, pour y dérouler depuis le balcon un message d’une dizaine de mètres de hauteur, sur un drap soigneusement préparé le matin-même. Depuis le Palais Brongniart on peut lire :
| 1, 2, 3 MOIS FERMES NOUS SOMMES DE CE |
Référence aux peines de prison ferme dont ont écopé certains manifestants anti-cpe.
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A 19h37, une dépêche AFP tombe :
PARIS (AFP) - Une cinquantaine d'étudiants, pour l'essentiel de Paris X-Nanterre, ont envahi mardi en fin d'après-midi les étages de l'Agence France-Presse pour protester contre la "désinformation". "Et un et deux et trois mois ferme ! On est tous casseurs de ce système !", ont-ils scandé en pénétrant dans l'une des salles de rédaction. "Il faut cesser d'utiliser ce concept flou de casseurs, ce n'est pas de la violence gratuite, c'est l'expression d'une pensée politique, comme en banlieue en novembre", a expliqué à l'AFP Halima, qui a refusé de détailler son identité. Selon elle, "on veut tous casser le système que ce soit par de la violence physique ou symbolique". Les étudiants, qui ont accroché une banderole sur la façade de l'AFP sur laquelle était écrit "nous sommes tous des casseurs", ont évacué le bâtiment dans le calme après environ une demi-heure.
Comprendre Pour Endiguer par noreply@blog.20minutes.fr (Thomas NAVARRO) Dimanche 26 Mars 2006 :: Blog CPE :: RSS
Revenir sur les faits de la semaine dernière, la tête froide, avant la grève générale de mardi. Tenter de penser les diverses manipulations policières, médiatiques ou politiques derrière les messages divulgués par-ci par-là .
Ce qui se dit sur l’EHESS. J’ai lu et entendu que l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, évacuée vendredi 23 au petit matin, a été dévastée par ses occupants. Il y aurait 600 000 euros de dégâts et des travaux de recherche ayant nécessité plusieurs années d’investigation auraient été détruits. J’aurais bien aimé avoir connaissance des rapports d’expertise pour me faire une idée détaillée de cette addition très salée. Triste bilan.
Lors de ma dernière venue, mis à part des graffiti, il y avait eu du mobilier endommagé (une poignée de porte) et trois ordinateurs disparus. Il semblerait qu'une poignée de militants extrémistes aient par la suite considérablement détérioré les locaux.
Sur les Invalides. Des dizaines et des dizaines d’interpellations, des tabassages de manifestants organisés par des bandes de jeunes, des voitures cassées et brûlées, des coups de matraque… difficile d’y voir clair dans ce qui s’est passé lors de la manifestation du 23 mars. La polémique enfle et loin de prétendre détenir la vérité, j’aimerais apporter ma petite pierre réflexive et critique.
Une étudiante lyonnaise en anthropologie, dont j’ai pu lire le témoignage sur internet (http://rebellyon.info/article1838.html) dénonce des pratiques qui sont monnaie courante dans la lutte antisubversive : des Renseignements Généraux de la police infiltreraient ceux qu’on appelle les « casseurs » pour exercer un effet d’entraînement. Cela pourrait expliquer le laissez-faire observé jeudi dernier pendant et après la manifestation, que la police a justifié en invoquant le risque de bavure.
Certains me rétorqueront : quel intérêt la police a-t-elle à inciter à la violence ? Tout simplement décrédibiliser la manifestation, faire peur aux jeunes étudiants pacifiques et enfin légitimer la répression.
Ce fait gravissime, s’il est à prendre avec des pincettes, comme l’ensemble des informations qui circulent, ne doit pas nous faire oublier que les tabassages exercés par des bandes de jeunes désoeuvrés sur des autres manifestants reflètent un profond malaise social, une fissure béante entre deux mondes, entre des personnes issus de milieux défavorisés, déscolarisés ou étudiant dans des lycées marginalisés et puis les autres.
Une grande partie d’entre nous subit pourtant la précarité, mais à des degrés éminemment différents. La rage et la peur de l’autre ne doivent pas nous diviser, quelque soit notre statut social. Oublions les tristes événements et pensons plutôt à l’ampleur de la tâche qui nous attend pour redonner leur conscience et leurs droits à ceux à qui on les a volé.
Nous avons collectivement une responsabilité et un rôle à jouer vis-à -vis des individus désocialisés qui se sont illustrés jeudi dernier. Au-delà de l’effet de groupe et de jeunesse sur lesquels on peut s’interroger, ce sont nos politiques sociales et économiques ainsi que nos attitudes et comportements quotidiens, qui segmentent, hiérarchisent, excluent, isolent spatialement et psychologiquement les diverses populations qui composent la société française.
C’est aussi notre modèle de consommation de masse, mitraillé par les spots publicitaires et présent dans la plupart des produits culturels destinés aux jeunes publics, qui attise la « soif de l’argent » et érige en trophées suprêmes les tous derniers bijoux de technologie brandis par les voleurs.
Soyons moins égoïstes et surtout, n’escomptons pas des résultats réellement efficaces à court terme, ce que nous fait croire un certain ministre inspiré par des expériences outre-atlantiques dangereuses, qui ne font qu’accentuer le fossé entre « gagnants » et « perdants » (si tant est qu’il y ait des gagnants puisque la peur de l’autre, l’insécurité perçue, ont tendance à se généraliser), augmenter le nombre de prisonniers, le nombre d’armes et fait fructifier le marché des armes et de la sécurité.
(Lire la suite) noreply@blog.20minutes.fr (Thomas NAVARRO)Paris, le 23 mars 2006 par noreply@blog.20minutes.fr (Thomas NAVARRO) Vendredi 24 Mars 2006 :: Blog CPE :: RSS
Debout sur la pelouse de la vaste place des Invalides.Des lycéens, étudiants, précaires brisés, volés, tabassés
Par des lycéens, exclus, précaires, briseurs, voleurs, tabasseurs.
Avec leurs mots, avec leurs coups,
Les médias de communication massive et les CRS séparent les bons des mauvais
420 000 personnes dans la rue disent les syndicats
50 000 Ã Paris, ajoutent-ils.
420 interpellés soit une personne sur mille.
Dominique de Villepin sort s’un congrès à Metz.
« Il fait beau », dit-il en souriant.
Confusion, Espoir, Tristesse, Rage!! Sentiments qui m'animent.
(Lire la suite) noreply@blog.20minutes.fr (Thomas NAVARRO)[1-20] [21-35]
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