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Aujourd'hui 25 nouvelles :


  • Deux nouveaux smartphones Samsung tournant sous Tizen pour 2014, par Johanna Durand, 17 avril 2014

    jeudi 17 avril 2014 :: DegroupNews Actualité :: RSS
    Samsung va lancer deux nouveaux smartphones qui tourneront sous son propre système d'exploitation Tizen. Cet OS, pour l'instant absent du marché va être lancé sur les terminaux mobiles Samsung afin que le constructeur puisse se détacher d'Android. Lire la suite Johanna Durand
  • ADSL : Bouygues Telecom poursuit ses efforts de dégroupage, par Arik Benayoun, 17 avril 2014

    jeudi 17 avril 2014 :: DegroupNews Actualité :: RSS
    Malgré le revers subi pour le rachat de SFR, Bouygues Telecom se donne les moyens pour recruter des abonnés Internet fixe en masse. L’opérateur poursuit le déploiement d’équipements dans les NRA mais à doses homéopathiques. Lire la suite Arik Benayoun
  • Projet Ara : le smartphone modulable de Google sera disponible en janvier 2015, par Marie Deniaud, 17 avril 2014

    jeudi 17 avril 2014 :: DegroupNews Actualité :: RSS
    Le projet Ara continue son bout de chemin. Les équipes de Google viennent de dévoiler de nouveaux détails sur ce smartphone modulable. Bonne nouvelle pour les intéressés : le premier prototype devrait sortir en janvier prochain. Lire la suite Marie Deniaud
  • Quand Paul Fabra prétend que la cause de la crise actuelle du capitalisme est... l'erreur de Karl Marx, par Robert Paris, 17 avril 2014

    jeudi 17 avril 2014 :: Matière et Révolution :: RSS

    Quand Paul Fabra découvre que l'erreur d'interprétation de Ricardo par Marx, selon lui à la racine des erreurs des écoles d'économie, du libéralisme au keynésianisme et au néo-libéralisme, est cause de la crise actuelle du capitalisme…


    On a connu des gens qui accusaient Marx des crimes du stalinisme mais on n'en avait pas encore vu qui l'accusaient des chutes du capitalisme. C'est fait !
    Comme chacun sait, Marx a expliqué l'accroissement global du capital par l'accumulation de la plus-value extraite du travail humain, laquelle plus-value est obtenue par différence entre le temps de travail fourni et le temps de travail payé par le salaire. Loin de considérer comme arbitraire le salaire et le vol de la plus-value comme sans loi, Marx a considéré que l'achat de la force de travail obéit au même type de loi que l'achat de toute marchandise, donc dans l'ensemble un échange entre valeurs égales. D'où peut alors provenir la plus-value si la force de travail est payée à sa valeur et non en dessous de sa valeur ? C'est que le capitaliste paie à sa valeur la force de travail et non le travail lui-même. Il paie pour permettre au travailleur de vivre et non pour lui rembourser la quantité de richesse que son travail a rajouté. La voilà, la différence qui mène à la plus-value et accroît le capital d'un profit.
    C'est cette thèse que combat Paul Fabra…
    Paul Fabra prétend démolir Marx, en réinventant Ricardo et en affirmant que le travail n'est pas à la base de la valeur d'échange
    Le titre de l'ouvrage en anglais de Fabra est « Le triomphe de l'économie politique de Ricardo sur celle de Marx » et son but est d'affirmer que c'est la thèse de Marx qui a causé le libéralisme, le keynesianisme et la crise actuelle. C'est curieux et original !
    Paul Fabra affirme :
    « C'est au nom de la théorie de la valeur-travail, reprise par Marx mais mal interprétée par lui (il faisait du travail la « substance » de la valeur), qu'on repousse ici l'explication marxiste du profit (et du salaire…). On ne devra pas s'étonner que les mêmes arguments permettent de réfuter le marginalisme des néo-libéraux, car ces derniers, en répudiant aussi l'héritage ricardien, sont à leur tour retombés dans les pièges tendus par la pensée préscientifique d'Adam Smith. C'est de fond en comble qu'il faut réviser l'économie politique, faute de quoi il sera difficile d'éviter que la société ne cède à la tentation de solutions imaginaires : la Révolution ou son contraire, la contre-Révolution. »
    Il écrit encore « Ce principe est contraire aux exigences de notre époque. Il est en train de s'écrouler sous les coups des évènements. Conceptuellement, il s'oppose du tout au tout à la tradition de l'école classique anglaise qui, avec le grand Ricardo, fonda l'économie politique au début du XIXe siècle, en reprenant et en « critiquant » les idées exprimées par Adam Smith en 1776 dans La Richesse des nations. »
    Le travail, selon Paul Fabra, n'est qu'une dépense d'énergie
    Fabra écrit :
    « Le travail, en tant que dépense d'énergie, n'est pas une marchandise… Par la dépense de sa propre énergie physique et mentale, l'homme tire de l'énergie et des matériaux notamment de la flore, des terres arables, de la faune, de sous-sols, du vent et de l'eau. Il faut à l'homme comme à tous les vivants la consommation incessante de ressources naturelles pour continuer à vivre et, dans le cas de l'homme, modifier ses conditions de vie. Au musée des ressources naturelles fameuses dans l'histoire de la pensée économique, on trouve l'air, l'eau et le diamant, l'or. L'air à cause de sa gratuité, dans les circonstances ordinaires, alors que son utilité est vitale. L'eau potable et le diamant à cause de la bien moindre cherté de l'eau alors que son utilité est vitale et que celle du diamant ne l'est pas. L'or à cause de son utilisation, actuellement abandonnée, pour étalonner par son propre prix toutes les autres valeurs d'échange marchand… Une ressource naturelle n'est pas en elle-même une marchandise. Sa présence ne suffit jamais pour être en mesure d'en faire un objet de commerce. Même s'il n'y a qu'à cueillir ou pêcher puis à mettre en vente, encore faut-il le travail nouveau de la cueillette ou de la pêche puis de la mise en vente. »
    Pour Fabra, le travail en tant que dépense d'énergie humaine n'est pas une marchandise.
    Le travail, en tant que dépense d'énergie humaine, est et restera un moyen indispensable à l'échange de toutes les marchandises. Le vendeur, le chaland et l'acheteur dépensent de leur énergie et de leur temps dans l'exercice de leurs fonctions respectives.
    Ce moyen indispensable n'est cependant jamais lui-même une marchandise pour la raison suivante : c'est un produit – un résultat – d'une dépense d'énergie et de temps qui est échangé, contre de l'argent ou directement contre un autre produit – un autre résultat – d'une dépense d'énergie et de temps.
    Attirons de nouveau l'attention sur le fait que les expressions « prix du travail » et « coût du travail » ne veulent rien dire quand il s'agit du travail en tant que dépense d'énergie humaine. Elles ne prennent un sens que quand il s'agit du travail en tant qu'ouvrage fourni en contrepartie d'un salaire.
    Précisons par un exemple la distinction entre le travail en tant que dépense d'énergie humaine et le travail en tant que produit échangeable :
    Une très grande pièce montée est commandée à un pâtissier. Ce dernier entreprend la fabrication la veille au soir du jour de livraison. Il y passe toute la nuit, au sous-sol car c'est là que se trouve son laboratoire. Le matin, le client qui a passé cette commande arrive à la boutique. La femme du pâtissier le lui dit depuis le haut de l'escalier. Le pâtissier, qui venait de s'assoupir, se réveille en sursaut et entreprend de monter à la boutique le produit de son travail. Mal réveillé et trop fatigué par sa nuit de labeur, il rate une marche, la pièce dévale l'escalier, le chien qui a déjà fait de forts bons goûters en se tenant de préférence au bas du dit escalier, engloutit illico une grosse part de la pièce de toute façon défoncée par sa chute et jonchée de débris de porcelaine. Résultat ? Il y a bel et bien eu dépense d'énergie humaine mais il n'y a plus, pour l'heure, de produit de cette dépense en échange de son paiement par le client. La non distinction, entre travail (ouvrage) et travail (dépense d'énergie) a eu des conséquences prodigieuses en économie et en politique. C'est sur cette base que Marx a monté toute sa théorie de l'exploitation avec les conséquences que l'on sait. De même, les néo-classiques parlant de "facteurs de production" mettent sur le même plan le "travail", le capital et les ressources naturelles.
    C'est ainsi la place même de l'homme qui est en question dans le circuit de la production et de l'échange marchand.
    Il n'y a marchandise que quand il y a mise en vente. Même lorsque la marchandise à vendre n'a rien coûté, il reste le coût de sa mise en vente. Autrement dit, toute marchandise est le produit d'une dépense d'énergie humaine, ne serait-ce qu'à raison du travail nécessité par sa mise en vente. On peut aussi bien dire : toute marchandise est le produit d'un travail humain. Mais il faut alors préciser que, dans un tel énoncé, le mot « travail » est utilisé dans l'une de ses trois significations principales. Le mot « travail » désigne en effet soit :
    • Une dépense d'énergie.
    • Le produit d'une dépense d'énergie
    • L'emploi d'une personne en tant que travailleur.
    C'est surtout entre le travail en tant que dépense d'énergie et le travail en tant que produit élaboré au moyen de cette dépense qu'il y a le plus grand risque de confusion. Précisons enfin qu'énoncer que « toute marchandise est un produit du travail humain » ne permet pas de conclure :
    • 1) que toute marchandise n'est que le produit du travail humain.
    • 2) que tout produit du travail humain – tout ouvrage – est une marchandise. Ainsi, chacun peut jardiner sans pour autant chercher à vendre les produits de son jardin.
    Voilà comment Raymond Barre résume Paul Fabra :
    « C'est au nom de la théorie de la valeur-travail, reprise par Marx mais mal interprétée par lui (il faisait du travail la « substance » de la valeur), qu'on repousse ici l'explication marxiste du profit (et du salaire…).
    Retour aux sources et, plus particulièrement, à la pensée du grand économiste anglais Ricardo.
    En rejetant la théorie de la valeur travail au profit d'une conception de la valeur fondée sur l'utilité et la rareté des biens, et en substituant le besoin, dont l'appréciation est subjective, à la quantité de travail, qui est une grandeur objective et intelligible, ceux-ci ont introduit « l'indéterminé » au centre de l'économie et se sont engagés dans la voie « de l'imaginaire et de l'arbitraire ».
    Le subjectivisme des besoins favorise la tendance à donner la préférence au présent et à la consommation aux dépens de l'avenir, c'est-à-dire de l'épargne et de l'accumulation de capital, ainsi s'explique que Paul Fabra parle d' « anticapitalisme ». Ce subjectivisme incite encore à rejeter l'idée selon laquelle un système économique est mû par une logique interne et dispose de mécanismes autorégulateurs que l'intervention de l'État tend à mettre en échec au lieu de les aider à jouer. Il rend la société moderne à la fois « uniforme et cacophonique ».
    La doctrine de Marx, bien qu'elle repose sur la conception objective de la valeur-travail, verse également dans l'imaginaire, dans la mesure où elle postule que les lois économiques ne précèdent pas les rapports historiques de production. On le voit à propos de la conception du capital. Ricardo donne de celui-ci une définition de caractère à la fois « permanent et a-historique » : c'est la partie de la richesse d'un pays qui est employée à la production et qui est nécessaire pour « donner effet au travail ». Marx, au contraire, retient une notion historique du capital : celui-ci apparaît « là où la production marchande et le commerce ont déjà atteint un certain niveau de développement » et il le fait sous la forme de l'argent.
    Ainsi Fabra est-il amené à contester l'opinion d'Althusser selon laquelle l'économie classique, et notamment ricardienne, n'est pas, comme celle de Marx, une « construction théorique » et s'intéresse davantage à la mesure des faits économiques qu'aux concepts. Le reproche que l'on pourrait faire à Ricardo serait plutôt de s'être trop exclusivement attaché à la définition et au jeu des concepts. Mais, par là même, il a préféré la rigueur scientifique à la facilité de l'empirisme et s'est moins exposé que Marx au démenti des faits. Faute de s'être attaché, comme Ricardo, à la nature profonde du capital, Marx a soutenu la thèse que l'accumulation du capital engendrait la baisse du pouvoir d'achat et le chômage des travailleurs ; l'expérience historique confirme au contraire l'analyse de Ricardo selon laquelle l'introduction de machines est à la longue favorable à toutes les classes de la société, y compris aux ouvriers, puis que le capital est nécessaire pour « donner effet au travail ».
    De la critique des grands économistes qui ont inspiré l'évolution de la pensée économique au cours des cent dernières années ressort la préoccupation centrale de Paul Fabra : l'élaboration de concepts et de catégories théoriques permettant de rendre compte du fonctionnement d'une économie concrète et indépendante de la pluralité historique des formes sociales. Or c'est l'économie ricardienne, ramassée dans ce court « précis de géométrie » que constituent les Principes de l'économie politique et de l'impôt, qui lui semble fournir la meilleure base pour la construction de l'économie politique objective qu'il appelle de ses vœux.
    L'auteur part de la théorie ricardienne de la valeur-travail, selon laquelle la valeur d'échange d'une marchandise, ou son coût de production, est « en proportion de la quantité de travail employée pour elle », bien qu'elle soit « essentiellement différente du travail lui-même ». Cette notion objective de la valeur permet de considérer l'acte d'échange comme une relation d'égalité entre deux marchandises, soumises à la concurrence et susceptibles d'être « multipliées presque sans aucune limite assignable ». Le fait majeur n'est pas, en fin de compte et pour toute une part des échanges, l'état de l'offre et de la demande, mais le coût de production déterminé par la quantité de travail et la durée d'immobilisation du capital.
    Si le travail fonde la valeur, il n'est pas une « catégorie de l'économie politique », car il n'est pas, lui-même, un produit du travail et n'a pas de valeur marchande. Ce sont les produits du travail qui s'échangent sur le marché. Dans le contrat qui le lie à son employeur, le travailleur ne lui vend ni son travail ni sa force de travail, mais le produit de son travail.
    Mais la formation du taux de salaire ne peut être expliquée indépendamment de la formation du taux de profit, qui joue le rôle central dans une économie dont le développement repose sur l'accumulation du capital.
    Le profit s'explique par le mécanisme de l'échange à travers le temps. Cette conception, implicite dans l'œuvre de Ricardo, est longuement développée par Fabra, qui y voit la clef de l'analyse ricardienne. Ce qui s'échange à travers le temps, c'est le capital déjà constitué contre le profit futur. Le salarié consomme le produit accumulé par l'entrepreneur et qui lui est versé à titre de salaire ; il doit en reconstituer la valeur, et c'est seulement à partir de ce moment que s'opère l'échange à travers le temps. Pour que le profit apparaisse, il faut donc qu'un travail nouveau soit accompli et que la production totale soit telle qu'elle puisse être échangée contre une valeur égale au véritable coût de l'investissement. Le mécanisme de l'échange fixe à chaque instant le taux de profit qu'exige la production des biens et des services demandés.
    Aussi le mécanisme de l'échange à travers le temps est-il le ressort de la croissance. En effet, comme le profit n'est pas autre chose que la reconstitution à travers le temps d'une épargne antérieure, la destination de cette valeur reconstituée est logiquement de servir à son tour d'épargne, s'échangeant contre le produit d'un travail nouveau pour continuer le processus d'accumulation. Une économie où le profit serait aboli cesserait de progresser matériellement. Ne faut-il pas cependant craindre une baisse tendancielle du taux de profit par suite de l'accumulation du capital et de la saturation de la demande ? Il ne saurait, a écrit Ricardo, y avoir d'erreur plus grande. Deux raisons excluent une telle tendance : une raison économique qui est que, selon la loi des débouchés, l'offre crée sa propre demande ; une raison psychologique, qui tient au caractère illimité des besoins humains.
    Pour que l'accumulation capitaliste prenne fin à cause d'une baisse du profit, il faudrait que le salaire s'élève jusqu'à absorber la totalité du produit net. L'économie entrerait alors dans l'état stationnaire. Mais une telle situation ne pourrait se réaliser, selon Ricardo, que s'il devenait impossible d'accroître la superficie et le rendement des terres cultivables, ce qui provoquerait une hausse considérable de la valeur des denrées alimentaires. Une telle limite à l'expansion peut être cependant repoussée grâce aux progrès de la technique. L'état stationnaire apparaît chez Ricardo plus comme une hypothèse logique que comme le terme inéluctable du processus de la croissance économique. »
    C'était donc Raymond Barre qui trouvait bien des qualités à la thèse antimarxiste de Paul Fabra…
    Examinons les problèmes que posent la thèse ricardienne de la valeur travail dans l'exposé qu'en fait Karl Marx dans sa « Critique de l'économie politique » :
    « Contrairement à Adam Smith, David Ricardo a nettement dégagé le principe de la détermination de la valeur de la marchandise par le temps de travail et il montre que cette loi régit également les rapports de production bourgeois qui semblent le plus en contradiction avec elle. Les recherches de Ricardo se bornent exclusivement à la grandeur de la valeur et, en ce qui concerne cette dernière, il soupçonne tout au moins que la réalisation de la loi suppose des conditions historiques déterminées. Ainsi, il dit que la détermination de la grandeur de valeur par le temps de travail n'est valable que pour les marchandises « qui peuvent être multipliées à volonté par l'industrie et dont la production est soumise à une concurrence illimitée. » Cela signifie seulement, en fait, que la loi de la valeur suppose, pour son complet développement, la société de la grande production industrielle et de la libre concurrence, c'est-à-dire la société bourgeoise moderne. Au reste, Ricardo considère la forme bourgeoise du travail comme la forme naturelle éternelle du travail social. Au pêcheur et au chasseur primitif, qu'il considère comme possesseurs de marchandises, il fait immédiatement échanger poisson et gibier proportionnellement au temps de travail matérialisé dans ces valeurs d'échange. Il commet à cette occasion l'anachronisme qui consisterait à faire se référer le pêcheur et le chasseur primitifs, pour l'évaluation de leurs instruments de travail, aux tableaux d'annuités ayant cours à la Bourse de Londres en 1817. Les « Parallélogrammes de monsieur Owen » semblent être la seule forme de société qu'il ait connue en dehors de la forme bourgeoise. Bien que prisonnier de cet horizon bourgeois, Ricardo dissèque l'économie bourgeoise, qui a dans ses profondeurs un aspect totalement différent de ce qu'elle paraît être à la surface, avec une telle rigueur théorique, que lord Brougham a pu dire de lui « Mr Ricardo semblait tombé d'une autre planète. » Dans une polémique directe avec Ricardo, Sismondi, en même temps qu'il insistait sur le caractère spécifiquement social du travail créateur de valeur d'échange, indiquait comme « la caractéristique de notre progrès économique » la réduction de la grandeur de valeur au temps de travail nécessaire, au « rapport entre le besoin de toute la société et la quantité de travail qui suffit pour satisfaire ce besoin. » (…)
    Comme c'est Ricardo qui, donnant à l'économie politique classique sa forme achevée, a formulé et développé de la façon la plus nette la loi de la détermination de la valeur par le temps de travail, c'est naturellement sur lui que se concentre la polémique soulevée par les économistes. Si l'on dépouille cette polémique de la forme inepte qu'elle revêt la plupart du temps, elle se résume dans les points suivants :
    Premièrement – Le travail lui-même a une valeur d'échange et des travaux différents ont une valeur d'échange différente. C'est un cercle vicieux de faire d'une valeur d'échange la mesure de la valeur d'échange, puisque la valeur d'échange, qui sert à mesurer, a besoin elle-même à son tour d'une mesure. Cette objection se fond dans le problème suivant : le temps de travail comme mesure immanente de la valeur d'échange étant donné, développer sur cette base le salaire du travailleur. La réponse est donnée par la théorie du travail salarié.
    Deuxièmement. – Si la valeur d'échange d'un produit est égale au temps de travail qu'il contient, la valeur d'échange d'une journée de travail est égale au produit d'une journée de travail. Ou encore, il faut que le salaire soit égal au produit du travail. Or c'est le contraire qui se produit. Donc cette objection se fond dans le problème suivant : comment la production, sur la base de la valeur d'échange, déterminée par le seul temps de travail, conduit-elle à ce résultat que la valeur d'échange du travail est inférieure à la valeur d'échange de son produit ? Nous résoudrons ce problème en étudiant le capital.
    Troisièmement. – Le prix de marché des marchandises tombe au-dessous ou dépasse leur valeur d'échange suivant les variations de l'offre et de la demande. Par conséquent, la valeur d'échange des marchandises est déterminée par le rapport de l'offre et de la demande et non par le temps de travail qu'elles contiennent. Pratiquement, cette étrange conclusion soulève simplement la question suivante : comment se forme sur la base de la valeur d'échange un prix marchand différent de cette valeur, ou plus exactement comment la loi de la valeur d'échange ne se réalise-t-elle que dans son propre contraire ? Ce problème est résolu dans la théorie de la concurrence.
    Quatrièmement. – La dernière contradiction et la plus péremptoire en apparence, quand elle n'est pas, comme à l'ordinaire, présentée sous la forme d'exemples baroques, est la suivante : si la valeur d'échange n'est autre que le temps de travail contenu dans une marchandise, comment des marchandises qui ne contiennent pas de travail, peuvent-elles posséder une valeur d'échange, ou, autrement dit, d'où vient la valeur d'échange de simples forces de la nature ? Ce problème est résolu dans la théorie de la rente foncière. »
    Paul Fabra prétend « revenir à Ricardo » alors que Marx ne cesse s'appuyer sur les travaux de Ricardo…
    Voici ce que dit Marx :
    « Ricardo est le chef de toute une école, qui règne en Angleterre depuis la Restauration. La doctrine ricardienne résume rigoureusement, impitoyablement toute la bourgeoisie anglaise, qui est elle-même le type de la bourgeoisie moderne…. Voici quelques passages de cet auteur, qui résument sa doctrine sur la valeur : « Ce n'est pas l'utilité qui est la mesure de la valeur échangeable quoiqu'elle lui soit absolument nécessaire. Les choses, une fois qu'elles sont reconnues utiles par elles-mêmes, tirent leur valeur échangeable de deux sources : de leur rareté et de la quantité de travail nécessaire pour les acquérir. Il y a des choses dont la valeur ne dépend que de leur rareté. Nul travail ne pouvant en augmenter la quantité, leur valeur ne peut baisser par leur plus grande abondance. Tels sont les statues ou les tableaux précieux, etc. Cette valeur dépend uniquement des facultés, des goûts et du caprice de ceux qui ont envie de posséder de tels objets. Ils ne forment cependant qu'une très petite quantité des marchandises qu'on échange journellement. Le plus grand nombre des objets que l'on désire posséder étant le fruit de l'industrie, on peut les multiplier, non seulement dans un pays, mais dans plusieurs, à un degré auquel il est presque impossible d'assigner des bornes, toutes les fois qu'on voudra y employer l'industrie nécessaire pour les créer. Quand donc nous parlons de marchandises, de leur valeur échangeable et des principes qui règlent leur prix relatif, nous n'avons en vue que celles de ces marchandises dont la quantité peut s'accroître par l'industrie de l'homme, dont la production est encouragée par la concurrence et n'est contrariée par aucune entrave. »
    Ricardo cite A. Smith, qui, selon lui, “ a défini avec beaucoup de précision la source primitive de toute valeur échangeable ” (SMITH : tome I, ch. V.) et il ajoute :
    « Que telle soit en réalité la base de la valeur échangeable de toutes les choses [savoir, le temps du travail], excepté de celles que l'industrie des hommes ne peut multiplier à volonté, c'est un point de doctrine de la plus haute importance en économie politique : car il n'est point de source d'où se soient écoulées autant d'erreurs, et d'où soient nées tant d'opinions diverses dans cette science, que le sens vague et peu précis que l'on attache, au mot valeur.
    Si c'est la quantité de travail fixée dans une chose qui règle sa valeur échangeable, il s'ensuit que toute augmentation dans la quantité de travail doit nécessairement augmenter la valeur de l'objet auquel il a été employé, et de même toute diminution de travail doit en diminuer le prix. »
    Ricardo reproche ensuite à Smith :
    1° De donner à la valeur une mesure autre que le travail, tantôt la valeur du blé, tantôt la quantité de travail qu'une chose peut acheter, etc.
    2° D'avoir admis sans réserve le principe et d'en restreindre cependant l'application à l'état primitif et grossier de la société, qui précède l'accumulation des capitaux et la propriété des terres.
    Ricardo s'attache à démontrer que la propriété des terres, c'est-à-dire la rente, ne saurait changer la valeur relative des denrées, et que l'accumulation des capitaux n'exerce qu'une action passagère et oscillatoire sur les valeurs relatives déterminées par la quantité comparative de travail employée à leur production. A l'appui de cette thèse, il donne sa fameuse théorie de la rente foncière, décompose le capital, et en vient, en dernière analyse, à n'y trouver que du travail accumulé. Il développe ensuite toute une théorie du salaire et du profit, et démontre que le salaire et le profit ont leurs mouvements de hausse et de baisse, en raison inverse l'un de l'autre, sans influer sur la valeur relative du produit. Il ne néglige pas l'influence que l'accumulation des capitaux et la différence de leur nature (capitaux fixes et capitaux circulants), ainsi que le taux des salaires, peuvent exercer sur la valeur proportionnelle des produits. Ce sont même les principaux problèmes qui occupent Ricardo.
    « Toute économie dans le travail, dit-il, ne manque jamais de faire baisser la valeur relative, d'une marchandise, soit que cette économie porte sur le travail nécessaire à la fabrication de l'objet même, ou bien sur le travail nécessaire à la formation du capital employé dans cette production.
    Par conséquent, tant qu'une journée de travail continuera à donner à l'un la même quantité de poisson et à l'autre autant de gibier, le taux naturel des prix respectifs d'échange restera toujours le même, quelle que soit, d'ailleurs, la variation dans les salaires et dans le profit, et malgré tous les effets de l'accumulation du capital.
    Nous avons regardé le travail comme le fondement de la valeur des choses, et la quantité de travail nécessaire à leur production comme la règle qui détermine les quantités respectives des marchandises que l'on doit donner en échange pour d'autres : mais nous n'avons pas prétendu nier qu'il n'y eût dans le prix courant des marchandises quelque déviation accidentelle et passagère de ce prix primitif et naturel.
    Ce sont les frais de production qui règlent, en dernière analyse, les prix des choses, et non, comme on l'a souvent avancé, la proportion entre l'offre et la demande. »
    Lord Lauderdale avait développé les variations de la valeur échangeable selon la loi de l'offre et de la demande, ou de la rareté et de l'abondance relativement à la demande. Selon lui, la valeur d'une chose peut augmenter lorsque sa quantité en diminue ou que la demande en augmente ; elle peut diminuer en raison de l'augmentation de sa quantité ou en raison de la diminution de la demande. Ainsi, la valeur d'une chose peut changer par l'opération de huit causes différentes, savoir des quatre causes appliquées à cette chose même et des quatre causes appliquées à l'argent ou à toute autre marchandise qui sert de mesure à sa valeur. Voici la réfutation de Ricardo :
    « Des produits dont un particulier ou une compagnie ont le monopole varient de valeur d'après la loi que lord Lauderdale a posée : ils baissent à proportion qu'on les offre en plus grande quantité, et ils haussent avec le désir que montrent les acheteurs de les acquérir ; leur prix n'a point de rapport nécessaire avec leur valeur naturelle. Mais quant aux choses qui sont sujettes à la concurrence parmi les vendeurs et dont la quantité peut s'augmenter dans des bornes modérées, leur prix dépend en définitive, non de l'état de la demande et de l'approvisionnement, mais bien de l'augmentation ou de la diminution des frais de production. »
    Ricardo nous montre le mouvement réel de la production bourgeoise qui constitue la valeur… Ricardo prend son point de départ dans la société actuelle, pour nous démontrer comment elle constitue la valeur… La détermination de la valeur par le temps de travail est, pour Ricardo, la loi de la valeur échangeable… La théorie des valeurs de Ricardo est l'interprétation scientifique de la vie économique actuelle… Ricardo constate la vérité de sa formule en la faisant dériver de tous les rapports économiques, et en expliquant par ce moyen tous les phénomènes, même ceux qui, au premier abord, semblent la contredire, comme la rente, l'accumulation des capitaux et le rapport des salaires aux profits ; c'est là précisément ce qui fait de sa doctrine un système scientifique…
    Si la valeur relative d'une marchandise est déterminée par la quantité de travail requise pour la produire, il s'ensuit naturellement que la valeur relative du travail, ou le salaire, est également déterminée par la quantité de travail qu'il faut pour produire le salaire. Le salaire, c'est-à-dire la valeur relative -ou le prix du travail, est donc déterminé par le temps du travail qu'il faut pour produire tout ce qui est nécessaire à l'entretien de l'ouvrier.
    « Diminuez les frais de fabrication des chapeaux et leur prix finira par tomber à leur nouveau prix naturel, quoique la demande puisse doubler, tripler ou quadrupler. Diminuez les frais de l'entretien des hommes, en diminuant le prix naturel de la nourriture et des vêtements qui soutiennent la vie, et vous verrez les salaires finir par baisser, quoique la demande de bras ait pu s'accroître considérablement. »
    Certes, le langage de Ricardo est on ne peut plus cynique. Mettre sur la même ligne les frais de la fabrication des chapeaux et les frais de l'entretien de l'homme, c'est transformer l'homme en chapeau. Mais ne crions pas tant au cynisme. Le cynisme est dans les choses et non dans les mots qui expriment les choses.
    Résumons : le travail, étant lui-même marchandise, se mesure comme tel par le temps du travail qu'il faut pour produire le travail -marchandise. Et que faut-il pour produire le travail-marchandise ? Tout juste ce qu'il faut de temps de travail pour produire les objets indispensables à l'entretien incessant du travail, c'est-à-dire à faire vivre le travailleur et à le mettre en état de propager sa race. Le prix naturel du travail n'est autre chose que le minimum du salaire. Si le prix courant du salaire s'élève au-dessus du prix naturel, c'est précisément parce que la loi de la, valeur se trouve contre-balancée par les conséquences des variations du rapport de l'offre et de la demande. Mais le minimum du salaire n'en reste pas moins le centre vers lequel gravitent les prix courants du salaire.
    Ainsi, la valeur relative, mesurée par le temps du travail est fatalement la formule de l'esclavage moderne de l'ouvrier…
    Voyons maintenant en combien de cas l'application du temps du travail comme mesure de la valeur est incompatible avec l'antagonisme existant des classes et l'inégale rétribution du produit entre le travailleur immédiat et le possesseur du travail accumulé. Supposons un produit quelconque ; par exemple, la toile. Ce produit, comme tel, renferme une quantité de travail déterminée. Cette quantité de travail sera toujours la même, quelle que soit la situation réciproque de ceux qui ont concouru à créer ce produit.
    Prenons un autre produit : du drap, qui aurait exigé la même quantité de travail que la toile.
    S'il y a échange de ces deux produits, il y a échange de quantités égales de travail. En échangeant ces quantités égales de temps de travail, on ne change pas la situation réciproque des producteurs, pas plus qu'on ne change quelque chose à la situation des ouvriers et des fabricants entre eux. Dire que cet échange des produits mesurés par le temps du travail a pour conséquence la rétribution égalitaire de tous les producteurs, c'est supposer que l'égalité de participation au produit a subsisté antérieurement à l'échange. Que l'échange du drap contre la toile soit accompli, les producteurs du drap participeront à la toile dans une proportion égale à celle dans laquelle ils avaient auparavant participé au drap.
    Allons plus loin.
    Le temps de travail, comme mesure de la valeur, suppose-t-il du moins que les journées sont équivalentes, et que la journée de l'un vaut la journée de l'autre ? Non.
    Mettons un instant que la journée d'un bijoutier équivale à trois journées d'un tisserand : toujours est-il que tout changement de la valeur des bijoux relativement aux tissus, à moins d'être le résultat passager des oscillations de la demande et de l'offre, doit avoir pour cause une diminution ou une augmentation du temps de travail employé d'un côté ou de l'autre à la production. Que trois jours de travail de différents travailleurs soient entre eux comme 1, 2, 3, et tout changement dans la valeur relative de leurs produits, sera un changement dans cette proportion de 1, 2, 3. Ainsi, on peut mesurer les valeurs par le temps de travail, malgré l'inégalité de la valeur des différentes journées de travail ; mais, pour appliquer une pareille mesure, il nous faut avoir une échelle comparative des différentes journées de travail : c'est la concurrence qui établit cette échelle. Votre heure de travail vaut-elle la mienne ? C'est une question qui se débat par la concurrence.
    La concurrence, d'après un économiste américain, détermine combien de journées de travail simple sont contenues dans une journée de travail compliqué. Cette réduction de journées de travail compliqué à des journées de travail simple ne suppose-t-elle pas qu'on prend le travail simple lui-même pour mesure de la valeur ? La seule quantité de travail servant de mesure à la valeur sans égard à la qualité suppose à son tour que le travail simple est devenu le pivot de l'industrie. Elle suppose que les travaux se sont égalisés par la subordination de l'homme à la machine ou par la division extrême du travail ; que les hommes s'effacent devant le travail ; que le balancier de la pendule est devenu la mesure exacte de l'activité relative de deux ouvriers, comme il l'est de la célérité de deux locomotives. Alors, il ne faut pas dire qu'une heure d'un homme vaut une heure d'un autre homme, mais plutôt qu'un homme d'une heure vaut un autre homme d'une heure. Le temps est tout, l'homme n'est plus rien ; il est tout au plus la carcasse du temps. Il n'y est plus question de la qualité. La quantité seule décide de tout : heure pour heure, journée pour journée…
    Dans l'atelier automatique, le travail d'un ouvrier ne se distingue presque plus en rien du travail d'un autre ouvrier : les ouvriers ne peuvent plus se distinguer entre eux que par la quantité de temps qu'ils mettent à travailler. Néanmoins, cette différence quantitative devient, sous un certain point de vue, qualitative, en tant que le temps à donner au travail dépend, en partie, de causes purement matérielles, telles que la constitution physique, l'âge, le sexe ; en partie, de causes morales purement négatives, telles que la patience, l'impassibilité, l'assiduité. Enfin, s'il y a une différence de qualité dans le travail des ouvriers, c'est tout au plus une qualité de la dernière qualité, qui est loin d'être une spécialité distinctive. Voilà quel est, en dernière analyse, l'état des choses dans l'industrie moderne…
    Si le muid de blé coûtait deux journées de travail au lien d'une seule, il aurait le double de sa valeur primitive ; mais il ne mettrait pas en mouvement la double quantité de travail, car il ne contiendrait pas plus de matière nutritive qu'auparavant. Ainsi, la valeur du blé mesurée par la quantité de travail employé à le produire aurait doublé ; mais mesurée, ou par la quantité de travail qu'il peut acheter, ou par la quantité de travail par laquelle il peut être acheté, elle serait loin d'avoir doublé. D'un autre côté, si le même travail produisait le double de vêtements qu'auparavant, la valeur relative en tomberait de moitié ; mais, néanmoins, cette double quantité de vêtements ne serait pas pour cela réduite à ne commander que la moitié de la quantité de travail, ou le même travail ne pourrait pas commander la double quantité de vêtements ; car la moitié des vêtements continuerait toujours à rendre à l'ouvrier le même service qu'auparavant.
    Ainsi, déterminer la valeur relative des denrées par la valeur du travail est contre les faits économiques. C'est se mouvoir dans un cercle vicieux, c'est déterminer la valeur relative par une valeur relative qui, à son tour, a besoin d'être déterminée…
    Adam Smith prend pour mesure de la valeur tantôt le temps du travail nécessaire à la production d'une marchandise, tantôt la valeur du travail. Ricardo a dévoilé cette erreur en faisant clairement voir la disparité de ces deux manières de mesurer. M. Proudhon renchérit sur l'erreur d'Adam Smith en identifiant les deux choses, dont l'autre n'avait fait qu'une juxtaposition….
    Le travail, la force du travail, en tant qu'il se vend et s'achète, est une marchandise comme toute autre marchandise, et a, par conséquent, une valeur d'échange. Mais la valeur du travail, ou le travail, en tant que marchandise, produit tout aussi peu que la valeur du blé, ou le blé, en tant que marchandise, sert de nourriture.
    Le travail “ vaut ” plus ou moins, selon que les denrées alimentaires sont plus ou moins chères, selon que l'offre et la demande des bras existent à tel ou tel degré, etc., etc.
    Le travail n'est point une “ chose vague ” ; c'est toujours un travail déterminé, ce n'est jamais le travail en général que l'on vend et que l'on achète. Ce n'est pas seulement le travail qui se définit qualitativement par l'objet, mais c'est encore l'objet qui est déterminé par la qualité spécifique du travail.
    Le travail, en tant qu'il se vend et s'achète, est marchandise lui-même. Pourquoi l'achète-t-on ? “ En vue des valeurs qu'on suppose renfermées puissantiellement en lui. ” Mais si l'on dit que telle chose est une marchandise, il ne s'agit plus du but dans lequel on l'achète, c'est-à-dire de l'utilité que l'on veut en tirer, de l'application que l'on veut en faire. Elle est marchandise comme objet de trafic…. On achète le travail comme instrument de production, comme on achèterait une machine. En tant que marchandise, le travail vaut et ne produit pas…
    Au moment même où la civilisation commence, la production commence à se fonder sur l'antagonisme des ordres, des états, des classes, enfin sur l'antagonisme du travail accumulé et du travail immédiat. Pas d'antagonisme, pas de progrès. C'est la loi que la civilisation a suivie jusqu'à nos jours. Jusqu'à présent les forces productives se sont développées grâce à ce régime de l'antagonisme des classes. Dire maintenant que, parce que tous les besoins de tous les travailleurs étaient satisfaits, les hommes pouvaient se livrer à la création des produits d'un ordre supérieur, à des industries plus compliquées, ce serait faire abstraction de l'antagonisme des classes et bouleverser tout le développement historique. C'est comme si l'on voulait dire que, parce qu'on nourrissait des murènes dans des piscines artificielles, sous les empereurs romains, on avait de quoi nourrir abondamment toute la population romaine ; tandis que, bien au contraire, le peuple romain manquait du nécessaire pour acheter du pain, et les aristocrates romains ne manquaient pas d'esclaves pour les donner en pâture aux murènes.
    Le prix des vivres a presque continuellement haussé, tandis que le prix des objets manufacturés et de luxe a presque continuellement baissé. Prenez l'industrie agricole elle-même : les objets les plus indispensables, tels que le blé, la viande, etc., haussent de prix, tandis que le coton, le sucre, le café, etc., baissent continuellement dans une proportion surprenante. Et même parmi les comestibles proprement dits, les objets de luxe, tels que les artichauts, les asperges, etc., sont aujourd'hui relativement à meilleur marché que les comestibles de première nécessité. A notre époque, le superflu est plus facile à produire que le nécessaire. Enfin, à diverses époques historiques, les rapports réciproques des prix sont non seulement différents, mais opposés. Dans tout le moyen âge, les produits agricoles étaient relativement à meilleur marché que les produits manufacturés ; dans le temps moderne, ils sont en raison inverse. L'utilité des produits agricoles a-t-elle pour cela diminué depuis le moyen âge ?
    L'usage des produits est déterminé par les conditions sociales dans lesquelles se trouvent placés les consommateurs, et ces conditions elles-mêmes reposent sur l'antagonisme des classes. Le coton, les pommes de terre et l'eau-de-vie sont des objets du plus commun usage. Les pommes de terre ont engendré, les écrouelles ; le coton a chassé en grande partie le lin et la laine, bien que la laine et le lin soient, en beaucoup de cas, d'une plus grande utilité, ne fût-ce que sous le rapport de l'hygiène ; l'eau de-vie, enfin, l'a emporté sur la bière et le vin, bien que l'eau-de-vie employée comme substance alimentaire soit généralement reconnue comme un poison. Pendant tout un siècle, les gouvernements luttèrent vainement contre l'opium européen ; l'économie prévalut, elle dicta des ordres à la consommation.
    Pourquoi donc le coton, la pomme de terre et l'eau-de-vie sont-ils les pivots de la société bourgeoise ? Parce qu'il faut, pour les produire, le moins de travail et qu'ils sont par conséquent au plus bas prix. Pourquoi le minimum du prix décide-t-il du maximum de la consommation ? Serait-ce par hasard à cause de l'utilité absolue de ces objets, de leur utilité intrinsèque, de leur utilité en tant qu'ils correspondent de la manière la plus utile aux besoins de l'ouvrier comme homme, et non de l'homme comme ouvrier ? Non c'est parce que, dans une société fondée sur la misère, les produits les plus misérables ont la prérogative fatale de servir à l'usage du plus grand nombre…
    Toute nouvelle invention qui permet de produire en une heure ce qui a été produit jusqu'ici en deux heures déprécie tous les produits homogènes qui se trouvent sur le marché. La concurrence force le producteur à vendre le produit de deux heures à aussi bon marché que le produit d'une heure. La concurrence réalise la loi selon laquelle la valeur relative d'un produit est déterminée par le temps du travail nécessaire pour le produire. Le temps du travail servant de mesure à la valeur vénale devient ainsi la loi d'une dépréciation continuelle du travail. Nous dirons plus. Il y aura dépréciation non seulement pour les marchandises apportées sur le marché, mais aussi pour les instruments de production, et pour tout un atelier. Ce fait, Ricardo le signale déjà en disant :
    « En augmentant constamment la facilité de production, nous diminuons constamment la valeur de quelques-unes des choses produites auparavant. »
    Sismondi va plus loin. Il voit, dans cette “ valeur constituée ” par le temps de travail, la source de toutes les contradictions de l'industrie et du commerce modernes.
    « La valeur mercantile, dit-il, est toujours fixée, en dernière analyse, sur la quantité de travail nécessaire pour se procurer la chose évaluée : ce n'est pas celle qu'elle a actuellement coûté, mais celle qu'elle coûterait désormais avec des moyens peut-être perfectionnés ; et cette quantité, quoiqu'elle soit difficile à apprécier, est toujours établie avec fidélité par la concurrence... C'est sur cette base qu'est calculée la demande du vendeur aussi bien que l'offre de l'acheteur. Le premier affirmera peut-être que la chose lui a coûté dix journées de travail, mais si l'autre reconnaît qu'elle peut désormais s'accomplir avec huit journées de travail, si la concurrence en apporte la démonstration aux deux contractants, ce sera à huit journées seulement que se réduira la valeur et que s'établira le prix du marché. L'un et l'autre contractants ont bien, il est vrai, la notion que la chose est utile, qu'elle est désirée, que sans désir il n'y aurait point de vente, mais la fixation du prix ne conserve aucun rapport avec l'utilité. »
    Il est important d'insister sur ce point, que ce qui détermine la valeur, ce n'est point le temps dans lequel une chose a été produite, mais le minimum de temps dans lequel elle est susceptible d'être produite, et ce minimum est constaté par la concurrence…
    La dépréciation continuelle du travail n'est qu'un seul côté qu'une seule conséquence de l'évaluation des denrées par le temps de travail. Le surhaussement des prix, la surproduction et bien d'autres phénomènes d'anarchie industrielle, trouvent leur interprétation dans ce mode d'évaluation. »
    Marx dans « Misère de la philosophie »
    Où Marx commence-t-il à s'éloigner de Ricardo et de l'économie classique ?
    Ce n'est pas sur la notion de valeur travail incluse dans chaque marchandise, contrairement à ce que prétend Fabra, mais sur la valeur travail de… la force de travail elle-même en tant que marchandise particulière.
    Voilà comment Engels expose cette divergence :
    « Mais dès que les économistes appliquèrent cette détermination de la valeur par le travail à la marchandise « travail », ils allèrent de contradiction en contradiction. Comment est déterminée la valeur du « travail » ? Par le travail nécessaire qui y est incorporé. Combien de travail y a-t-il dans le travail d'un ouvrier en une journée, une semaine, un mois, une année ? Le travail d'une journée, d'une semaine, d'un mois, d'une année. Si le travail est la mesure de toutes les valeurs, nous ne pouvons exprimer qu'en travail la « valeur du travail ». Mais nous ne savons absolument rien au sujet de la valeur d'une heure de travail lorsque nous savons seulement qu'elle est égale à une heure de travail. Cela ne nous a donc pas rapproché du but de l'épaisseur d'un cheveu, nous ne faisons que tourner continuellement en rond.
    Aussi, l'économie classique essaya-t-elle d'employer une autre tournure ; elle dit : la valeur d'une marchandise est égale à ses frais de production. Mais quels sont les frais de production du travail ? Pour répondre à cette question, les économistes sont obligés de faire quelque entorse à la logique. À défaut des frais de production du travail lui-même qui ne peuvent malheureusement pas être établis, ils recherchent alors quels sont les frais de production de l'ouvrier. Et ceux-ci peuvent être établis. Ils varient suivant le moment et les circonstances, mais pour des conditions sociales données, pour une localité donnée, pour une branche de production donnée, ils sont également donnés, du moins dans certaines limites assez étroites. Nous vivons aujourd'hui sous le règne de la production capitaliste où une classe importante et toujours plus nombreuse de la population ne peut vivre que si elle travaille contre salaire pour les possesseurs des moyens de production : outils, machines, matières premières et moyens de subsistance. Sur la base de ce mode de production, les frais de production de l'ouvrier consistent dans la somme de moyens de subsistance — ou de leurs prix en argent — qui sont en moyenne nécessaires pour lui fournir sa capacité de travail, pour entretenir celle-ci, pour le remplacer par un nouvel ouvrier lorsque la maladie, l'âge ou la mort l'éloignent de la production, c'est-à-dire pour permettre à la classe ouvrière de se perpétuer et de conserver l'effectif dont on a besoin. Supposons que le prix en argent de ces moyens de subsistance soit en moyenne de trois marks par jour. Notre ouvrier reçoit donc du capitaliste qui l'occupe un salaire de trois marks par jour. Pour cela, le capitaliste le fait travailler, disons, douze heures par jour. À la vérité, ce capitaliste calcule à peu près de la façon suivante :
    Supposons que notre ouvrier — un ajusteur — ait à usiner une pièce de machine qu'il termine en une journée. La matière première — le fer et le laiton dans la forme déjà apprêtée nécessaire — coûte 20 marks. La consommation de la machine à vapeur, l'usure de cette même machine à vapeur, du tour et des autres outils avec lesquels l'ouvrier travaille représentent, calculées pour une journée et pour sa quote-part, la valeur d'un mark. Nous avons supposé que le salaire est de 3 marks pour une journée. Cela fait au total pour notre pièce de machine 24 marks. Mais le capitaliste tire de ses calculs qu'il reçoit de ses clients un prix moyen de 27 marks, c'est-à-dire 3 marks de plus que les frais qu'il a engagés.
    D'où viennent ces 3 marks qu'empoche le capitaliste ? L'économie classique prétend que les marchandises sont vendues en moyenne à leur valeur, c'est-à-dire à des prix qui correspondent aux quantités de travail nécessaires contenues dans ces marchandises. Le prix moyen de notre pièce de machine — 27 marks — serait donc égal à sa valeur, égal au travail qui y est incorporé. Mais de ces 27 marks, 21 marks étaient déjà des valeurs qui existaient avant que notre ajusteur se fût mis au travail. 20 marks étaient incorporés dans la matière première, un mark dans le charbon brûlé pendant le travail ou dans les machines et outils utilisés à cet effet et dont la capacité de production a été réduite jusqu'à concurrence de cette somme. Restent 6 marks qui ont été ajoutés à la valeur de la matière première. Mais ces 6 marks, comme l'admettent nos économistes eux-mêmes, ne peuvent provenir que du travail ajouté à la matière première par notre ouvrier. Ses douze heures de travail ont donc créé une nouvelle valeur de 6 marks. De cette façon, nous aurions donc enfin découvert ce qu'est la « valeur du travail ».
    « — Halte-là ! s'écrie notre ajusteur. Six marks ? Mais je n'ai touché que trois marks ! Mon capitaliste jure ses grands dieux que la valeur de mes douze heures de travail n'est que de trois marks et lorsque j'en exige six, il se moque de moi. À quoi rime cela ? »
    Si, auparavant, nous aboutissions avec notre valeur du travail à un cercle ou à une impasse, nous voilà maintenant tout à fait fourvoyés dans une contradiction insoluble. Nous avons cherché la valeur du travail et nous avons trouvé plus qu'il nous fallait. Pour l'ouvrier, la valeur des douze heures de travail est de trois marks, pour le capitaliste, elle est de six marks, dont il paie à l'ouvrier trois marks comme salaire et dont il empoche lui-même les trois autres. Le travail aurait donc non pas une, mais deux valeurs, et très différentes par-dessus le marché.
    La contradiction devient encore plus absurde dès que nous ramenons les valeurs exprimées en argent à du temps de travail. Dans les douze heures de travail, il est créé une nouvelle valeur de six marks, c'est-à-dire en six heures, de trois marks, somme reçue par l'ouvrier pour un travail de douze heures. Pour un travail de douze heures, l'ouvrier reçoit l'équivalent du produit de six heures de travail. Donc, ou bien le travail a deux valeurs dont l'une est le double de l'autre, ou bien douze égalent six ! Dans les deux cas on aboutit à un pur non-sens. Quoique nous fassions, nous ne sortirons jamais de cette contradiction tant que nous parlerons de l'achat et de la vente du travail et de la valeur du travail. C'est ce qui est arrivé également à nos économistes. Le dernier rameau de l'économie classique, l'école de Ricardo, a sombré en grande partie à cause de l'impossibilité où elle était de résoudre cette contradiction. L'économie classique s'était fourvoyée dans une impasse. L'homme qui trouva la voie pour en sortir fut Marx.
    Ce que les économistes avaient considéré comme les frais de production du « travail » étaient les frais de production non du travail, mais de l'ouvrier vivant lui-même. Et ce que l'ouvrier vendait au capitaliste n'était pas son travail. « Dès que son travail existe, dit Marx, il cesse de lui appartenir et ne peut plus désormais être vendu par lui. » Il pourrait donc, tout au plus, vendre son travail futur, c'est-à-dire prendre l'engagement d'accomplir un travail déterminé à un moment déterminé. Mais alors il ne vend pas du travail (qu'il faudrait d'abord effectuer), mais il met à la disposition du capitaliste pour un temps déterminé (dans le salaire journalier) ou aux fins d'un rendement déterminé (dans le salaire aux pièces) sa force de travail contre un paiement déterminé ; il loue ou vend sa force de travail. Mais cette force de travail est intimement liée à sa personne et en est inséparable. Les frais de production de celle-ci coïncident par conséquent avec ses frais de production à lui. Ce que les économistes appelaient les frais de production du travail sont précisément ceux de l'ouvrier et, par suite, ceux de la force de travail. Et ainsi nous pouvons remonter aussi des frais de production de la force de travail à la valeur de la force de travail, et déterminer la quantité de travail socialement nécessaire pour la production d'une force de travail de qualité déterminée, ainsi que l'a fait Marx dans le chapitre de l'achat et de la vente de la force de travail. (Kapital, Band I, Kapitel 6, 3. Abteilung.)
    Mais qu'arrive-t-il après que l'ouvrier a vendu sa force de travail au capitaliste, c'est-à-dire l'a mise à sa disposition contre un salaire convenu à l'avance, salaire journalier ou salaire aux pièces ? Le capitaliste conduit l'ouvrier dans son atelier ou son usine où se trouvent déjà tous les objets nécessaires pour son travail, matières premières, matières auxiliaires (charbon, colorants, etc.), outils, machines. Là, l'ouvrier se met à trimer. Son salaire journalier est, comme nous l'avons supposé plus haut, de trois marks, qu'il les gagne à la journée ou aux pièces, peu importe. Nous supposons également ici que l'ouvrier, en douze heures de son travail, incorpore aux matières premières utilisées une nouvelle valeur de six marks, laquelle nouvelle valeur est réalisée par le capitaliste au moyen de la vente de la pièce une fois finie. Il paie avec cela ses trois marks à l'ouvrier, mais il conserve pour lui les trois autres marks. Or, si l'ouvrier crée en douze heures une valeur de six marks, en six heures il en crée une de trois marks. Il a donc déjà donné au capitaliste l'équivalent des trois marks touchés sous forme de salaire, lorsqu'il a travaillé six heures pour lui. Après six heures de travail, tous deux sont donc quittes, ils ne se doivent pas un centime l'un à l'autre.
    « — Halte-là ! s'écrie maintenant le capitaliste. J'ai loué l'ouvrier pour une journée entière, pour douze heures. Or, six heures ne sont qu'une demi-journée. Donc, trimez ferme jusqu'à ce que soient terminées également les six autres heures, c'est seulement alors que nous serons quittes ! » Et l'ouvrier doit se soumettre en effet à son contrat accepté « volontairement », d'après lequel il s'engage à travailler douze heures entières pour un produit qui coûte six heures de travail.
    Dans le travail aux pièces, il en est exactement de même. Supposons que notre ouvrier fabrique, en douze heures, douze pièces de la même marchandise. Chacune d'elles coûte 2 marks de charbon et d'usure et est vendue 2 marks 50. Si nous faisons les mêmes hypothèses qu'auparavant, le capitaliste va donc donner à l'ouvrier 25 pfennigs par pièce, cela fait pour douze pièces 3 marks que l'ouvrier met douze heures à gagner. Le capitaliste reçoit pour les douze pièces 30 marks ; déduction faite de 24 marks pour la matière première et l'usure, restent six marks dont il paie trois marks de salaire et empoche trois. Tout comme plus haut. Là aussi l'ouvrier travaille six heures pour lui, c'est-à-dire en compensation de son salaire (une demi-heure dans chacune de ses douze heures) et six heures pour le capitaliste.
    La difficulté contre laquelle échouaient les meilleurs économistes tant qu'ils partaient de la valeur du « travail » disparaît dès que nous partons de la valeur de la « force de travail » et non de celle du « travail ». La force de travail est, dans notre société capitaliste actuelle, une marchandise comme toutes les autres, mais néanmoins une marchandise tout à fait spéciale. En effet, elle a la propriété particulière d'être une force qui crée de la valeur, une source de valeur et, notamment, par un traitement approprié, une source de plus de valeur qu'elle n'en possède elle-même. Dans l'état actuel de la production, la force de travail humaine ne produit pas seulement en une journée une valeur plus grande que celle qu'elle possède et qu'elle coûte elle-même, mais à chaque nouvelle découverte scientifique, à chaque nouvelle invention technique cet excédent de sa production quotidienne s'accroît au-delà de ses frais journaliers, et, par conséquent, la partie de la journée de travail dans laquelle l'ouvrier tire de son travail l'équivalent de son salaire quotidien diminue, alors qu'augmente la partie de la journée de travail pendant laquelle il est obligé d'offrir son travail au capitaliste sans être payé pour cela.
    Telle est la constitution économique de toute notre société actuelle : c'est la classe laborieuse seule qui produit toutes les valeurs. Car le mot valeur n'est qu'une autre expression pour le mot travail, expression par laquelle on désigne dans notre société capitaliste actuelle la quantité de travail socialement nécessaire, incorporée dans une marchandise déterminée. Mais ces valeurs produites par les ouvriers n'appartiennent pas aux ouvriers. Elles appartiennent aux possesseurs des matières premières, des machines et instruments et des avances d'argent qui leur permettent d'acheter la force de travail de la classe ouvrière. De toute la masse de produits créés par la classe ouvrière, il ne lui revient donc qu'une partie. Et, ainsi que nous venons de le voir, l'autre partie que la classe capitaliste conserve pour elle et qu'il lui faut tout au plus partager encore avec la classe des propriétaires fonciers, devient, à chaque découverte et invention nouvelles, de plus en plus grande, alors que la partie revenant à la classe ouvrière (calculée par tête) ou bien ne s'accroît que très lentement et de façon insignifiante, ou bien reste stationnaire, ou bien encore, dans certaines circonstances, diminue.
    Mais ces découvertes et inventions qui s'évincent réciproquement avec une rapidité de plus en plus grande, ce rendement du travail humain qui s'accroît chaque jour dans des proportions inouïes, finissent par créer un conflit dans lequel l'économie capitaliste actuelle ne peut que sombrer. D'un côté, des richesses incommensurables et un pléthore de richesses dont les acheteurs ne savent que faire. De l'autre, la grande masse de la société prolétarisée, ses membres transformés en salariés, et par là-même incapables d'acquérir ces excédents de richesses. La séparation de la société entre une mince couche immensément riche et une vaste classe de salariés ne possédant rien, fait que cette société s'asphyxie elle-même dans sa propre richesse alors que la grande majorité de ses membres sont peu ou pas du tout protégés de la misère. Cette situation est chaque jour plus absurde et moins nécessaire. On peut et on doit en finir avec elle. Un ordre social nouveau est possible, au sein duquel les différences de classe d'aujourd'hui auront disparu et où – peut-être après une courte période de transition, peut-être difficile sous bien des aspects, mais en tout cas moralement fort utile – on disposera des moyens de vivre, de profiter de la vie, d'exercer ses facultés physiques et intellectuelles, grâce à l'usage harmonieux et au développement ultérieur des immenses forces productives de la société qui existent déjà, avec l'obligation pour tous de travailler également. Que les ouvriers sont de plus en plus résolus à conquérir par la lutte ce nouvel ordre social, cela sera prouvé, des deux cotés de l'océan, demain, 1° mai et dimanche 3 mai. »
    Marx explique dans « Travail salarié et capital » que, marchandise comme une autre, la force de travail subit le même type de règle :
    « Ces mêmes lois générales qui règlent le prix des marchandises en général, règlent naturellement aussi le salaire, le prix du travail. Le salaire du travail va tantôt monter, tantôt baisser, suivant les rapports entre l'offre et la demande, suivant la forme que prend la concurrence entre les acheteurs de la force de travail, les capitalistes, et les vendeurs de la force de travail, les ouvriers. Aux fluctuations des prix des marchandises en général correspondent les fluctuations du salaire. Mais dans les limites de ces fluctuations, le prix du travail sera déterminé par les frais de production, par le temps de travail qui est nécessaire pour produire cette marchandise, la force de travail. Or, quels sont les frais de production de la force de travail elle-même ? Ce sont les frais qui sont nécessaires pour conserver l'ouvrier en tant qu'ouvrier et pour en faire un ouvrier.
    Aussi, moins un travail exige de temps de formation professionnelle, moins les frais de production de l'ouvrier sont grands et plus le prix de son travail, son salaire, est bas. Dans les branches d'industrie où l'on n'exige presque pas d'apprentissage et où la simple existence matérielle de l'ouvrier suffit, les frais de production qui sont nécessaires à ce dernier se bornent presque uniquement aux marchandises indispensables à l'entretien de sa vie, de manière à lui conserver sa capacité de travail. C'est pourquoi le prix de son travail sera déterminé par le prix des moyens de subsistance nécessaires. Cependant, il s'y ajoute encore une autre considération. Le fabricant, qui calcule ses frais de production et d'après ceux-ci le prix des produits, fait entrer en ligne de compte l'usure des instruments de travail. Si une machine lui coûte par exemple 1 000 marks et qu'il l'use en dix ans, il ajoute chaque année 100 marks au prix de la marchandise pour pouvoir remplacer au bout de dix ans la machine usée par une neuve. Il faut comprendre de la même manière, dans les frais de production de la force de travail simple, les frais de reproduction grâce auxquels l'espèce ouvrière est mise en état de s'accroître et de remplacer les ouvriers usés par de nouveaux. L'usure de l'ouvrier est donc portée en compte de la même façon que l'usure de la machine.
    Les frais de production de la force de travail simple se composent donc des frais d'existence et de reproduction de l'ouvrier. Le prix de ces frais d'existence et de reproduction constitue le salaire. Le salaire ainsi déterminé s'appelle le minimum de salaire. Ce minimum de salaire, tout comme la détermination du prix des marchandises par les frais de production en général, joue pour l'espèce et non pour l'individu pris isolément. Il y a des ouvriers qui, par millions, ne reçoivent pas assez pour pouvoir exister et se reproduire ; mais le salaire de la classe ouvrière tout entière est, dans les limites de ses oscillations, égal à ce minimum. »

    Marx écrit dans "Salaires, prix et profit" :
    « La première question que nous avon
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  • La dialectique de la révolution espagnole, par Robert Paris, 17 avril 2014

    jeudi 17 avril 2014 :: Matière et Révolution :: RSS
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  • Forum : Bugs => Pas d'affichage TV dans ADSLTV, 17 avril 2014

    jeudi 17 avril 2014 :: ADSL TV :: RSS
    Sujet : Pas d'affichage TV dans ADSLTV Auteur : adslTV Posté le : Wed, 16 Apr 2014 19:52:37 +0200 Malheureusement non, la question avait été posée aux développeurs de VLC à l'époque. Lire la suite
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    jeudi 17 avril 2014 :: ADSL TV :: RSS
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    Sujet : Pas d'affichage TV dans ADSLTV Auteur : jbmars Posté le : Wed, 16 Apr 2014 14:01:45 +0200 Dommage, mais merci de la réponse, c'est donc pour ça que cela fonctionne avec VLC et pas dans la fenêtre ADSLTV et tout paramétrage complémentaire du routeur Linksys n'y pourra rien.<br (...) Lire la suite
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    jeudi 17 avril 2014 :: ADSL TV :: RSS
    Sujet : Pas d'affichage TV dans ADSLTV Auteur : adslTV Posté le : Wed, 16 Apr 2014 09:18:02 +0200 En raison de restrictions dans l'activeX de VLC utilisée par adsl TV, les ports de déroutage ne peuvent pas être définis avec VLC 1.x et 2.x. Cela empêche donc adsl TV de fonctionner si un routeur autre (...) Lire la suite
  • Forum : Installation Orange => erreur d'exécution '94' + Utilisation non autorisée de Null, 17 avril 2014

    jeudi 17 avril 2014 :: ADSL TV :: RSS
    Sujet : erreur d'exécution '94' + Utilisation non autorisée de Null Auteur : adslTV Posté le : Wed, 16 Apr 2014 09:05:20 +0200 Menu démarrer de windows > adsl TV > réinitialiser adsl TV Lire la suite
  • Forum : Installation Orange => erreur d'exécution '94' + Utilisation non autorisée de Null, 17 avril 2014

    jeudi 17 avril 2014 :: ADSL TV :: RSS
    Sujet : erreur d'exécution '94' + Utilisation non autorisée de Null Auteur : kx250 Posté le : Tue, 15 Apr 2014 22:22:06 +0200 <blockquote style="border: 1px #000 dashed; background-color: #f8f8f8; margin: 5px 15px 15px 15px; padding: 8px;">adslTV a écrit :Essayez de réinitialiser (pas (...) Lire la suite
  • Forum : Bugs => Pas d'affichage TV dans ADSLTV, 17 avril 2014

    jeudi 17 avril 2014 :: ADSL TV :: RSS
    Sujet : Pas d'affichage TV dans ADSLTV Auteur : free-style Posté le : Tue, 15 Apr 2014 20:41:51 +0200 <img src="img/smilies/see_stars.gif" alt="see_stars" /> <img src="img/smilies/see_stars.gif" alt="see_stars" /> <img src="img/smilies/see_stars.gif" alt="see_stars" /><br (...) Lire la suite
  • Forum : Bugs => Pas d'affichage TV dans ADSLTV, 17 avril 2014

    jeudi 17 avril 2014 :: ADSL TV :: RSS
    Sujet : Pas d'affichage TV dans ADSLTV Auteur : jbmars Posté le : Tue, 15 Apr 2014 18:17:34 +0200 C'était bien uniquement le pack ADSLTV complet qui était installé, j'ai malgré tout tout désinstallé et fait tout le ménage dans les répertoires et la base de registre, réinstallé le pack <br (...) Lire la suite
  • Forum : Bugs => Pas d'affichage TV dans ADSLTV, 17 avril 2014

    jeudi 17 avril 2014 :: ADSL TV :: RSS
    Sujet : Pas d'affichage TV dans ADSLTV Auteur : free-style Posté le : Tue, 15 Apr 2014 14:18:04 +0200 Est ce que VLC a été installé en plus d'adslTV ? Je veux dire est ce que VLC existait déjà avant l'install du pack adslTV+VLC ou est ce qu'une autre install de VLC a eu lieu après l'install du pack (...) Lire la suite
  • Forum : Bugs => Pas d'affichage TV dans ADSLTV, 17 avril 2014

    jeudi 17 avril 2014 :: ADSL TV :: RSS
    Sujet : Pas d'affichage TV dans ADSLTV Auteur : jbmars Posté le : Mon, 14 Apr 2014 22:48:54 +0200 Après réinitialisation de VLC le symptôme demeure.... <img src="img/smilies/mouais.gif" alt="mouais" /><br /><br />Explication + complète (3 cas de figure)<br /><br (...) Lire la suite
  • Forum : Bugs => Pas d'affichage TV dans ADSLTV, 17 avril 2014

    jeudi 17 avril 2014 :: ADSL TV :: RSS
    Sujet : Pas d'affichage TV dans ADSLTV Auteur : free-style Posté le : Mon, 14 Apr 2014 20:38:55 +0200 <blockquote style="border: 1px #000 dashed; background-color: #f8f8f8; margin: 5px 15px 15px 15px; padding: 8px;">..... via des boitiers CPL ......et j'ai retrouvé un bon fonctionnement (...) Lire la suite
  • Forum : Bugs => Pas d'affichage TV dans ADSLTV, 17 avril 2014

    jeudi 17 avril 2014 :: ADSL TV :: RSS
    Sujet : Pas d'affichage TV dans ADSLTV Auteur : jbmars Posté le : Mon, 14 Apr 2014 20:10:00 +0200 J'ai fait un branchement direct sur la freebox via des boitiers CPL (très mauvais débit) et j'ai retrouvé un bon fonctionnement d'ADSLTV. bien que saccadé à cause du faible débit.<br /><br (...) Lire la suite
  • Forum : Bugs => Pas d'affichage TV dans ADSLTV, 17 avril 2014

    jeudi 17 avril 2014 :: ADSL TV :: RSS
    Sujet : Pas d'affichage TV dans ADSLTV Auteur : free-style Posté le : Mon, 14 Apr 2014 19:05:38 +0200 fidèle utilisateur donc <img src="img/smilies/smile.gif" alt="smile" /><br /><br />Est il possible de brancher le PC qui fait tourner adslTV directement (provisoirement) sur (...) Lire la suite
  • Forum : Bugs => Pas d'affichage TV dans ADSLTV, 17 avril 2014

    jeudi 17 avril 2014 :: ADSL TV :: RSS
    Sujet : Pas d'affichage TV dans ADSLTV Auteur : jbmars Posté le : Mon, 14 Apr 2014 18:15:19 +0200 J'ai effectivement un routeur Linksys WRT54G qui gère un réseau de PC et qui est derrière une freebox elle même configurée en routeur avec son propre réseau.<br /><br />Cette config a 2 (...) Lire la suite
  • Forum : Bugs => Pas d'affichage TV dans ADSLTV, 17 avril 2014

    jeudi 17 avril 2014 :: ADSL TV :: RSS
    Sujet : Pas d'affichage TV dans ADSLTV Auteur : free-style Posté le : Mon, 14 Apr 2014 15:15:51 +0200 Le comportement est différent avec PlayTV car dans ce cas, VLC n'est pas utilisé (c'est un lecteur Flash qui est utilisé).<br /><br /> <blockquote style="border: 1px #000 (...) Lire la suite
  • Forum : Bugs => Pas d'affichage TV dans ADSLTV, 17 avril 2014

    jeudi 17 avril 2014 :: ADSL TV :: RSS
    Sujet : Pas d'affichage TV dans ADSLTV Auteur : jbmars Posté le : Mon, 14 Apr 2014 11:53:22 +0200 Petit test en plus, en configurant avec PLAY TV à la place de FREE tout remarche correctement...en repassant sur FREE le problème revient... <img src="img/smilies/aggressive.gif" alt="aggressive" (...) Lire la suite
  • Forum : Bugs => Pas d'affichage TV dans ADSLTV, 17 avril 2014

    jeudi 17 avril 2014 :: ADSL TV :: RSS
    Sujet : Pas d'affichage TV dans ADSLTV Auteur : jbmars Posté le : Mon, 14 Apr 2014 11:21:17 +0200 Malheureusement rien n'y fait.<br /><br />j'ai même désactivé complètement le pare-feu et l'antivirus pour voir, mais j'ai toujours l'affichage de la TV uniquement dans VLC.<br (...) Lire la suite
  • Forum : Installation SFR => erreur d'execution "5", argument ou appel de procedure incorrect, 17 avril 2014

    jeudi 17 avril 2014 :: ADSL TV :: RSS
    Sujet : erreur d'execution "5", argument ou appel de procedure incorrect Auteur : adslTV Posté le : Mon, 14 Apr 2014 06:58:17 +0200 <a href="http://www.adsltv.org/site/aide/aide-reinstal.htm" target="_top">http://www.adsltv.org/site/aide/aide-reinstal.htm</a> (...) Lire la suite
  • Forum : Bugs => Pas d'affichage TV dans ADSLTV, 17 avril 2014

    jeudi 17 avril 2014 :: ADSL TV :: RSS
    Sujet : Pas d'affichage TV dans ADSLTV Auteur : free-style Posté le : Mon, 14 Apr 2014 00:19:06 +0200 Non adslTV fonctionne toujours sous XP <img src="img/smilies/smile.gif" alt="smile" /><br /><br />Dans options > conf système décocher la case "utiliser le mode video (...) Lire la suite
  • Forum : Installation SFR => erreur d'execution "5", argument ou appel de procedure incorrect, 17 avril 2014

    jeudi 17 avril 2014 :: ADSL TV :: RSS
    Sujet : erreur d'execution "5", argument ou appel de procedure incorrect Auteur : PELTIER Posté le : Sun, 13 Apr 2014 19:12:04 +0200 installations desinstallations, reinstallations etc toujours le meme message: <br />erreur d'execution "5", argument ou appel de procedure (...) Lire la suite